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	<title>Archives des Éditorial - Radio Télé Masseillan Info</title>
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	<description>Plus de sens à l&#039;info !</description>
	<lastBuildDate>Mon, 18 May 2026 12:02:36 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Archives des Éditorial - Radio Télé Masseillan Info</title>
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		<title>Haïti crucifiée : le silence complice d&#8217;un État qui dévore ses propres enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RTMI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 12:02:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe des crimes que l'histoire ne pardonne jamais - celui d'un État qui regarde mourir son peuple en souriant en est le plus abominable.</p>
<p>L’article <a href="https://radiotelemasseillaninfo.com/haiti-crucifiee-le-silence-complice-dun-etat-qui-devore-ses-propres-enfants/">Haïti crucifiée : le silence complice d&rsquo;un État qui dévore ses propres enfants</a> est apparu en premier sur <a href="https://radiotelemasseillaninfo.com">Radio Télé Masseillan Info</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Il existe des crimes que l&rsquo;histoire ne pardonne jamais &#8211; celui d&rsquo;un État qui regarde mourir son peuple en souriant en est le plus abominable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des réalités tellement douloureuses que les mots semblent insuffisants pour les contenir. Des vérités tellement crues, tellement nues, tellement indécentes dans leur brutalité, que la langue hésite, recule, cherche ses respirations avant de plonger dans l&rsquo;abîme. Mais il faut plonger. Il faut regarder. Il faut nommer. Parce que le silence, en Haïti aujourd&rsquo;hui, est devenu la forme la plus sophistiquée de la complicité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des familles entières — des femmes portant leurs nourrissons contre leur poitrine comme des boucliers de chair contre la barbarie, des vieillards dont les genoux tremblent sous le poids des années et des douleurs accumulées, des enfants aux pieds nus qui n&rsquo;ont jamais connu d&rsquo;autre horizon que celui de la violence — errent dans les rues de leur propre pays comme des étrangers, comme des fantômes dans une ville qui ne les reconnaît plus. Elles n&rsquo;ont pas traversé des océans. Elles n&rsquo;ont pas fui un pays ennemi. Elles ont été chassées de leurs propres maisons, dans leur propre pays, par des forces que leur propre État a créées, nourries et protégées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà la réalité haïtienne en 2026. Voilà le bilan d&rsquo;années de gouvernance criminelle, de corruption institutionnalisée, de trahison érigée en politique d&rsquo;État. Voilà ce que l&rsquo;indifférence organisée produit quand on lui laisse suffisamment de temps pour faire son œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la catastrophe haïtienne dans toute sa profondeur, il faut remonter aux sources. Il faut comprendre que les gangs qui ensanglantent aujourd&rsquo;hui Port-au-Prince, Croix-des-Bouquets, Martissant, Cité Soleil, et désormais des régions entières du pays, ne sont pas une excroissance spontanée du mal. Ils ne sont pas une fatalité géographique, ni une malédiction divine, ni le produit inévitable de la pauvreté. Ils sont le résultat calculé, délibéré et méthodique d&rsquo;une stratégie politique qui a transformé la terreur en instrument de gouvernance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des décennies, des hommes politiques sans scrupules — appartenant à tous les partis, à toutes les générations, à toutes les classes sociales — ont compris que dans un État sans institutions solides, sans justice indépendante, sans forces de l&rsquo;ordre professionnelles et intègres, celui qui contrôle la violence contrôle tout. Alors ils ont investi dans la violence. Ils ont recruté des jeunes hommes désespérés, enfants d&rsquo;une pauvreté que ces mêmes politiciens perpétuaient consciencieusement. Ils leur ont donné des armes importées de l&rsquo;étranger avec une facilité suspecte. Ils leur ont donné de l&rsquo;argent, du pouvoir, du territoire. Ils leur ont donné — et c&rsquo;est peut-être le cadeau le plus empoisonné de tous — un sentiment d&rsquo;existence dans un pays où être pauvre et noir et sans connections vous rend pratiquement invisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces jeunes hommes sont devenus des outils. Des outils électoraux pour intimider les opposants et bourrer les urnes. Des outils économiques pour contrôler des territoires, des marchés, des flux de marchandises. Des outils sociaux pour maintenir dans la terreur des populations qui auraient pu, autrement, exiger leurs droits et demander des comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les outils finissent toujours par échapper à ceux qui les manient. Le monstre qu&rsquo;on nourrit finit toujours par se retourner contre son créateur — et contre tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Aujourd&rsquo;hui, les gangs haïtiens ne répondent plus à un seul maître. Ils ont leur propre logique, leur propre économie, leur propre territoire, leur propre loi. Ils contrôlent des portions entières du territoire national. Ils bloquent des routes nationales. Ils attaquent des commissariats, des prisons, des hôpitaux. Ils dictent leurs conditions à un État qui les a créés et qui tremble maintenant devant sa propre créature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant ce temps, les populations civiles — qui n&rsquo;ont rien demandé, qui n&rsquo;ont jamais signé aucun pacte avec le diable — paient le prix de cette folie collective avec leurs maisons, leurs commerces, leurs familles, et trop souvent, avec leurs vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand des familles entières abandonnent leurs quartiers en courant, avec pour seuls bagages ce qu&rsquo;elles ont pu saisir à la va-vite — quelques vêtements froissés, des papiers d&rsquo;identité, un peu de nourriture pour les enfants — elles ne fuient pas seulement des balles. Elles fuient l&rsquo;effondrement total d&rsquo;un contrat social qui n&rsquo;a peut-être jamais vraiment existé pour elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces déplacements massifs ne sont pas des accidents de parcours. Ils sont la cartographie vivante de l&rsquo;échec de l&rsquo;État haïtien. Chaque famille déplacée est une ligne supplémentaire dans le réquisitoire que l&rsquo;histoire dresse contre ceux qui ont gouverné ce pays dans le mépris et la prédation. Chaque enfant qui dort à la belle étoile sur un carton, dans un parc, sous un arbre, dans les couloirs d&rsquo;une école transformée en refuge, est une accusation vivante, respirante, qui ne se taira jamais vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les zones abandonnées deviennent des déserts humains que les gangs s&rsquo;approprient, qu&rsquo;ils transforment en bases opérationnelles, en arsenaux, en territoires de non-droit où l&rsquo;État n&rsquo;existe que comme une abstraction lointaine et inefficace. Et plus ces zones s&rsquo;étendent, plus l&rsquo;État rétrécit. Plus l&rsquo;État rétrécit, plus les zones d&rsquo;ombre s&rsquo;agrandissent. C&rsquo;est un cycle infernal, une spirale descendante dont personne au pouvoir ne semble avoir la volonté, ni peut-être l&rsquo;intérêt, de briser la logique mortelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car il faut le dire avec toute la clarté que la situation exige : certains profitent du chaos. Certains font des affaires prospères dans l&rsquo;instabilité. Certains importent des armes que les gangs utilisent. Certains rachètent à des prix dérisoires les propriétés abandonnées par des familles terrorisées. Certains utilisent le désordre ambiant pour justifier