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	<title>Archives des société - Radio Télé Masseillan Info</title>
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	<description>Plus de sens à l&#039;info !</description>
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	<title>Archives des société - Radio Télé Masseillan Info</title>
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		<title>Haïti : le FRESH dénonce la répression policière et appelle à une mobilisation citoyenne</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/haiti-le-fresh-denonce-la-repression-policiere-et-appelle-a-une-mobilisation-citoyenne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 13:44:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[FRESH]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Forum pour la Refondation de la Société Haïtienne (FRESH) a condamné, dans une note de presse publiée le 23 juin, les violences qu’il attribue aux forces de l’ordre à l’encontre de la population, à la suite de l’intervention policière contre des étudiants de la Faculté de médecine qui manifestaient le 22 juin. Selon l’organisation, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Forum pour la Refondation de la Société Haïtienne (FRESH) a condamné, dans une note de presse publiée le 23 juin, les violences qu’il attribue aux forces de l’ordre à l’encontre de la population, à la suite de l’intervention policière contre des étudiants de la Faculté de médecine qui manifestaient le 22 juin.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="500" height="500" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6859.png" alt="" class="wp-image-7040" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6859.png 500w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6859-300x300.png 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_6859-150x150.png 150w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’organisation, cette intervention constituerait une nouvelle illustration d’une dérive autoritaire remettant en cause les acquis démocratiques issus de la transition politique de 1986. Le FRESH estime que l’évolution de la gouvernance au cours des quinze dernières années traduit un recul du projet démocratique, construit au prix de longues années de luttes populaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Forum affirme que la répression des mouvements sociaux s’inscrit dans une logique de domination qu’il qualifie d’impérialiste. L’organisation soutient que le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé aurait conclu des contrats avec des entreprises étrangères dans les domaines de la sécurité, de la collecte fiscale et de l’exploitation des ressources naturelles, des accords qu’elle juge contraires aux intérêts nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son document, le FRESH déplore également ce qu’il qualifie de banalisation des violations des droits fondamentaux. « Les atteintes aux libertés publiques, les violences policières et les violations des droits fondamentaux tendent à se banaliser », souligne l’organisation, qui reproche aux représentants de la communauté internationale, notamment les Nations unies et les chancelleries occidentales, leur silence face à cette situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation appelle la population à demeurer vigilante face à ce qu’elle présente comme une convergence d’intérêts entre la classe politique traditionnelle et une partie du secteur économique, dont les intérêts seraient liés à ceux de puissances étrangères, particulièrement les États-Unis. Selon le Forum, cette alliance contribuerait au maintien d’un modèle politique et économique qui perpétue la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FRESH rejette également toute initiative politique visant, selon lui, à reconduire les élites actuellement au pouvoir à travers des élections ne présentant pas les garanties suffisantes d’indépendance et de souveraineté. Il estime que de tels processus pourraient accentuer l’influence d’acteurs étrangers sur les décisions politiques nationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré la crise multidimensionnelle qui frappe le pays, le FRESH encourage les citoyens à poursuivre les formes légitimes de mobilisation populaire. « Le Forum pour la Refondation de la Société Haïtienne exhorte la population à poursuivre toutes les formes légitimes de mobilisation et à renforcer son organisation au sein de structures démocratiques et progressistes », peut-on lire dans la note.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Forum pour la Refondation de la Société Haïtienne réaffirme son opposition à toute forme de répression politique et de violence contre les citoyens. Il exige que les forces de l’ordre respectent les dispositions constitutionnelles garantissant les libertés publiques, notamment le droit de manifester, de faire grève, de se réunir pacifiquement et d’exercer pleinement les droits politiques reconnus dans un État démocratique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wilsonley SIMON</p>



<p class="wp-block-paragraph">simonwilsonley35@gmail.com</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>La Modernisation numérique des Écoles en Haïti : enjeux, impératifs et perspectives pour l&#8217;École Haïtienne du XXIe siècle</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/la-modernisation-numerique-des-ecoles-en-haiti-enjeux-imperatifs-et-perspectives-pour-lecole-haitienne-du-xxie-siecle/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 11:27:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Vigie Universitaire]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[L’école]]></category>
		<category><![CDATA[Numérique]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
		<category><![CDATA[Université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;L&#8217;éducation est l&#8217;arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. » Nelson Mandela Le monde dans lequel grandissent aujourd&#8217;hui nos enfants n&#8217;est plus celui de leurs parents. En l&#8217;espace de deux décennies, la révolution numérique a profondément reconfiguré les modes de production, de communication, d&#8217;accès au savoir et d&#8217;organisation sociale. Du [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>L&rsquo;éducation est l&rsquo;arme la plus puissante que vous puissiez utiliser pour changer le monde. » Nelson Mandela</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde dans lequel grandissent aujourd&rsquo;hui nos enfants n&rsquo;est plus celui de leurs parents. En l&rsquo;espace de deux décennies, la révolution numérique a profondément reconfiguré les modes de production, de communication, d&rsquo;accès au savoir et d&rsquo;organisation sociale. Du continent africain à l&rsquo;Amérique latine, des économies émergentes d&rsquo;Asie aux nations industrialisées d&rsquo;Europe, un constat s&rsquo;impose avec une clarté aveuglante : les pays qui investissent massivement dans l&rsquo;éducation numérique sont ceux qui tracent les voies du développement durable. Ceux qui tardent à franchir ce cap s&rsquo;exposent à un décrochage structurel dont les conséquences se feront sentir sur plusieurs générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti, pays aux ressources humaines immenses mais aux infrastructures fragilisées par des décennies de défis sociopolitiques et de catastrophes naturelles, se trouve à un carrefour décisif. Dans ce contexte, la prononciation du Ministère de l&rsquo;Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) en faveur de la modernisation numérique des établissements scolaires constitue un signal fort, porteur d&rsquo;espoir et de responsabilité. Car cette modernisation, si elle est bien conduite, peut représenter le levier le plus puissant jamais actionné en faveur de l&rsquo;éducation haïtienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s&rsquo;agit pas simplement d&rsquo;introduire des écrans dans les salles de classe. La modernisation numérique de l&rsquo;école est une transformation systémique qui touche à la pédagogie, à la gouvernance, à l&rsquo;équité sociale et à la souveraineté nationale. Cet article se propose d&rsquo;en analyser la portée à travers trois axes majeurs : ce qu&rsquo;elle implique réellement, pourquoi elle est vitale pour nos établissements scolaires, et quels résultats tangibles elle peut produire pour les élèves, les enseignants et la nation tout entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I. Qu&rsquo;est-ce que la Modernisation Numérique de l&rsquo;École ? Une Vision Systémique</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d&rsquo;en mesurer l&rsquo;importance et d&rsquo;en anticiper les fruits, il convient de définir avec précision ce que recouvre la notion de modernisation numérique de l&rsquo;école. Cette clarification est d&rsquo;autant plus nécessaire que le terme « numérique » est souvent réduit, dans le discours populaire, à la seule dimension matérielle : des ordinateurs, des tablettes, des projections. Cette vision partielle, voire réductrice, occulte la richesse et la complexité du processus en jeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.1. Les quatre piliers de la transformation numérique scolaire</p>



<p class="wp-block-paragraph">La modernisation numérique d&rsquo;un système éducatif repose sur quatre piliers interdépendants, dont l&rsquo;articulation cohérente conditionne le succès de l&rsquo;entreprise :</p>



