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	<title>Archives des Littérature - Radio Télé Masseillan Info</title>
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	<title>Archives des Littérature - Radio Télé Masseillan Info</title>
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		<title>Jacques Stephen Alexis, l’écrivain-père et l’intelligence du cœur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Feguerson Fegg Thermidor]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 05:28:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’occasion de l’anniversaire de naissance de Jacques Stephen Alexis, ce texte rend hommage à l’homme derrière l’écrivain, au père aimant et penseur sensible dont la parole résonne autant dans ses lettres que dans ses romans. En mettant en lumière une lettre poignante adressée en 1955 à sa fille Florence il y a déjà 71 [&#8230;]</p>
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<p><strong>À l’occasion de l’anniversaire de naissance de Jacques Stephen Alexis, ce texte rend hommage à l’homme derrière l’écrivain, au père aimant et penseur sensible dont la parole résonne autant dans ses lettres que dans ses romans. En mettant en lumière une lettre poignante adressée en 1955 à sa fille Florence il y a déjà 71 ans, on découvre une pédagogie du cœur, une intelligence douce et militante, un humanisme profond qui traverse toute son œuvre littéraire et politique.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="224" height="225" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4150.jpeg" alt="" class="wp-image-6945" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4150.jpeg 224w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4150-150x150.jpeg 150w" sizes="(max-width: 224px) 100vw, 224px" /></figure>



<p>Le 22 avril marque la naissance d’un géant de la littérature haïtienne, Jacques Stephen Alexis, né aux Gonaïves en avril 1922. Si le monde retient surtout de lui l’écrivain de génie, le militant politique, l’homme engagé jusqu’au don de sa vie, il faut aussi se souvenir de l’homme intime : le père aimant, le penseur sensible, celui qui savait conjuguer rigueur intellectuelle et tendresse familiale. En cette date anniversaire, où l’écrivain aurait eu 104 ans, il convient de s’attarder non seulement sur l’œuvre, mais aussi sur l’homme, sur cette fibre profondément humaine et paternelle qui irrigue aussi bien ses livres que sa vie privée.</p>



<p>Une lettre, en particulier, illustre avec une rare intensité cette dimension : celle qu’il adresse à sa fille Florence, alors qu’il séjourne à La Havane en janvier 1955. Ce document bouleversant, vibrant d’amour, de lucidité et d’humanisme, compte sans doute parmi les plus belles lettres de toute la littérature haïtienne. En quelques pages, Alexis offre non seulement un message d’amour filial, mais aussi une véritable leçon de vie, un condensé de philosophie intime qui dépasse les limites du lien biologique pour atteindre l’universel.</p>



<p>Ce qui frappe d’abord dans cette lettre, c’est la qualité de la langue. Chaque mot semble choisi avec soin, non pour flatter, mais pour éveiller. Jacques Stephen Alexis ne s’adresse pas à sa fille comme un simple père attendri par l’absence : il parle à l’être humain en devenir, à la conscience qui s’ouvre, au futur adulte capable de penser, de douter, de rêver. Il ne se contente pas de dire « je t’aime », ce qui serait déjà beaucoup, mais il l’exprime avec des mots porteurs de responsabilités, d’espérances, de transmission.</p>



<p>« Et surtout&#8230; n&rsquo;oublie jamais qu&rsquo;un être humain ce n&rsquo;est pas seulement des bras, des jambes et des mains, c&rsquo;est avant tout une intelligence. Je ne voudrais pas que tu laisses dormir ton intelligence. Quand on laisse dormir son intelligence elle se rouille, comme un clou, et puis on est méchant sans le savoir.», écrit-il. « Il est aussi intelligence. » Cette affirmation, d’une simplicité lumineuse, résume toute une conception de l’humanité. Il ne suffit pas de vivre, il faut penser sa vie. Il ne suffit pas d’exister, il faut cultiver l’esprit, préserver la flamme de l’intelligence. Ne pas le faire, avertit-il, c’est risquer de devenir « méchant sans le savoir ».</p>



<p>Dans ce passage, Alexis ne parle pas seulement à sa fille, il parle à chacun d’entre nous. Il rappelle la responsabilité individuelle que nous avons de nous élever au-dessus de la simple condition organique. Il exhorte à la vigilance intérieure, à cette forme de discipline douce et lumineuse qui consiste à ne jamais laisser s’éteindre la lumière de l’esprit.</p>



<p>Il y a chez Alexis une sorte de pédagogie du cœur : une façon d’enseigner sans imposer, d’éduquer sans contraindre. À travers ses paroles, on perçoit une conception de la paternité fondée sur l’exemple, la réflexion partagée, la beauté du dialogue. Il ne cherche pas à façonner sa fille à son image, mais à lui offrir les outils pour qu’elle construise la sienne. C’est là, sans doute, l’une des plus grandes marques de l’amour véritable.</p>



<p>L’homme qui écrit cette lettre n’est pas un père ordinaire. Il est écrivain, penseur, militant, profondément engagé dans les luttes de son temps. Mais cette dimension militante ne vient jamais écraser la parole paternelle. Au contraire, elle la nourrit. Ce qu’il transmet à sa fille, ce n’est pas seulement un amour personnel, mais un amour de l’humanité, un respect des autres, une conscience aiguë des injustices du monde.</p>



<p>On ne peut lire cette lettre sans penser à l’œuvre de Jacques Stephen Alexis dans son ensemble. Car cette voix paternelle, si douce, si vibrante, on la retrouve dans ses romans, dans cette manière unique qu’il avait de peindre ses personnages avec une humanité dense, une tendresse pudique, une attention constante à la beauté des petits gestes et à la noblesse des simples gens.</p>



<p>Ses livres Compère Général Soleil, Les Arbres musiciens, L’Espace d’un cillement, Romancero aux étoiles sont traversés par une foi immense dans la dignité humaine. Même dans les pires situations, ses personnages gardent un éclat de rêve, une lueur de pensée, une flamme d’amour. C’est là, sans doute, le prolongement littéraire de ce qu’il disait à sa fille : ne jamais oublier que l’homme est plus que chair, qu’il est aussi conscience, mémoire, intelligence.</p>



<p>On pourrait même dire que toute l’œuvre de Jacques Stephen Alexis est une lettre adressée à l’humanité, une longue conversation où il tente de réveiller chez chacun ce qu’il appelait « l’intelligence ». À Florence, il a écrit une lettre. À nous, il a légué des romans. Mais le message est le même : aimer, penser, résister.</p>



<p>Feguerson Fegg THERMIDOR</p>



<p>ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com</p>



<p></p>
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		<title>Redécouvrir Luce Turnier, pionnière de la modernité artistique haïtienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Feguerson Fegg Thermidor]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jan 2026 13:24:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[haïti]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous vous invitons à découvrir une artiste exceptionnelle, dont la force créatrice et le regard visionnaire ont profondément marqué l’art haïtien et bien au delà. Par l’originalité de son œuvre et la maîtrise de son langage plastique, Luce Turnier mérite d’être célébrée, explorée et redécouverte encore et encore. Son parcours lumineux nous révèle une femme [&#8230;]</p>
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<pre class="wp-block-verse">Nous vous invitons à découvrir une artiste exceptionnelle, dont la force créatrice et le regard visionnaire ont profondément marqué l’art haïtien et bien au delà. Par l’originalité de son œuvre et la maîtrise de son langage plastique, Luce Turnier mérite d’être célébrée, explorée et redécouverte encore et encore. Son parcours lumineux nous révèle une femme d’une rare intensité, qui a su transformer ses influences, ses voyages et ses convictions en une esthétique profondément moderne.