leur maintien au pouvoir en l&rsquo;absence de toute légitimité démocratique. Le chaos haïtien n&rsquo;est pas seulement une tragédie — c&rsquo;est aussi, pour certains, une opportunité commerciale et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe, dans le vocabulaire de la philosophie politique, un concept que Hannah Arendt appelait « le droit d&rsquo;avoir des droits » — cette idée fondamentale que tout être humain, simplement par le fait d&rsquo;être humain, mérite d&rsquo;être reconnu comme tel par une communauté politique organisée. Ce droit élémentaire, cette reconnaissance minimale de l&rsquo;humanité de chaque individu, est précisément ce que l&rsquo;État haïtien refuse systématiquement à ses propres citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Observons les faits avec la froideur clinique qu&rsquo;ils méritent. Dans les nations qui prétendent à la civilisation — et même dans certaines qui n&rsquo;y prétendent pas — un animal domestique abandonné bénéficie de protections légales. Des associations veillent à son bien-être. Des refuges l&rsquo;accueillent. Des vétérinaires le soignent. Des lois punissent ceux qui le maltraitent. La société mobilise des ressources considérables pour assurer que même la bête la plus humble ne souffre pas inutilement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Haïti, un être humain — un citoyen qui a le droit constitutionnel à la sécurité, à l&rsquo;éducation, à la santé, à la justice — n&rsquo;a accès à aucune de ces protections élémentaires. Il ne peut pas se rendre à l&rsquo;hôpital sans risquer d&rsquo;être pris en otage dans un carrefour contrôlé par un gang. Il ne peut pas envoyer ses enfants à l&rsquo;école sans craindre qu&rsquo;ils ne rentrent jamais. Il ne peut pas porter plainte à la police sans savoir que la police est souvent infiltrée, compromise ou simplement absente. Il ne peut pas faire confiance à la justice parce que la justice a depuis longtemps choisi son camp — et ce n&rsquo;est pas le sien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité constitue ce qu&rsquo;on pourrait appeler, sans exagération, une déshumanisation institutionnelle. L&rsquo;État haïtien, par son inaction, par sa corruption, par sa complicité active avec les forces du chaos, envoie chaque jour à ses citoyens le même message silencieux mais assourdissant : vous ne comptez pas. Votre vie n&rsquo;a pas de valeur. Votre douleur ne nous intéresse pas. Débrouillez-vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce message que reçoivent ces familles déplacées, assises dans la poussière de leur propre pays, attendant une aide qui ne vient jamais, espérant un retour qui semble de plus en plus improbable, survivant avec la seule force de cette résilience haïtienne qui force l&rsquo;admiration tout en nous désespérant — parce qu&rsquo;une résilience qui n&rsquo;est jamais récompensée finit par ressembler à de la résignation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le présent haïtien est une tragédie, l&rsquo;avenir est une catastrophe annoncée. Et au cœur de cette catastrophe se trouve la question de la jeunesse — cette génération née dans la tourmente, grandie dans la violence, et condamnée, si rien ne change, à disparaître dans l&rsquo;obscurité que ses prédateurs ont soigneusement entretenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jeune homme recruté de force dans les rangs d&rsquo;un gang — souvent sous la menace d&rsquo;une mort certaine s&rsquo;il refuse, souvent après avoir vu son quartier tomber et ses alternatives disparaître une à une — représente une perte incalculable pour ce pays. Dans cet adolescent qu&rsquo;on transforme en soldat de la terreur, il y avait peut-être un chirurgien capable de sauver des milliers de vies, un architecte capable de reconstruire une ville, un enseignant capable d&rsquo;ouvrir des esprits, un artiste capable de donner à Haïti une nouvelle voix dans le concert des nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne tue pas seulement des corps en Haïti. On assassine des vocations. On éteint des étoiles avant qu&rsquo;elles aient eu le temps de briller. On coupe des ailes avant que les oiseaux aient appris à déployer leur envergure. Et cette perte — cette hémorragie silencieuse de potentiel humain — est peut-être la plus grande, la plus irréparable de toutes les pertes que ce pays a subies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes femmes ne sont pas épargnées. Dans les zones contrôlées par les gangs, elles font face à des violences d&rsquo;une brutalité systématique — des violences utilisées comme armes de guerre, comme outils de domination territoriale, comme moyens de terroriser des communautés entières. Ces violences laissent des cicatrices que aucune reconstruction physique ne pourra effacer. Elles brisent des vies, détruisent des rêves, volent des avenirs. Et elles se perpétuent dans le silence complice d&rsquo;un État qui regarde ailleurs et d&rsquo;une communauté internationale qui produit des rapports consternés sans jamais agir à la hauteur de l&rsquo;urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeunesse haïtienne mérite infiniment mieux que d&rsquo;être le butin de guerre de criminels que le pouvoir a laissés s&rsquo;installer. Elle mérite des écoles qui ouvrent leurs portes sans interruption. Elle mérite des universités accessibles qui ne soient pas des luxes réservés à une élite. Elle mérite des horizons ouverts, des opportunités réelles, des espaces de liberté où elle peut rêver, créer, construire — pour elle-même et pour ce pays qu&rsquo;elle aime malgré tout, avec une fidélité qui devrait nous faire honte à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas parler de la crise haïtienne sans évoquer la dimension internationale de cette tragédie. Haïti n&rsquo;est pas une île coupée du monde. Elle est au contraire profondément insérée dans des dynamiques régionales et mondiales qui ont largement contribué à sa situation actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette de l&rsquo;indépendance — ces 150 millions de francs-or extorqués à Haïti par la France comme condition de la reconnaissance de sa liberté, une dette absurde et criminelle que le pays a mis plus d&rsquo;un siècle à rembourser, se privant ainsi des ressources nécessaires à son développement — reste une plaie historique qui saigne encore. Les interventions militaires répétées qui ont déstabilisé les institutions haïtiennes au lieu de les renforcer. Les programmes d&rsquo;ajustement structurel qui ont détruit les capacités productives locales. L&rsquo;aide internationale qui arrive sous forme de conditionnalités humiliantes et repart en grande partie dans les poches de consultants étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et aujourd&rsquo;hui, les armes qui armipent les gangs haïtiens — ces armes qui terrorisent des populations entières — viennent de quelque part. Elles traversent des frontières. Elles sont fabriquées dans des usines situées dans des pays qui se présentent comme des défenseurs des droits humains. Ces flux d&rsquo;armes illicites ne pourraient pas exister sans une complicité — active ou passive — de réseaux internationaux qui profitent de l&rsquo;instabilité haïtienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La communauté internationale qui se dit préoccupée par la situation haïtienne doit cesser de traiter ce pays comme un patient chronique à maintenir sous perfusion humanitaire et commencer à s&rsquo;attaquer aux causes profondes de la crise — y compris celles dont elle est elle-même partie prenante. La solidarité internationale ne peut pas se limiter à envoyer des containers de nourriture et des résolutions du Conseil de Sécurité. Elle doit inclure la restitution de la dette historique, le tarissement des flux d&rsquo;armes illicites, le gel des avoirs des oligarques haïtiens qui