<p class="wp-block-paragraph">•&nbsp;&nbsp;L&rsquo;infrastructure technologique : c&rsquo;est la base matérielle indispensable — accès à Internet haut débit ou satellitaire, équipements informatiques (ordinateurs, tablettes, tableaux numériques interactifs), systèmes d&rsquo;alimentation électrique stables, réseaux locaux dans les établissements. Sans cette ossature, aucune transformation réelle n&rsquo;est possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">•&nbsp;&nbsp;La formation et le développement professionnel des enseignants : un équipement sans enseignant formé est une dépense sans retour. La formation des maîtres et professeurs aux usages pédagogiques du numérique constitue la clé de voûte du processus. Elle doit être continue, contextualisée et accompagnée d&rsquo;un soutien technique sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">•&nbsp;Les ressources et contenus pédagogiques numériques : il s&rsquo;agit de développer ou d&rsquo;adapter des contenus d&rsquo;apprentissage numériques qui reflètent la réalité, la culture et les besoins spécifiques des élèves haïtiens. Ces contenus doivent être disponibles en français et en créole, accessibles hors ligne dans les zones à faible connectivité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">•&nbsp;La gouvernance et l&rsquo;administration scolaire numérique : la dématérialisation des processus administratifs — inscriptions, bulletins, suivi des présences, communication avec les familles, gestion budgétaire — permet une meilleure efficacité institutionnelle, une plus grande transparence et une traçabilité accrue des décisions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.2. Un processus graduel, non une rupture brutale</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il importe de souligner que la modernisation numérique n&rsquo;est pas un interrupteur que l&rsquo;on actionne du jour au lendemain. C&rsquo;est un processus graduel, qui doit tenir compte des réalités du terrain : inégalités d&rsquo;accès à l&rsquo;électricité selon les régions, fracture numérique entre zones urbaines et rurales, hétérogénéité des niveaux de formation des enseignants. Une approche réaliste et progressive, qui commence par les établissements pilotes, forme les formateurs, puis se déploie en cercles concentriques, est la seule viable dans le contexte haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des pays comme le Rwanda, le Sénégal ou le Ghana ont démontré qu&rsquo;un déploiement numérique scolaire réussi en contexte africain est possible, à condition d&rsquo;une volonté politique soutenue, d&rsquo;une coordination interministérielle efficace et d&rsquo;un partenariat stratégique avec le secteur privé et la société civile. Haïti peut et doit s&rsquo;inspirer de ces expériences, en les adaptant à ses spécificités culturelles et institutionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">II. Pourquoi la Modernisation Numérique est Vitale pour l&rsquo;École Haïtienne</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comprendre l&rsquo;importance de la modernisation numérique pour nos établissements, c&rsquo;est d&rsquo;abord accepter de regarder en face les maux qui affectent notre système éducatif, afin de mieux saisir en quoi le numérique peut y apporter des réponses structurelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.1. Combattre l&rsquo;inégalité territoriale dans l&rsquo;accès à l&rsquo;éducation de qualité</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des fractures les plus profondes du système éducatif haïtien est géographique. Un enfant scolarisé dans un établissement bien doté de Port-au-Prince, de Pétionville ou des Cayes n&rsquo;a pas du tout le même accès aux ressources pédagogiques qu&rsquo;un enfant de Mirebalais, de Jérémie, de Bombardopolis ou de l&rsquo;Île de la Gonâve. Cette inégalité, qui se creuse dès le primaire, conditionne de manière déterminante les trajectoires académiques et professionnelles de toute une vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le numérique, en permettant la diffusion à distance de contenus de qualité, peut constituer un puissant rééquilibreur territorial. Une bibliothèque numérique nationale accessible depuis un village sans librairie, un cours filmé par un excellent pédagogue partagé avec des centaines d&rsquo;écoles simultanément, un système de tutorat en ligne permettant aux élèves des zones reculées d&rsquo;accéder à des ressources de soutien — autant de possibilités concrètes que la modernisation numérique rend accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n&rsquo;est plus de savoir où se trouve l&rsquo;élève, mais de s&rsquo;assurer que la connaissance puisse le rejoindre là où il est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.2. Renouveler les pratiques pédagogiques et l&rsquo;expérience d&rsquo;apprentissage</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;école haïtienne, dans sa configuration traditionnelle, repose largement sur un modèle transmissif : l&rsquo;enseignant parle, l&rsquo;élève écoute, mémorise et restitue. Ce modèle, hérité d&rsquo;une conception ancienne de l&rsquo;éducation, montre ses limites dans un monde où la capacité à analyser, à créer, à collaborer et à résoudre des problèmes complexes est davantage valorisée que la seule mémorisation de faits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le numérique offre les outils pour opérer cette révolution pédagogique. Les simulations scientifiques permettent à un élève de « voir » une réaction chimique qu&rsquo;il ne pourrait jamais réaliser faute de matériel de laboratoire. Les plateformes d&rsquo;apprentissage adaptatif ajustent le niveau de difficulté en fonction des progrès de chaque apprenant. Les outils de création numérique — traitement de texte, présentation, retouche d&rsquo;image — développent l&rsquo;expression, la créativité et la rigueur. Les espaces de travail collaboratif en ligne favorisent le dialogue, le débat et l&rsquo;élaboration collective du savoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette transformation pédagogique ne vise pas à remplacer l&rsquo;enseignant — irremplaçable dans sa fonction de guide, de modèle et de lien humain — mais à l&rsquo;outiller pour qu&rsquo;il puisse exercer son métier avec plus d&rsquo;efficacité, de diversité et de plaisir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.3. Inscrire nos élèves dans la compétitivité régionale et mondiale</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la région caribéenne et latino-américaine, la compétition économique, académique et professionnelle est de plus en plus féroce. Les universités régionales les plus prestigieuses, les employeurs les plus exigeants, les programmes de bourses internationaux — tous requièrent des candidats maîtrisant les outils numériques avec aisance et sophistication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un élève haïtien qui termine son parcours scolaire sans jamais avoir utilisé un traitement de texte, sans savoir naviguer de manière critique sur Internet, sans avoir été exposé à des environnements numériques d&rsquo;apprentissage, se retrouve structurellement désavantagé face à ses pairs de la République Dominicaine, de la Jamaïque, de la Martinique ou de Trinidad. Cette réalité, que certains préfèrent ignorer, constitue pourtant l&rsquo;une des formes les plus profondes de l&rsquo;injustice éducative que notre système perpétue actuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Intégrer le numérique à l&rsquo;école haïtienne, c&rsquo;est donc aussi un acte de justice sociale et d&rsquo;affirmation de la dignité de nos enfants sur la scène régionale et mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.4. Renforcer la résilience du système éducatif face aux crises</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti est un pays doublement vulnérable : aux catastrophes naturelles — séismes, ouragans, inondations — et aux crises sociopolitiques qui entraînent régulièrement des fermetures prolongées d&rsquo;établissements scolaires. Chaque fermeture est une perte irréversible de temps pédagogique pour des élèves qui n&rsquo;ont pas les moyens de se raccrocher à des ressources privées de soutien. La pandémie de COVID-19 a été, à cet égard, une révélation brutale. Les systèmes éducatifs qui avaient investi dans le numérique ont pu assurer une continuité pédagogique, certes imparfaite mais réelle. Ceux qui ne l&rsquo;avaient pas fait ont vu leurs élèves décrocher massivement. Haïti a été parmi les pays les plus affectés par cette rupture, avec des conséquences sur les apprentissages qui se feront sentir pendant des années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Construire un système éducatif numérisé, c&rsquo;est donc aussi construire un système capable de résister aux chocs, d&rsquo;assurer la continuité de l&rsquo;enseignement en temps de crise et de protéger le droit à l&rsquo;éducation de nos enfants même dans les circonstances les plus difficiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.5. Moderniser la gouvernance scolaire pour plus d&rsquo;équité et de transparence</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la salle de classe, la modernisation numérique transforme profondément la manière dont les établissements scolaires et les structures éducatives sont gérés. La dématérialisation des dossiers administratifs, la mise en place de systèmes de gestion scolaire intégrés, la communication numérique entre l&rsquo;établissement et les familles — tout cela contribue à une meilleure efficacité opérationnelle. Mais l&rsquo;enjeu est aussi éthique. Un système de gestion numérisé est plus difficile à manipuler, plus facile à auditer, plus transparent dans ses processus. Il réduit les opportunités de favoritisme dans l&rsquo;attribution des ressources, facilite le suivi des indicateurs de performance et renforce la culture de la redevabilité à tous les niveaux du système.</p>



<p class="wp-block-paragraph">III. Les Fruits Concrets de la Modernisation Numérique</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les enjeux et l&rsquo;importance de la modernisation numérique sont clairs, il convient de se projeter vers les résultats tangibles que cette transformation peut produire — pour les élèves, pour les enseignants, pour les familles et pour la nation haïtienne dans son ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3.1. L&rsquo;amélioration mesurable des résultats scolaires</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses études conduites dans des contextes similaires au nôtre témoignent d&rsquo;une corrélation positive entre l&rsquo;intégration bien conduite des TIC et l&rsquo;amélioration des performances académiques. Au Kenya, en Éthiopie, au Pérou et en Colombie, des programmes d&rsquo;intégration numérique dans les écoles publiques ont montré des gains significatifs en mathématiques, en lecture et en sciences naturelles. Ces gains s&rsquo;expliquent par plusieurs mécanismes : la personnalisation de l&rsquo;apprentissage grâce aux outils adaptatifs, la possibilité de revoir à son rythme des contenus mal compris, l&rsquo;engagement plus fort des élèves face à des supports interactifs et visuels, et la capacité accrue des enseignants à identifier et à accompagner les élèves en difficulté grâce aux données générées par les plateformes numériques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3.2. Le développement de compétences transversales essentielles</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des disciplines académiques classiques, la modernisation numérique favorise le développement de compétences transversales qui sont au cœur de la réussite professionnelle et citoyenne au XXIe siècle : la pensée critique, la créativité, la collaboration, la communication et la maîtrise de l&rsquo;information — ce que les pédagogues anglophones désignent sous l&rsquo;acronyme des « 4C » (Critical thinking, Creativity, Collaboration, Communication).