<strong>Jeunesse et formation</strong></pre>



<p><br>Née le 24 février 1924 à Jacmel et décédée le 23 avril 1994 à Clichy, Marie Andrée Luce Turnier, plus connue sous le nom de Luce Turnier, grandit dans une famille de classe moyenne haïtienne. En 1937, après le passage d’un ouragan qui ravage le sud du pays, sa famille s’installe à Port au Prince, où s’ouvre véritablement son parcours artistique. Elle commence à peindre en 1944 et, à seulement 21 ans, rejoint le Centre d’art de Port au Prince. Elle y apprend les bases du dessin et de la peinture, notamment les natures mortes, les études de modèles et les paysages. Admiratrice de Candido Portinari et Käthe Kollwitz à ses débuts, elle s’en détache progressivement pour forger sa propre identité artistique.</p>



<p>Une femme artiste dans un milieu exigeant</p>



<p>Dans la société haïtienne des années 1940, les femmes de la classe moyenne ne sont guère encouragées à devenir artistes. Malgré le passage de nombreuses élèves au Centre d’art, seules quelques femmes, dont Turnier, Marie José Nadal Gardère et Rose Marie Desruisseau, s’y engagent durablement. Les artistes du Centre sont parfois perçus comme des marginaux par la bourgeoisie. En 1947, Luce Turnier organise sa première exposition avec le peintre Maurice Borno et publie certaines de ses œuvres dans le magazine Studio No. 3. Le Centre d’art devient alors un foyer de création dynamique réunissant des figures majeures comme Albert Mangonès, Gérald Bloncourt et Hector Hyppolite.</p>



<p>Indépendance stylistique et essor international</p>



<p>À une époque où l’art naïf haïtien domine le marché international, Luce Turnier refuse d’être associée à ce courant. Elle développe une recherche esthétique plus personnelle et résolument moderne, affirmant une indépendance artistique rare. Dans les années 1950, elle obtient plusieurs bourses lui permettant d’étudier aux États Unis et en Europe. Elle expose dans de nombreuses villes, notamment en Allemagne et à Paris. Installée à Paris dès 1951, elle épouse le peintre italien Eugenio Carpi de Resmini en 1954, puis le peintre français Christian Lemesle en 1965.</p>



<p>Exploration, maturité et héritage</p>



<p>À partir de 1967, son œuvre évolue vers l’abstraction et le collage. Forte d’une reconnaissance internationale, elle rentre en Haïti en 1972 et devient professeure au Centre d’art tout en poursuivant sa création. En 1993, la réalisatrice Marina de Van lui consacre un court métrage. Atteinte d’un cancer, Luce Turnier s’éteint le 23 avril 1994. Elle demeure l’une des artistes modernes les plus importantes d’Haïti, célébrée pour la fusion magistrale qu’elle a su créer entre culture populaire et modernité artistique.</p>



<p>Feguerson Fegg THERMIDOR<br>ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com</p>



<p></p>
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		<title>Célébration du centenaire de René Depestre, l’éternel poète</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/celebration-du-centenaire-de-rene-depestre-leternel-poete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Feguerson Fegg THERMIDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Nov 2025 00:43:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[René Depestre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Célébrer le centenaire d’un géant de la littérature haïtienne Une année pour Depestre La Direction nationale du livre (DNL) inaugure l’année du centenaire de René Depestre, célébrée du 29 août 2025 au 29 août 2026. À travers cette commémoration, c’est toute une vie consacrée à l’écriture, à la poésie et à l’engagement littéraire que l’on [&#8230;]</p>
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<pre class="wp-block-verse"><em>Célébrer le centenaire d’un géant de la littérature haïtienne</em></pre>



<p><strong>Une année pour Depestre</strong></p>



<p>La Direction nationale du livre (DNL) inaugure l’année du centenaire de René Depestre, célébrée du 29 août 2025 au 29 août 2026. À travers cette commémoration, c’est toute une vie consacrée à l’écriture, à la poésie et à l’engagement littéraire que l’on honore. L’auteur de Hadriana dans tous mes rêves s’impose comme une figure incontournable, dont l’œuvre transcende le temps et les frontières.</p>



<p><strong>Le poète avant tout</strong></p>



<p>Même lorsqu’il s’aventure dans le roman, René Depestre demeure avant tout poète. Sony Labou Tansi ne disait-il pas que « l’on est écrivain à condition d’être poète » ? Chez Depestre, la poésie ne se dissimule pas, elle habite ses récits et rayonne dans leurs titres mêmes : Alléluia pour une femme-jardin, Hadriana dans tous mes rêves, Le Mât de Cocagne. Chacun de ces titres révèle une sensibilité lyrique qui confirme l’évidence : Depestre est, et restera, un poète éternel.</p>



<p><strong>L’héritage des devanciers</strong></p>



<p>Dans Hadriana dans tous mes rêves, Depestre s’inscrit dans une filiation littéraire qui remonte aux pionniers de la « génération de la Ronde ». Ces écrivains cherchaient à enraciner leurs œuvres dans le terroir haïtien, en puisant dans le quotidien des zones rurales (andeyò). Ainsi, Justin Lhérisson, dans La famille des pittite-caille, forgeait des personnages aux noms évocateurs et typiquement créoles : Boutnègre, Ti-Coq, Golimin, Cabatoute. Depestre hérite de ce réalisme enraciné en donnant à ses personnages des noms qui respirent la terre haïtienne : Balthazar Granchiré, Ti-Joseph, et tant d’autres.</p>



<p>En outre, Depestre rend hommage à ses compagnons de route. Dans son roman, semblerait qu&rsquo;il glisse subtilement des références à Jacques Stephen Alexis, en citant les titres de ses œuvres: L’espace d’un cillement, Romancero aux étoiles, Compère Général Soleil. Parfois il ne reste qu&rsquo;un mot au détour d&rsquo;une phrase pour évoquer le titre complet comme un signe discret, mais vibrant de reconnaissance. Ces clins d’œil rappellent que la littérature est un dialogue entre générations, une chaîne de mémoire et de combat.</p>



<p><strong>Un miroir de la société haïtienne</strong></p>



<p>Hadriana dans tous mes rêves est également une fresque sociale et culturelle. Le roman s’inspire de la croyance haïtienne en la zombification et fait de la mort de Hadriana une scène à la fois tragique et révélatrice.En inscrivant ce mythe profondément haïtien au cœur de la fiction, Depestre donne à voir une société où les rites, les croyances et les contradictions deviennent matière littéraire.</p>



<p><strong>Un héritage littéraire universel</strong></p>



<p>Célébrer le centenaire de René Depestre, c’est célébrer une littérature enracinée le local (Haïti), mais ouverte sur l’universel. C’est reconnaître un écrivain qui, à travers la poésie, le roman et l’essai, nous lègue une œuvre d’une richesse inestimable, faire chanter les rêves et les luttes, inscrire Haïti au cœur des imaginaires du monde.</p>



<p></p>



<p>Feguerson Fegg THERMIDOR</p>



<p>ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com</p>
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		<title>Mèt Vèb allume sa première flamme poétique avec « Lòsyè Lanmou »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Nov 2025 01:45:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Lòsyè Lanmou]]></category>
		<category><![CDATA[Mèt Vèb]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il entre en littérature comme on entre dans un sanctuaire, avec le feu au cœur et la mémoire en bandoulière. Sous le nom de Mèt Vèb, Guillol Vicière publie son premier recueil «&#160;Lòsyè Lanmou&#160;», chez les Éditions Milot, en France. Dans ce livre, l’amour cesse d’être un refuge pour devenir une arme de combat, un [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Il entre en littérature comme on entre dans un sanctuaire, avec le feu au cœur et la mémoire en bandoulière. Sous le nom de Mèt Vèb, Guillol Vicière publie son premier recueil «&nbsp;</strong><strong><em>Lòsyè Lanmou&nbsp;»</em></strong><strong>, chez les Éditions Milot, en France. Dans ce livre, l’amour cesse d’être un refuge pour devenir une arme de combat, un acte de lumière au cœur d’un pays souvent cerné par la nuit. Avec&nbsp;</strong><strong><em>Lòsyè Lanmou</em></strong><strong>, Mèt Vèb offre au lectorat haïtien et au monde un texte qui dit la tendresse, la douleur et la dignité d’un peuple qui, malgré tout, continue d’aimer.</strong></p>



<details class="wp-block-details is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow"><summary>Bien que des kilomètres nous séparaient, c’est par téléphone que nous avons préparé cette entrevue. La distance, pourtant, ne pesait pas. Les mots de Mèt Vèb traversaient l’écran avec la chaleur d’une présence familière. C’était une discussion comme au quotidien. On riait souvent, et après chaque réponse, il trouvait toujours une phrase pour me faire sourire. Je l’imaginais alors dans une petite salle tapissée de livres, quelque part à Côtes-de-Fer. L’odeur du café se mêlait, dans mon esprit, à celle des pages neuves de son recueil. La conversation a commencé simplement, sur un éclat de rire et une confidence : <br>«&nbsp;Frèm, pitit la fèt.<br><em>Lòsyè Lanmou</em>, se tout yon istwa, man.&nbsp;»</summary>
<p></p>
</details>



