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	<title>Archives des Opinion - Radio Télé Masseillan Info</title>
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	<description>Plus de sens à l&#039;info !</description>
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	<title>Archives des Opinion - Radio Télé Masseillan Info</title>
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		<title>Le MJSAC ou l’institutionnalisation de l’amateurisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RTMI]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 18:53:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il faut parfois avoir le courage de lire un communiqué officiel jusqu’au bout pour mesurer l’étendue du mépris que certains dirigeants nourrissent envers l’intelligence collective. Celui publié par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) en est une parfaite illustration. Le ministère affirme avoir appris « par le biais des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il faut parfois avoir le courage de lire un communiqué officiel jusqu’au bout pour mesurer l’étendue du mépris que certains dirigeants nourrissent envers l’intelligence collective. Celui publié par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique (MJSAC) en est une parfaite illustration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère affirme avoir appris « par le biais des réseaux sociaux » le retour au pays de Danley Jean-Jacques et de Pierre Olivier Woondensky. Sérieusement ? Un ministère chargé du sport national, censé collaborer quotidiennement avec la Fédération haïtienne de football, découvre sur Facebook ou X que deux internationaux haïtiens rentrent au pays ? Si cela est vrai, c’est un aveu d’incompétence institutionnelle. Si cela est faux, c’est une tentative maladroite de se fabriquer un alibi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus troublant est ailleurs. Le communiqué tente de transformer une défaillance de l’État en accident de communication. Comme si le problème n’était pas l’absence de coordination, mais simplement un manque d’information. Or, gouverner, c’est précisément anticiper, coordonner et organiser. Un ministère qui attend les réseaux sociaux pour savoir ce que font ses ambassadeurs sportifs renonce lui-même à sa mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis arrive la pirouette finale : « toutes les dispositions ont déjà été prises » pour leur rendre hommage. Cette phrase ressemble davantage à une opération de communication qu’à une politique publique. En Haïti, on maîtrise parfaitement l’art de réparer médiatiquement ce que l’on a politiquement négligé. On ne prévoit rien, puis on promet une cérémonie lorsque l’indignation populaire éclate.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ailleurs dans le monde, pourtant, on sait ce que signifie honorer un athlète qui rentre au pays après un Mondial. Le Maroc n’a pas attendu que ses joueurs publient une photo d’aéroport pour organiser leur accueil. Après leur quatrième place historique au Mondial 2022, les Lions de l’Atlas ont été reçus au Palais royal de Rabat par le roi Mohammed VI, entouré des princes héritiers, dans une cérémonie où joueurs et mères des joueurs ont été honorés ensemble. Chaque international a reçu une décoration officielle de l’Ordre du Trône, tout comme le sélectionneur et le président de la fédération. Rien de tout cela n’a été improvisé après coup : l’État marocain savait, avant même l’atterrissage de l’avion, que ses athlètes rentraient en héros et méritaient d’être traités comme tels. La France, elle, a bâti une tradition : depuis des décennies, ses champions du monde défilent sur les Champs-Élysées, dans un dispositif logistique et sécuritaire pensé en amont par l’État, jamais découvert au dernier moment sur un fil d’actualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La différence n’est pas une question de richesse nationale. C’est une question de posture. Ces États considèrent leurs athlètes comme un patrimoine national à préparer, protéger et célébrer &#8211;&nbsp;&nbsp;pas comme un problème de communication à gérer une fois que le peuple s’indigne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette note révèle surtout une vieille maladie de notre administration : l’improvisation permanente. On célèbre les héros uniquement lorsque les citoyens rappellent qu’ils existent. Entre-temps, ces athlètes portent seuls le drapeau, souvent dans l’indifférence des institutions qui devraient les accompagner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus ironique est que ce communiqué, censé rassurer l’opinion, produit exactement l’effet inverse. Il confirme qu’au sommet de l’État, l’amateurisme est parfois érigé en méthode de gouvernance. On ne s’excuse pas réellement ; on se justifie. On ne reconnaît pas un dysfonctionnement ; on invoque les réseaux sociaux. On ne construit pas une politique sportive ; on improvise une cérémonie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une nation qui respecte ses champions ne découvre pas leur retour sur Internet. Elle connaît leur calendrier, prépare leur accueil et célèbre leurs exploits sans attendre que l’opinion publique lui rappelle son devoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, ce communiqué n’est pas seulement embarrassant. Il est le symptôme d’un État qui confond communication et gouvernance, justification et responsabilité, réaction et action. Et c’est précisément là que réside le véritable scandale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">RTMI</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Face à la fin annoncée du TPS : Haïti doit agir avec responsabilité et vision</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/face-a-la-fin-annoncee-du-tps-haiti-doit-agir-avec-responsabilite-et-vision/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre Aunis Gilles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 11:11:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Diaspora]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[TPS]]></category>
		<category><![CDATA[USA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La récente décision permettant à l’administration américaine de mettre fin au Temporary Protected Status (TPS) pour les ressortissants haïtiens soulève une profonde inquiétude pour descentaines de milliers de familles. Si cette mesure est pleinement appliquée, plus de 300 000Haïtiens pourraient être confrontés à un retour forcé dans un pays qui traverse encore une grave crise [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La récente décision permettant à l’administration américaine de mettre fin au Temporary Protected Status (TPS) pour les ressortissants haïtiens soulève une profonde inquiétude pour descentaines de milliers de familles. Si cette mesure est pleinement appliquée, plus de 300 000Haïtiens pourraient être confrontés à un retour forcé dans un pays qui traverse encore une grave crise sécuritaire, économique et humanitaire.Au-delà des débats politiques, cette situation exige une réponse diplomatique forte, responsable et coordonnée de la part des autorités haïtiennes. Notre priorité doit être la protection de nos compatriotes , où qu’ils se trouvent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je lance un appel au Premier ministre Didier Fils-Aimé afin qu’il adopte une stratégie nationale autonome de plusieurs axes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, le gouvernement doit engager immédiatement un dialogue diplomatique avec les autorités américaines afin de plaider pour une prolongation ou une solution humanitaire durable pour les bénéficiaires du TPS. Cette démarche doit être menée avec professionnalisme, en collaboration avec les parlementaires américains, les organisations de défense des droits des migrants et la diaspora haïtienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, une cellule de crise nationale devrait être créée pour accompagner les Haïtiens concernés. Cette structure pourrait fournir une assistance juridique, coordonner les services consulaires et préparer un plan d’accueil pour les personnes qui choisiraient ou seraient contraintes de rentrer au pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, il est impératif de renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire. Aucun programme de réintégration ne pourra réussir si les citoyens ne peuvent vivre, circuler et travailler en toute sécurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrièmement, Haïti doit accélérer le retour à l’ordre constitutionnel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation d’élections libres, crédibles, transparentes, inclusives et sécurisées est une nécessité pour rétablir la confiance du peuple et de la communauté internationale. Des institutions légitimes, issues des urnes, seront mieux placées pour défendre les intérêts des Haïtiens vivant à l’étranger, négocier avec les partenaires internationaux, attirer les investissements et mettre en œuvre des politiques publiques durables. Le retour à la démocratie ne doit plus être repoussé; il constitue une condition essentielle pour la stabilité politique, la relance économique et le développement du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre diaspora est une richesse nationale. Elle soutient chaque année des millions de familles et contribue de manière essentielle à l’économie haïtienne. Il est donc de notre devoir de défendre ses droits avec détermination et de préparer un avenir où aucun Haïtien ne sera contraint de quitter son pays faute de sécurité, d’opportunités ou d’espoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’heure n’est plus aux divisions, mais à l’action. Ensemble, bâtissons une Haïti plus stable, plus forte et plus digne pour tous ses enfants, qu’ils vivent au pays ou à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pierre Aunis Gilles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entrepreneur, juriste, spécialiste en immigration et candidat aux primaires du Sénat de l’Ouest.