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un élève qui apprend à chercher une information en ligne, à en évaluer la fiabilité, à la croiser avec d&rsquo;autres sources et à en tirer une synthèse argumentée développe des capacités intellectuelles bien plus durables et transférables que celui qui mémorise passivement un cours dicté. Cette formation à la rigueur intellectuelle est d&rsquo;autant plus précieuse dans le contexte haïtien, où la désinformation circule abondamment sur les réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3.3. L&rsquo;émergence d&rsquo;une économie numérique haïtienne</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des fruits les plus structurants de la modernisation numérique scolaire est à long terme : la formation d&rsquo;une masse critique de jeunes Haïtiens compétents dans le domaine du numérique, capables de créer, de développer et de gérer des activités économiques dans l&rsquo;écosystème digital. Le potentiel est considérable. Le développement de logiciels, la création de contenu numérique, le commerce électronique, le marketing digital, la cybersécurité, l&rsquo;analyse de données — ces secteurs sont en croissance exponentielle à l&rsquo;échelle mondiale et restent largement sous-exploités en Haïti. Des jeunes bien formés dès l&rsquo;école peuvent devenir les entrepreneurs, les développeurs, les créateurs et les innovateurs qui contribueront à bâtir une économie haïtienne moins dépendante de l&rsquo;aide internationale et plus ancrée dans la production de valeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque heure de formation numérique dispensée dans une école haïtienne est un investissement dans la souveraineté économique du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3.4. La formation de citoyens numériques éclairés et responsables</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une société haïtienne où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant — et parfois déstabilisateur — dans la formation de l&rsquo;opinion publique, la vie politique et la cohésion sociale, la question de la citoyenneté numérique est d&rsquo;une urgence particulière. Un citoyen qui n&rsquo;a pas été éduqué à l&rsquo;usage critique du numérique est un citoyen vulnérable : vulnérable à la manipulation, à la désinformation, aux discours de haine et aux manipulations politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;école numérisée doit donc intégrer une éducation aux médias et à l&rsquo;information (ÉMI) dans ses programmes, enseignant aux élèves à décoder les images, à vérifier les sources, à comprendre les algorithmes qui façonnent leur environnement informationnel, et à exercer leur droit à l&rsquo;expression numérique de manière responsable et constructive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3.5. Le renforcement du lien famille-école</p>



<p class="wp-block-paragraph">La modernisation numérique offre également des outils précieux pour améliorer la communication entre les établissements scolaires et les familles. Des applications de suivi scolaire permettant aux parents de consulter les résultats de leurs enfants, d&rsquo;être alertés des absences, de communiquer avec les enseignants — tout cela renforce l&rsquo;implication parentale dans le processus éducatif, facteur dont l&rsquo;impact positif sur la réussite scolaire est unanimement reconnu par la recherche en sciences de l&rsquo;éducation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">IV. Les défis à surmonter : lucidité et détermination</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute vision ambitieuse doit être tempérée par un regard lucide sur les obstacles réels qui se dressent sur le chemin. La modernisation numérique de l&rsquo;école haïtienne n&rsquo;échappe pas à cette règle, et il serait irresponsable d&rsquo;en célébrer les promesses sans identifier les défis structurels qui en conditionneront la réussite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4.1. La question de l&rsquo;infrastructure électrique et de la connectivité</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier défi est d&rsquo;ordre infrastructurel. Une grande partie du territoire haïtien souffre d&rsquo;une alimentation électrique insuffisante ou inexistante, et d&rsquo;une couverture Internet très limitée hors des grands centres urbains. Déployer le numérique dans les écoles sans résoudre préalablement — ou simultanément — ces défis d&rsquo;infrastructure revient à construire sur du sable. Des solutions alternatives existent — énergie solaire, serveurs locaux hors ligne, réseaux intranet scolaires — et doivent être explorées avec créativité et pragmatisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4.2. La formation des ressources humaines</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le deuxième défi est humain. On ne peut moderniser l&rsquo;école sans moderniser les compétences de ceux qui la font vivre. Un programme massif et continu de formation des enseignants aux usages pédagogiques du numérique est indispensable. Cette formation doit être accompagnée d&rsquo;une revalorisation du statut et des conditions de travail des enseignants, pour que les plus compétents restent dans le système et deviennent des agents actifs de la transformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4.3. La production de contenus adaptés à la réalité haïtienne</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième défi est culturel et linguistique. Importer des contenus numériques étrangers sans les adapter au contexte haïtien — à la langue créole, aux exemples locaux, aux réalités culturelles et géographiques d&rsquo;Haïti — risque de produire une école numérique déconnectée de la vie réelle des élèves. Un effort national de production de contenus pédagogiques numériques en créole et en français, mobilisant les compétences des universitaires, des pédagogues et des créateurs haïtiens, est indispensable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">4.4. La durabilité financière</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la question du financement est incontournable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La modernisation numérique représente un investissement initial significatif. Sa durabilité dépend d&rsquo;une stratégie financière claire : mobilisation des partenaires techniques et financiers internationaux, implication du secteur privé haïtien, mécanismes de maintenance et de renouvellement des équipements, et inscription de cette priorité dans le budget national de l&rsquo;éducation sur le long terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour conclure, la modernisation numérique de l&rsquo;école haïtienne n&rsquo;est pas une utopie. C&rsquo;est un impératif de civilisation, une exigence du temps présent et une condition non négociable du développement durable d&rsquo;Haïti. Elle n&rsquo;est pas non plus une formule magique qui résoudrait d&rsquo;un coup toutes les failles structurelles d&rsquo;un système éducatif qui a besoin, par ailleurs, de réformes profondes dans ses curricula, ses méthodes d&rsquo;évaluation, sa gouvernance et son financement. Mais elle représente, à n&rsquo;en pas douter, l&rsquo;un des leviers les plus puissants disponibles aujourd&rsquo;hui pour transformer l&rsquo;expérience scolaire de nos enfants, élargir leurs horizons, renforcer leurs capacités et les préparer à prendre leur juste place dans un monde en mutation permanente. L&rsquo;initiative du MENFP en ce sens mérite non seulement d&rsquo;être saluée, mais surtout d&rsquo;être suivie avec rigueur, soutenue avec constance et évaluée avec exigence. Car, en définitive, la vraie question que pose la modernisation numérique de l&rsquo;école haïtienne est une question de société : quel avenir voulons-nous pour nos enfants ? Voulons-nous qu&rsquo;ils soient les spectateurs passifs d&rsquo;une révolution qui se déroule sans eux, ou les acteurs lucides et créatifs d&rsquo;un pays qu&rsquo;ils auront les moyens de reconstruire ? La réponse à cette question se construit aujourd&rsquo;hui, dans nos salles de classe, sur les bancs de nos écoles, dans les mains de nos enseignants et dans les décisions de ceux qui ont la charge de conduire cette transformation historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;école numérique haïtienne n&rsquo;est pas un rêve. C&rsquo;est un chantier. Et ce chantier commence maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Par : Johnny JOSEPH, M.E.D&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Au Festival des Mets et des Mots, Carline Irantus sert la mémoire d’Haïti à table</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Le Pèlerin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 17:06:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Du 29 au 31 mai 2026, la Cité internationale de la langue française, au Château de Villers-Cotterêts, a accueilli la troisième édition du Festival des Mets et des Mots ,des Cultures et des Gastronomies francophones. Cet événement a réuni écrivains, artistes, chercheurs et chefs autour de la diversité culturelle et gastronomique du monde francophone. Parmi [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du 29 au 31 mai 2026, la Cité internationale de la langue française, au Château de Villers-Cotterêts, a accueilli la troisième édition du Festival des Mets et des Mots ,des Cultures et des Gastronomies francophones. Cet événement a réuni écrivains, artistes, chercheurs et chefs autour de la diversité culturelle et gastronomique du monde francophone.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les pays représentés, Haïti s’est distinguée grâce à la présence de la cheffe haïtienne Carline Irantus, fondatrice de Saveur Créole 509. Invitée une nouvelle fois à ce rendez-vous culturel d’envergure, elle a présenté au public la célèbre soupe joumou, véritable symbole de l’histoire et de l’identité haïtiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, la soupe joumou dépasse le simple cadre de la gastronomie. Autrefois réservée aux colons, elle est devenue, après l’indépendance d’Haïti en 1804, le symbole de la liberté conquise par les anciens esclaves et de la dignité retrouvée d’un peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long du festival, les visiteurs ont découvert à travers cette recette emblématique une page essentielle de l’histoire haïtienne. En partageant ce plat, Carline Irantus a offert bien plus qu’une expérience culinaire : elle a transmis un héritage de résistance, de mémoire et de fierté nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’événement a également été marqué par la présence de Son Excellence M. Louino Volcy, ambassadeur d’Haïti en France, dont la participation a souligné l’importance du rayonnement de la culture haïtienne au sein de la francophonie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Villers-Cotterêts, entre les mots des écrivains et les saveurs des cuisines du monde, la soupe joumou a une nouvelle fois porté la voix d’Haïti. Grâce à l’engagement de la cheffe Carline Irantus, ce patrimoine vivant continue de faire connaître au public international l’histoire, la créativité et la résilience du peuple haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Pèlerin</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Délogée de son espace mythique au Champ de Mars, la Faculté d’Ethnologie célèbre 85 ans de mémoire, de savoir et d’engagement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 16:58:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[La Vigie Universitaire]]></category>