<pre class="wp-block-verse">WS : Qui est Guillol Vicière ? Quelle place la poésie occupe-t-elle dans ta vie personnelle et artistique ?<br><br>MV :  Sincèrement, j’ai toujours du mal à répondre correctement à ce genre de questions. En fait, je m’appelle Guillol Vicière, connu sous le nom Mèt Vèb. Écrivain, poète et administrateur, je suis originaire de Côtes- de - Fer.<br>Formé en Anthropologie et Sociologie, je m’intéresse aux réalités humaines, aux liens invisibles qui tissent les communautés, et à la parole comme espace de transformation.<br>J’ai également suivi des formations en gestion de projet, un domaine où j’unis rigueur et sensibilité pour accompagner les initiatives culturelles et sociales.<br>Je suis actuellement coordonnateur du MJADK( Mouvman Jèn Angaje pou Devlopman Kòtfè), une structure qui œuvre pour la jeunesse, le développement culturel et l'éducation. Quant à la poésie, elle s’est imposée à moi comme une évidence.  Pour moi, écrire n’est pas seulement un art, c’est une manière de respirer, de comprendre le monde et de lui offrir, malgré tout, un peu de lumière.<br><br><br>WS : D’où vient le pseudonyme Mèt Vèb ? Quelle signification symbolique ou poétique te donne-t-il ? <br><br>MV : Je ne l’ai pas choisi, je me suis simplement réveillé avec, comme une musique qui ne me quitte plus. C’est une mission que la nuit m’a confiée , je ne fais que la porter.<br><br><br>WS : Comment s’est formée ta relation à l’écriture ? Y a-t-il eu un déclencheur ou une expérience marquante ?<br><br>MV : La relation à l’écriture poétique trouve souvent son origine dans des expériences personnelles intenses et marquantes. Dans mon cas, cette relation s’est nouée dans un moment de deuil profond après la mort de ma mère. Ce choc douloureux a fait émerger en moi un besoin impérieux de donner forme à la souffrance et à l’absence par le langage. L’écriture est alors devenue un refuge, un espace de mémoire et de résilience où les mots ont pris le pouvoir de transformer la douleur en force créatrice. <br><br><br>WS : Ah ouais, je comprends. C'est un départ qui a tout changé, alors. Et dans ce chemin qui s'est ouvert, quels poètes ou écrivains t'ont le plus influencé ?<br><br>MV : Ma poésie s’inscrit dans une lignée riche et prestigieuse, mêlant les voix de grands poètes haïtiens et d’auteurs internationaux qui ont façonné ma vision et mon engagement. Je rends hommage à Georges Castera, dont la voix puissante et engagée, notamment dans L’Encre est ma demeure, éclaire la profondeur et la résistance . Oswald Durand, avec son classique Choucoune ,René Depestre, dans Minerai Noir. Frankétienne, avec son œuvre audacieuse Pèlen Tèt. <br>Je salue aussi la plume des poètes d'aujourd'hui comme Alcide Franckson, dont Nuits Sauvages suivi du poème D’Étreinte m’a profondément ému . Jessica Nazaire et Philipson Juste portent aussi avec force et modernité la poésie haïtienne. Mon travail est un dialogue vivant entre les racines profondes de l’Haïti littéraire et les voix du monde, dans la continuité d’une tradition qui refuse l’oubli. <br><br><br>WS : Et si on parlait de ta mission, là, en tant que poète, aujourd'hui, en Haïti ? Au fond, est-ce que pour toi, c'est avant tout un acte d'amour ? De résistance ? Ou est-ce que c'est les deux à la fois, indissociables ?<br><br>MV : Être poète en Haïti, c’est effectivement embrasser une double mission : celle de l’amour profond pour son pays et de la résistance contre les multiples formes d’injustice et de misère qui frappent la société. Pour moi, la poésie haïtienne s’inscrit traditionnellement dans ce combat contre l’indifférence, en rendant hommage à la résilience du peuple face aux épreuves. Chaque vers devient une forme de combat, un acte de mémoire nécessaire pour réveiller l'espoir au milieu du chaos.<br><br><br>WS :  « Lòsyè Lanmou », pourquoi ce titre, justement ? Qu’est-ce qu’il évoque pour toi, dans ton univers à toi ? <br><br>MV : Je fais ce choix parce que « Lòsyè Lanmou » symbolise cette flamme sacrée qui consume et éclaire tout à la fois. C’est aussi mon amour passionné pour Haïti. Je suis de ceux qui croient que le pays n’a pas besoin de héros éclatants, mais d’une petite lumière, d’un Lòsyè , une flamme discrète et puissante, qui éclaire chacun dans la communauté. Ce titre est un pont qui affirme que l’amour est la force la plus radicale dans ce monde.<br><br><br>WS : Dans tes écrits, je remarque un vrai va-et-vient entre des vers très intimes, presque chuchotés, et d’autres qui résonnent comme un coup de poing - une dénonciation sociale assez frontale. Comment tu fais, toi, pour tisser ces deux fils ? Est-ce que l’un ne peut pas aller sans l’autre dans ta vision de la poésie ?<br><br>MV :  C’est l’essence même de mon travail. En Haïti, le personnel est toujours politique. Quand j’écris sur l’amour, je parle aussi de la survie d’un peuple qui, malgré tout, continue à aimer. La poésie est ce lieu où mon intimité rencontre la voix du collectif, où les tourments personnels résonnent avec la conscience nationale. C’est ainsi que se tisse la vraie résistance.<br><br><br>WS : En lisant le recueil, on a l'impression que Port-au-Prince n'est pas juste un décor, mais presque un personnage à part entière – qui vit, qui souffre, qui respire. Quelle vision de la capitale as-tu voulu donner à voir à travers tes textes ? Est-ce une ville que tu portes en toi comme un amour difficile, ou comme un témoin de tout ce qui se joue, collectivement et intimement ?<br><br>MV : Port-au-Prince est plus qu’une ville pour moi, c’est ma deuxième maison, un lieu de vie et d’âme où se mêlent souvenirs, contradictions et espoirs. Dans mes poèmes, comme tu l’as si bien dit, elle n’est pas un simple décor, mais un espace familier qui porte ma mémoire et mes émotions, comme un foyer où je reviens constamment malgré les blessures et les épreuves. Elle incarne cette part de moi-même qui est enracinée dans ses rues, ses cris, ses silences, et qui continue de vibrer au rythme de sa pulsation unique. <br><br><br>WS : Dans ton recueil, l’amour est partout, mais il prend tellement de visages différents, tantôt charnel, presque terrestre, tantôt mystique, et parfois résolument politique. Entre ces dimensions, est-ce qu’il y en a une qui domine à tes yeux ? Ou est‑ce justement leur entrelacement qui fait la force de ton écriture ?<br><br> MV : L’amour dans le livre ne peut se réduire à une seule dimension, je te l'accorde,  car il est charnel, mystique et politique à la fois. Je refuse de cloisonner ces aspects, car l’amour total est un acte pluriel : charnel parce qu’il prend corps dans le désir et la présence physique, mystique parce qu’il cherche un sens profond et une unité transcendante, et politique parce qu’il devient un acte de rébellion et d’engagement face aux injustices. Il y a pas vraiment de domination , je pense qu'ils participent au même degré dans la narration. <br><br><br>WS : J'aimerais revenir sur ces figures de femmes qui traversent tes poèmes, Presilya ou Manitèz.<br>Est-ce que pour toi, elles représentent une seule femme, un archétype, ou au contraire plusieurs visages du féminin ? Est‑ce qu’elles parlent aussi, parfois, de la mère, de la patrie, d’Haïti comme d’un être aimé et meurtri ?<br><br>MV :  Presilya et Manitèz sont des figures archétypales qui incarnent la mémoire et la résistance féminine en Haïti. Presilya représente les femmes tombées sous la violence d’État, symbolisant la souffrance silencieuse et le poids des blessures invisibles. Manitèz, quant à elle, incarne la lutte et la voix qui refuse le silence, une force combative qui refuse la marginalisation et revendique la dignité. À travers ces personnages, la poésie raconte non seulement l’histoire individuelle de ces femmes, mais aussi la souffrance collective et la combativité de toute la nation.