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Gonaïves: entre l&#8217;ironie et la velléité du changement </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Eudes PIERRE]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 16:47:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Gonaïves]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La cité de l&#8217;indépendance a une tradition footballistique ancrée dans le temps, d&#8217; ailleurs « Mondialito », une marque gonaïvienne, est le plus grand et ancien championnat de Vacances d&#8217;été de football de toute la république. Cette ville a vu naître des joueurs qui ont marqué l&#8217;histoire du football national haïtien: Jean Barbot, Robert Joseph, Roberto Montas, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La cité de l&rsquo;indépendance a une tradition footballistique ancrée dans le temps, d&rsquo; ailleurs « Mondialito », une marque gonaïvienne, est le plus grand et ancien championnat de Vacances d&rsquo;été de football de toute la république. Cette ville a vu naître des joueurs qui ont marqué l&rsquo;histoire du football national haïtien: Jean Barbot, Robert Joseph, Roberto Montas, Miguel Saint-Jean, et la liste pourrait indéfiniment s&rsquo; allonger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques jours de la Coupe du monde, dans les quartiers gonaïviens densément peuplés, la fièvre de voir le pays caché par l&rsquo;horizon, pour sa deuxième participation à ce grand événement, après 52 ans d&rsquo;absence, est 42° C. Pourtant, un simple regard circulaire sur cette entité géographique capterait l&rsquo;image d&rsquo;une cité en détresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois observations méritent d&rsquo;être considérées pour garantir l&rsquo;objectivité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Primo. Gonaïves est plongée dans le noir depuis mars 2022. Ce black-out total affecte l&rsquo;existence même du Central électrique de la ville, une Usine portant le nom de l&rsquo;illustre Simon Bolivar, fruit de la franche coopération vénézuélienne, et des sacrifices vitaux d&rsquo;El Commandante Hugo CHAVEZ, feu Président de la République bolivarienne, ami fidèle et loyal du peuple haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Secundo. Les portes de la place d&rsquo;armes restent fermées: haut lieu symbolique et de rassemblement social, culturel et sportif; la place de l&rsquo;indépendance a été inaccessible depuis l&rsquo; été 2025, pour cause de rénovation. Un projet conçu et financé par des gonaïviens vivant à l&rsquo;étranger. Une intention noble. Un élan citoyen et patriotique rare, malheureusement très mal engagé sur le terrain. Aucun panneau de chantier, à l&rsquo;intention de la population, indiquant le début, la fin, la nature de la rénovation et le coût réel du projet. Pour certains donateurs, le montant s&rsquo; élève à 15.000.000 gourdes, en fonction du taux de change, par contre d&rsquo;autres avancent 17.000.000. N&rsquo;ayant ni commencement ni fin, ce « projet Melki Sedeck » empêchera -t-il aux fanatiques des grenadiers de se rassembler sur la place d&rsquo;armes des Gonaïves pour savourer le feeling de la plus grande fête du ballon rond?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tertio. Des dirigeants locaux déconnectés de la réalité. Ils s&rsquo;improvisent et agissent à la manière des pachydermes dans un jardin d&rsquo;arbres. Boom, la gestion de la Res Publica devient tout bonnement un « trip », une partie de plaisirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Somme toute, la célèbre ville de Maurice Alfredo Sixto paie, au prix fort et jusqu&rsquo;au dernier sou de sa bourse, l&rsquo;impact désastreux de la troisième phase de cette transition sous la gouverne de l&rsquo;occupant de facto de la primature, un provocateur grisé par la drogue du pouvoir et l&rsquo;effet des stimulants. Haïti doit changer. Le changement, c&rsquo;est maintenant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marc Eudes PIERRE</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Haïti: la gouvernance du chaos ou le chaos de la gouvernance?</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/haiti-la-gouvernance-du-chaos-ou-le-chaos-de-la-gouvernance/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Eudes PIERRE]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 23:04:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[RTMI]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le chaos atteint son point culminant en Haïti. Dans le département de l&#8217;Ouest les affrontements armés entre les gangs voulant agrandir leur territoire, à Cité Soleil et à Croix des Bouquets, ont causé la mort d&#8217;au moins 305 personnes et ont fait 277 blessés, entre 5 mars et 11 mai 2026, selon le Bureau Integré [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le chaos atteint son point culminant en Haïti. Dans le département de l&rsquo;Ouest les affrontements armés entre les gangs voulant agrandir leur territoire, à Cité Soleil et à Croix des Bouquets, ont causé la mort d&rsquo;au moins 305 personnes et ont fait 277 blessés, entre 5 mars et 11 mai 2026, selon le Bureau Integré des Nations Unies (BINUH). D&rsquo;autres affrontements, en seulement&nbsp;&nbsp;une semaine, ont encore causé la mort de 78 personnes durant la seconde moitié du mois de mai, dans ces mêmes zones . A en croire l&rsquo;OIM, plus de 10.000 personnes ont dû fuir leurs&nbsp;&nbsp;domiciles pour échapper aux assauts meurtriers des gangs .&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;Artibonite la situation sécuritaire est totalement confuse. C&rsquo;est la pagaille. Les vaillants policiers&nbsp;&nbsp;haïtiens ont continué à payer de leur vie, le cynisme, la lâcheté, le konfiolo,&nbsp;&nbsp;la platitude des chefs du CSPN et du haut état major de la PNH, vendredi 29 Mai, 3 policiers et un civil ont péri au cours d&rsquo;une opération, dans la zone de Carrefour Robert, sur la route de Verettes. De janvier 2018 à&nbsp;&nbsp;mai 2026, le gang grand grif a tué 15 policiers dont 11 agents de l&rsquo;UDMO et 4 agents de l&rsquo;UTAG.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l&rsquo;Estère, au niveau de la Croix Périsse, les stratégies de combat imposées par le haut commandement de la police laissent beaucoup à désirer. Les différentes opérations menées contre le gang kokorat sans Ras ne produisent pas l&rsquo;effet escompté. Les bandits armés sont éparpillés aux quatres coins de la zone, et reviennent de plus belle, après chaque opération, avec une cruauté accrue envers une population délaissée et abandonnée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce tohu bohu, le CEP et le gouvernement ont le toupet d&rsquo;annoncer la tenue d&rsquo;élections en Haïti, en novembre de cette année. Ki bò kandida yo pra l fè kanpay?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces irresponsables à la tête de l&rsquo;Etat prennent les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. Ils n&rsquo;ont pas de mandat populaire, c&rsquo;est ce qu&rsquo;explique le flou de leur mission, l&rsquo;impossibilité et l&rsquo;impropriété d&rsquo;évoquer le terme durée en ce qui les concerne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;Ariel Henri à Alix Fils-Aimé, trop de territoires sont perdus, de policiers humiliés et tués, de jeunes femmes et filles violées, de vieillards abattus, des hôpitaux, des centres culturels et des bibliothèques incendiés, la boucle doit boucler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les signataires du pacte politique du 22 février, les supporters du PM de facto et d&rsquo;Eric Prince doivent clairement se positionner entre le maintien du statu quo et la libération. Le changement d&rsquo;Haïti, c&rsquo;est maintenant !