pillent leur pays depuis des paradis fiscaux étrangers, et le soutien réel — pas rhétorique — à la construction d&rsquo;institutions haïtiennes indépendantes et efficaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons trop longtemps attendu. Trop longtemps espéré. Trop longtemps fait confiance à des promesses qui se dissolvaient au contact de la réalité. Trop longtemps accepté des solutions partielles, des réponses cosmétiques, des gestes symboliques qui ne changeaient rien à la substance d&rsquo;une oppression systématique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, nous ne demandons plus. Nous exigeons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons la fin immédiate de l&rsquo;impunité. Chaque individu — politicien, homme d&rsquo;affaires, officier de police, fonctionnaire — qui a financé, armé, protégé ou couvert des groupes armés criminels doit être identifié, arrêté, jugé et condamné. Pas dans dix ans. Pas après une commission d&rsquo;enquête qui durera une décennie. Maintenant. La justice différée est une injustice supplémentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons un désarmement réel et vérifiable. Pas un programme de désarmement volontaire qui se transforme en amnistie déguisée pour les criminels. Un désarmement forcé, courageux, systématique, appuyé par une volonté politique sans failles et des moyens humains et matériels à la hauteur de l&rsquo;enjeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons la reconstruction digne des communautés détruites. Les familles déplacées ont le droit de rentrer chez elles — dans des maisons sécurisées, dans des quartiers où l&rsquo;État est présent, dans des communautés où les enfants peuvent aller à l&rsquo;école sans risquer leur vie. Pas des camps de déplacés qui durent des générations. Un retour digne, accompagné, soutenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons la refondation totale des institutions de sécurité. Une police nationale professionnelle, bien formée, bien équipée, bien payée et bien supervisée. Des mécanismes de contrôle indépendants. Une tolérance zéro pour la corruption et la complicité avec les groupes criminels. Une justice pénale qui fonctionne, avec des juges indépendants, des prisons qui ne sont pas des passoires, et des procédures qui respectent à la fois les droits des accusés et ceux des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons un investissement massif et immédiat dans la jeunesse. Des écoles dans toutes les zones affectées, opérationnelles, gratuites, accessibles. Des programmes de réinsertion pour les jeunes qui ont été enrôlés de force dans les gangs et qui veulent en sortir. Des opportunités économiques réelles dans les quartiers pauvres, pour que le recrutement forcé perde de son pouvoir de séduction pour ceux qui n&rsquo;ont rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de profondément subversif dans le fait d&rsquo;aimer Haïti aujourd&rsquo;hui. Dans le fait de refuser de se laisser convaincre que tout est perdu. Dans le fait de continuer à croire, malgré tout, malgré les images insoutenables, malgré les statistiques accablantes, malgré les nuits sans sommeil et les matins sans certitude — de continuer à croire que ce pays peut se relever, qu&rsquo;il se relèvera, parce qu&rsquo;il porte en lui une force que ses ennemis n&rsquo;ont jamais réussi à éteindre complètement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette force, c&rsquo;est la mémoire de 1804. C&rsquo;est le souvenir de femmes et d&rsquo;hommes qui n&rsquo;avaient rien — pas d&rsquo;armée professionnelle, pas d&rsquo;alliés puissants, pas d&rsquo;armes sophistiquées — et qui ont quand même choisi de se battre pour leur dignité contre l&#8217;empire le plus puissant de leur époque. Et qui ont gagné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette force, c&rsquo;est la résilience extraordinaire d&rsquo;un peuple qui a survécu à tout — aux dictatures, aux catastrophes naturelles, aux embargos, aux humiliations répétées — et qui continue, chaque matin, à se lever, à nourrir ses enfants, à construire quelque chose, à résister à l&rsquo;abandon avec une ténacité qui force le respect et arrache les larmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette force, c&rsquo;est nous. C&rsquo;est notre indignation. C&rsquo;est notre refus de nous habituer à l&rsquo;inacceptable. C&rsquo;est notre insistance à nommer les responsables, à documenter les crimes, à maintenir vivante la mémoire des victimes que le pouvoir voudrait effacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre amour pour Haïti est une forme de résistance politique. Notre douleur est une accusation. Notre exigence de justice est un acte révolutionnaire dans un pays où l&rsquo;impunité a été érigée en système de gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire jugera. Elle juge toujours. Elle prend note de chaque crime, de chaque lâcheté, de chaque trahison — et elle les inscrit dans son grand livre avec une encre que rien n&rsquo;efface jamais. Les noms de ceux qui ont livré Haïti aux gangs, qui ont vendu la sécurité de leurs concitoyens pour des poignées de dollars et des parts de pouvoir, seront dans ce livre. Et les générations futures les liront avec le même dégoût que nous lisons aujourd&rsquo;hui les noms des grands traîtres de l&rsquo;histoire humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;histoire gardera aussi les noms de ceux qui ont résisté. De ceux qui ont refusé de se taire. De ceux qui ont continué à se battre pour la dignité de leur peuple quand tout semblait perdu. De ceux qui ont aimé Haïti assez fort pour lui dire la vérité en face, même quand cette vérité brûlait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti ne mourra pas. Pas parce que ses ennemis manquent de volonté pour la tuer. Mais parce que ses enfants &#8211; ceux de l&rsquo;intérieur comme ceux de la diaspora, ceux qui pleurent et ceux qui se battent, ceux qui écrivent et ceux qui marchent &#8211; refusent, avec une obstination magnifique et nécessaire, de lui écrire son épitaphe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier mot n&rsquo;appartient pas aux gangs. Il n&rsquo;appartient pas aux politiciens corrompus. Il n&rsquo;appartient pas aux profiteurs du chaos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier mot appartient au peuple haïtien. Et ce peuple a décidé de vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">RTMI </p>
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		<title>Les Blancs ne sont pas partis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jeff Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 15:15:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le mercredi 21 janvier 2026, en soirée, une décision majeure a été prise par le Conseil présidentiel de transition (CPT). Sur les sept (7) conseillers présidentiels, cinq (5) ont apposé leur signature sur une résolution visant le limogeage du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il s’agit là d’une décision collégiale, conforme aux règles internes de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le mercredi 21 janvier 2026, en soirée, une décision majeure a été prise par le Conseil présidentiel de transition (CPT). Sur les sept (7) conseillers présidentiels, cinq (5) ont apposé leur signature sur une résolution visant le limogeage du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il s’agit là d’une décision collégiale, conforme aux règles internes de fonctionnement du CPT. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, une fois de plus, les affaires internes d’Haïti semblent prises en otage par des forces extérieures. Car malgré cette majorité claire, le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, issu du même secteur que le Premier ministre concerné, refuse toujours de transmettre le document au secrétariat de la Présidence en vue de sa publication.