<br><br><br>WS : Je dois te dire que ta plume a vraiment une couleur à part. Des fois, elle nous emmène dans une quasi-prière, pleine de mystère, et d'un seul coup, elle nous colle aux réalités les plus crues, les plus concrètes. C'est puissant, mais j’ose croire que c'est pas anodin. Alors dis-moi, comment toi, tu nommes cette esthétique à toi ? Est-ce que c'est juste ton naturel, ou est-ce un vrai choix, une manière de bousculer ce qu'on attend d'un poète aujourd'hui en Haïti ?<br><br>MV :  Mon esthétique poétique refuse toute forme de filtre ou d'embellissement excessif. Elle cherche à dire la vérité brute, celle qui surgit de l’expérience et de la mémoire collective. Je puise largement dans la tradition orale haïtienne, dans ses chants et ses rythmes, pour donner à mes mots une force vibrante et une musicalité profonde. En même temps, je mêle ce souffle ancestral à un lyrisme contemporain qui fait écho à la douleur, à l’absence, mais aussi à l’espoir et à la vitalité du peuple.Chaque vers est une pulsation, un battement qui cherche à relier ce qui est intime au collectif, le local à l’universel.<br><br><br>WS : Le créole est très présent dans ton univers poétique. Quelle place accordes-tu à la langue dans ton combat poétique et identitaire ?<br><br> MV : Le créole n’est pas seulement une langue parmi d’autres dans ma poésie, c’est le souffle même de notre mémoire vivante et collective. Il est porteur d’une histoire, d’une culture et d’une identité souvent défavorisées ou marginalisées. Écrire en créole, c’est donc un acte militant, une façon de redonner dignité et puissance à cette langue fondatrice. Chaque mot en créole est un cri de libération, une affirmation claire de qui nous sommes, un lien profond avec nos racines et notre peuple.<br><br><br>WS : Parlons franchement un instant, dans tes textes, la sexualité est partout, mais on sent bien que ce n’est pas du simple érotisme. Pourquoi avoir choisi de lui donner une place aussi centrale ?<br><br>MV :  La sexualité dans mes poèmes est bien plus qu’une simple évocation du corps ; elle est une métaphore profonde de la vie, de la vitalité et de la force qui persiste malgré les épreuves. Elle incarne l’écriture du feu intérieur, celle d’un peuple qui renaît sans cesse, dans toute sa complexité et sa puissance. L’érotisme dépasse la dimension charnelle pour devenir un cri contre la mort sociale, une manière de réconcilier le corps et l’esprit, la douleur et la joie.<br><br><br>WS : Plusieurs vers évoquent la violence politique, la misère, les gangs, le PHTK.  A la page 38, tu écris :  « Jan m te pwomèt la<br>menm devan SONAPI<br>pankat mwen ekri<br>yon wòch nan menm », <br>comment te conçois-tu le rôle du poète face à la corruption et à la souffrance collective ?<br><br> MV : Le poète ne peut pas rester silencieux devant la corruption et la souffrance collective. Faut pas être malhonnête quand même. Il est la conscience sensible et critique du peuple, celui qui garde vivant le feu sacré de la parole authentique et engagée. En écrivant des vers forts et sincères, comme cet extrait que tu viens de citer, je  pose ici une pierre, un acte de défi et de mémoire. Car, mon rôle en tant que poète est de transformer la rage, la douleur et l’injustice en espoir et en dialogue, pour réveiller les consciences et inciter au changement. Je porte la parole de ceux que l’on souhaite faire taire, deviens un relais de résistance et un vecteur de vérité dans un contexte marqué par l’oppression et la corruption. <br><br><br>WS : Nous sommes à la page 39, où tu écris :<br>« Languèt manman PHTK ».<br>À ton avis, quel est le sens poétique de cette expression, qui reprend l’un des jurons les plus populaires et typiquement haïtiens ?<br><br>MV : Hahahah…Cette expression est une explosion de colère populaire, un juron qui traduit la frustration et le ras-le-bol face à l’absurdité politique et la corruption associées au régime PHTK en Haïti. En la mettant sur la page, je donne voix à une colère collective souvent tue ou réprimée, transformant cette énergie en une arme littéraire puissante. Cette phrase devient alors un souffle de survie, un cri brut et nécessaire qui secoue les consciences et réveille, dans la poésie, la dimension à la fois subversive et libératrice de la parole. Par ce geste, la poésie cesse d’être un simple discours esthétique pour devenir un acte politique, une prise de position engagée qui fait entendre les voix populaires et leur indignation, tout en nourrissant un espace de dialogue et d’espoir.<br><br><br>WS : Sur les réseaux, notamment Facebook, tes poèmes se parent souvent d’une aura érotique, parfois brûlante. Les mots se mêlent à des images de femmes en culotte noire, presque rituel, autour duquel s’est formée ta « kominote kilòt nwa ». Une esthétique singulière, assumée, qui dérange autant qu’elle fascine. Dis-moi, Mèt Vèb, que cherche cette audace ?<br><br><br>MV : En fait, chaque poème que je publie n’est pas simplement une expression artistique, c’est une prière incarnée. La culotte noire, symbole central de ma « kominote kilòt nwa », transcende l’image érotique pour devenir la voix de femmes souvent marginalisées, en particulier celles des zones rurales, trop peu entendues dans les débats publics.<br>Je vois cette culotte comme un chapelet moderne où chaque vers est une demande, un souffle pour soulager la misère silencieuse qu’elles endurent. Cette démarche est double. Elle est à la fois un acte spirituel où le charnel devient sacré, et une célébration passionnée du corps féminin, que j’admire profondément.  Mais à la vérité, mon écriture ne cherche ni à choquer ni à séduire superficiellement, mais à réconcilier le corps et l’âme, à aimer autrement avec la puissance des mots, un feu intérieur qui réinvente l’érotisme loin du voyeurisme.  C’est une audace nécessaire, une invitation à écouter autrement, à ressentir plus intensément.<br><br><br><br>WS : Pour finir, Mèt Vèb, si tu devais laisser un dernier mot à cette conversation, un mot qui résumerait ton recueil, ta démarche, ou simplement l’état d’esprit dans lequel tu écris, quel serait-il ? Et pourquoi celui-là, juste lui ?<br><br>MV : Ah ouais, merci pour cette question. Avant de partir,  je voudrais remercier  mon petit frère, Louguens, compagnon silencieux de mes débuts. Continue de briller, de croire, de rêver, ton génie ne demande qu’à s’épanouir.<br>À ma petite sœur, n’oublie pas : notre rendez-vous ne fait que commencer. Vous avez été les premiers témoins d’un rêve qui s’écrivait à voix basse.<br><br>Je garde au fond du cœur Côtes-de-Fer, ma terre d’enfance, pour la tendresse qu’elle a donnée à mes années fragiles, et Port-au-Prince, cette ville rude et lumineuse, pour les cicatrices et les chemins qu’elle a gravés en moi.<br><br>Merci à mes amis, “BACHA yo”, vous savez qui vous êtes et combien vous comptez pour moi.<br>Je vous remercie de façon spéciale, pour la confiance que tu as placée dans chacun de mes mots et pour cette belle initiative d’échange.<br><br>Je n’oublie pas mes lecteurs, mes abonnés, ceux qui me lisent, me commentent, me portent. Et surtout, un immense merci à ma communauté Kominote Kilòt Nwa : votre énergie, votre audace et votre solidarité sont des forces qui me poussent à aller plus loin.<br>Vous êtes ma plus belle scène.<br><br>Enfin, ma gratitude va à Alicide Franckson et Magarie St Vil , qui ont perçu le poète en moi avant que je n’ose y croire. Ce parcours, je ne le fais pas seul. Il est tissé de voix, d’amitiés, d’amours, d’encouragements. Et si mes mots voyagent, c’est parce que vous êtes là, à chaque pas, à chaque vers.<br></pre>



