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	<title>Archives des L’édito - Radio Télé Masseillan Info</title>
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	<title>Archives des L’édito - Radio Télé Masseillan Info</title>
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		<title>Pacte de la honte : Haïti ne s’en sortira pas demain</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Feb 2026 18:58:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[L’édito]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Pacte national]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il arrive que les nations, acculées par l’histoire et par leurs propres faillites, n’aient d’autre issue que de se redire à elles-mêmes le sens de leur existence collective. Haïti est aujourd’hui à ce point de rupture où l’État ne tient plus que par les mots, où le territoire échappe à l’autorité publique, où la communauté [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il arrive que les nations, acculées par l’histoire et par leurs propres faillites, n’aient d’autre issue que de se redire à elles-mêmes le sens de leur existence collective. Haïti est aujourd’hui à ce point de rupture où l’État ne tient plus que par les mots, où le territoire échappe à l’autorité publique, où la communauté nationale se fragmente en survivances. Dans une telle conjoncture, la question d’un pacte national ne relève pas du luxe intellectuel ni de la rhétorique politique, il touche à la possibilité même de continuer à faire pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, depuis l’origine, la trajectoire haïtienne porte la marque d’un accord fondateur manqué. Au lendemain de 1804, l’absence de consensus sur la terre, le pouvoir et la citoyenneté fracture la jeune nation. Le XIXᵉ siècle enchaîne constitutions, guerres civiles et scissions régionales ; la rivalité entre Henri Christophe et Alexandre Pétion symbolise déjà deux visions irréconciliées de l’État, autrement dit, la nation est née sans pacte social partagé. Plus tard, l’occupation américaine (1915-1934) tente d’imposer un ordre sans consentement national. Le duvaliérisme institue, lui, un pacte de soumission fondé sur la peur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la chute de la dictature en 1986, le terme « pacte national » revient comme un leitmotiv dans les discours politiques haïtiens : pacte de gouvernabilité, accord politique, consensus patriotique, dialogue national. À chaque crise, la classe dirigeante invoque l’unité qu’elle n’a jamais su construire. Conférence nationale avortée, arrangements post-séisme, transitions successives : le vocabulaire change, la défaillance demeure.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, je suis de ceux qui pensent qu’Haïti a besoin d’un pacte national &#8211; au sens fort, refondateur, souverain. Parce qu’elle a échoué à construire une démocratie réelle. Parce que, par vos bêtises accumulées, vos calculs mesquins et votre désinvolture affairiste, la patrie s’est trouvée réduite à des clans incestueux, à un groupuscule de brasseurs d’affaires, le tout sous la régence d’un international maniant tour à tour la carotte et le bâton. Aujourd’hui, la « démocra-tue » se dresse dans toute sa laideur, pour reprendre la formule de Henry Gilbert dans l’ouvrage collectif&nbsp;<em>Haïti, la démocratie inféodée</em>, dirigé par Gabriel Nicolas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus que jamais, le constat aujourd’hui est implacable : Haïti est en train de se perdre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car les contentieux actuels dépassent toute crise antérieure : légitimité institutionnelle inexistante, souveraineté dévoyée, économie exsangue, territoire morcelé par la violence armée, confiance sociale dissoute. Aucune communauté politique ne survit durablement à une telle désagrégation. Dans une réalité désormais ubuesque, un</p>



<p class="wp-block-paragraph">pacte véritable devrait redéfinir l’État, la sécurité, la production, la justice sociale et la citoyenneté &#8211; et le faire à partir des forces réelles du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce qui a été présenté le 23 février 2026 à la Villa d’Accueil n’appartient pas à cette exigence historique. C’est une scénographie de légitimité dans un vide de légitimité. Le communiqué gouvernemental empile les formules &#8211; « stabilité », « maturité politique », « sortie ordonnée de la transition » &#8211; comme si la répétition des mots pouvait tenir lieu de réalité. Alors que, vérité de la palice:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">le pays réel ne voit ni stabilité ni institutions fonctionnelles ni horizon électoral crédible. Seulement, une démagogie qui ne dit pas son nom.