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce blocage n’est ni anodin ni innocent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que le pays s’enfonce chaque jour davantage dans la crise&nbsp;&nbsp;insécurité, misère, perte de crédibilité internationale&nbsp;&nbsp;Haïti continue d’être la risée d’un « international » qui prétend décider pour nous, sans jamais comprendre la réalité du peuple haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un international qui, une fois encore, semble avoir son mot à dire sur une décision souveraine prise par des Haïtiens, pour Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas du coordonnateur Laurent Saint-Cyr illustre tristement cette dérive. Étudiant aux États-Unis, partagé entre une semaine en Haïti et une semaine à l’étranger, comment peut-il prétendre incarner la continuité de l’État et la responsabilité nationale ? Comment peut-il se permettre de bloquer une décision collective alors que le pays brûle ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit là d’un déni de souveraineté, d’un manque flagrant de conscience nationale et d’un mépris assumé pour l’intérêt général. Ces comportements traduisent une dépendance politique et psychologique à des influences étrangères qui continuent de dicter leur agenda à notre pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourtant, les textes sont clairs</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accord politique du 3 avril 2024 confère au CPT l’autorité de conduire la transition et de mettre fin aux fonctions du Premier ministre dans le cadre de cette mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, aucun texte de droit administratif haïtien n’accorde au coordonnateur du CPT un pouvoir discrétionnaire lui permettant de bloquer la transmission d’un acte adopté par une majorité valable du Conseil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le refus de Laurent Saint-Cyr constitue donc une obstruction administrative manifeste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit d’un acte grave, contraire aux principes de collégialité, de légalité et de bonne gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, il devient évident que certaines puissances étrangères ne souhaitent pas voir Alix Didier Fils-Aimé écarté du pouvoir. Elles ont parlé. Et, comme trop souvent dans notre histoire, on voudrait que le peuple haïtien se taise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les faits sont là :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Le coordonnateur du CPT n’a légalement aucun droit de refuser l’acheminement du document.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;La décision existe, elle est valide, elle est signée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Le blocage est politique, pas juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Blancs ne sont pas partis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils sont toujours là&nbsp;&nbsp;à travers des relais locaux, des décisions bloquées, des volontés populaires étouffées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question qui reste est simple :</p>



<p class="wp-block-paragraph">jusqu’à quand accepterons-nous que notre souveraineté soit confisquée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeff JEAN&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Guy Mondelus, version Muscadin : quand la jungle remplace la loi</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/guy-mondelus-version-muscadin-quand-la-jungle-remplace-la-loi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Aug 2025 13:37:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Mondelus]]></category>
		<category><![CDATA[Muscadin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a chez certains responsables haïtiens une étrange maladie contagieuse. Les médecins n’en parlent pas, mais le peuple la connaît. On l’appelle&#160;« Foli chèf ». Elle se traduit par un besoin compulsif de se mettre en scène, d’agir en dehors du cadre légal, persuadé que la loi n’est qu’un accessoire qu’on peut écarter. Le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il y a chez certains responsables haïtiens une étrange maladie contagieuse. Les médecins n’en parlent pas, mais le peuple la connaît. On l’appelle&nbsp;<strong>« Foli chèf »</strong>. Elle se traduit par un besoin compulsif de se mettre en scène, d’agir en dehors du cadre légal, persuadé que la loi n’est qu’un accessoire qu’on peut écarter. Le dernier contaminé c’est Guy Mondelus, commissaire du gouvernement d’Aquin. Et, comme par hasard, il marche désormais dans les traces de son désormais célèbre acolyte, le commissaire Jean Ernest Muscadin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux-là, censés incarner la justice, finissent par adopter les mêmes méthodes expéditives que les criminels qu’ils prétendent combattre. Par conséquent, la ligne entre justice et banditisme s’efface, et la République se transforme en jungle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière scène qui fait scandale ? Une vidéo, massivement partagée sur les réseaux, montrant Mondelus à un check-point, tombant sur deux jeunes en route pour Les Cayes depuis Port-au-Prince.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le commissaire, sûr d’être bien cadré par les caméras, dégaine en mode « bandition ». Arrestation express. Garde à vue express. Aucune preuve tangible… sauf qu’ils viennent de Canapé-Vert. Et, comble du crime, ils ont des tatouages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, dans un pays qui se dit démocratique, il suffirait donc de porter des dreadlocks ou un tatouage pour être soupçonné d’appartenir à « Viv Ansanm ». Si ce n’est pas de la régression, qu’est-ce que c’est ?  </p>



<p class="wp-block-paragraph">La Police nationale d’Haïti a officialisé l’affaire sur ses réseaux sociaux :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Deux individus interpellés pour implication présumée dans des activités criminelles… »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les noms, âges et photos des jeunes menottés ont été publiés. Le ton du message laisse croire qu’on a capturé Izo, Barbecue ou Ti Lapli. Et, pour faire bonne mesure, on précise : <em>« Ils sont gardés à vue au commissariat des Cayes en attendant les suites judiciaires nécessaires. »</em> Suites judiciaires ? Depuis quand ? Sur quelles bases ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne ne conteste la nécessité de protéger la population. Mais protéger ne veut pas dire humilier. Agir en dehors de ses prérogatives, c’est alimenter un cycle de violence et d’injustice qui nourrit, au final, le même mal que l’on prétend combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la vérité, nous savons tous, autant que moi, que le problème n’est pas dans les dreadlocks ni dans les tatouages. Les vrais commanditaires de la violence, ceux qui arment les quartiers, n’ont ni locks ni encre sur la peau.&nbsp;&nbsp;Ils portent d’ailleurs des cravates, se coiffent chez les meilleurs barbiers, et se déplacent avec escorte officielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une cohérence à géométrie variable</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mondelus a récemment interdit les cagoules dans la commune d’Aquin. Initiative compréhensible. Mais alors : pourquoi ses propres agents de sécurité en portent-ils ?Et d’ailleurs, quelle disposition du règlement de la PNH autorise un policier à cacher son visage sous une cagoule ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le respect de la loi et de la dignité humaine ne se négocie pas. On ne peut pas remplacer la justice par le spectacle, ni la loi par l’arbitraire. Si les commissaires veulent vraiment restaurer la sécurité, qu’ils commencent par s’attaquer aux vrais réseaux criminels, pas aux jeunes qu’ils croisent au hasard, simplement parce qu’ils portent sur eux les symboles d’une jeunesse que l’État a laissée tomber.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par :</strong> Wilsonley SIMON | RTMI </p>