<p>«&nbsp;Lòsyè Lanmou&nbsp;» de Mèt Vèb s&rsquo;inscrit dans cette «&nbsp;poétique de la Relation&nbsp;» chère à Édouard Glissant, qui voyait dans les lettres antillaises «&nbsp;une prophétie du passé&nbsp;» où «&nbsp;la mémoire et l&rsquo;imprévisible tissent la trame du réel&nbsp;». Entre la fulgurance césairienne du Cahier d&rsquo;un retour au pays natal, la révolte sensuelle des Animaux familiers de Depestre, et la quête d&rsquo;oralité organique de Frankétienne, ce recueil est un acte de résistance par la beauté. Car la poésie, on le sait, n&rsquo;a jamais été neutre. Comme le proclamait Glissant : «&nbsp;La poésie est une anticipation qui consent à la mémoire.» Elle est un acte de présence au monde, une façon de scander, face au silence imposé&nbsp;&nbsp;&nbsp;que «&nbsp;nous sommes encore là.&nbsp;» Mèt Vèb hérite bien de cette conscience et la transmet avec une grâce combative, une détermination lumineuse qui mérite d&rsquo;être accueillie.</p>



<p>Par : Wilsonley Simon | RTMI&nbsp;</p>
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		<title>La poésie  de Feguerson Thermidor  est un acte de  contribution  énorme dans la littérature haïtienne contemporaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Taberneau Louis-Jeune]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 05:13:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Fegg]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La notion de texte poétique doit être comprise comme cas particulier. En élaborant une réflexion sur Feguerson, nous avons découvert une des expressions les plus importantes, sur le plan philosophique, de la vision tragique du monde, et celle de l’amour qui a rongé la posture intérieure de l’auteur de ‘’Quand&#160;&#160;ma main refuse d’Habiter sa tombe’’&#160;&#160;publié&#160;&#160;chez [&#8230;]</p>
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<p>La notion de texte poétique doit être comprise comme cas particulier. En élaborant une réflexion sur Feguerson, nous avons découvert une des expressions les plus importantes, sur le plan philosophique, de la vision tragique du monde, et celle de l’amour qui a rongé la posture intérieure de l’auteur de ‘’Quand&nbsp;&nbsp;ma main refuse d’Habiter sa tombe’’&nbsp;&nbsp;publié&nbsp;&nbsp;chez Hafrique littéraire&nbsp;&nbsp;le 20 Mars 2025.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>De toute évidence, nous n’avons pas l’intention de produire ici un travail de sociologie de la littérature, de philologie&nbsp;&nbsp;non plus. Nous croyons&nbsp;&nbsp;sincèrement que le poète est arrivé à inventer son propre style qui n’est pas celui d’un écrivain du dimanche. Pour aborder son œuvre, Il&nbsp;&nbsp;faut cependant nous demander&nbsp;&nbsp;ce qu’est une pensée littéraire&nbsp;?</p>



<p>&nbsp;Lucien Goldman a avancé dans les ‘’ Recherches dialectiques p.45’’&nbsp;&nbsp;Toute sociologie de l’esprit admet l’influence de la vie sociale&nbsp;&nbsp;sur la création littéraire. Nous ajoutons à juste titre d’exemple que cela est un postulat fondamental&nbsp;&nbsp;dans la mesure où écrivains et philosophes&nbsp;&nbsp;sont abondants à s’en rendre compte&nbsp;&nbsp;d’une telle influence.&nbsp;</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui tout ce qu’il écrit.</p>



<pre class="wp-block-verse">Sur les îles brûlées<br>Cadavres qui mangent la chair des nuits sans<br>Ossature<br>Cadavres qui dansent sur le pubis de la terre<br>Cadavres qui chantent dans nos mains<br>Comme des nuits blessées<br>Cadavres qui crient dans le sang des arbres<br>Haïti ! Pays des cris sans préface dans la douleur des<br>Jours avortés<br>Pays blessé chaque fois que l'espoir change de sexe</pre>



<p>Nous ajoutons de toute évidence qu’il&nbsp;&nbsp;y a non seulement des idéologies progressistes, même révolutionnaires dans ces vers. Mais justement au nom de cette ambition d’une poésie aussi lucide, qu’altier de la réalité et de la femme. Le poète affirme comme thèse&nbsp;&nbsp;que l’art poétique&nbsp;&nbsp;en tant que phénomène autonome, inclus dans d’autres domaines de la vie sociale sera amené à disparaitre dans une société sans la production lucide des œuvres littéraires.</p>



<pre class="wp-block-verse">Tu rentres en moi<br>Sans mot de passe<br>Comme la voix cassée du temps<br>Où chaque cellule morte<br>Est un cri de nègres oublié<br>Se cachant dans la nudité de la négritude<br>Cri à 4 mètres de distance<br>De l'éternité qui poignarde le poème<br>Où chaque souffle est une parabole </pre>



<p>Plus loin nous nous demandons est ce que le poète ne prétend pas atteindre le sommet du génie créateur&nbsp;? La cohérence interne n’est pas au rebours&nbsp;&nbsp;de ses écrits poétiques. En d’autres termes toute sociologie de l’histoire de la littérature&nbsp;&nbsp;valide les écrits littéraires en se rendant compte non seulement de la cohérence interne ainsi que la structure significative.&nbsp;</p>



<p>De toute manière, il a su chemin faisant trouver son propre style qui capte d’une manière rapide l’attention d’une nouvelle génération de lecteurs, ce qui&nbsp;&nbsp;prouve en retour l’originalité de son acte de création poétique. En parcourant minutieusement la construction de ces vers, nous avons l’impression que&nbsp;&nbsp;son recueil de poème renvoie à une herméneutique, à&nbsp;&nbsp;une&nbsp;&nbsp;esthétique subjective, ce sont des vers qui stabilisent un ton révolté, derrière lesquels se bouillonnent un amour inébranlable pour cette femme qui est clouée dans son cœur.&nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">Aujourd'hui tout ce que j'écris<br>C'est une histoire étouffée dans ma voix<br>C'est un baiser qui prend chair<br>Dans l'absence de tes caresses<br>C'est une douleur que porte mon sang de nègres<br>Nègres venant de Côte d'Ivoire<br>D'Afrique du Sud</pre>



<p>La conception de l’art&nbsp;&nbsp;privilégie l’importance du «&nbsp;contenu&nbsp;»&nbsp;&nbsp;dans la mesure où&nbsp;» L’art&nbsp;&nbsp;tend à&nbsp;&nbsp;créer&nbsp;&nbsp;des objets concrets et réels à l’intérieur de son univers de la valeur artistique puisque l’œuvre se juge d’après la fortune&nbsp;&nbsp;et l’unité&nbsp;&nbsp;de l’univers qu’elle crée et d’après le fait d’avoir inventé la forme qui convient le mieux&nbsp;&nbsp;à la création et à l’expression de cet univers. Le poète exprime, en effet dans son œuvre&nbsp;&nbsp;sa propre manière à lui de voir la pauvreté, de sentir, et d’insuffler une société où la banalisation de la vie humaine prenne fin.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>En ce qui a&nbsp;&nbsp;rapport&nbsp;&nbsp;au tempérament et à la personnalité de l’écrivain, ce monde dans lequel vivent nos compatriotes haïtiens&nbsp;&nbsp;peut&nbsp;&nbsp;être senti d’une manière abjecte, presqu’inhumain. On pourrait reprendre ici, en lui attribuant&nbsp;&nbsp;une&nbsp;&nbsp;signification positive, le terme philosophique du microcosme.&nbsp;</p>



<p>Exactement comme la philosophie&nbsp;&nbsp;de la nature suggérait qu’il suffit d’étudier l’être&nbsp;&nbsp;humain pour découvrir les lois de l’univers, nous ajouterions qu’un poète de génie&nbsp;&nbsp;est celui qui n’a besoin que d’exprimer&nbsp;&nbsp;ses intuitions et ses perceptions pour ainsi mettre en relief&nbsp;&nbsp;ce qui est essentiel à son époque et les transformations structurales qu’elle doit subir. D’où saisir le fait poétique comme projet politique, comme acte de dévoilement.</p>



<pre class="wp-block-verse">Dans mon pays blessé par le temps<br>J'ai bu tant de rêves aux hanches cassées<br>J'ai avalé trop d'aubes maladives<br>Désormais mon sang devient des tessons de<br>Bouteille<br>Qui égorgent l'ombre de l'éternité<br>Ma voix est déchirée<br>Je cherche mon corps qui devient cendre<br>Dans un pays où chaque rue est un cimetière</pre>



<p>&nbsp;Cette strophe réactualise la douleur dans laquelle sombre cette génération d’homme et de femmes haïtiens. Le rapport existant entre la vie sociale et poésie fait de lui non seulement un poète engagé dans la cité, mais aussi un génie créateur. Dans cette condition, il faut surtout voir la conciliation entre l’art et la politique puisque l’œuvre&nbsp;littéraire prend naissance dans un contexte historique, économique, et social particuliers.&nbsp;</p>



<p>Comme nous l’avons souligné au début, une œuvre littéraire pourrait être réactionnaire sans pour cela démunir&nbsp;&nbsp;de sa valeur esthétique et même humaine, le créateur, par contre est toujours progressiste. On pourrait peut-être&nbsp;&nbsp;ajouter&nbsp;&nbsp;que les époques&nbsp;&nbsp;de crise et de profonfonde transformation sociale&nbsp;&nbsp;sont particulièrement enclins&nbsp;&nbsp;à la naissance des grandes œuvres d’art et de littérature&nbsp;&nbsp;en raison de la multitude de&nbsp;&nbsp;difficultés&nbsp;&nbsp;qu’elles apportent&nbsp;&nbsp;aux hommes&nbsp;&nbsp;et du grand accroissement d’horizon affectif et intellectuel qu’elles provoquent.&nbsp;</p>



<pre class="wp-block-verse">Haïti notre bouteille de poison<br>Venez boire la fête commence<br>Nous dansons la danse des temps oubliés<br>Sache que quotidiennement nous buvons la mort<br>Sur ton nombril   </pre>