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marc Eudes PIERRE</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Fête du Drapeau 2026 : Célébrer sous le poids du sang et de la honte</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/fete-du-drapeau-2026-celebrer-sous-le-poids-du-sang-et-de-la-honte/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 11:40:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Angle engagé]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[18 mai 2026]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 18 mai. Une date gravée dans la mémoire collective d&#8217;un peuple qui, il y a plus de deux siècles, a osé l&#8217;impossible : briser ses chaînes, déchirer le drapeau colonial et coudre à sa place les couleurs d&#8217;une liberté chèrement conquise. Le 18 mai devrait être un jour de fierté, de recueillement, de réaffirmation [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le 18 mai. Une date gravée dans la mémoire collective d&rsquo;un peuple qui, il y a plus de deux siècles, a osé l&rsquo;impossible : briser ses chaînes, déchirer le drapeau colonial et coudre à sa place les couleurs d&rsquo;une liberté chèrement conquise. Le 18 mai devrait être un jour de fierté, de recueillement, de réaffirmation de notre identité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment célébrer aujourd&rsquo;hui ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment brandir ce drapeau bicolore avec la poitrine gonflée d&rsquo;orgueil quand ce même drapeau flotte au-dessus d&rsquo;un pays qui saigne ? Quand les rues de Port-au-Prince, de Pont-Sondé, de Lizon, de Canaan sont jonchées de corps d&rsquo;innocents tombés sous les balles des gangs — ces mêmes gangs que l&rsquo;on soupçonne d&rsquo;être les bras armés d&rsquo;un pouvoir sans visage, sans légitimité, sans âme ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année encore, la Fête du Drapeau se tient dans un contexte de terreur généralisée. Des milliers de familles ont fui leurs maisons, leurs quartiers, leurs villes. Des enfants ont vu leurs parents mourir devant eux. Des femmes ont été violentées. Des hommes exécutés. Et pendant ce temps, le gouvernement — si l&rsquo;on peut encore appeler ainsi cette structure opaque qui prétend nous gouverner — continue de regarder ailleurs, quand il ne collabore pas ouvertement avec ceux qui font couler ce sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Célébrer la Fête du Drapeau dans ce contexte, c&rsquo;est célébrer sur des tombes. C&rsquo;est chanter l&rsquo;hymne national avec dans la gorge le cri étouffé de ceux qui n&rsquo;ont plus de voix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce drapeau — bleu et rouge, né à Arcahaie le 18 mai 1803 — n&rsquo;a jamais été cousu pour la résignation. Il a été cousu pour la résistance. Dessalines, Christophe, Capois-la-Mort ne se sont pas battus pour que leurs descendants vivent à genoux, otages de chefs de gang et de politiciens véreux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Fête du Drapeau devrait donc être, cette année plus que jamais, un moment de réveil collectif. Un moment où chaque Haïtien, chaque Haïtienne, regarde ce drapeau en face et se demande : qu&rsquo;avons-nous fait de l&rsquo;héritage de ceux qui ont tout sacrifié pour nous ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La misère a brisé des reins. La faim a éteint des regards. La peur a paralysé des quartiers entiers. Et pourtant — et c&rsquo;est là toute la tragédie — le peuple haïtien continue de survivre, de résister, d&rsquo;espérer malgré tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question mérite d&rsquo;être posée. Certains diront qu&rsquo;il faut célébrer coûte que coûte, pour ne pas laisser les bourreaux nous voler jusqu&rsquo;à notre identité. D&rsquo;autres estimeront que danser pendant que le pays brûle, c&rsquo;est trahir les morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux positions se comprennent. Mais une chose est certaine : cette Fête du Drapeau ne peut pas être une fête ordinaire. Elle ne peut pas se résumer à des défilés de façade et à des discours creux prononcés par des officiels dont les mains ne sont pas propres. Cette fête doit être un acte de conscience. Un moment où l&rsquo;on nomme les coupables. Où l&rsquo;on honore les victimes. Où l&rsquo;on refuse l&rsquo;amnésie collective que l&rsquo;on tente de nous imposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Honorer ce drapeau aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est exiger justice pour les massacres impunis. C&rsquo;est refuser de normaliser la barbarie. C&rsquo;est tenir debout — pas pour applaudir ceux qui nous gouvernent, mais pour leur rappeler que ce pays appartient à son peuple, et non aux gangs qui le terrorisent avec leur bénédiction tacite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drapeau haïtien porte en lui la mémoire d&rsquo;hommes et de femmes qui ont préféré mourir libres plutôt que de vivre enchaînés. En ce 18 mai 2026, la moindre des choses que nous leur devons, c&rsquo;est de ne pas fermer les yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sang des innocents crie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drapeau, lui, attend que nous répondions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Johnny JOSEPH</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Haïti: un Etat en pire état</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Eudès Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 May 2026 14:11:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[L’Édito]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette terrible et longue transition a fait d&#8217;Haïti un Etat en voie de disparition. Le pays a touché le fond. Les principales fonctions régaliennes de l&#8217; Etat haïtien: la défense du territoire, la sécurité intérieure, la justice, la diplomatie… sont piteusement érodées. Quant à la défense du territoire, l&#8217;apanache de l&#8217;armée d&#8217;Haïti, le résultat est [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Cette terrible et longue transition a fait d&rsquo;Haïti un Etat en voie de disparition. Le pays a touché le fond. Les principales fonctions régaliennes de l&rsquo; Etat haïtien: la défense du territoire, la sécurité intérieure, la justice, la diplomatie… sont piteusement érodées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la défense du territoire, l&rsquo;apanache de l&rsquo;armée d&rsquo;Haïti, le résultat est inférieur à zéro. L&rsquo; armée d&rsquo;Haïti est une institutiin fantôme et fantoche. Elle ne peut défendre même ses propres membres lorsque ces derniers sont kidnappés, humiliés et maltraités par les bandits armés. L&rsquo; actuel numéro un de la défense, conscient de l&rsquo; inefficacité absolue de ce ministère commence par fermer ses portes dans les différents départements du pays. Avec un budget incluant les fonds de renseignement national, le ministère de la défense fonctionne et se concentre désormais uniquement dans la Capitale pour desservir la République désertée de Port -au- Prince.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sécurité intérieure, en Haïti d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, est un concept fictif. Les routes nationales sont occupées depuis plus de cinq ans. Les bandits passent au peigne fin tous ceux qui circulent par voie terrestre, et sont beaucoup plus présents sur les axes routiers que les forces de l&rsquo; ordre légalement constituées. Ils érigent des postes de péage, le calme et la tranquilité qui caractérisent leur fonctionnement sont signidicatifs et révélateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La justice haïtienne, en dépit de la moralité de certains rares juges, demeure un système qui nettoie et blanchit les délinquants. Les derniers Arrêts de la Cour d&rsquo;appel de Port-au-Prince sont inacceptables, les prisons civiles sont remplies des personnes en situation de détention préventive prolongée, alors que les criminels à col blanc notoirement reconnus circulent effrontément.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La diplomatie haïtienne est vassalisée. Elle est le garage et réfuge des « bestis », des maîtresses, des enfants « cachés » et des Ti « zanmi » des dignitaires. Plus de 80% des représentants de la diplomatie haïtienne à l&rsquo;étranger ne sont pas qualifiés. Cette fonction régalienne incarne le fameux slogan du mythique maestro-chanteur, Isnard Douby :&lt;&lt; pa konn si n anlè, pa konn si n atè.&gt;&gt;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;ensemble, le tableau est grimaçant. Il fait peur. L&rsquo; avidité, l&rsquo;incompétence, le cynisme…des dirigeants conduisent Haïti dans cette descente aux enfers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La volonté, de tous les Haïtiens de bonne foi et amoureux de justice sociale, d&rsquo;agir maintenant, ensemble et dans la cohésion pour le sauvetage de la première République nègre, libre et indépendante des Amériques, est l&rsquo;option salvatrice, et le seul vrai pari.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Marc Eudès PIERRE</p>
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		<title>Haïti : l&#8217;État de l&#8217;indécence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[JJ, M.E.D]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 00:24:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des moments dans l&#8217;histoire d&#8217;un peuple où l&#8217;indignation ne suffit plus. Où les mots semblent trop petits pour contenir l&#8217;ampleur d&#8217;une honte collective. Haïti vit un de ces moments et pourtant, curieusement, ceux qui devraient rougir dorment paisiblement, le ventre plein, pendant que le reste du pays apprend à survivre avec ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il y a des moments dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un peuple où l&rsquo;indignation ne suffit plus. Où les mots semblent trop petits pour contenir l&rsquo;ampleur d&rsquo;une honte collective. Haïti vit un de ces moments et pourtant, curieusement, ceux qui devraient rougir dorment paisiblement, le ventre plein, pendant que le reste du pays apprend à survivre avec ce qui reste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dix-huit millions de gourdes. Dix-huit millions. Déboursés, sans hésitation, sans débat, sans la moindre once de gêne &#8211; pour couronner un champion d&rsquo;un concours TikTok organisé sur un autre continent. Un concours de danse. Pendant que ce pays brûle, pendant que ses hôpitaux ferment, pendant que ses enfants n&rsquo;ont plus d&rsquo;école où aller, pendant que ses médecins travaillent sans salaire &#8211; l&rsquo;État haïtien a trouvé où investir. Dans des pas de danse. Sur une application étrangère. Pour une gloire qui durera le temps d&rsquo;un scroll.