<p class="wp-block-paragraph">simonwilsonley35@gmail.com</p>
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		<title>Le cas Ené Val, un délicat cas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RTMI]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Jul 2025 17:06:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Val]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » &#8211; La Fontaine Le cas Ené Val est, à bien des égards, un cas délicat. Non pas parce qu’il dérange, mais parce qu’il illustre avec une clarté clinique ce que devient un homme lorsqu’il vend sa voix contre le silence de sa conscience. Ené [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute » &#8211; La Fontaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas Ené Val est, à bien des égards, un cas délicat. Non pas parce qu’il dérange, mais parce qu’il illustre avec une clarté clinique ce que devient un homme lorsqu’il vend sa voix contre le silence de sa conscience. Ené Val, journaliste à la radio Scoop FM qui hier encore se présentait comme un critique du système,&nbsp;&nbsp;est aujourd’hui le porte-parole d’un gouvernement fantôme, qui n’existe que sur papier, dans les salles d’apparat, et dans les communiqués soporifiques rédigés entre deux coupures de courant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis sa nomination le 24 juin 2025 par Maître Axène Joseph, Ené Val s’emploie à mentir avec méthode, à réciter des formules creuses, à sauver la façade d’un pouvoir sans ossature. Sa tâche ? Justifier l’injustifiable. Son discours ? Une répétition absurde d’éléments de langage vides, aussi vides que les institutions qu’il tente de défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il suffit de l’écouter : « la peur change de camp », a-t-il lancé sur Panel Magic le 21 juillet, oubliant qu’à Pont-Sondé, à Liancourt, à L’Estère, les balles pleuvent encore plus que les promesses. À croire que dans le monde parallèle d’Ené Val, ce sont les bandits qui se terrent, et non les citoyens qui se terrifient. Peut-être croit-il vraiment à ses mensonges. Peut-être ne fait-il que jouer son rôle, en bon acteur d’une pièce dont le public s’est déjà détourné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce gouvernement où rien n’est clair, Val Ené est chargé d’éclairer. Mais à force de travestir la réalité, il ne fait qu’épaissir l’ombre. Il est devenu la voix d’un néant institutionnel, l’écho d’un pouvoir que personne ne voit, ne comprend, ni ne respecte. Lui qui, hier encore, dénonçait les dérapages, s’est aujourd’hui fait le griot d’un exécutif fantoche. Ce n’est plus un porte-parole, c’est un porte-mensonge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est pas qu’Ené Val défende un gouvernement, le problème, c’est qu’il défende un simulacre. Qu’il se mette en quatre pour faire croire à une direction politique là où il n’y a que confusion, à une stratégie là où il n’y a que survie, à une autorité là où il n’y a que vacuité. Et cela, il le fait avec le sourire fatigué de ceux qui savent qu’ils trahissent, mais qui espèrent que personne ne le remarque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« L’histoire est cruelle avec ceux qui ont choisi le confort de la servitude à la dignité du doute » disait l’autre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ené Val n’est ni le premier, ni le dernier à sombrer ainsi. Il rejoint une cohorte d’anciens journalistes devenus les hérauts des régimes qu’ils dénonçaient jadis. Leur point commun ? Avoir vendu leur plume pour une chaise, leur voix pour un cachet, leur honneur pour un titre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Val n’est pas qu’un porte-parole. Il est le fossoyeur de ce qu’il fut. Il est la preuve que l’intellect peut être mis au service de l’imposture, que la rhétorique peut maquiller l’échec, que le verbe peut trahir la vérité. Il est devenu l’employé docile d’une Primature spectrale, un laquais de la mise en scène gouvernementale, récitant sans conviction les lignes d’un pouvoir inexistant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il parle, oui. Mais sa parole n’a plus de poids, car elle ne repose sur rien, sinon le néant qu’il tente de maquiller. Et comme tous ceux qui ont prostitué leur plume à la servitude politique, il finira dans les marges sales de l’Histoire, parmi ces journalistes devenus perroquets, parmi ces visages que l’on oublie sitôt que tombe le rideau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’il en prenne conscience : l’Histoire n’absout pas les collaborateurs du mensonge, elle les archive dans la honte. Et si Ené Val pense encore sauver la face, il ne sauve en vérité que sa chute. Une chute lente, triste, mais irrémédiable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">RTMI</p>
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		<title>Haïti: quelle triste tragédie politique </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Eudès PIERRE]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jul 2025 16:27:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un contexte crucial où les marmites des revendications légitimes bouillonnent en Haïti, l&#8217;Amérique de TRUMP, à travers la CARICOM et l&#8217;OEA reprend sa badine. En guise de récompense, ils ont renoué les pourparlers avec les représentants des 62 entités et les 9 secteurs qui ont porté le CPT sur les fonts baptismaux. Cette décision [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte crucial où les marmites des revendications légitimes bouillonnent en Haïti, l&rsquo;Amérique de TRUMP, à travers la CARICOM et l&rsquo;OEA reprend sa badine. En guise de récompense, ils ont renoué les pourparlers avec les représentants des 62 entités et les 9 secteurs qui ont porté le CPT sur les fonts baptismaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision de nature arrogante, réactionnaire et impérialiste affiche un mépris total contre la volonté du peuple haïtien dans sa grande majorité brandissant le carton rouge face aux tenants et aux aboutissants de ce chaos généralisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En si peu de temps, le CPT et le gouvernement Fils-Aimé participent énormément à l&rsquo;élargissement du fossé, déjà trop incommensurable : entre ceux qui possèdent tout et ceux qui n&rsquo; ont rien du tout. Sous la gouverne de cette Administration politique, la mafia du secteur des affaires règne sans partage. Des subventions à flots , en dehors des cadres légaux et en Ti Zanmi renforcent le monopole et occasionnent du même coup la flambée spectaculaire du prix de certains services.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût du transport aérien entre Port-au-Prince et Cap- Haïtien, un trajet d&rsquo;une trentaine de minutes est à 250 dollars américains,&nbsp;&nbsp;au nez et à la barbe des dirigeants, dans un pays où les gangs armés contrôlent tous les principaux axes routiers, ce qui rend presque impossible la libre circulation des personnes, des biens et des services par voix terrestre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo; impunité, le bracage financier et économique, le détournement de fonds, l&rsquo;incompétence et la connivence de certains membres du CPT et du gouvernement Fils-Aimé, ont consacré l&rsquo;échec de la deuxième partie de cette transition après l&rsquo;assassinat du Président Jovenel MOÏSE.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;heure a sonné pour l&rsquo;émergence d&rsquo;un nouveau groupe intergénérationnel d&rsquo;hommes et de femmes politiques. Les autorités religieuses de toutes confessions doivent faire entendre leur voix pour exiger la normalisation et la moralisation de la politique, en Haïti. Cela se concrétisera par le départ en bloc&nbsp;&nbsp;de ce régime, et l&rsquo;installation d&rsquo;un pouvoir exécutif bicéphale ayant pour objectif unique et dans un délai record: Établir la sécurité et Organiser les élections générales crédibles, honnêtes, démocratiques et transparentes dans le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par :</strong> Marc Eudès PIERRE</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Édito &#124; Fête du travail en Haïti : pour qui sonne la cloche ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 May 2025 13:30:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[1er Mai]]></category>