<p>Cela fait si longtemps depuis je me suis à étudier la complétude de l’œuvre poétique de Feguerson Thermidor, ces œuvres s’avèrent inéluctablement valables dans le domaine de la littérature caribéenne.</p>



<p>Cependant, ce texte poétique intitulé «&nbsp; Quand ma main refuse&nbsp;&nbsp;d’habiter sa tombe&nbsp;»&nbsp;&nbsp;se caractérise par l’ensemble&nbsp;&nbsp;de ses questionnements d’ordre existentiels, aussi d’un ensemble&nbsp;&nbsp;de relations essentielles entre les différents éléments qui constituent l’œuvre poétique (L’amour, la montée signifiante de l’injustice, l’inexistence de l’Etat haïtien, l’inégalité des chances, et la domination des siècles de L’Eglise catholique locale, la démagogie politique).&nbsp;</p>



<p>Sa nature&nbsp;&nbsp;et sa signification objective ainsi que la possibilité de&nbsp;&nbsp;m’en rendre compte de l’exigence de chaque principe par rapport à la structure globale constitue l’éclairage le plus sûr du chercheur&nbsp;&nbsp;en théories littéraires que je suis. Cela veut dire, nous envisageons dans cette étude&nbsp;&nbsp;d’apercevoir l’un des principaux problèmes méthodologiques&nbsp;&nbsp;qui se pose à l’intérieur de cette recherche inspirée&nbsp;&nbsp;de ces constations.&nbsp;&nbsp;Or, dans l’histoire de la culture occidentale&nbsp;&nbsp;le problème de l’architecture structurale se pose par conséquent à plusieurs échelles dont nous n’avons à&nbsp;&nbsp;mettre en relief ici que les deux plus importants&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;</p>



<p>-Il est évident qu’une œuvre poétique sérieuse se trouve dans l’obligation&nbsp;&nbsp;de s’efforcer de mettre en lumière&nbsp;&nbsp;sa cohérence interne, c’est-à-dire sa structure propre</p>



<p>&#8211;&nbsp;&nbsp;De ce fait, pour entendre l’Ecriture, Il est indéniable de trouver un sens dans lequel tous les passages contradictoires&nbsp;&nbsp;s’accordent. Il ne suffit pas&nbsp;&nbsp;d’en avoir&nbsp;&nbsp;un circuit&nbsp;&nbsp;herméneutique&nbsp;&nbsp;dans lequel&nbsp;&nbsp;tous les chenaux accordants, cependant d’en avoir un qui accorde les passages même contradictoires.&nbsp;</p>



<p>En un mot, nous persistons à croire à chaque fois que nous avons le pressentiment que l’art poétique disparaitra les travaux poétiques de Feguerson Thermidor leur renaitra de ces cendres. Lisez le poète pour découvrir la sève de la poésie moderne, pour se perdre dans ses vers, pour se découvrir sans relâche.   <br> </p>



<p><strong>Par : </strong>Taberneau Louis-Jeune  enseignant, critique littéraire, romancier, Politologue.</p>
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		<title>En coulisse avec Yanick Lahens : félicitations pour sa sélection au prix Goncourt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Feguerson Fegg THERMIDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Sep 2025 11:21:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Prix Goncourt]]></category>
		<category><![CDATA[Yanick Lahens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>"Bonsoir Yanick Lahens, la première sélection du Prix Goncourt est sortie, je vois que vous y figurez. Une excellente nouvelle pour la littérature haïtienne. Nous espérons que, cette année, "Passagères de nuit" sera notre premier Goncourt. Tout le pays vous soutient. Succès à vous."</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse"><em>Petite confidence à l’écrivaine Yanick Lahens.</em></pre>



<p><strong>Le 3 septembre 2025, la première sélection du prestigieux Prix Goncourt a été dévoilée. Parmi les romans retenus, figure celui de l’écrivaine haïtienne Yanick Lahens, « Passagères de nuit ». Une reconnaissance majeure pour la littérature haïtienne, qui voit l’une de ses voix les plus singulières atteindre le cercle très fermé des auteurs en lice pour le plus convoité des prix littéraires francophones.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="899" height="1024" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_1238-899x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-6385" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_1238-899x1024.jpeg 899w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_1238-264x300.jpeg 264w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_1238-768x874.jpeg 768w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_1238.jpeg 1170w" sizes="(max-width: 899px) 100vw, 899px" /></figure>



<p>En coulisses, mercredi, j’ai pris l’initiative de féliciter Yanick Lahens pour cette première sélection. Mon message exprimait l’enthousiasme de tout un pays : « Bonsoir Yanick Lahens, la première sélection du Prix Goncourt est sortie, je vois que vous y figurez. Une excellente nouvelle pour la littérature haïtienne. Nous espérons que, cette année, « Passagères de nuit » sera notre premier Goncourt. Tout le pays vous soutient. Succès à vous. »</p>



<p>Sa réponse, empreinte de sagesse et d’humilité, reflète son parcours exemplaire : « Bonsoir cher Feguerson, un grand merci. Je suis la première étonnée. On verra bien. » Lauréate du Prix Fémina en 2014 pour son roman Bain de Lune, Yanick Lahens poursuit sa route avec calme et détermination. Nous suivons&nbsp;&nbsp;avec impatience la suite de cette aventure.</p>



<p></p>



<p>Feguerson Fegg THERMIDOR</p>



<p>ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com</p>
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		<item>
		<title>Lancement réussi d’un projet national pour replacer le livre au cœur de la jeunesse</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/lancement-reussi-dun-projet-national-pour-replacer-le-livre-au-coeur-de-la-jeunesse/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Makenson ERNÉUS]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 16:25:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Journée de livres en main]]></category>
		<category><![CDATA[Sans téléphone pour les écoliers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Afin de freiner la montée de l’addiction numérique et de redonner goût à la lecture, particulièrement en baisse chez les enfants, Radio Télé Masseillan Info (RTMI), en partenariat avec l’émission Espas Jèn Yo, a inauguré la première édition de la « Journée de livres en main, sans téléphone pour les écoliers », le vendredi 29 août 2025. </p>
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<p><strong>Afin de freiner la montée de l’addiction numérique et de redonner goût à la lecture, particulièrement en baisse chez les enfants, Radio Télé Masseillan Info (RTMI), en partenariat avec l’émission&nbsp;</strong><strong><em>Espas Jèn Yo</em></strong><strong>, a inauguré la première édition de la « Journée de livres en main, sans téléphone pour les écoliers », le vendredi 29 août 2025. L’événement s’est déroulé au Collège Dieudonné Lhérisson, à Delmas 75, sous le thème inspirant :&nbsp;</strong><strong><em>« Retrouver le plaisir du papier pour ne pas perdre celui de penser »</em></strong><strong>.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_0977-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-6381" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_0977-1024x683.jpeg 1024w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_0977-300x200.jpeg 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_0977-768x512.jpeg 768w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_0977-1536x1024.jpeg 1536w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/09/IMG_0977.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p>RTMI, ce web média disposant de deux studios de diffusion en France et en Haïti, a officiellement lancé un projet ambitieux qui se veut national : replacer le livre au centre de la vie des jeunes. Cette initiative éducative avait pour but d’encourager les enfants à se rapprocher davantage des livres que des écrans.</p>



<p>Pour cette première journée, plus d’une cinquantaine d’écoliers, âgés de 5 à 18 ans, y ont pris part. Ils ont découvert des ouvrages, participé à des lectures individuelles et collectives, tout en profitant d’un cadre convivial et stimulant. Outre les moments de lecture, des prestations artistiques ont apporté une touche festive et motivante.</p>



<p>La journée s’est clôturée par des séances de discussion animées par des moniteurs, permettant aux enfants de partager ce qu’ils avaient retenu de leurs lectures, ravivant ainsi leur intérêt pour les livres et renforçant leur lien avec la lecture.</p>



<p>«&nbsp;<em>Je suis très satisfait, c’était une journée extraordinaire</em>&nbsp;», a confié Pierre Andrez, un élève de 11 ans. Même satisfaction du côté des organisateurs. «&nbsp;<em>Parvenir à mettre les enfants dans une ambiance autour du livre, sans téléphone durant toute la journée, c’est déjà un grand exploit</em>&nbsp;», a souligné Jean Némy Forrelus, membre de l’équipe organisatrice.</p>