		<category><![CDATA[85 ans]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté d’Ethnologie]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
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		<category><![CDATA[Université]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 29 et 30 mai 2026, dans ses nouveaux locaux à Bourdon, la Faculté d’Ethnologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH) a célébré son 85e anniversaire autour du thème : « De l’Institut à la Faculté : 85 ans de mémoire, de savoir et d’engagement ». Une commémoration à la fois festive et symbolique, réunissant étudiants, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les 29 et 30 mai 2026, dans ses nouveaux locaux à Bourdon, la Faculté d’Ethnologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH) a célébré son 85e anniversaire autour du thème : « De l’Institut à la Faculté : 85 ans de mémoire, de savoir et d’engagement ». Une commémoration à la fois festive et symbolique, réunissant étudiants, professeurs, anciens diplômés, artistes et responsables universitaires autour d’une même conviction celle de préserver l’héritage d’une institution qui a largement contribué à la compréhension de la société haïtienne.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5664-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-7005" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5664-1024x682.jpeg 1024w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5664-300x200.jpeg 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5664-768x511.jpeg 768w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5664-1536x1022.jpeg 1536w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5664.jpeg 1639w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Là où résonnaient autrefois les pas des étudiants au cœur du Champ de Mars, les murs de la Faculté d’Ethnologie demeurent aujourd’hui silencieux. Son bâtiment historique, situé dans l’un des secteurs les plus symboliques de la capitale, est devenu inaccessible sous la pression des violences armées qui bouleversent depuis plusieurs années la vie nationale. Pourtant, loin de son espace mythique, l’institution a refusé de céder à l’effacement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fondée en 1941 sous le nom d’Institut d’Ethnologie, dans le sillage du mouvement indigéniste et des réflexions sur l’identité nationale portées notamment par des figures majeures de la pensée haïtienne telles que Jean Price-Mars et Jacques Roumain, l’institution s’est progressivement imposée comme l’un des principaux centres de production de connaissances sur la culture, les croyances, les pratiques sociales et les transformations de la société haïtienne. Héritière d’un courant intellectuel soucieux de réhabiliter les savoirs populaires et les fondements culturels de la nation, elle est devenue au fil des décennies un espace privilégié de recherche, de réflexion critique et de transmission du savoir. Devenue Faculté d’Ethnologie, elle a formé plusieurs générations de chercheurs, de professeurs, d’anthropologues, de sociologues, de psychologues et de cadres publics.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Pendant 85 ans, cet espace a constitué un lieu privilégié de débats intellectuels, de transmission du savoir et d’engagement citoyen », a souligné Wilsonley Simon, l’un des maîtres de cérémonie de l’événement, à l’ouverture des festivités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première journée de célébration a été marquée par une forte dimension scientifique. Après les propos d’ouverture et l’exécution de l’hymne national, les participants ont assisté à deux conférences animées par les professeurs Dr Maxius Bernard, Dr John Picard Byron et Dr Kepler Aurélien, accompagnés d’étudiants intervenant comme discutants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges ont permis de revenir sur le rôle historique de la Faculté dans la construction des savoirs en Haïti, mais également sur les défis auxquels l’enseignement supérieur est confronté dans un contexte national particulièrement difficile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des moments les plus appréciés de la journée a été la projection d’un projet de documentaire consacré à l’histoire de l’institution. Réalisé par une équipe de communication composée d’anciens et d’actuels étudiants, le film retrace plusieurs décennies de vie universitaire, de luttes intellectuelles et d’engagement académique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réalisateurs ont annoncé que le documentaire sera bientôt rendu public sur les plateformes numériques, afin de permettre à un plus large public de découvrir cette mémoire collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La journée s’est conclue par une cérémonie de distinction des lauréats des différentes promotions. Pour l’occasion, le comité exécutif de l’Université d’État d’Haïti avait fait le déplacement. Le recteur de l’UEH, le Dr Dieuseul PRÉDÉLUS, a personnellement remis des ordinateurs portables aux étudiants les plus méritants, soulignant la nécessité de promouvoir une culture de l’excellence au sein de l’université publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une fête universitaire malgré les incertitudes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, l’atmosphère a laissé davantage de place à la convivialité et aux retrouvailles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien avant que les premiers accords ne résonnent sur la scène, la faculté vibrait déjà au rythme de la célébration. Dans les allées, étudiants et visiteurs circulaient entre les stands de produits locaux, s’attardaient autour des échiquiers ou s’affrontaient lors de parties de ludo, recréant, le temps d’un après-midi, l’esprit de camaraderie et de convivialité qui animait jadis la cour de Price-Mars.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où l’insécurité limite souvent les espaces de socialisation, cette ambiance de détente et de fraternité a été particulièrement appréciée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rires, discussions, retrouvailles entre anciens camarades et rencontres intergénérationnelles ont contribué à faire de cette célébration un moment rare de cohésion universitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nanm Vodou, l’âme culturelle de la célébration</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour couronner les festivités, le groupe Nanm Vodou a offert l’une des prestations les plus marquantes de l’événement. Au rythme des tambours, des chants traditionnels et d’une présence scénique remarquable, la formation a plongé le public dans l’univers du patrimoine spirituel et culturel haïtien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5817-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-7008" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5817-1024x1024.jpeg 1024w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5817-300x300.jpeg 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5817-150x150.jpeg 150w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5817-768x769.jpeg 768w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/06/IMG_5817.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Des morceaux comme&nbsp;<em>Gen yon lwa k pral antre</em>&nbsp;de King Kessy ou encore&nbsp;<em>Kote ou ye Èzili</em>&nbsp;ont été interprétés sous les applaudissements nourris de l’assistance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’odeur de l’ombré répandu dans l’espace, les sonorités des percussions et les chants collectifs ont donné à la soirée une dimension à la fois artistique et symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Issu d’ateliers réalisés dans plusieurs lakou à travers le pays, Nanm Vodou œuvre à la sauvegarde et à la transmission des traditions haïtiennes. Une mission qui rejoint directement celle de la Faculté d’Ethnologie : étudier, comprendre et préserver les patrimoines matériels et immatériels du peuple haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La soirée s’est poursuivie avec la prestation du rappeur OPAK MNG, de son vrai nom Ronald Merisier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à un public largement composé d’étudiants, l’artiste a interprété plusieurs de ses chansons les plus populaires, dont&nbsp;<em>Ti Frè</em>,&nbsp;<em>San Adrès</em>,&nbsp;<em>Padone m</em>&nbsp;et&nbsp;<em>Yon lòt nwit blanch ankò</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque morceau était repris en chœur par les spectateurs, témoignant de la popularité de l’artiste auprès de la jeunesse universitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le concert s’est achevé sur&nbsp;<em>Pran swen tèt ou</em>, dans une communion presque totale entre le rappeur et son public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vint le tour du groupe FOLLOW JAH.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès les premières notes de l’<em>Hymne à la jeunesse</em>, la foule s’est levée. Chants, danses et interactions avec le public ont transformé la cour de la faculté en une immense scène populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l’aspect festif, le groupe a également porté un message social et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À plusieurs reprises, les artistes ont repris ce slogan devenu emblématique dans le contexte actuel, introduit par le maître de cérémonie Miwatson St Jour, dont l’énonciation a immédiatement suscité l’adhésion du public, au point d’être chaleureusement porté puis célébré par les étudiants présents :<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Debloke peyi n, debloke peyi n, Ayiti nan mondyal !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Debloke peyi n, debloke peyi n, Ayiti nan mondyal ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une manière de rappeler que les aspirations de la jeunesse dépassent largement le cadre universitaire et rejoignent les préoccupations nationales liées à la sécurité, à la mobilité et à l’avenir du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une institution déplacée, mais toujours debout</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette célébration des 85 ans était à la fois un anniversaire et aussi une démonstration de résilience. Contraints de quitter leur site historique du Champ de Mars à cause de la dégradation sécuritaire, les membres de la Faculté d’Ethnologie ont voulu rappeler que l’identité d’une institution ne se limite pas à ses murs. Elle réside également dans sa communauté, dans sa mémoire et dans sa capacité à transmettre le savoir malgré les crises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre-vingt-cinq ans après sa création, la Faculté d’Ethnologie continue ainsi de porter sa mission originelle : comprendre la société haïtienne, préserver sa mémoire collective et former des citoyens capables de penser le pays dans toute sa complexité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une Haïti confrontée à de multiples fractures, cette mission apparaît aujourd’hui plus essentielle que jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">RTMI&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>CHANTIMOUN : des comptines en créole pour reconnecter les enfants haïtiens à leur langue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2026 06:20:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[CHANTIMOUN]]></category>