		<category><![CDATA[CPT]]></category>
		<category><![CDATA[Fête du travail]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mais à bien y réfléchir, qui travaille réellement en Haïti ? Qui, aujourd’hui, peut vivre dignement de son activité sans tendre la main à la diaspora ou survivre à coups de miracles ? Quel est ce travail qui nourrit, soigne, instruit, loge sans appui extérieur ni combine politique ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ce 1er mai 2025, alors que le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a tenu à célébrer la fête de l’Agriculture et du Travail à la Villa d’Accueil, dans une mise en scène bien rodée, au ton grave et aux promesses creuses. Le décor était soigné : discours solennels, dignitaires en rangs serrés, hymne au travail et à la terre. Mais dans les rues, dans les campagnes, dans les marchés, dans les quartiers cernés par les gangs, le mot « travail » n’est plus une promesse. Il est une douleur, une ironie, une insulte parfois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car que célèbre-t-on, exactement, dans un pays où l’État n’offre ni emploi, ni protection, ni sécurité aux travailleurs ? Que vaut un hommage aux paysans lorsque leurs terres sont livrées aux gangs, à l’érosion, au béton ou à l’oubli ? Que signifie « relancer l’économie » dans une société où le principal débouché professionnel, pour les jeunes, c’est le départ à l’étranger ou la débrouille dans l’informel ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mots du Président du CPT, Fritz Alphonse Jean, sonnent comme des échos lointains d’un autre pays. « Soutenir les agriculteurs », « relancer la productivité », « regagner la confiance des investisseurs »… Autant de formules polies, sans lien apparent avec la réalité d’un pays sans État, où l’économie de subsistance tient lieu de politique publique, et où même les promesses de salaires sont devenues hypothétiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre de l’Agriculture, M. Vernet Joseph, lui aussi, s’est exprimé. Il a vanté le rôle « stratégique » du secteur agricole, dans un pays où l’agriculture meurt à petit feu, faute d’encadrement, de vision, et de soutien. Un pays où presque tout ce que nous mangeons vient de la République Dominicaine, sans contrôle, sans garantie, sans honte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’annonce d’un « Office national d’assurance chômage » par le Ministre des Affaires sociales, Georges Wilbert Franck, a fait sourire plus d’un, tant elle semble déconnectée d’un territoire où la majorité n’a jamais connu le salariat formel. En Haïti, le travail est le plus souvent invisible, non déclaré, sous-payé, subi. Il se nomme « débrouillardise », « petit commerce », « kore lavi ». Il ne mène pas à l’émancipation, mais à l’usure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être cela, le vrai scandale de ce 1er mai : non pas tant la misère, mais le spectacle qu’on en fait. L’indécence de vouloir fêter le travail dans un pays où l’emploi est un privilège, où la production est asphyxiée, et où les travailleurs meurent parfois sans jamais avoir vu la couleur d’une couverture sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais à bien y réfléchir, qui travaille réellement en Haïti ? Qui, aujourd’hui, peut vivre dignement de son activité sans tendre la main à la diaspora ou survivre à coups de miracles ? Quel est ce travail qui nourrit, soigne, instruit, loge sans appui extérieur ni combine politique ? Dans ce pays, même ceux qui « travaillent » officiellement n’échappent pas à la dépendance, à la débrouille, à l’attente. C’est peut-être là, la plus grande imposture de cette fête. On célébre le travail là où il ne permet plus de tenir debout.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par-dessus tout, le vrai travailleur haïtien n’a ni micro, ni costume. Il s’épuise dans l’ombre, chaque jour, sans jamais faire la une. C’est à lui &#8211; et à lui seul &#8211; que devrait revenir l’honneur de ce 1er mai.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par :</strong> WS | RTMI</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Du sauvetage promis au théâtre absurde : le fiasco kényan en Haïti</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/du-sauvetage-promis-au-theatre-absurde-le-fiasco-kenyan-en-haiti/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Apr 2025 22:24:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[RTMI]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On nous avait promis des héros,  on découvre des touristes en uniforme. On rêvait de libérateurs, on se retrouve avec des visiteurs hésitants, pris dans les méandres d’un État fantôme et d’une stratégie policière aussi vide qu’une conférence de presse du CSPN et du CPT. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Ils étaient beaux. Ils étaient fiers. Ils chantaient en swahili sur le tarmac de Port-au-Prince. Le drapeau kenyan flottait dans le ciel poussiéreux de l’aéroport Toussaint Louverture, pendant que les caméras des médias internationaux et locaux, filmaient avec excitation ce qui ressemblait déjà à une cérémonie d’illusions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car enfin, que reste-t-il de cette arrivée théâtrale presqu’un an plus tard ? Des balles, des bandits toujours au contrôle, des commissariats, écoles, hôpitaux en cendres… et une population haïtienne qui, une fois de plus, regarde la promesse de sécurité comme on regarde un mirage sur l’asphalte chaud : ça brille, mais ce n’est que de l’air.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On nous avait promis des héros,&nbsp;&nbsp;on découvre des touristes en uniforme. On rêvait de libérateurs, on se retrouve avec des visiteurs hésitants, pris dans les méandres d’un État fantôme et d’une stratégie policière aussi vide qu’une conférence de presse du CSPN et du CPT. Pendant que les Kényans comptent leurs blessés et leurs morts, les gangs, eux, comptent leurs territoires nouvellement conquis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qu’il faut comprendre, c’est que les chefs de gangs, eux, n’attendent personne pour passer à l’attaque. Pendant que diplomates de salon et hauts fonctionnaires planqués jouent à la stratégie en PowerPoint, les bandits, eux, ignorent royalement le mot « logistique ». Leur kalachnikov ne rouille jamais, leur terrain est quadrillé comme un échiquier, et leur système d’information &#8211; souterrain, instantané, redoutable &#8211; ridiculise celui du ministère de la Défense lui-même, censé pourtant veiller sur l’intégrité du territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et que dire des chefs ? Ah, ces fameux chefs ! Normil et Otunge, en parfaits choristes d’un opéra de pacotille, nous annoncent fièrement qu’ils ont, une fois,&nbsp;&nbsp;abattu 100 «&nbsp;terroristes&nbsp;» dans un silence administratif où aucun cadavre n’a de nom, aucun procès-verbal n’a de visage, et aucun témoin ne parle. C’est une guerre à huis clos, sans images, sans justice, sans rien… sauf des chiffres, lancés comme des os à ronger à une population affamée de résultats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Haïti