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une anecdote. Ce n&rsquo;est pas un fait divers. C&rsquo;est un aveu — l&rsquo;aveu brutal, sans fard, de ce que cet État pense de son peuple, de sa jeunesse, de son avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Le mérite puni, la frivolité récompensée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelque part en Haïti ce soir, un finissant de l&rsquo;École Normale Supérieure relit ses notes dans une chambre sans électricité. Il a passé quatre, cinq, six ans à étudier — à se battre contre les pannes de courant, les grèves, les rues bloquées, les frais de scolarité que sa famille a payés en se saignant. Il a tenu bon. Il a obtenu son diplôme. Et maintenant il attend. Il envoie des dossiers. Il frappe à des portes qui ne s&rsquo;ouvrent pas. Il attend un stage qui ne vient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques kilomètres de là, dans les couloirs d&rsquo;un ministère, quelqu&rsquo;un a signé un chèque de dix-huit millions de gourdes pour une tiktokeuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contraste n&rsquo;est pas le fruit du hasard. Ce n&rsquo;est pas une maladresse administrative ou une erreur de jugement isolée. C&rsquo;est le reflet fidèle d&rsquo;un système qui a décidé, consciemment et méthodiquement, que le savoir ne vaut rien — et que l&rsquo;entertainment, lui, mérite d&rsquo;être financé avec l&rsquo;argent du contribuable. Un système qui envoie chaque jour le même message à sa jeunesse, gravé dans le marbre de ses choix budgétaires : « N&rsquo;étudie pas. Divertis-nous. Et surtout — tais-toi.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le finissant de la FMP qui attend son stage est une métaphore vivante de ce pays : brillant, formé, capable — et délibérément mis à l&rsquo;écart par un État qui préfère les foules désorientées aux citoyens éclairés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Un navire qui distribue du champagne pendant qu&rsquo;il coule</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez un navire en pleine tempête. L&rsquo;eau s&rsquo;infiltre par la coque. Les passagers crient. Les enfants pleurent. Et sur le pont supérieur, les officiers débouchent des bouteilles, trinquent entre eux, applaudissent un spectacle, et envoient des photos sur les réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est Haïti. C&rsquo;est maintenant. Ce n&rsquo;est pas une métaphore lointaine — c&rsquo;est la réalité quotidienne d&rsquo;un peuple qui regarde ses dirigeants célébrer pendant que tout s&rsquo;effondre autour d&rsquo;eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Hôpital Général — l&rsquo;hôpital public le plus important du pays, celui vers lequel se tournent les plus démunis quand la maladie frappe — est fermé. Pas en rénovation. Pas en restructuration temporaire. Fermé. Ses portes condamnées comme celles d&rsquo;un bâtiment abandonné, pendant que des malades errent, cherchent, supplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résidents de l&rsquo;Hôpital de la Paix, eux, continuent de se lever chaque matin. Ils enfilent leurs blouses. Ils soignent. Ils sauvent des vies — avec des gants percés, des salles sous-équipées, des médicaments en rupture de stock — et sans salaire. Des mois sans salaire. Ces hommes et ces femmes qui ont consacré leur jeunesse à apprendre à guérir les autres se retrouvent eux-mêmes malades d&rsquo;un mal qu&rsquo;aucun stéthoscope ne peut détecter : le mépris institutionnalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant que tout cela se passe, 18 millions de gourdes ont trouvé leur chemin. Comme par magie. Comme si les caisses de l&rsquo;État n&rsquo;étaient vides que pour ceux qui méritent d&rsquo;être payés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le pays réel, celui qu&rsquo;on préfère ne pas voir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortez dans les rues d&rsquo;une ville haïtienne. N&rsquo;importe laquelle. La boue vous accueille avant même que vous n&rsquo;ayez fait trois pas — comme si la terre elle-même avait renoncé à se tenir debout, comme si le sol avait intégré la leçon que tout le monde ici finit par apprendre : se tenir debout coûte cher en Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des familles entières vivent sous des tentes depuis des mois. Pas des tentes de camping — des bâches bleues, des morceaux de plastique tendus entre des bâtons, des abris de fortune qui ne protègent ni de la pluie ni du soleil ni de la violence. Des familles qui avaient une maison, un quartier, une vie — et qui ont tout perdu, chassées par des gangs armés que personne ne semble capable ou désireux d&rsquo;arrêter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des enfants qui ne sont pas allés à l&rsquo;école cette année. Ni l&rsquo;année dernière. Des enfants dont l&rsquo;avenir se rétrécit chaque jour comme une peau de chagrin, pendant que les adultes qui devraient les protéger sont occupés ailleurs — à signer des chèques, à organiser des cérémonies, à prendre des photos officielles dans des bureaux bien décorés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des mères qui font bouillir de l&rsquo;eau le soir pour tromper la faim de leurs petits — ce geste désespéré et tendre à la fois, cette façon de dire je t&rsquo;aime quand on n&rsquo;a plus rien d&rsquo;autre à donner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des quartiers entiers vidés de leur substance humaine — comme on vide une assiette d&rsquo;un revers de main. Leurs habitants jetés sur les routes, réduits à l&rsquo;état de réfugiés dans leur propre pays, dormant à même le sol sous des bâches bleues qui sont devenues, qu&rsquo;on le veuille ou non, le nouveau drapeau de la misère haïtienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce tableau n&rsquo;est pas une exception. Ce n&rsquo;est pas une crise passagère. C&rsquo;est le quotidien de millions de personnes — et c&rsquo;est dans ce contexte, face à cette réalité, que l&rsquo;État a jugé pertinent de débourser 18 millions de gourdes pour un concours TikTok.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>L&rsquo;épistémophobie comme colonne vertébrale d&rsquo;un régime</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe un mot pour désigner la peur pathologique du savoir : épistémophobie. C&rsquo;est un trouble clinique chez l&rsquo;individu. En Haïti, c&rsquo;est une politique d&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Observez les choix de cet État depuis des décennies — non pas ses discours, non pas ses communiqués officiels, mais ses actes concrets, ses budgets réels, ses priorités révélées. Ce que vous verrez, c&rsquo;est un système qui a peur de l&rsquo;université, qui se méfie du diplômé, qui préfère investir dans tout ce qui maintient les masses dans l&rsquo;immédiateté, dans l&rsquo;émotionnel, dans le spectaculaire — plutôt que dans ce qui développe l&rsquo;esprit critique, la capacité d&rsquo;analyse, le refus de l&rsquo;absurde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peuple qui pense est un peuple qui questionne. Un peuple qui questionne est un peuple qui résiste. Et un peuple qui résiste, ça ne se gouverne pas facilement — surtout quand on a des comptes à cacher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors on souffle sur la flamme du savoir. Pas assez fort pour l&rsquo;éteindre complètement — un peuple mort dans l&rsquo;ignorance totale ne se pille pas non plus. Juste assez pour qu&rsquo;elle vacille. Juste assez pour que la lumière reste faible, tremblante, insuffisante pour éclairer ce qui se trame dans les couloirs du pouvoir. On laisse les universités se dégrader. On laisse les enseignants partir. On laisse les stages devenir des mirages. Et on célèbre, avec l&rsquo;argent public, tout ce qui brille sans éclairer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un calcul. Froid. Méthodique. Et parfaitement assumé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>La fuite des cerveaux — ou la réponse rationnelle à un système irrationnel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jeune médecin haïtien passe sept ans à étudier. Sept années de sacrifices silencieux — les nuits blanches sur des manuels usés, les repas sautés, les parents qui se privent pour payer les frais de scolarité, les petits frères qui attendent que grand frère réussisse pour que la famille respire un peu. Sept ans à tenir, à croire, à espérer que le bout du tunnel existe vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et au bout de ces sept ans ? Un dossier de stage qui traîne dans le tiroir poussiéreux d&rsquo;un bureau ministériel où le téléphone sonne dans le vide. Un système qui lui dit, sans même prendre la peine de le regarder dans les yeux : tu n&rsquo;es pas une priorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors il part. Il prend son diplôme sous le bras, il embrasse sa mère, et il prend l&rsquo;avion. Non pas parce qu&rsquo;il ne love pas son pays — mais parce que son pays, lui, ne l&rsquo;aime pas en retour. Pas avec des mots, en tout cas. Avec des actes, le message est clair depuis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et quand on pleure la fuite des cerveaux, on feint d&rsquo;oublier que ce sont les mêmes mains qui ont ouvert la cage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Ni aveugle, ni fou — juste sans honte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On voudrait parfois pouvoir excuser ces dirigeants en criant à l&rsquo;incompétence. Ce serait presque rassurant — l&rsquo;incompétence, ça s&rsquo;explique, ça se comprend, ça laisse espérer un lendemain meilleur avec de meilleures personnes aux commandes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce que nous observons dépasse l&rsquo;incompétence. Ce que nous vivons a un autre nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils voient. Ils voient les tentes, la boue, les hôpitaux fermés, les enfants sans école. Ils traversent les mêmes rues — ou du moins, ils les survolent depuis leurs véhicules blindés aux vitres teintées. Ils savent. Ils ont les rapports, les chiffres, les statistiques. Ils savent que des gens meurent faute de soins, que des familles crèvent de faim, que des quartiers entiers ont été abandonnés aux gangs. Et ils continuent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas malgré tout ça. Avec tout ça comme toile de fond — indifférents, souverains, intouchables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas de la cécité. C&rsquo;est du mépris. Un mépris souverain, tranquille, presque élégant dans son cynisme. Le mépris de ceux qui ont compris que dans ce système, personne ne viendra jamais leur présenter la facture. Pas la justice — elle est domestiquée. Pas la presse — elle est fragmentée ou intimidée. Pas le peuple — il est épuisé, traumatisé, occupé à survivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État qui récompense la frivolité et punit l&rsquo;excellence n&rsquo;est pas un État qui a échoué son peuple par accident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un État qui a choisi de l&rsquo;échouer — méthodiquement, impunément, et sans le moindre remords.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Haïti, cette bougie qu&rsquo;on empêche de brûler</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant — et c&rsquo;est là où réside la tragédie la plus profonde — Haïti n&rsquo;est pas un pays sans ressources. Pas un pays sans intelligence. Pas un pays sans âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti est un pays plein de lumière. Dans ses médecins qui soignent sans salaire par pur sens du devoir. Dans ses enseignants qui font cours à la lueur d&rsquo;une bougie quand l&rsquo;électricité fait défaut. Dans ses ingénieurs qui construisent avec des bouts de ficelle ce que d&rsquo;autres construisent avec des millions. Dans ses artistes, ses écrivains, ses jeunes entrepreneurs qui inventent des solutions là où d&rsquo;autres n&rsquo;ont vu que des problèmes. Dans tous ces anonymes qui, chaque matin, choisissent de se lever et de continuer — non pas parce que c&rsquo;est facile, mais parce qu&rsquo;ils refusent de laisser l&rsquo;obscurité avoir le dernier mot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a des mains, aux commandes, dont le travail quotidien semble être de souffler sur cette flamme. Pas assez fort pour l&rsquo;éteindre — un peuple éteint ne génère plus rien à voler. Juste assez pour qu&rsquo;elle reste faible. Juste assez pour que la chaleur ne se propage pas trop loin. Juste assez pour que l&rsquo;ombre reste confortable pour ceux qui ont appris à prospérer dans le noir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le crime le plus silencieux de cet État — pas les détournements qu&rsquo;on peut chiffrer, pas les contrats gonflés qu&rsquo;on peut parfois prouver. C&rsquo;est ce gaspillage systématique du potentiel humain. Ces générations entières de jeunes brillants, courageux, déterminés — réduits à choisir entre l&rsquo;exil et l&rsquo;abnégation. Ce sont toutes ces flammes étouffées une à une, méthodiquement, au nom d&rsquo;un système qui ne peut survivre qu&rsquo;en maintenant les siens dans l&rsquo;obscurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Nommer l&rsquo;innommable, pour ne plus jamais se taire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;État haïtien n&rsquo;est ni aveugle, ni dépassé, ni simplement mal organisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est honteux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Honteux dans ses priorités. Honteux dans ses silences complices. Honteux dans ce qu&rsquo;il célèbre&nbsp;&nbsp;la danse, le spectacle, la superficialité et dans ce qu&rsquo;il abandonne sans remords, la science, la santé, l&rsquo;éducation, la dignité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Tant que des hôpitaux ferment leurs portes pendant que des galas s&rsquo;organisent dans des salles climatisées&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que des finissants de nos grandes facultés mendient un stage pendant que des likes africains se monnayent en millions de gourdes&#8230;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que des enfants dorment sous la pluie pendant que des fonctionnaires dorment sur des contrats illégalement gonflés&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que des familles entières survivent sous des bâches pendant que des budgets entiers disparaissent dans des poches privées&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot « État », en Haïti, continuera d&rsquo;être ce qu&rsquo;il est devenu depuis trop longtemps : une insulte déguisée en institution. Une promesse transformée en trahison. Un contrat social signé avec le sang du peuple — et jamais honoré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de le dire. Il est temps de l&rsquo;écrire. Il est temps de le crier — dans les rues, dans les salles de classe, sur les réseaux sociaux, partout où une voix peut encore porter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;État haïtien n&rsquo;est ni aveugle, ni mêlé, ni simplement chaotique. Il est honteux. Honteux dans ses choix, honteux dans ses silences, honteux dans ce qu&rsquo;il célèbre et dans ce qu&rsquo;il abandonne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que les finissants de nos grandes facultés mendient un stage pendant que des likes se monnayent en millions, tant que des hôpitaux ferment pendant que des galas s&rsquo;organisent, le mot État restera, en Haïti, une insulte déguisée en institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">JJ, M.E.D</p>
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		<item>
		<title>La numérisation du système carcéral haïtien : un outil de lutte dans la gestion des personnes récidivistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[André -John Carlemps Clervil &amp; Rutchine Auguste]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 05:49:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Vigie Universitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Étudiants]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La gestion du système carcéral en Haïti fait face à de nombreux défis, notamment la surpopulation, l’insuffisance des infrastructures et l’absence d’outils modernes de gestion des détenus. Dans ce contexte, la question de la récidive constitue une problématique majeure pour la sécurité publique et l’efficacité du système judiciaire. En effet, l’incapacité à identifier et à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La gestion du système carcéral en Haïti fait face à de nombreux défis, notamment la surpopulation, l’insuffisance des infrastructures et l’absence d’outils modernes de gestion des détenus. Dans ce contexte, la question de la récidive constitue une problématique majeure pour la sécurité publique et l’efficacité du système judiciaire. En effet, l’incapacité à identifier et à suivre efficacement les personnes récidivistes compromet les efforts de lutte contre la criminalité. Dès lors, la numérisation du système carcéral apparaît comme une solution innovante susceptible d’améliorer la gestion des détenus et de renforcer les mécanismes de prévention de la récidive. Et la situation sécuritaire du pays ne cesse de s’aggraver depuis plusieurs années. Nous arrivons à un moment où toutes les infrastructures et les institutions de régulation sont à leurs plus bas niveaux, ce qui pousse les filles et les fils du pays à réfléchir aux solutions durables pouvant transformer la réalité dans laquelle nous nous trouvons aujourd&rsquo;hui. De surcroît, le système pénitentiaire est l&rsquo;une des victimes de cette situation, cela fait environ deux ans que les deux plus grands centres du pays ont été détruits, à savoir le Pénitencier National et la Prison civile de Croix-des-Bouquet, et plusieurs milliers de criminels sont évaporés dans la nature, personne n&rsquo;est au courant de leurs identités. Combien d&rsquo;entre eux ont été appréhendés par la police ? Cette question nous pousse vers d&rsquo;autres interrogations beaucoup plus spécifiques, existe-t-elle une base de données numérique centrale pour le système carcéral haïtien ? A l&rsquo;heure actuelle peut-on continuer d&rsquo;utiliser les méthodes anciennes ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, ce travail propose une réflexion sur la vulnérabilité du système, invite l&rsquo;État et les dirigeants à se pencher vers la modernisation du système carcéral, et se propose d’analyser en quoi la digitalisation des données carcérales peut constituer un outil stratégique dans la gestion des personnes récidivistes en Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>I. Vulnérabilités du système carcéral haïtien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le système carcéral haïtien présente des faiblesses structurelles