<p>Pour Wilsonley Simon, directeur général de RTMI, ce lancement marque une étape importante. «&nbsp;<em>En initiant ce projet national, nous voulons rappeler que le livre reste un compagnon essentiel à l’ère numérique</em>&nbsp;» a t-il déclaré.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;<em>Nous souhaitons désormais trouver d’autres partenaires afin de pouvoir acquérir davantage de livres et organiser cette journée chaque année, simultanément dans tous les départements du pays. Ce serait un pas extraordinaire</em>&nbsp;», a affirmé, sourire aux lèvres, le Directeur général de RTMI.</p>



<p>Avec la montée fulgurante du numérique, les jeunes lisent de moins en moins, happés par les réseaux sociaux, tandis que les espaces de bibliothèques, surtout à Port-au-Prince, deviennent de plus en plus inaccessibles. Face à ce constat, le projet « Journée de livres en main, sans téléphone pour les écoliers » se présente comme une initiative de grande envergure. Il vise à replacer la lecture au cœur de la jeunesse haïtienne, à stimuler leur curiosité intellectuelle et à les reconnecter aux choses de l’esprit, indispensables pour bâtir une génération plus consciente et éclairée.</p>



<p>Par :&nbsp;&nbsp;Makenson ERNÉUS&nbsp;</p>
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		<title>Jacques Stephen Alexis, l’écrivain-père et l’intelligence du cœur</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/jacques-stephen-alexis-lecrivain-pere-et-lintelligence-du-coeur/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Feguerson Fegg THERMIDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jun 2025 12:05:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si le monde retient surtout de lui l’écrivain de génie, le militant politique, l’homme engagé jusqu’au don de sa vie, il faut aussi se souvenir de l’homme intime : le père aimant, le penseur sensible, celui qui savait conjuguer rigueur intellectuelle et tendresse familiale. Il convient de s’attarder non seulement sur l’œuvre, mais aussi sur [&#8230;]</p>
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<p><strong>Si le monde retient surtout de lui l’écrivain de génie, le militant politique, l’homme engagé jusqu’au don de sa vie, il faut aussi se souvenir de l’homme intime : le père aimant, le penseur sensible, celui qui savait conjuguer rigueur intellectuelle et tendresse familiale. Il convient de s’attarder non seulement sur l’œuvre, mais aussi sur l’homme, sur cette fibre profondément humaine et paternelle qui irrigue aussi bien ses livres que sa vie privée.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="893" height="720" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/06/34db3692-5aaf-480d-a622-3882f50e7e48.jpeg" alt="" class="wp-image-6145" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/06/34db3692-5aaf-480d-a622-3882f50e7e48.jpeg 893w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/06/34db3692-5aaf-480d-a622-3882f50e7e48-300x242.jpeg 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2025/06/34db3692-5aaf-480d-a622-3882f50e7e48-768x619.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 893px) 100vw, 893px" /></figure>



<p>Une lettre, en particulier, illustre avec une rare intensité cette dimension : celle qu’il adresse à sa fille Florence, alors qu’il séjourne à La Havane en janvier 1955. Ce document bouleversant, vibrant d’amour, de lucidité et d’humanisme, compte sans doute parmi les plus belles lettres de toute la littérature haïtienne. En quelques pages, Alexis offre non seulement un message d’amour filial, mais aussi une véritable leçon de vie, un condensé de philosophie intime qui dépasse les limites du lien biologique pour atteindre l’universel.</p>



<p>Ce qui frappe d’abord dans cette lettre, c’est la qualité de la langue. Chaque mot semble choisi avec soin, non pour flatter, mais pour éveiller. Jacques Stephen Alexis ne s’adresse pas à sa fille comme un simple père attendri par l’absence : il parle à l’être humain en devenir, à la conscience qui s’ouvre, au futur adulte capable de penser, de douter, de rêver. Il ne se contente pas de dire « je t’aime », ce qui serait déjà beaucoup, mais il l’exprime avec des mots porteurs de responsabilités, d’espérances, de transmission.</p>



<p>« Et surtout&#8230; n&rsquo;oublie jamais qu&rsquo;un être humain ce n&rsquo;est pas seulement des bras, des jambes et des mains, c&rsquo;est avant tout une intelligence. Je ne voudrais pas que tu laisses dormir ton intelligence. Quand on laisse dormir son intelligence elle se rouille, comme un clou, et puis on est méchant sans le savoir.», écrit-il. « Il est aussi intelligence. » Cette affirmation, d’une simplicité lumineuse, résume toute une conception de l’humanité. Il ne suffit pas de vivre, il faut penser sa vie. Il ne suffit pas d’exister, il faut cultiver l’esprit, préserver la flamme de l’intelligence. Ne pas le faire, avertit-il, c’est risquer de devenir « méchant sans le savoir ».</p>



<p>Dans ce passage, Alexis ne parle pas seulement à sa fille, il parle à chacun d’entre nous. Il rappelle la responsabilité individuelle que nous avons de nous élever au-dessus de la simple condition organique. Il exhorte à la vigilance intérieure, à cette forme de discipline douce et lumineuse qui consiste à ne jamais laisser s’éteindre la lumière de l’esprit.</p>



<p>Il y a chez Alexis une sorte de pédagogie du cœur : une façon d’enseigner sans imposer, d’éduquer sans contraindre. À travers ses paroles, on perçoit une conception de la paternité fondée sur l’exemple, la réflexion partagée, la beauté du dialogue. Il ne cherche pas à façonner sa fille à son image, mais à lui offrir les outils pour qu’elle construise la sienne. C’est là, sans doute, l’une des plus grandes marques de l’amour véritable.</p>



<p>L’homme qui écrit cette lettre n’est pas un père ordinaire. Il est écrivain, penseur, militant, profondément engagé dans les luttes de son temps. Mais cette dimension militante ne vient jamais écraser la parole paternelle. Au contraire, elle la nourrit. Ce qu’il transmet à sa fille, ce n’est pas seulement un amour personnel, mais un amour de l’humanité, un respect des autres, une conscience aiguë des injustices du monde.</p>



<p>On ne peut lire cette lettre sans penser à l’œuvre de Jacques Stephen Alexis dans son ensemble. Car cette voix paternelle, si douce, si vibrante, on la retrouve dans ses romans, dans cette manière unique qu’il avait de peindre ses personnages avec une humanité dense, une tendresse pudique, une attention constante à la beauté des petits gestes et à la noblesse des simples gens.</p>



<p>Ses livres Compère Général Soleil, Les Arbres musiciens, L’Espace d’un cillement, Romancero aux étoiles sont traversés par une foi immense dans la dignité humaine. Même dans les pires situations, ses personnages gardent un éclat de rêve, une lueur de pensée, une flamme d’amour. C’est là, sans doute, le prolongement littéraire de ce qu’il disait à sa fille : ne jamais oublier que l’homme est plus que chair, qu’il est aussi conscience, mémoire, intelligence.</p>



<p>On pourrait même dire que toute l’œuvre de Jacques Stephen Alexis est une lettre adressée à l’humanité, une longue conversation où il tente de réveiller chez chacun ce qu’il appelait « l’intelligence ». À Florence, il a écrit une lettre. À nous, il a légué des romans. Mais le message est le même : aimer, penser, résister.</p>



<p><strong>Par :</strong>&nbsp;Feguerson Fegg THERMIDOR</p>



<p>ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com</p>
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		<title>Aoua Kéita, une pionnière féministe : l’écho d’un combat africain pour les femmes haïtiennes</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/aoua-keita-une-pionniere-feministe-lecho-dun-combat-africain-pour-les-femmes-haitiennes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Feguerson Fegg THERMIDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Jun 2025 00:09:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Aoua Kéita]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À travers la figure d’Aoua Kéita, militante malienne et pionnière de la lutte féminine en Afrique, cet article explore les échos contemporains de son engagement dans le contexte haïtien. En mettant en lumière son combat contre le patriarcat et pour l’émancipation des femmes, il s’agit aussi d’interroger les défis persistants auxquels font face les femmes [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse"><strong>À travers la figure d’Aoua Kéita, militante malienne et pionnière de la lutte féminine en Afrique, cet article explore les échos contemporains de son engagement dans le contexte haïtien. En mettant en lumière son combat contre le patriarcat et pour l’émancipation des femmes, il s’agit aussi d’interroger les défis persistants auxquels font face les femmes en Haïti aujourd’hui.</strong></pre>