ne se nourrit plus de chiffres. Haïti a mal. Et ce mal n’est pas kényan. Il est haïtien, enraciné, alimenté, protégé par ceux-là mêmes qui disent vouloir le combattre. Le théâtre sécuritaire s’effondre, mais le rideau reste levé. L’ironie veut que pendant que les policiers étrangers tombent dans des embuscades, les vrais responsables, eux, tombent… dans l’oubli, protégés par leur immunité, leur silence et leurs voitures blindées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors oui, on peut encore chanter. Mais ce ne sera plus en swahili mes ami.e.s. Ce sera en créole, avec colère, avec sarcasme, avec la lucidité d’un peuple qui a déjà vu mille uniformes, mille promesses, mille interventions. Et qui sait désormais que les seules bottes qui valent la peine… ce sont celles qui marchent avec le peuple, pas sur lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>Par :</strong> Wilsonley SIMON | RTMI</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La mémoire comme diversion : quand Macron enjolive le plus grand braquage historique </title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/la-memoire-comme-diversion-quand-macron-enjolive-le-plus-grand-braquage-historique/</link>
					<comments>https://radiotelemasseillaninfo.com/la-memoire-comme-diversion-quand-macron-enjolive-le-plus-grand-braquage-historique/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Apr 2025 16:09:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Macron]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Votre discours, Monsieur Macron, transpire de cette posture paternaliste si familière. Vous nous parlez de « vérité historique » comme d’un horizon commun, d’un « avenir apaisé », d’un « dialogue sincère ». Mais la vérité, elle est déjà connue. Elle a été établie, documentée, dénoncée par des générations d’intellectuels haïtiens, caribéens, français, et même par vos propres institutions. Ce que vous refusez, c’est d’en assumer les conséquences politiques et financières.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>« Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission. » </strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;Georges Clemenceau</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Député, Homme d&rsquo;état, Homme politique, Journaliste, Maire, Médecin, Ministre, Scientifique, Sénateur (1841 &#8211; 1929)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Parfois, les mots sont si beaux qu’ils en deviennent suspects. Et les silences, eux, si bruyants qu’ils trahissent les vraies intentions. En ce 17 avril 2025, Emmanuel Macron a une nouvelle fois démontré son talent de communicant en posant un geste symbolique, emballé dans un vernis historique, pour mieux esquiver l’essentiel. La France regarde « son » passé colonial en face, nous dit-il. Mais elle le regarde avec des lunettes fumées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 17 avril 1825, la France a commis l’un des plus grands crimes économiques de l’Histoire moderne. Elle a extorqué à Haïti, sous la menace des canons, une rançon de 150 millions de francs-or pour prix de son indépendance. Une rançon pour avoir osé briser les chaînes de l’esclavage. Une rançon pour avoir vaincu l’armée napoléonienne. Une rançon pour avoir prouvé que les Noirs pouvaient être libres et souverains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et aujourd’hui, en 2025, que nous proposez-vous ? Une « commission mixte » pour « explorer » le passé. Quelle indécence ! Cette dette n’a rien d’un mythe ou d’un souvenir lointain à exhumer sous la poussière des archives. Elle est une réalité économique, sociale, politique, qui a pesé et pèse encore sur chaque génération d’Haïtiens. Elle a ruiné un État naissant. Elle a empêché le développement. Elle a alimenté l’instabilité et la misère. Elle est le socle d’un rapport colonial qui n’a jamais été véritablement rompu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Votre discours, Monsieur Macron, transpire de cette posture paternaliste si familière. Vous nous parlez de « vérité historique » comme d’un horizon commun, d’un « avenir apaisé », d’un « dialogue sincère ». Mais la vérité, elle est déjà connue. Elle a été établie, documentée, dénoncée par des générations d’intellectuels haïtiens, caribéens, français, et même par vos propres institutions. Ce que vous refusez, c’est d’en assumer les conséquences politiques et financières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous avez parlé de restitution en Afrique à Ouagadougou en 2017. Vous avez promis de rendre les œuvres pillées. Et depuis ? Quelques pièces, quelques musées, beaucoup de silence. Le modèle est clair : faire des annonces, occuper le terrain symbolique, éviter l’essentiel. En Haïti, vous poursuivez la même logique. Vous parlez de mémoire alors qu’on vous parle de justice. Vous parlez de réconciliation alors qu’on vous demande réparation. Vous voulez dialoguer, quand il est temps de restituer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti n’a pas besoin de condescendance, mais de reconnaissance. Pas d’une reconnaissance au rabais, embourbée dans les procédures diplomatiques et les jeux d’archives. D’ailleurs, les peuples ne mangent pas les archives. Ce que nous avons besoin, vous le savez. C’est une reconnaissance pleine, politique, morale, financière. Il faut rendre l’argent. Il faut réparer. Il faut, enfin, rompre avec cette arrogance coloniale qui consiste à toujours différer l’essentiel, à faire du passé une abstraction alors qu’il hurle dans chaque rue de Port-au-Prince, dans chaque école délabrée, dans chaque hôpital déserté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire ne sera jamais un « pont » si elle continue à servir de cache-misère à l’injustice. Elle ne peut unir que lorsqu’elle répare. Ce n’est pas d’une commission que nous avons besoin, Monsieur le Président. C’est d’un remboursement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour ceux de mon peuple qui redoutent, à juste titre, que cette restitution ne tombe entre les mains d’un appareil d’État défaillant, qu’elle ne soit dilapidée comme le fonds PetroCaribe &#8211; je les comprends. Le traumatisme est réel, la méfiance est légitime. Mais aujourd’hui, notre première exigence doit être claire : arracher à Emmanuel Macron un calendrier, une date, un engagement ferme pour la restitution de cette rançon historique. Le reste viendra après.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car comme dit le proverbe :&nbsp;<em>chat échaudé craint l’eau froide</em>. Le peuple haïtien, lucide et debout, saura tracer les lignes rouges. Il saura inventer une gouvernance populaire et transparente pour utiliser cet argent comme levier d’un nouveau départ. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est un acte de justice. Pas un rapport, pas un séminaire. De l’argent volé. Rendu. Sans condition. Et avec respect.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par :</strong> Wilsonley SIMON | RTMI</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Vous avez dit « Aéroport international » ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Mar 2025 17:52:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Aéroport international Antoine Simon des Cayes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;L’aéroport Antoine Simon des Cayes est désormais ouvert aux services internationaux, sous la présidence de Leslie Voltaire.&#160;» Voilà la phrase magique, la trouvaille de dernière minute. Comme un élève en échec qui griffonne quelques lignes absurdes la veille des examens, notre ex-président du Conseil Présidentiel de Transition a tenu à inscrire à la va-vite une [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>L’aéroport Antoine Simon des Cayes est désormais ouvert aux services internationaux, sous la présidence de Leslie Voltaire.