importantes qui compromettent son efficacité. L’un des principaux problèmes réside dans l’absence de mécanismes fiables de gestion de l’information. En effet, les données relatives aux détenus sont souvent fragmentées, difficilement accessibles et peu standardisées, ce qui limite leur exploitation par les autorités judiciaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les recherches sur les systèmes pénitentiaires indiquent que la gestion des données constitue un défi majeur à l’échelle internationale. Selon Carneiro et al. (2021), les bases de données carcérales sont fréquemment incomplètes ou dispersées, ce qui réduit la capacité des institutions à produire des analyses fiables et à orienter les politiques publiques. Dans le contexte haïtien, cette problématique est accentuée par l’utilisation persistante de supports papier, exposés à la détérioration et à la perte. Cette situation entrave l’identification des détenus, notamment des récidivistes, et compromet la capacité de l’État à assurer un suivi efficace. Face à ces limites, la numérisation du système carcéral apparaît comme une solution stratégique. Elle implique l’intégration des technologies de l’information dans la gestion des établissements pénitentiaires, notamment à travers la mise en place de bases de données centralisées et l’utilisation de systèmes biométriques. Le rapport du projet DIGICOR (2023) mentionne que la digitalisation des systèmes correctionnels permet d’améliorer la traçabilité des détenus, de faciliter l’accès aux informations et de renforcer la coordination entre les institutions judiciaires. Elle contribue également à une gestion plus performante et plus transparente des données.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, les outils numériques permettent le développement de modèles analytiques visant à mieux comprendre les comportements criminels. Les travaux d’Ingram et al. (2022) montrent que les systèmes basés sur les données peuvent être utilisés pour évaluer les risques de récidive et améliorer la prise de décision judiciaire. Ainsi, la numérisation constitue un levier essentiel pour la modernisation du système pénal et l’amélioration de la gestion des personnes récidivistes. Cela pourrait aussi aider à développer une base de données pouvant faciliter la recherche à long terme sur les profils des détenus afin de savoir les causes et les éléments fondamentaux dans la mise en œuvre de l&rsquo;action qu&rsquo;ils/elles ont commis. Et, ces recherches peuvent servir de modèles scientifiques pour définir de nouvelles politiques publiques visant à réduire le taux de la criminalité, de la délinquance, etc. Ainsi, l&rsquo;État sera plus en mesure de retracer le profil sociologique des criminels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>II. La récidive comme symptôme d&rsquo;un système défaillant.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les problèmes que nous connaissons aujourd&rsquo;hui ne sont pas des hasards, ils sont les résultats de la mauvaise gestion du bien commun. En ce sens, il paraît difficile de faire une analyse du système carcéral sans prendre en considération le problème structurel. Cela dit, nous ne pouvons pas négliger certains paramètres dans la gestion même du pays. Mais, dans cette section nous n’allons pas développer ce que nous entendons par “ problème structurel ”, nous évoquons seulement des éléments qui peuvent servir comme pistes de réflexion. Les problèmes institutionnels, politiques et sécuritaires sont de plus en plus complexes, pour reprendre Augustin R.« ces problèmes structurants ont contribué à la détérioration de la sécurité et du bien-être des citoyens, créant ainsi une crise profonde et complexe. » (Para. §2). Ce qui nous amène à comprendre que la crise pénitentiaire haïtienne n&rsquo;est pas un élément isolé, mais elle fait partie de la grande chaîne structurelle. Comme le montre Trouillot (1990), la crise que fait face le pays est profondément ancrée dans l&rsquo;organisation même de la nation haïtienne. Ainsi, la récidive comme symptôme d&rsquo;un système défaillant doit être pensée dans une perspective située et historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Arnaud Dandoy et Roberson Édouard (2021), dans un travail réalisé sur l&rsquo;histoire de la prison en Haïti, pose une problématique majeure dans le milieu savant haïtien, celle de la structuration de la prison dès sa sociogenèse pour en arriver à sa modernisation. Son travail nous permet de saisir comment la prison peut être dangereuse si l&rsquo;on ne peut pas gérer les dérives. Ce qui nous pousse à saisir la prison comme espace de renforcement du crime d’une part, et comme espace de réinsertion d&rsquo;autre part. La première est le résultat de la défaillance du système car il ne peut pas prendre en compte le deuxième aspect&nbsp;: la réinsertion. Cette défaillance peut être traduite par plusieurs éléments. Premièrement, le manque de contrôle sur l’administration publique. Deuxièmement, l’incapacité de l’Etat à prendre des décisions autonomes et qui ne soient pas dictées par l’internationale communautaire. Troisièmement, l’irresponsabilité du système judiciaire face aux dérives. En ce sens, la récidive est le résultat de la défaillance du système de manière générale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>III- Innovation et perspectives de lutte contre la récidive&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Haïti, le système pénitentiaire a été conçu pour accueillir environ 3 000 détenus or il en compte plus de 11 000, avec un taux d’occupation dépassant 40 % dans certains établissements (RNDDH, 2023). Cette surpopulation, couplée à des détentions provisoires prolongées (représentant près de 70 % de la population carcérale), crée un terreau fertile pour la récidive. Selon les rapports du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), le taux de récidive en Haïti oscille entre 30 % et 40 %, un chiffre alarmant qui reflète l’inefficacité des mécanismes de réinsertion et de prévention. Par ailleurs, les coûts socio-économiques, politiques et sociaux de la récidive sont exorbitants : instabilité sociale, perte de productivité, et pression accrue sur un système judiciaire déjà saturé. Dans un pays où les opportunités économiques sont limitées, les anciens détenus se retrouvent souvent marginalisés, ce qui perpétue le cycle de la criminalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, la Prison Civile de Port-au-Prince, prévue pour 800 détenus, en héberge plus de 4 000 (OIM, 2022). Les conditions y sont inhumaines (manque d’hygiène et de soins médicaux. Alimentation insuffisante, violences entre détenus et corruption des gardiens). Ces conditions désocialisent les détenus et réduisent leurs chances de réinsertion, augmentant ainsi le risque de récidive. 70 % des détenus sont en attente de jugement, certains depuis plus de 5 ans (CNJ, 2021). Cette situation s’explique par la lenteur de la justice (manque de magistrats, corruption). L’absence de mécanismes alternatifs (libération sous caution, assignation à résidence), le coût élevé des procédures pour les justiciables pauvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réinsertion sociale et professionnelle est cruciale pour briser le cycle de la criminalité (Gendreau et al. 1996) ». Or, les prisons haïtiennes offrent rarement des programmes de formation ou de thérapie. Il y a aussi l&rsquo;approche systémique. Ce modèle d&rsquo;approche pourrait être adapté pour désengorger les prisons, renforcer la confiance dans le système judiciaire, impliquer les communautés locales dans le processus de réinsertion. Intégrer des psychologues et travailleurs sociaux dans les prisons, comme au Rwanda, où les programmes de réconciliation post-génocide incluent un volet thérapeutique pour les détenus (Ministère rwandais de la Justice, 2020). En Colombie, le programme « Justicia Restaurativa » a réduit la récidive de 25 % chez les primo-délinquants (Université de Bogotá, 2021). Faisons de même, appliquons cela en Haïti, formons des médiateurs locaux (juges de paix, leaders communautaires) pour faciliter les accords de réparation (ex. : travaux communautaires, compensations financières). Remplaçons les peines courtes par des services à la communauté (nettoyage de quartiers, reconstruction d’écoles), comme au Portugal, où cette mesure a réduit la récidive de 18 % (Observatoire portugais de la criminalité, 2022). Ce serait des avantages pour Haïti. Et nous pouvons ajouter de corps de métier pouvant faciliter non seulement la réintégration de l’individu, mais le développement économique du point de vue micro. Ainsi,les anciens prisonniers sauront quoi faire pour gagner leur pain quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>IV. Application et limites</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la gestion actuelle, la nouvelle technologie joue un rôle clé, elle permet de contrôler et gérer les détenus d&rsquo;une part, et elle permet de consolider le système carcéral en lien avec le système judiciaire d&rsquo;autre part. C&rsquo;est dans cette optique que l&rsquo;on trouve dans certains pays, comme les États-Unis d&rsquo;Amérique du Nord, la France certains algorithmes, des logiciels spécifiques conçus dans le but de rendre plus efficace la justice ainsi que le système carcéral. Dans son travail intitulé&nbsp;<em>Comprendre la justice algorithmisée,</em>&nbsp;Aurélie Jean (2021) propose une analyse qui élucide l&rsquo;intégration des nouvelles technologies dans le système