		<category><![CDATA[Comptines]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face à l’omniprésence des contenus étrangers consommés par les enfants sur les plateformes numériques, deux jeunes créateurs haïtiens ont décidé de miser sur la musique, le créole et l’imaginaire enfantin. Porté par Fransesce Beauvil et Louis Harry Bourdeau, le projet CHANTIMOUN entend produire et diffuser des chansons éducatives en créole haïtien destinées aux enfants de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Face à l’omniprésence des contenus étrangers consommés par les enfants sur les plateformes numériques, deux jeunes créateurs haïtiens ont décidé de miser sur la musique, le créole et l’imaginaire enfantin. Porté par Fransesce Beauvil et Louis Harry Bourdeau, le projet CHANTIMOUN entend produire et diffuser des chansons éducatives en créole haïtien destinées aux enfants de 0 à 10 ans, en Haïti comme dans la diaspora.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="706" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_5243.jpeg" alt="" class="wp-image-6985" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_5243.jpeg 960w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_5243-300x221.jpeg 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_5243-768x565.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px" /><figcaption class="wp-element-caption">Logo de CHANTIMOUN </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ce projet, les initiateurs souhaitent répondre à un vide qu’ils jugent préoccupant dans l’univers numérique haïtien. « Nous voulons offrir une petite chanson en créole pour chaque petit Créole », expliquent-ils, résumant ainsi la philosophie du projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà présents sur YouTube avec plusieurs productions comme «&nbsp;Pen ak Kafe&nbsp;», «&nbsp;Bebe pa kriye&nbsp;» ou encore «&nbsp;An n aprann&nbsp;», les deux porteurs du projet construisent progressivement un univers musical pensé pour les jeunes enfants. Les contenus proposés combinent chansons courtes, rythmiques simples et animations 2D ou 3D adaptées au développement cognitif et émotionnel des tout-petits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les responsables de CHANTIMOUN, l’enjeu dépasse largement le simple divertissement. « Aujourd’hui, les enfants haïtiens consomment majoritairement des contenus en anglais, en espagnol ou en français, souvent sans comprendre les messages », soulignent-ils. Selon eux, cette exposition massive fragilise progressivement l’apprentissage du créole et le lien culturel, notamment chez les enfants vivant à l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet se veut ainsi à la fois éducatif, culturel et linguistique. « La musique est l’un des outils d’apprentissage les plus efficaces chez l’enfant. Elle facilite la mémorisation, développe le vocabulaire et renforce la confiance émotionnelle », affirme Fransesce, chanteuse, journaliste présentatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur vision, CHANTIMOUN ne doit pas être perçu comme une simple série de comptines, mais comme « une plateforme éducative numérique » offrant aux familles un espace sécurisé et adapté aux enfants. Parents et éducateurs pourraient ainsi accéder à des contenus exempts de violence ou de messages inappropriés, tout en valorisant la langue maternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet s’inscrit également dans une démarche de transmission culturelle. À travers les chansons, les créateurs souhaitent préserver un rapport vivant au créole dès les premières années de l’enfance. Ils évoquent notamment les difficultés de communication qui apparaissent parfois entre les enfants de la diaspora et leurs grands-parents restés en Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En misant sur le numérique, CHANTIMOUN espère toucher des milliers de familles haïtiennes à travers le monde. Les porteurs du projet y voient aussi « un investissement social, culturel et éducatif durable », capable de contribuer à la construction d’une marque numérique haïtienne destinée à l’enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un paysage où les contenus pour enfants en créole restent encore rares, CHANTIMOUN tente ainsi d’ouvrir une nouvelle voie qui est celle d’une enfance bercée par des comptines qui parlent sa langue, racontent son monde et chantent son identité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Wilsonley SIMON&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">simonwilsonley35@gmail.com</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Haïti crucifiée : le silence complice d&#8217;un État qui dévore ses propres enfants</title>
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		<dc:creator><![CDATA[RTMI]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 12:02:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il existe des crimes que l'histoire ne pardonne jamais - celui d'un État qui regarde mourir son peuple en souriant en est le plus abominable.</p>
<p>L’article <a href="https://radiotelemasseillaninfo.com/haiti-crucifiee-le-silence-complice-dun-etat-qui-devore-ses-propres-enfants/">Haïti crucifiée : le silence complice d&rsquo;un État qui dévore ses propres enfants</a> est apparu en premier sur <a href="https://radiotelemasseillaninfo.com">Radio Télé Masseillan Info</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Il existe des crimes que l&rsquo;histoire ne pardonne jamais &#8211; celui d&rsquo;un État qui regarde mourir son peuple en souriant en est le plus abominable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a des réalités tellement douloureuses que les mots semblent insuffisants pour les contenir. Des vérités tellement crues, tellement nues, tellement indécentes dans leur brutalité, que la langue hésite, recule, cherche ses respirations avant de plonger dans l&rsquo;abîme. Mais il faut plonger. Il faut regarder. Il faut nommer. Parce que le silence, en Haïti aujourd&rsquo;hui, est devenu la forme la plus sophistiquée de la complicité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des familles entières — des femmes portant leurs nourrissons contre leur poitrine comme des boucliers de chair contre la barbarie, des vieillards dont les genoux tremblent sous le poids des années et des douleurs accumulées, des enfants aux pieds nus qui n&rsquo;ont jamais connu d&rsquo;autre horizon que celui de la violence — errent dans les rues de leur propre pays comme des étrangers, comme des fantômes dans une ville qui ne les reconnaît plus. Elles n&rsquo;ont pas traversé des océans. Elles n&rsquo;ont pas fui un pays ennemi. Elles ont été chassées de leurs propres maisons, dans leur propre pays, par des forces que leur propre État a créées, nourries et protégées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà la réalité haïtienne en 2026. Voilà le bilan d&rsquo;années de gouvernance criminelle, de corruption institutionnalisée, de trahison érigée en politique d&rsquo;État. Voilà ce que l&rsquo;indifférence organisée produit quand on lui laisse suffisamment de temps pour faire son œuvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre la catastrophe haïtienne dans toute sa profondeur, il faut remonter aux sources. Il faut comprendre que les gangs qui ensanglantent aujourd&rsquo;hui Port-au-Prince, Croix-des-Bouquets, Martissant, Cité Soleil, et désormais des régions entières du pays, ne sont pas une excroissance spontanée du mal. Ils ne sont pas une fatalité géographique, ni une malédiction divine, ni le produit inévitable de la pauvreté. Ils sont le résultat calculé, délibéré et méthodique d&rsquo;une stratégie politique qui a transformé la terreur en instrument de gouvernance.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis des décennies, des hommes politiques sans scrupules — appartenant à tous les partis, à toutes les générations, à toutes les classes sociales — ont compris que dans un État sans institutions solides, sans justice indépendante, sans forces de l&rsquo;ordre professionnelles et intègres, celui qui contrôle la violence contrôle tout. Alors ils ont investi dans la violence. Ils ont recruté des jeunes hommes désespérés, enfants d&rsquo;une pauvreté que ces mêmes politiciens perpétuaient consciencieusement. Ils leur ont donné des armes importées de l&rsquo;étranger avec une facilité suspecte. Ils leur ont donné de l&rsquo;argent, du pouvoir, du territoire. Ils leur ont donné — et c&rsquo;est peut-être le cadeau le plus empoisonné de tous — un sentiment d&rsquo;existence dans un pays où être pauvre et noir et sans connections vous rend pratiquement invisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces jeunes hommes sont devenus des outils. Des outils électoraux pour intimider les opposants et bourrer les urnes. Des outils économiques pour contrôler des territoires, des marchés, des flux de marchandises. Des outils sociaux pour maintenir dans la terreur des populations qui auraient pu, autrement, exiger leurs droits et demander des comptes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les outils finissent toujours par échapper à ceux qui les manient. Le monstre qu&rsquo;on nourrit finit toujours par se retourner contre son créateur — et contre tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Aujourd&rsquo;hui, les gangs haïtiens ne répondent plus à