<p>Dans un monde où les luttes des femmes sont souvent confinées à des géographies précises, l’histoire d’Aoua Kéita, militante malienne du XXe siècle, résonne fortement avec les combats que mènent aujourd’hui encore de nombreuses femmes haïtiennes. Figure centrale de l’émancipation féminine en Afrique de l’Ouest, Aoua Kéita incarne un héritage transcontinental de résistance contre le patriarcat, l’exclusion et le silence. Son histoire, bien qu’ancrée dans le contexte malien, parle aussi à la réalité haïtienne, où les femmes peinent à faire entendre leur voix dans les sphères politique, sociale et économique.</p>



<p>Née en 1912 ,à Bamako, au Mali à une époque où l’éducation des filles était marginalisée, Aoua Kéita fait partie des premières femmes diplômées d’Afrique de l’Ouest. Elle devient sage-femme, puis s’engage très tôt dans les luttes pour l’indépendance du Soudan français, futur Mali. À travers son engagement politique, elle défie une société verrouillée par des traditions patriarcales tenaces. Élue députée en 1959, elle se bat sans relâche pour les droits des femmes dans les structures postcoloniales nouvellement formées, où la question du genre restait une arrière-pensée. Elle décédée en mai 1980.</p>



<p>Son livre « Femme d’Afrique », publié en 1975, est un véritable manifeste féministe, un cri du cœur contre l’invisibilisation des femmes africaines. Elle y expose la marginalisation que subissent les femmes, de l’école à la politique, du foyer au monde du travail. Pour elle, l’indépendance politique de l’Afrique ne pouvait être qu’un leurre si elle se construisait sur l’exclusion des femmes.</p>



<p>Ce récit d’engagement n’est pas étranger aux femmes haïtiennes. En Haïti, les structures patriarcales héritées de la colonie et entretenues par des siècles d’exclusion économique et politique continuent d’opprimer les femmes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : faible représentation féminine au Parlement, violences basées sur le genre en constante augmentation, marginalisation économique, analphabétisme plus marqué chez les femmes. Et pourtant, comme au temps d’Aoua Kéita, les femmes haïtiennes sont en première ligne, dans les marchés, dans les hôpitaux, dans les quartiers populaires, et trop souvent, dans les cimetières.</p>



<p>Aoua Kéita savait que briser le silence, écrire son vécu, transmettre sa parole était déjà un acte de résistance. Aujourd’hui, dans un pays comme Haïti, où les femmes sont souvent les premières victimes de l’instabilité politique, de l’insécurité et de la pauvreté, cette parole demeure essentielle. Elle vient renforcer celle d’autres femmes haïtiennes qui, depuis longtemps, portent aussi la lutte pour l’égalité, parfois dans la plus grande discrétion, parfois à visage découvert.</p>



<p>Le combat de Kéita nous rappelle que la libération des femmes ne saurait être une question secondaire ou marginale. Dans les années 1960, elle dénonçait déjà le fait que les hommes qui avaient lutté pour l’indépendance de leurs pays reproduisaient ensuite les mêmes systèmes d’exclusion qu’ils avaient combattus. Ce constat, douloureusement actuel, vaut aussi pour Haïti. Ici aussi, les femmes ont joué un rôle central dans les luttes révolutionnaires pour aboutir à l&rsquo;indépendance d&rsquo;Haïti et dans la résistance populaire, mais elles continuent d’être écartées des lieux où se prennent les décisions.</p>



<p>« Femme d’Afrique » n’est pas simplement un témoignage africain. C’est une mémoire partagée, une incitation à la solidarité féminine à travers les continents, une invitation à repenser nos sociétés. Ce livre devrait être lu dans les écoles haïtiennes, dans les universités, dans les organisations de femmes, car il donne à penser un féminisme enraciné, concret, courageux. Un féminisme qui ne vient pas d’en haut, mais de l’expérience vécue de celles qui, comme Aoua Kéita, comme tant de femmes haïtiennes aujourd’hui, refusent de rester dans l’ombre.</p>



<p></p>



<p></p>



<p>Par : <strong>Feguerson Fegg THERMIDOR</strong></p>



<p>ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com</p>



<p></p>
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		<title>Le deuxième sexe : une rupture radicale du discours stéréotypé sur la femme</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/le-deuxieme-sexe-une-rupture-radicale-du-discours-stereotype-sur-la-femme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Feguerson Fegg THERMIDOR]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Jun 2025 20:52:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Chro-Lit]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Deuxième sexe]]></category>
		<category><![CDATA[Simone de Beauvoir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un monde figé. Une image imposée. Des siècles de silence. Une parole enfin levée. Une rupture décisive. Le livre de Simone de Beauvoir, « Le deuxième sexe », constitue une rupture frontale avec le discours stéréotypé sur la femme. En publiant cet ouvrage en 1949 aux éditions Gallimard, l’autrice bouscule l’ordre établi et interroge une vision millénaire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">Un monde figé. Une image imposée. Des siècles de silence. Une parole enfin levée. Une rupture décisive.</pre>



<p><br>Le livre de Simone de Beauvoir, « Le deuxième sexe », constitue une rupture frontale avec le discours stéréotypé sur la femme. En publiant cet ouvrage en 1949 aux éditions Gallimard, l’autrice bouscule l’ordre établi et interroge une vision millénaire de la féminité façonnée par des voix masculines. Ce n’est pas seulement un livre engagé, c’est un manifeste intellectuel contre une hiérarchie intériorisée. Simone de Beauvoir s’y attaque aux clichés, aux images toutes faites, aux représentations biaisées qui enferment la femme dans un statut d’infériorité. Par cette œuvre, elle redonne à la femme son rôle de sujet, et non plus d’objet défini par l’autre.</p>



<p>Dès l’ouverture, Simone de Beauvoir frappe fort avec une citation de Pythagore : « Il y a un principe bon qui a créé l’ordre, la lumière et l’homme ; et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme. » Cette phrase, choisie pour introduire le texte, expose d’emblée le mépris historique que les hommes ont porté à la femme. Cette représentation n’est ni isolée ni anecdotique. Elle est le socle d’un discours qui traverse les siècles, des textes anciens jusqu’aux doctrines religieuses, philosophiques et scientifiques modernes.</p>



<p>La force du Deuxième Sexe réside dans sa capacité à déconstruire ces idées reçues en les analysant en profondeur. Simone de Beauvoir puise dans la biologie, la psychanalyse, l’histoire et la littérature pour démontrer que les stéréotypes liés à la femme ne reposent pas sur des vérités naturelles mais sur des constructions culturelles. Le mythe de la femme faible, irrationnelle, soumise, n’est qu’un outil de domination. À travers cette œuvre, elle montre que l’infériorité féminine n’est pas un fait, mais un produit du regard masculin.</p>



<p>Saint Thomas d’Aquin avait lui aussi affirmé que « la femme est un homme manqué ». Cette déclaration, loin d’être marginale, reflète une pensée dominante qui a réduit la femme à un être inachevé, déficient. Simone de Beauvoir refuse cette logique. Elle démonte l’idée que la femme serait une anomalie ou un dérivé. Pour elle, la femme est un être humain complet, et son altérisation n’est que le reflet d’un pouvoir masculin désireux de conserver son autorité.</p>



<p>La phrase désormais célèbre, « On ne naît pas femme, on le devient », résume tout l’enjeu du Deuxième Sexe. Elle affirme que la féminité n’est pas une essence mais une construction. Être femme, ce n’est pas une réalité biologique figée, c’est un parcours imposé par l’éducation, la morale, les normes sociales. À travers ce constat, de Beauvoir invite à repenser radicalement les rapports entre les sexes.</p>



<p>Son livre est un contre-discours puissant. Il ne cherche pas à inverser la domination, mais à l’abolir. Il remet en cause l’idée que l’homme serait le seul modèle de l’humanité. Il réclame l’autonomie, la liberté, la responsabilité pour toutes les femmes. Il ouvre la voie à une égalité véritable.</p>



<p>Dans « Le deuxième sexe, la femme n’est plus définie par sa fonction maternelle ou son rôle d’épouse. Elle est reconnue comme sujet pensant, libre, capable de choisir sa propre destinée. Cette vision heurte de nombreuses traditions, mais elle libère la parole. Elle rend possible une redéfinition de l’humanité fondée sur la reconnaissance mutuelle, et non sur la hiérarchie.</p>



<p>Simone de Beauvoir n’offre pas un mode d’emploi, mais un miroir tendu à une société aveugle à ses propres injustices. Son œuvre invite à ouvrir les yeux, à écouter celles qu’on a trop longtemps réduites au silence. Ce n’est pas un cri de colère, mais une parole de lucidité. Elle appelle à construire une société nouvelle, où aucun sexe ne serait défini par l’autre.</p>



<p><br><strong>Par :</strong> Feguerson Fegg THERMIDOR</p>



<p>ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com</p>
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