judiciaire. Cependant, comme il l&rsquo;a si bien mentionné, « il existe des opportunités et des risques dans le développement et l’utilisation d’outils algorithmiques dans le domaine de la justice, les risques de discrimination technologique et d’utilisation aveugle de la part des acteurs de la justice étant les menaces principales ». Dans ce cas, l&rsquo;intégration de cette technologie doit se faire avec beaucoup d&rsquo;expertise et doit prendre en compte le contexte social et culturel haïtien si l&rsquo;on veut l&rsquo;intégrer dans notre système. Car, cette technologie peut être dangereuse d&rsquo;un côté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De fait, plusieurs facteurs peuvent contribuer au biais algorithmique : des données faussées, des préjugés dans la conception, des facteurs sociotechniques (Awan, 2023). Sans doute, les machines sont des inventions humaines, certaines valeurs individuelles ou collectives peuvent être incorporéesdès la programmation du logiciel d&rsquo;algorithmique. Toute intégration de cette technologie dans un contexte spécifique doit prendre en considération les particularités sociales et culturelles pour éviter certaines formes de préjugés. Dans le cas précis d&rsquo;Haïti, face à la montée de la violence et les problèmes institutionnels que connaît le pays, cette modernisation doit être plus globale. Elle doit d&rsquo;abord tenir compte de la modernisation de l&rsquo;institution policière et de la justice haïtienne dans sa généralité. Ensuite, elle doit être définie dans un cadre légal accessible aux institutions régaliennes. Ce qui facilite l&rsquo;interconnexion des systèmes et limitera les erreurs. Ainsi, les données seront utilisées par les institutions pour les besoins nécessaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est clair que la numérisation du système carcéral haïtien ne constitue pas un luxe technologique, mais une nécessité stratégique. Face à l&rsquo;effondrement des infrastructures pénitentiaires, à la perte de milliers de dossiers et à l&rsquo;incapacité croissante de l&rsquo;État à identifier et à suivre les personnes récidivistes, les méthodes traditionnelles de gestion des détenus ont montré leurs limites de manière évidente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La digitalisation des données carcérales offre des perspectives prometteuses, elle représente donc un levier réel pour réduire la récidive et renforcer la sécurité publique. Cependant, cette modernisation ne saurait être importée telle quelle. L&rsquo;expérience d&rsquo;autres pays, notamment les États-Unis et la France, nous enseigne que les outils algorithmiques comportent des risques réels de biais et de discrimination lorsqu&rsquo;ils ne sont pas encadrés rigoureusement. Dans le contexte haïtien, marqué par des fragilités institutionnelles profondes et une crise structurelle multidimensionnelle,l&rsquo;intégration de ces technologies exige une démarche progressive et contextualisée : modernisation préalable des institutions policières et judiciaires, élaboration d&rsquo;un cadre légal adapté, et formation des acteurs concernés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, la transformation du système pénitentiaire haïtien ne peut se réduire à une question technique. Elle engage une volonté politique, une vision à long terme et une responsabilité collective. La numérisation en est un outil essentiel, à condition qu&rsquo;elle s&rsquo;inscrive dans une réforme plus globale, respectueuse des réalités sociales et culturelles du pays. C&rsquo;est à ce prix que l&rsquo;État haïtien pourra espérer briser le cycle de la récidive et poser les bases d&rsquo;un système pénal plus juste et plus performant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Augustin, R. (2025). Crise sécuritaire et humanitaire en Haïti : Causes, répercussions et solutions durables. Études caribéennes, 60-61.&nbsp;<a href="https://doi.org/10.4000/14few">https://doi.org/10.4000/14few</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Awan, A. A. (2023). What is algorithmic bias? DataCamp.&nbsp;<a href="https://www.datacamp.com/blog/what-is-algorithmic-bias">https://www.datacamp.com/blog/what-is-algorithmic-bias</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Carneiro, G. F., Cardoso, R. A. L., Dorés, À. P., &amp; Menezes, J. E. X. (2021). Perspectives and challenges in the analysis of prison systems data.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Crisis Group (2025) : Analyse de la transition politique et de l’impact des&nbsp;<a href="http://gangscrisisgroup.org/">gangscrisisgroup.org</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dandoy, A. et Edouard, R. (2021). Émergence de la prison moderne en Haïti : discours, pratiques, institutions. Déviance et Société, 45(3), 383-415.&nbsp;<a href="https://doi.org/10.3917/ds.453.0025">https://doi.org/10.3917/ds.453.0025</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">DIGICOR Project. (2023). Digitalisation in correctional systems.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ingram, E., Gursoy, F., &amp; Kakadiaris, I. A. (2022). Accuracy, fairness, and interpretability of machine learning criminal recidivism models.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean, A. (2021). Comprendre la justice algorithmisée. Variances.&nbsp;<a href="https://variances.eu/?p=6098">https://variances.eu/?p=6098</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">ONU/OHCHR (2025-2026) : Rapports sur les droits humains et la violence des gangs en Haïtihrw.org&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">PNUD (2023-2025) : Programme d’appui à la justice et lutte contre l’impunité (PAJLI)<a href="http://undp.org/">undp.org</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">RNDDH (2023-2024) : Données sur les jugements pénaux et la surpopulation carcéralehrw.org</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trouillot, M.-R. (1990). Haiti, state against nation: The origins and legacy of Duvalierism. Monthly Review Press.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À propos des auteurs</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">André-John Carlemps CLERVIL, étudiant finissant en anthropologie/Sociologie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ruthchine AUGUSTE, diplômée en sciences informatiques, passionnée par les réseaux, les bases de données, la gestion de projet et la rédaction technique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Haïti : quand l&#8217;Église trahit sa propre lumière </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph, M.E.D]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 16:35:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[L’église]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Haïti brûle. Pas seulement sous les balles des gangs, pas seulement sous le poids de la misère ou de l&#8217;incompétence politique. Haïti brûle aussi de l&#8217;intérieur d&#8217;une crise spirituelle que trop de voix refusent encore de nommer. Et pendant que le pays s&#8217;effondre, une partie de l&#8217;Église, celle-là même qui devait tenir la flamme, souffle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Haïti brûle. Pas seulement sous les balles des gangs, pas seulement sous le poids de la misère ou de l&rsquo;incompétence politique. Haïti brûle aussi de l&rsquo;intérieur d&rsquo;une crise spirituelle que trop de voix refusent encore de nommer. Et pendant que le pays s&rsquo;effondre, une partie de l&rsquo;Église, celle-là même qui devait tenir la flamme, souffle sur les braises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de dire ce qui est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des prophéties qui sonnent creux :&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Haïti sera une lumière pour les nations. » Combien de fois cette phrase a-t-elle résonné dans les temples, les camps de prière, les conventions évangéliques ? Combien de larmes versées, combien de mains levées, combien d&rsquo;alléluias criés sur cette promesse ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant regardez Haïti aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pays n&rsquo;est pas une lumière. Il est une plaie ouverte. Et l&rsquo;Église, au lieu de panser cette plaie, en est parfois devenue l&rsquo;une des causes. Les mises en scène émotionnelles ont remplacé la conviction. Les promesses vaines ont étouffé la vérité. Les manipulations spirituelles ont pris la place de la parole authentique. Ce n&rsquo;est plus de la foi c&rsquo;est du spectacle. Et le spectacle, lui, ne sauve personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La doctrine abandonnée : une foi qui flotte dans le vide</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un édifice sans fondation ne résiste à rien. C&rsquo;est pourtant ce que l&rsquo;on construit, dimanche après dimanche, dans de trop nombreuses assemblées haïtiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Évangile est taillé, retaillé, accommodé. On en garde ce qui plaît, on efface ce qui dérange. On prêche la prospérité sans la croix, la délivrance sans la repentance, la grâce sans la transformation. Et les fidèles, assoiffés de sens, boivent cette eau trouble faute de mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une foi sans rigueur doctrinale n&rsquo;est pas une foi c&rsquo;est une émotion. Et les émotions, aussi intenses soient-elles, s&rsquo;évaporent au premier choc de la réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des