un seul maître. Ils ont leur propre logique, leur propre économie, leur propre territoire, leur propre loi. Ils contrôlent des portions entières du territoire national. Ils bloquent des routes nationales. Ils attaquent des commissariats, des prisons, des hôpitaux. Ils dictent leurs conditions à un État qui les a créés et qui tremble maintenant devant sa propre créature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant ce temps, les populations civiles — qui n&rsquo;ont rien demandé, qui n&rsquo;ont jamais signé aucun pacte avec le diable — paient le prix de cette folie collective avec leurs maisons, leurs commerces, leurs familles, et trop souvent, avec leurs vies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand des familles entières abandonnent leurs quartiers en courant, avec pour seuls bagages ce qu&rsquo;elles ont pu saisir à la va-vite — quelques vêtements froissés, des papiers d&rsquo;identité, un peu de nourriture pour les enfants — elles ne fuient pas seulement des balles. Elles fuient l&rsquo;effondrement total d&rsquo;un contrat social qui n&rsquo;a peut-être jamais vraiment existé pour elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces déplacements massifs ne sont pas des accidents de parcours. Ils sont la cartographie vivante de l&rsquo;échec de l&rsquo;État haïtien. Chaque famille déplacée est une ligne supplémentaire dans le réquisitoire que l&rsquo;histoire dresse contre ceux qui ont gouverné ce pays dans le mépris et la prédation. Chaque enfant qui dort à la belle étoile sur un carton, dans un parc, sous un arbre, dans les couloirs d&rsquo;une école transformée en refuge, est une accusation vivante, respirante, qui ne se taira jamais vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les zones abandonnées deviennent des déserts humains que les gangs s&rsquo;approprient, qu&rsquo;ils transforment en bases opérationnelles, en arsenaux, en territoires de non-droit où l&rsquo;État n&rsquo;existe que comme une abstraction lointaine et inefficace. Et plus ces zones s&rsquo;étendent, plus l&rsquo;État rétrécit. Plus l&rsquo;État rétrécit, plus les zones d&rsquo;ombre s&rsquo;agrandissent. C&rsquo;est un cycle infernal, une spirale descendante dont personne au pouvoir ne semble avoir la volonté, ni peut-être l&rsquo;intérêt, de briser la logique mortelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car il faut le dire avec toute la clarté que la situation exige : certains profitent du chaos. Certains font des affaires prospères dans l&rsquo;instabilité. Certains importent des armes que les gangs utilisent. Certains rachètent à des prix dérisoires les propriétés abandonnées par des familles terrorisées. Certains utilisent le désordre ambiant pour justifier leur maintien au pouvoir en l&rsquo;absence de toute légitimité démocratique. Le chaos haïtien n&rsquo;est pas seulement une tragédie — c&rsquo;est aussi, pour certains, une opportunité commerciale et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe, dans le vocabulaire de la philosophie politique, un concept que Hannah Arendt appelait « le droit d&rsquo;avoir des droits » — cette idée fondamentale que tout être humain, simplement par le fait d&rsquo;être humain, mérite d&rsquo;être reconnu comme tel par une communauté politique organisée. Ce droit élémentaire, cette reconnaissance minimale de l&rsquo;humanité de chaque individu, est précisément ce que l&rsquo;État haïtien refuse systématiquement à ses propres citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Observons les faits avec la froideur clinique qu&rsquo;ils méritent. Dans les nations qui prétendent à la civilisation — et même dans certaines qui n&rsquo;y prétendent pas — un animal domestique abandonné bénéficie de protections légales. Des associations veillent à son bien-être. Des refuges l&rsquo;accueillent. Des vétérinaires le soignent. Des lois punissent ceux qui le maltraitent. La société mobilise des ressources considérables pour assurer que même la bête la plus humble ne souffre pas inutilement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Haïti, un être humain — un citoyen qui a le droit constitutionnel à la sécurité, à l&rsquo;éducation, à la santé, à la justice — n&rsquo;a accès à aucune de ces protections élémentaires. Il ne peut pas se rendre à l&rsquo;hôpital sans risquer d&rsquo;être pris en otage dans un carrefour contrôlé par un gang. Il ne peut pas envoyer ses enfants à l&rsquo;école sans craindre qu&rsquo;ils ne rentrent jamais. Il ne peut pas porter plainte à la police sans savoir que la police est souvent infiltrée, compromise ou simplement absente. Il ne peut pas faire confiance à la justice parce que la justice a depuis longtemps choisi son camp — et ce n&rsquo;est pas le sien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité constitue ce qu&rsquo;on pourrait appeler, sans exagération, une déshumanisation institutionnelle. L&rsquo;État haïtien, par son inaction, par sa corruption, par sa complicité active avec les forces du chaos, envoie chaque jour à ses citoyens le même message silencieux mais assourdissant : vous ne comptez pas. Votre vie n&rsquo;a pas de valeur. Votre douleur ne nous intéresse pas. Débrouillez-vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce message que reçoivent ces familles déplacées, assises dans la poussière de leur propre pays, attendant une aide qui ne vient jamais, espérant un retour qui semble de plus en plus improbable, survivant avec la seule force de cette résilience haïtienne qui force l&rsquo;admiration tout en nous désespérant — parce qu&rsquo;une résilience qui n&rsquo;est jamais récompensée finit par ressembler à de la résignation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le présent haïtien est une tragédie, l&rsquo;avenir est une catastrophe annoncée. Et au cœur de cette catastrophe se trouve la question de la jeunesse — cette génération née dans la tourmente, grandie dans la violence, et condamnée, si rien ne change, à disparaître dans l&rsquo;obscurité que ses prédateurs ont soigneusement entretenue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jeune homme recruté de force dans les rangs d&rsquo;un gang — souvent sous la menace d&rsquo;une mort certaine s&rsquo;il refuse, souvent après avoir vu son quartier tomber et ses alternatives disparaître une à une — représente une perte incalculable pour ce pays. Dans cet adolescent qu&rsquo;on transforme en soldat de la terreur, il y avait peut-être un chirurgien capable de sauver des milliers de vies, un architecte capable de reconstruire une ville, un enseignant capable d&rsquo;ouvrir des esprits, un artiste capable de donner à Haïti une nouvelle voix dans le concert des nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne tue pas seulement des corps en Haïti. On assassine des vocations. On éteint des étoiles avant qu&rsquo;elles aient eu le temps de briller. On coupe des ailes avant que les oiseaux aient appris à déployer leur envergure. Et cette perte — cette hémorragie silencieuse de potentiel humain — est peut-être la plus grande, la plus irréparable de toutes les pertes que ce pays a subies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jeunes femmes ne sont pas épargnées. Dans les zones contrôlées par les gangs, elles font face à des violences d&rsquo;une brutalité systématique — des violences utilisées comme armes de guerre, comme outils de domination territoriale, comme moyens de terroriser des communautés entières. Ces violences laissent des cicatrices que aucune reconstruction physique ne pourra effacer. Elles brisent des vies, détruisent des rêves, volent des avenirs. Et elles se perpétuent dans le silence complice d&rsquo;un État qui regarde ailleurs et d&rsquo;une communauté internationale qui produit des rapports consternés sans jamais agir à la hauteur de l&rsquo;urgence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeunesse haïtienne mérite infiniment mieux que d&rsquo;être le butin de guerre de criminels que le pouvoir a laissés s&rsquo;installer. Elle mérite des écoles qui ouvrent leurs portes sans interruption. Elle mérite des universités accessibles qui ne soient pas des luxes réservés à une élite. Elle mérite des horizons ouverts, des opportunités réelles, des espaces de liberté où elle peut rêver, créer, construire — pour elle-même et pour ce pays qu&rsquo;elle aime malgré tout, avec une fidélité qui devrait nous faire honte à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas parler de la crise haïtienne sans évoquer la dimension internationale de cette tragédie. Haïti n&rsquo;est pas une île coupée du monde. Elle est au contraire profondément insérée dans des dynamiques régionales et mondiales qui ont largement contribué à sa situation actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dette de l&rsquo;indépendance — ces 150 millions de francs-or extorqués à Haïti par la France comme condition de la reconnaissance de sa liberté, une dette absurde et criminelle que le pays a mis plus d&rsquo;un siècle à rembourser, se privant ainsi des ressources nécessaires à son développement — reste une plaie historique qui saigne encore. Les interventions militaires répétées qui ont déstabilisé les institutions haïtiennes au lieu de les renforcer. Les programmes d&rsquo;ajustement structurel qui ont détruit les capacités productives locales. L&rsquo;aide internationale qui arrive sous forme de conditionnalités humiliantes et repart en grande partie dans les poches de consultants étrangers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et aujourd&rsquo;hui, les armes qui armipent les gangs haïtiens — ces armes qui terrorisent des populations entières — viennent de quelque part. Elles traversent des frontières. Elles sont fabriquées dans des usines situées dans des pays qui se présentent comme des défenseurs des droits humains. Ces flux d&rsquo;armes illicites ne pourraient pas exister sans une complicité — active ou passive — de réseaux internationaux qui profitent de l&rsquo;instabilité haïtienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La communauté internationale qui se dit préoccupée par la situation haïtienne doit cesser de traiter ce pays comme un patient chronique à maintenir sous perfusion humanitaire et commencer à s&rsquo;attaquer aux causes profondes de la crise — y compris celles dont elle est elle-même partie prenante. La solidarité internationale ne peut pas se limiter à envoyer des containers de nourriture et des résolutions du Conseil de Sécurité. Elle doit inclure la restitution de la dette historique, le tarissement des flux d&rsquo;armes illicites, le gel des avoirs des oligarques haïtiens qui pillent leur pays depuis des paradis fiscaux étrangers, et le soutien réel — pas rhétorique — à la construction d&rsquo;institutions haïtiennes indépendantes et efficaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons trop longtemps attendu. Trop longtemps espéré. Trop longtemps fait confiance à des promesses qui se dissolvaient au contact de la réalité. Trop longtemps accepté des solutions partielles, des réponses cosmétiques, des gestes symboliques qui ne changeaient rien à la substance d&rsquo;une oppression systématique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, nous ne demandons plus. Nous exigeons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons la fin immédiate de l&rsquo;impunité. Chaque individu — politicien, homme d&rsquo;affaires, officier de police, fonctionnaire — qui a financé, armé, protégé ou couvert des groupes armés criminels doit être identifié, arrêté, jugé et condamné. Pas dans dix ans. Pas après une commission d&rsquo;enquête qui durera une décennie. Maintenant. La justice différée est une injustice supplémentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons un désarmement réel et vérifiable. Pas un programme de désarmement volontaire qui se transforme en amnistie déguisée pour les criminels. Un désarmement forcé, courageux, systématique, appuyé par une volonté politique sans failles et des moyens humains et matériels à la hauteur de l&rsquo;enjeu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons la reconstruction digne des communautés détruites. Les familles déplacées ont le droit de rentrer chez elles — dans des maisons sécurisées, dans des quartiers où l&rsquo;État est présent, dans des communautés où les enfants peuvent aller à l&rsquo;école sans risquer leur vie. Pas des camps de déplacés qui durent des générations. Un retour digne, accompagné, soutenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons la refondation totale des institutions de sécurité. Une police nationale professionnelle, bien formée, bien équipée, bien payée et bien supervisée. Des mécanismes de contrôle indépendants. Une tolérance zéro pour la corruption et la complicité avec les groupes criminels. Une justice pénale qui fonctionne, avec des juges indépendants, des prisons qui ne sont pas des passoires, et des procédures qui respectent à la fois les droits des accusés et ceux des victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous exigeons un investissement massif et immédiat dans la jeunesse. Des écoles dans toutes les zones affectées, opérationnelles, gratuites, accessibles. Des programmes de réinsertion pour les jeunes qui ont été enrôlés de force dans les gangs et qui veulent en sortir. Des opportunités économiques réelles dans les quartiers pauvres, pour que le recrutement forcé perde de son pouvoir de séduction pour ceux qui n&rsquo;ont rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de profondément subversif dans le fait d&rsquo;aimer Haïti aujourd&rsquo;hui. Dans le fait de refuser de se laisser convaincre que tout est perdu. Dans le fait de continuer à croire, malgré tout, malgré les images insoutenables, malgré les statistiques accablantes, malgré les nuits sans sommeil et les matins sans certitude — de continuer à croire que ce pays peut se relever, qu&rsquo;il se relèvera, parce qu&rsquo;il porte en lui une force que ses ennemis n&rsquo;ont jamais réussi à éteindre complètement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette force, c&rsquo;est la mémoire de 1804. C&rsquo;est le souvenir de femmes et d&rsquo;hommes qui n&rsquo;avaient rien — pas d&rsquo;armée professionnelle, pas d&rsquo;alliés puissants, pas d&rsquo;armes sophistiquées — et qui ont quand même choisi de se battre pour leur dignité contre l&#8217;empire le plus puissant de leur époque. Et qui ont gagné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette force, c&rsquo;est la résilience extraordinaire d&rsquo;un peuple qui a survécu à tout — aux dictatures, aux catastrophes naturelles, aux embargos, aux humiliations répétées — et qui continue, chaque matin, à se lever, à nourrir ses enfants, à construire quelque chose, à résister à l&rsquo;abandon avec une ténacité qui force le respect et arrache les larmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette force, c&rsquo;est nous. C&rsquo;est notre indignation. C&rsquo;est notre refus de nous habituer à l&rsquo;inacceptable. C&rsquo;est notre insistance à nommer les responsables, à documenter les crimes, à maintenir vivante la mémoire des victimes que le pouvoir voudrait effacer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre amour pour Haïti est une forme de résistance politique. Notre douleur est une accusation. Notre exigence de justice est un acte révolutionnaire dans un pays où l&rsquo;impunité a été érigée en système de gouvernance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire jugera. Elle juge toujours. Elle prend note de chaque crime, de chaque lâcheté, de chaque trahison — et elle les inscrit dans son grand livre avec une encre que rien n&rsquo;efface jamais. Les noms de ceux qui ont livré Haïti aux gangs, qui ont vendu la sécurité de leurs concitoyens pour des poignées de dollars et des parts de pouvoir, seront dans ce livre. Et les générations futures les liront avec le même dégoût que nous lisons aujourd&rsquo;hui les noms des grands traîtres de l&rsquo;histoire humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l&rsquo;histoire gardera aussi les noms de ceux qui ont résisté. De ceux qui ont refusé de se taire. De ceux qui ont continué à se battre pour la dignité de leur peuple quand tout semblait perdu. De ceux qui ont aimé Haïti assez fort pour lui dire la vérité en face, même quand cette vérité brûlait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti ne mourra pas. Pas parce que ses ennemis manquent de volonté pour la tuer. Mais parce que ses enfants &#8211; ceux de l&rsquo;intérieur comme ceux de la diaspora, ceux qui pleurent et ceux qui se battent, ceux qui écrivent et ceux qui marchent &#8211; refusent, avec une obstination magnifique et nécessaire, de lui écrire son épitaphe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier mot n&rsquo;appartient pas aux gangs. Il n&rsquo;appartient pas aux politiciens corrompus. Il n&rsquo;appartient pas aux profiteurs du chaos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dernier mot appartient au peuple haïtien. Et ce peuple a décidé de vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">RTMI </p>
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			</item>
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		<title>Fête du Drapeau 2026 : Célébrer sous le poids du sang et de la honte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 11:40:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Angle engagé]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[18 mai 2026]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 18 mai. Une date gravée dans la mémoire collective d&#8217;un peuple qui, il y a plus de deux siècles, a osé l&#8217;impossible : briser ses chaînes, déchirer le drapeau colonial et coudre à sa place les couleurs d&#8217;une liberté chèrement conquise. Le 18 mai devrait être un jour de fierté, de recueillement, de réaffirmation [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le 18 mai. Une date gravée dans la mémoire collective d&rsquo;un peuple qui, il y a plus de deux siècles, a osé l&rsquo;impossible : briser ses chaînes, déchirer le drapeau colonial et coudre à sa place les couleurs d&rsquo;une liberté chèrement conquise. Le 18 mai devrait être un jour de fierté, de recueillement, de réaffirmation de notre identité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment célébrer aujourd&rsquo;hui ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment brandir ce drapeau bicolore avec la poitrine gonflée d&rsquo;orgueil quand ce même drapeau flotte au-dessus d&rsquo;un pays qui saigne ? Quand les rues de Port-au-Prince, de Pont-Sondé, de Lizon, de Canaan sont jonchées de corps d&rsquo;innocents tombés sous les balles des gangs — ces mêmes gangs que l&rsquo;on soupçonne d&rsquo;être les bras armés d&rsquo;un pouvoir sans visage, sans légitimité, sans âme ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année encore, la Fête du Drapeau se tient dans un contexte de terreur généralisée. Des milliers de familles ont fui leurs maisons, leurs quartiers, leurs villes. Des enfants ont vu leurs parents mourir devant eux. Des femmes ont été violentées. Des hommes exécutés. Et pendant ce temps, le gouvernement — si l&rsquo;on peut encore appeler ainsi cette structure opaque qui prétend nous gouverner — continue de regarder ailleurs, quand il ne collabore pas ouvertement avec ceux qui font couler ce sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Célébrer la Fête du Drapeau dans ce contexte, c&rsquo;est célébrer sur des tombes. C&rsquo;est chanter l&rsquo;hymne national avec dans la gorge le cri étouffé de ceux qui n&rsquo;ont plus de voix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce drapeau — bleu et rouge, né à Arcahaie le 18 mai 1803 — n&rsquo;a jamais été cousu pour la résignation. Il a été cousu pour la résistance. Dessalines, Christophe, Capois-la-Mort ne se sont pas battus pour que leurs descendants vivent à genoux, otages de chefs de gang et de politiciens véreux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Fête du Drapeau devrait donc être, cette année plus que jamais, un moment de réveil collectif. Un moment où chaque Haïtien, chaque Haïtienne, regarde ce drapeau en face et se demande : qu&rsquo;avons-nous fait de l&rsquo;héritage de ceux qui ont tout sacrifié pour nous ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La misère a brisé des reins. La faim a éteint des regards. La peur a paralysé des quartiers entiers. Et pourtant — et c&rsquo;est là toute la tragédie — le peuple haïtien continue de survivre, de résister, d&rsquo;espérer malgré tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question mérite d&rsquo;être posée. Certains diront qu&rsquo;il faut célébrer coûte que coûte, pour ne pas laisser les bourreaux nous voler jusqu&rsquo;à notre identité. D&rsquo;autres estimeront que danser pendant que le pays brûle, c&rsquo;est trahir les morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux positions se comprennent. Mais une chose est certaine : cette Fête du Drapeau ne peut pas être une fête ordinaire. Elle ne peut pas se résumer à des défilés de façade et à des discours creux prononcés par des officiels dont les mains ne sont pas propres. Cette fête doit être un acte de conscience. Un moment où l&rsquo;on nomme les coupables. Où l&rsquo;on honore les victimes. Où l&rsquo;on refuse l&rsquo;amnésie collective que l&rsquo;on tente de nous imposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Honorer ce drapeau aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est exiger justice pour les massacres impunis. C&rsquo;est refuser de normaliser la barbarie. C&rsquo;est tenir debout — pas pour applaudir ceux qui nous gouvernent, mais pour leur rappeler que ce pays appartient à son peuple, et non aux gangs qui le terrorisent avec leur bénédiction tacite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drapeau haïtien porte en lui la mémoire d&rsquo;hommes et de femmes qui ont préféré mourir libres plutôt que de vivre enchaînés. En ce 18 mai 2026, la moindre des choses que nous leur devons, c&rsquo;est de ne pas fermer les yeux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sang des innocents crie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drapeau, lui, attend que nous répondions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Johnny JOSEPH</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La dette générationnelle et l&#8217;émergence du phénomène des gangs en Haïti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny JOSEPH]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 12:42:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[La Vigie Universitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Capital humain]]></category>