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un pacte national suppose deux conditions élémentaires : la souveraineté politique des signataires et leur représentativité sociale. Or aucune n’est réunie. Qui a mandaté ces acteurs ? Quelle légitimité électorale portent-ils ? Quelle consultation populaire a précédé ce texte ? Les « intenses consultations » évoquées par le communiqué se sont déroulées dans un périmètre d’élites, non dans l’espace national. Plus grave, promettre des élections crédibles sans sécurité territoriale, sans administration opérationnelle, sans registre fiable relève de la fiction politique. On ne reconstruit pas la démocratie sur des zones captives et des institutions fantômes. Le discours officiel atteint même, par instants, une dimension incantatoire : « nou se siman k ap koule beton estabilite pou Nasyon an ». Le pouvoir se proclame ciment de la nation au moment précis où la nation se délite. L’histoire haïtienne est pourtant constante : chaque fois que le pouvoir s’est autoproclamé sauveur, il a surtout prolongé sa propre durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’il soit parfaitement clair pour tout le monde, refuser ce « pacte » n’est pas refuser l’idée de pacte &#8211; c’est au contraire la préserver. Car un faux pacte est plus destructeur que l’absence de pacte : il donne l’illusion de la refondation tout en pérennisant la crise. Il transforme une exigence historique en instrument de communication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti ne s’en sortira pas demain, non parce que l’idée de pacte serait vaine, mais parce qu’elle est capturée par ceux qui ont contribué à l’effondrement actuel. La refondation nationale ne naîtra pas d’une signature protocolaire à la Villa d’Accueil ; elle exigera un processus long, conflictuel, populaire, où communautés, diaspora, jeunesse et secteurs productifs redéfiniront l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la complexité de la crise contemporaine, les solutions de facilité ne tiennent pas. Comme mentionné précédemment, la fin de ce système n’est pas une fatalité à attendre, elle devra être arrachée au réel, dans l’épaisseur des rapports sociaux et des forces nationales. Le 23 février 2026 n’a pas vu naître un pacte national ; il a consacré un pacte de façade &#8211; un pacte entre transitionnaires pour durer encore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est précisément pourquoi ce pacte-là est une honte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Wilsonley SIMON</p>



<p class="wp-block-paragraph">Simonwilsonley35@gmail.com</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La nomination en lettres de sang</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Aug 2025 14:52:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[L’édito]]></category>
		<category><![CDATA[MENFP]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il a fallu qu’un jeune de 19 ans, Wanderson Zamy, tombe sous les balles pour que le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) se décide à faire l’annonce que plus de 500 lettres de nomination d’étudiants stagiaires étaient déjà prêtes. Quelle ironie macabre : dans ce pays, les dossiers ne bougent [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il a fallu qu’un jeune de 19 ans, Wanderson Zamy, tombe sous les balles pour que le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) se décide à faire l’annonce que plus de 500 lettres de nomination d’étudiants stagiaires étaient déjà prêtes. Quelle ironie macabre : dans ce pays, les dossiers ne bougent pas avec la rigueur administrative, mais avec le sang des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des mois, ces jeunes professeurs stagiaires issus de l’École normale supérieure (ENS) et du Centre de formation pour l’école fondamentale (CFEF) crient, protestent, réclament simplement ce qui leur revient de droit : leurs lettres de nomination. Silence radio du ministère. Puis, soudain, après une balle mortelle tirée « pour disperser », les langues officielles se délient. Comme si la vie de Wanderson était devenue le prix à payer pour que l’administration daigne enfin communiquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le directeur du bureau de communication, Idson Saint-Fleur, nous parle de « dossiers traités » et « anomalies ». Une rhétorique froide, mécanique, déconnectée du drame. À l’écouter, le vrai scandale serait que certains dossiers soient incomplets, pas que l’État, censé protéger, ait laissé tuer un de ses enfants devant son propre ministère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministre Augustin Antoine, lui, s’est déplacé chez les parents. Geste symbolique ? Sans doute. Mais que vaut une visite protocolaire face à la responsabilité politique écrasante qui lui incombe ? Comment oser présenter ses condoléances quand son ministère est pointé du doigt comme scène du crime ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays normal, un ministre déjà affaibli par une telle bavure remettrait sa démission sans attendre. Mais