bergers qui égarent leurs brebis</p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise morale dans certaines sphères ecclésiastiques haïtiennes n&rsquo;est plus un secret. Elle est visible, documentée, vécue douloureusement par des milliers de fidèles trahis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des leaders qui prêchent la sainteté le dimanche et vivent dans l&rsquo;incohérence le reste de la semaine. Des questions aussi fondamentales que le mariage, la sexualité et l&rsquo;intégrité personnelle traitées avec une légèreté scandaleuse, voire une hypocrisie assumée. Des pasteurs qui utilisent leur autorité spirituelle non pour servir, mais pour contrôler, séduire ou s&rsquo;enrichir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Appelons cela par son nom : c&rsquo;est une trahison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand le berger se perd, le troupeau se disperse. Quand le berger abuse, le troupeau saigne. Et en Haïti aujourd&rsquo;hui, trop de brebis saignent en silence, sans même oser dire pourquoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup d&rsquo;activité, peu de transformation</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cultes se multiplient. Les jeûnes s&rsquo;enchaînent. Les conférences s&rsquo;organisent. Les réseaux sociaux débordent de sermons, de témoignages, de « paroles du Seigneur ». L&rsquo;apparence de la piété est partout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais où sont les fruits ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence ne recule pas. La corruption ne faiblit pas. La dignité humaine continue d&rsquo;être piétinée. Et l&rsquo;Église, dans tout cela, semble regarder ailleurs ou pire, s&rsquo;être adaptée au désordre ambiant au point de ne plus le voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prêche-t-on encore pour changer des vies, ou simplement pour remplir des salles et alimenter des plateformes ? La question est brutale. Elle est nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un peuple blessé, une foi ébranlée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conséquences humaines de cette crise sont immenses et sous-estimées. Des croyants quittent l&rsquo;Église non par manque de foi en Dieu, mais par épuisement face à des institutions qui les ont déçus, manipulés, laissés à eux-mêmes. D&rsquo;autres restent, mais comme des fantômes : présents dans les bancs, absents dans l&rsquo;âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dans ce vide spirituel, c&rsquo;est toute une société qui vacille. Car en Haïti, la religion n&rsquo;est pas un compartiment de la vie elle en est le tissu même. Quand ce tissu se déchire, c&rsquo;est le corps social tout entier qui se fragmente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il faut nommer le mal pour espérer le guérir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains diront qu&rsquo;il ne faut pas « toucher aux oints du Seigneur ». Que critiquer l&rsquo;Église, c&rsquo;est faire le jeu de l&rsquo;ennemi. Que le silence est une vertu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le silence face à l&rsquo;injustice est complicité. Le silence face à l&rsquo;erreur est abandon. Et protéger une institution au détriment des personnes qu&rsquo;elle est censée servir n&rsquo;est pas de la fidélité c&rsquo;est de la lâcheté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut oser dire, clairement et sans détour :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Toutes les pratiques religieuses ne viennent pas de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Tous les leaders qui se réclament de Christ ne marchent pas dans ses pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Toutes les églises ne remplissent pas leur vocation et certaines font activement du mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une attaque contre la foi. C&rsquo;est un acte d&rsquo;amour envers elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réforme ou le déclin : il n&rsquo;y a pas de troisième voie</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;heure n&rsquo;est plus aux diagnostics timides. Ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est une réforme courageuse, radicale, menée par des hommes et des femmes qui ont plus peur de Dieu que des hommes :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Un retour sans compromis à la parole biblique dans son intégralité y compris les parties inconfortables ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Une formation exigeante des leaders, qui ne peut se limiter à du charisme et de l&rsquo;éloquence ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Une culture de l&rsquo;accountability les pasteurs doivent rendre des comptes, comme tout le monde ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Un éveil des fidèles, capables d&rsquo;exercer leur discernement plutôt que de déléguer leur foi aveuglément ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Une rupture nette avec les pratiques qui mêlent manipulation, spectacle et avidité sous couvert de spiritualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme est possible. Mais elle exige des sacrifices à commencer par celui de l&rsquo;orgueil.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Haïti mérite une vraie lumière</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti n&rsquo;a pas besoin de plus de temples. Elle n&rsquo;a pas besoin de plus de prophètes autoproclamés. Elle n&rsquo;a pas besoin de plus de campagnes d&rsquo;évangélisation qui s&rsquo;évaporent sans laisser de trace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle a besoin d&rsquo;une Église qui ressemble à son Seigneur : humble, intègre, courageuse, au service des plus petits. Une Église dont la lumière ne soit pas dans les mots qu&rsquo;elle prononce, mais dans les vies qu&rsquo;elle transforme et les injustices qu&rsquo;elle combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette Église est possible. Certains la vivent déjà, en silence, loin des projecteurs. Mais elle doit devenir la norme, pas l&rsquo;exception.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps des discours creux est révolu. Le temps de la vérité douloureuse, libératrice, indispensable est venu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti attend. Et Dieu, lui, voit tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Johnny Joseph, M.E.D</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Haïti: la fable de la transition de M. Fils-Aimé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marc Eudès Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 14:24:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Édito]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Seul à la tête de l&#8217;exécutif haïtien, pouvoir constitutionnellement bicéphale, évoluant en marge&#160;&#160;de tout organe de contrôle, l&#8217;occupant de la primature M. Fils-Aimé a les coudées franches. Plus de deux mille ans déjà, un sage a dit : «&#160;On demandera beaucoup à qui l&#8217;on a beaucoup donné.&#160;» Aujourd&#8217;hui, que reste-t-il du pouvoir absolu de Fils-Aimé? [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Seul à la tête de l&rsquo;exécutif haïtien, pouvoir constitutionnellement bicéphale, évoluant en marge&nbsp;&nbsp;de tout organe de contrôle, l&rsquo;occupant de la primature M. Fils-Aimé a les coudées franches. Plus de deux mille ans déjà, un sage a dit : «&nbsp;On demandera beaucoup à qui l&rsquo;on a beaucoup donné.&nbsp;» Aujourd&rsquo;hui, que reste-t-il du pouvoir absolu de Fils-Aimé? La réponse est claire, une bombe à retardement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PM congédié par le défunt CPT a laissé filer une grande occasion de former un gouvernement de technocrates dont la mission serait&nbsp;&nbsp;de mettre fin à cette transition. Crânement, il a plutôt opté pour la mise en place d&rsquo;une équipe gouvernementale, à quelques exceptions près, composée de représentants des politiciens indexés, recherchés par la justice haïtienne pour vol et détournements des biens et matériels de l&rsquo;Etat et, sanctionnés par la clameur publique et la communauté internationale pour connexion avec les gangs et traffic de stupéfiants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le locataire de la primature s&rsquo;est trompé. Il a cru que la ruse, avec ses manigances et ses dissimulations était un levier essentiel de la politique, finissant par confondre l&rsquo;ombre douteuse des arrangements et la réalité du terrain. M. Fils-Aimé se trouve entre l&rsquo; enclume des gangs de tout acabit et le marteau de les mettre hors d&rsquo;état de nuire pour favoriser les conditions de sécurité nécessaires à la réalisation des élections générales dans le pays. Aveuglé par le support de la franche mafieuse de la bourgeoisie et des politiciens véreux en Haïti, il s&rsquo;est pris à son propre jeu, le ver de l&rsquo;insécurité est renforcé dan le fruit de son gouvernement. Certes, il serait illusoire de croire qu&rsquo;il n&rsquo;existe de politique qu&rsquo;absolument pure ou désintéressée mais, quand elle se réduit exclusivement aux affaires de camp et de clan, aux manoeuvres de passe-droits et au renforcement des gangs, elle fait naufrage. C&rsquo;est la leçon à tirer de la fable de M. Fils-Aimé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Marc Eudès PIERRE</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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