</em>&nbsp;» Voilà la phrase magique, la trouvaille de dernière minute. Comme un élève en échec qui griffonne quelques lignes absurdes la veille des examens, notre ex-président du Conseil Présidentiel de Transition a tenu à inscrire à la va-vite une inauguration bidon sur son bilan rachitique, anémique… inexistant, en fait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ô Haïti, pays de toutes les souffrances ! Te voilà encore une fois humiliée par des dirigeants qui réfléchissent avec leurs orteils. Monsieur Voltaire, pardon, ex-président Voltaire, vous avez dit “aéroport international” ? Sérieusement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que vous avez fait aux Cayes, ce n’est pas une inauguration, c’est une mascarade. Une illusion grotesque servie sur un plateau d’hypocrisie. Oui, bien sûr, c’est un “pas pour le Grand Sud”… mais surtout une énième honte pour le pays tout entier face au reste du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est grand temps que vous, dirigeants de mon pays, arrêtiez de nous prendre pour des imbéciles. Vous pensez qu’on va avaler ça sans broncher ? Si vraiment vous aviez eu un minimum de sérieux, vous auriez intégré l’aéroport dans un véritable projet structurant. Un méga-projet pensé sur le long terme, avec des infrastructures dignes de ce nom. Votre mandat était court ? Peu importe. Vous auriez pu poser les bases, assurer une continuité. Mais non, vous avez préféré la poudre aux yeux, la médiocrité en habits d’apparat. Vous représentez l’État, non ? Qu’est-ce qui cloche chez vous ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est fascinant, c’est que vous voyagez. Vous visitez des pays où les infrastructures sont solides, fonctionnelles. Vous vous faites photographier devant ces merveilles architecturales, ces constructions imposantes. Et ça ne vous inspire toujours rien ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Regardez autour de vous en Amérique latine et dans les Caraïbes… même plus près de nos, chez notre voisin, l’ Aéroport international de Punta Cana.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça ne vous dit rien ? Aucun déclic ? Rien ne vous fait honte ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous plains.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong><em>Par : Wilsonley SIMON</em></strong></p>



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		<title>Plan d’action de sécurité bidon : quand l’illusion devient gouvernance</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Wilsonley Simon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Dec 2024 15:32:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[RTMI]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oh, quel grand spectacle offert par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ! Derrière son pupitre, les mots lourds d’espoir mais légers en solutions pleuvent sur un peuple exsangue.  Avec une arrogance digne d’un mauvais prestidigitateur raté, il nous livre, le 12 décembre 2024, son soi-disant « plan d’action ferme » comme s’il était le Messie venu [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><br>Oh, quel grand spectacle offert par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ! Derrière son pupitre, les mots lourds d’espoir mais légers en solutions pleuvent sur un peuple exsangue.  Avec une arrogance digne d’un mauvais prestidigitateur raté, il nous livre, le 12 décembre 2024, son soi-disant « plan d’action ferme » comme s’il était le Messie venu sauver Port-au-Prince, ville assiégée par des terroristes. Quelle ironie, quand depuis son ascension à la Primature, il s’est transformé en fantôme : ni vu, ni entendu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Monsieur Fils-Aimé n’est qu’un illusionniste de bas étage, présent uniquement pour débiter des platitudes sans fond, alimentant les manchettes d’une presse résignée et ignorant la détresse d’une nation au bord du gouffre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, quels sont ces fameux « gestes forts » qui devraient endiguer l’insécurité ? Un doublement des frais de cartes prépayées pour les policiers. Oui, vous avez bien entendu, des cartes prépayées ! Comme si ces braves hommes, déjà sous-équipés et mal formés, allaient soudain devenir des super-héros grâce à quelques gourdes supplémentaires sur leur téléphone portable. Adye ridan !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et que dire de l’augmentation des indemnités des employés civils de la PNH ? On applaudit cette générosité cosmétique. Pendant ce temps, les bandits eux, n’attendent pas un virement bancaire pour financer leurs opérations . La semaine dernière, un véritable enfer s’est abattu sur l’Avenue Poupelard, où un parterre de maisons a été réduit en cendres. Pendant ce temps, à Wharf-Jérémie, le chef de gang Micanor Altès, en véritable « monarque des ténèbres », a orchestré une nouvelle tragédie : 184 personnes ont été massacrées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis quatre ans, ce criminel règne sur cette zone sous le regard passif — ou complice — des autorités. Les gangs continuent de terroriser le pays entier, opérant en toute impunité, comme s’ils avaient signé un pacte d’invisibilité avec l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà des statistiques et des flammes, ce sont des vies, des familles, et des rêves qui partent en fumée. Et pourtant, rien ne change.&nbsp;&nbsp;Les dirigeants continuent de « condamner fermement » avec un détachement qui pourrait presque être qualifié d’artistique, tant ils excellent dans le théâtre de l’inaction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Premier ministre, dans un élan de culot, ose appeler à la « mobilisation collective ». Ah, quelle audace ! À croire que les Haïtiens n’étaient pas déjà mobilisés : à se terrer chez eux, à survivre aux coups de feu, et à affronter un quotidien où la peur est devenue une seconde nature. Pendant ce temps, où est la mobilisation du gouvernement ? Où est la présence policière dans les quartiers assiégés ? Ou est passé la Force Multinationale? Où sont les actions concrètes pour désarmer ces terroristes ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En vérité, ce plan n’est rien d’autre qu’un écran de fumée, une diversion médiatique pour donner l’illusion d’une action, alors que l’inaction est la seule constante. Pendant que Fils-Aimé joue au stratège depuis sa résidence officielle, les Haïtiens vivent sur le fil du rasoir. Pas de Noël, pas d’argent, pas de sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Anyen ditou ! Nada ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, Monsieur le Premier ministre, épargnez-nous vos discours alambiqués et vos promesses fumeuses. Le peuple haïtien n’a plus la patience pour ces genres de stratégies d’évasion déguisées en politique. Faites ce que vous avez à faire, finissez de déplumer la poule, puis retournez tranquillement profiter de votre retraite confortable aux États-Unis. Oui, continuez à traiter ce pays comme un buffet à volonté, mais souvenez-vous : Baton ki bat Chen blan, gen pou wonfle chen nwa. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous tous, dirigeants confortablement installés dans vos sinécures, ce peuple, que vous traitez comme un troupeau docile, n’oubliera jamais. Non, ce n’est pas une tragédie anonyme que vous orchestrez ; c’est une révolte en gestation. Un jour viendra où ce peuple, brisé mais pas vaincu, se lèvera, et il ne demandera pas justice avec des mots doux. La vengeance de ceux que vous méprisez sera implacable, et ce jour-là, vos alliés étrangers ne pourront pas vous sauver. Après tout, on ne joue pas éternellement avec le feu sans finir par s’y brûler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">PAR : Wilsonley SIMON&nbsp;</p>
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