ici, en Haïti, la démission est un mot qui s’écrit sur les pancartes des manifestants, jamais dans les lettres officielles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vérité, c’est que Wanderson Zamy n’est pas seulement mort d’une balle,&nbsp;&nbsp;il est mort du mépris, de l’indifférence et de la brutalité d’un système d’État pour qui la jeunesse n’est qu’une statistique. Ce jeune homme venait tout juste de passer ses examens officiels. Il rêvait peut-être d’enseigner, de construire un avenir. L’État l’a renvoyé à la morgue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps que la justice identifie, juge et condamne les responsables, qu’ils portent un uniforme de la PNH ou un costume ministériel. Et il est temps que cesse ce cynisme d’un État qui ne parle qu’après la mort. Sinon, d’autres Wanderson paieront encore de leur vie le prix de l’incompétence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que l’éducation en Haïti ne peut pas continuer à s’écrire en lettres de sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Wilsonley SIMON&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">simonwilsonley35@gmail.com</p>
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		<title>Haïti : la chute des masques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 10:48:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[L’édito]]></category>
		<category><![CDATA[RTMI]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les temps changent. Et parfois, il suffit d’un geste fort pour que les lignes commencent à bouger. L’annonce récente de sanctions contre Réginald Boulos, homme d’affaires influent, André Michel, figure politique controversée, ainsi que plusieurs journalistes connus des radios traditionnelles haïtiennes, représente bien plus qu’un événement diplomatique. C’est un signal. Un message clair, brutal même, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Les temps changent. Et parfois, il suffit d’un geste fort pour que les lignes commencent à bouger. L’annonce récente de sanctions contre Réginald Boulos, homme d’affaires influent, André Michel, figure politique controversée, ainsi que plusieurs journalistes connus des radios traditionnelles haïtiennes, représente bien plus qu’un événement diplomatique. C’est un signal. Un message clair, brutal même, l’impunité dont jouissent certains puissants en Haïti ne sera plus éternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des années, notre pays est tenu en otage par une alliance toxique entre politiciens corrompus, chefs d’entreprise sans scrupules, groupes armés et relais médiatiques complices. Cette structure mafieuse a remplacé l’État, détruit nos institutions, et semé la peur dans chaque quartier populaire. Pendant que les enfants meurent de faim, que les écoles ferment, que les hôpitaux manquent de tout, une poignée de privilégiés se disputent le pouvoir à coups de violence, de propagande et d’alliances avec les gangs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais aujourd’hui, les masques commencent à tomber. La suspension des visas américains de ces personnalités n’est pas une simple formalité administrative. C’est une condamnation morale. Une manière de dire : « Nous savons ce que vous faites. » Et le peuple haïtien, lui aussi, sait. Il voit. Il souffre. Et il attend un changement réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation ne doit pas être réduite à une revanche politique ni à une diversion. Au contraire, elle ouvre une fenêtre historique pour rompre avec la normalisation du crime en politique. C’est le moment pour chaque citoyen, chaque jeune, chaque intellectuel, chaque voix encore libre de se lever. Pour réclamer justice, vérité et reconstruction. Pour refuser que le pays continue à être dirigé par des hommes qui pactisent avec le mal, alimentent les gangs, manipulent l’information et s’accrochent au pouvoir au détriment de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les journalistes qui ont abandonné leur rôle de chien de garde pour devenir des agents de propagande ne méritent plus notre écoute. Les politiciens qui financent l’insécurité ne méritent plus nos bulletins de vote. Les entrepreneurs qui investissent dans la terreur ne méritent plus nos silences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons le devoir de transformer cette vague de sanctions en vague de réveil collectif. Haïti ne pourra renaître que si elle se libère des forces qui la maintiennent à genoux. Et cette libération commence par une prise de conscience, une mobilisation citoyenne, une volonté de casser le cycle de complicité qui ronge l’âme de notre République.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le monde nous regarde. Et surtout, l’histoire nous attend. Saurons-nous répondre à l’appel ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par : Johnny JOSEPH&nbsp;</p>
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