		<category><![CDATA[Dette générationnelle]]></category>
		<category><![CDATA[Gangs]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La dette générationnelle et l&#8217;émergence du phénomène des gangs en Haïti : une analyse socio-structurelle des défaillances du capital humain et institutionnel Auteur&#160;: Johnny JOSEPH Résumé La société haïtienne paie aujourd&#8217;hui le coût exponentiel des défaillances structurelles accumulées par les générations précédentes, lesquelles ont négligé d&#8217;investir de manière substantielle dans le capital humain, éducatif et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La dette générationnelle et l&rsquo;émergence du phénomène des gangs en Haïti : une analyse socio-structurelle des défaillances du capital humain et institutionnel</strong></p>



<pre class="wp-block-verse"><strong>Auteur&nbsp;: Johnny JOSEPH</strong></pre>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Résumé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La société haïtienne paie aujourd&rsquo;hui le coût exponentiel des défaillances structurelles accumulées par les générations précédentes, lesquelles ont négligé d&rsquo;investir de manière substantielle dans le capital humain, éducatif et institutionnel des générations suivantes. Telle une fondation fissurée sur laquelle on aurait érigé un édifice de plusieurs étages, l&rsquo;absence d&rsquo;investissement dans la jeunesse a fragilisé l&rsquo;ensemble du tissu social, provoquant l&rsquo;effritement progressif des structures familiales et communautaires. C&rsquo;est précisément dans ces espaces de vulnérabilité et d&rsquo;abandon institutionnel que le phénomène des gangs armés a trouvé un terreau fertile pour se développer, s&rsquo;organiser et se perpétuer, constituant ainsi une réponse pathologique à une rupture transgénérationnelle profonde du lien social. Le présent article propose une analyse socio-structurelle de ce processus, en articulant les théories du capital humain, de la désorganisation sociale et de l&rsquo;anomie pour éclairer les dynamiques profondes à l&rsquo;œuvre dans la crise sécuritaire contemporaine en Haïti.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mots-clés :&nbsp;</strong><em>capital humain, gangs armés, désorganisation sociale, rupture transgénérationnelle, Haïti, anomie, investissement éducatif.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>I. Introduction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti traverse depuis plusieurs décennies une crise sécuritaire d&rsquo;une ampleur sans précédent, dont l&rsquo;une des manifestations les plus visibles et les plus dévastatrices demeure la prolifération des gangs armés sur l&rsquo;ensemble du territoire national. Si ce phénomène est souvent analysé sous l&rsquo;angle conjoncturel — crises politiques, instabilité gouvernementale, pauvreté extrême —, une lecture structurelle et diachronique s&rsquo;impose pour en saisir les racines profondes. Il convient, en effet, de dépasser les explications superficielles pour interroger les mécanismes transgénérationnels qui ont conduit à l&rsquo;effondrement progressif du tissu social haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La thèse centrale défendue dans cet article est la suivante : la violence armée contemporaine en Haïti est, pour une part significative, le produit d&rsquo;une dette générationnelle accumulée — c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;un déficit systémique et persistant d&rsquo;investissement dans le capital humain, éducatif et institutionnel des générations successives. Cette négligence structurelle a engendré un effondrement des structures familiales et communautaires, créant ainsi des conditions sociales propices à l&rsquo;émergence et à la consolidation des organisations criminelles armées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour étayer cette thèse, nous mobilisons un cadre théorique pluridisciplinaire articulant la théorie du capital humain (Becker, 1964 ; Schultz, 1961), la théorie de la désorganisation sociale (Shaw &amp; McKay, 1942), la théorie de l&rsquo;anomie (Durkheim, 1897 ; Merton, 1938), ainsi que les travaux récents sur la vulnérabilité institutionnelle et la reproduction de la pauvreté dans les États fragiles (Acemoglu &amp; Robinson, 2012 ; Collier, 2007).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>II. Cadre Théorique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2.1 La Théorie du Capital Humain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Développée par Gary Becker (1964) et Theodore Schultz (1961), la théorie du capital humain postule que l&rsquo;investissement dans l&rsquo;éducation, la formation et la santé des individus constitue un facteur déterminant du développement économique et social d&rsquo;une société. À l&rsquo;inverse, le déficit d&rsquo;investissement dans ces domaines produit des effets négatifs cumulatifs et auto-renforçants qui se transmettent d&rsquo;une génération à l&rsquo;autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Haïti, les indicateurs de capital humain demeurent parmi les plus faibles de l&rsquo;hémisphère occidental. Selon les données du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD, 2022), le pays affiche un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,535, plaçant Haïti au 163e rang mondial sur 191 pays. Le taux d&rsquo;alphabétisation des adultes ne dépasse pas 61,7 %, tandis que le taux de scolarisation dans le secondaire reste inférieur à 35 %. Ces chiffres ne sont pas le fruit du hasard : ils sont le reflet d&rsquo;une politique d&rsquo;abandon éducatif systémique sur plusieurs décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2.2 La Théorie de la Désorganisation Sociale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Élaborée par Shaw et McKay (1942) dans le cadre de l&rsquo;École de Chicago, la théorie de la désorganisation sociale établit un lien causal entre la dégradation des structures communautaires — instabilité résidentielle, pauvreté concentrée, hétérogénéité ethnique — et la prévalence de la délinquance et de la criminalité. Appliquée au contexte haïtien, cette théorie permet de comprendre comment l&rsquo;effondrement des institutions familiales et communautaires, consécutif au déficit d&rsquo;investissement dans le capital social, a créé des zones de non-droit dans lesquelles les gangs armés ont pu s&rsquo;implanter durablement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les quartiers périphériques de Port-au-Prince — Cité Soleil, Martissant, Bel-Air — constituent des illustrations paradigmatiques de cette dynamique. Caractérisés par une densité démographique extrême, une absence quasi totale de services publics et une désintégration des réseaux communautaires traditionnels, ces espaces sont devenus des bastions de l&rsquo;influence des gangs armés, qui s&rsquo;y substituent aux institutions défaillantes de l&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2.3 La Théorie de l&rsquo;Anomie et la Tension Structurelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La notion d&rsquo;anomie, introduite par Durkheim (1897) et reformulée par Merton (1938), désigne l&rsquo;état de dérégulation normative d&rsquo;une société dans laquelle les moyens légitimes d&rsquo;atteindre les objectifs culturellement valorisés sont inégalement distribués. Merton soutient que lorsqu&rsquo;un écart structurel se creuse entre les aspirations sociales et les opportunités réelles d&rsquo;y accéder, les individus exclus des voies légitimes ont recours à des modes d&rsquo;adaptation déviants — dont l&rsquo;innovation criminelle constitue l&rsquo;une des formes les plus répandues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tension structurelle est particulièrement aiguë en Haïti, où des générations entières de jeunes, privées d&rsquo;accès à une éducation de qualité et à des perspectives d&#8217;emploi décent, se trouvent confrontées à une disjonction radicale entre le désir d&rsquo;ascension sociale et les possibilités concrètes d&rsquo;y parvenir. L&rsquo;intégration dans un gang armé représente alors, pour nombre d&rsquo;entre eux, une stratégie rationnelle d&rsquo;adaptation à un environnement social perçu comme fondamentalement injuste et fermé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>III. La Dette Générationnelle : Genèse et Mécanismes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3.1 Une Négligence Systémique Accumulée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La notion de « dette générationnelle » — que nous empruntons et adaptons du champ de l&rsquo;économie intergénérationnelle (Kotlikoff, 1992) — désigne ici l&rsquo;ensemble des obligations non honorées par les générations passées envers les générations suivantes en matière d&rsquo;investissement dans le capital humain, social et institutionnel. En Haïti, cette dette s&rsquo;est accumulée sur plusieurs décennies sous l&rsquo;effet conjugué de gouvernances prédatrices, de politiques publiques défaillantes et d&rsquo;une dépendance chronique à l&rsquo;aide internationale qui a substitué des solutions exogènes à la construction d&rsquo;institutions endogènes solides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Telle une fondation fissurée sur laquelle on aurait érigé un édifice de plusieurs étages, l&rsquo;absence d&rsquo;investissement dans la jeunesse a fragilisé l&rsquo;ensemble du tissu social, rendant l&rsquo;édifice institutionnel haïtien extrêmement vulnérable aux chocs exogènes — catastrophes naturelles, crises politiques, épidémies — qui ont successivement ébranlé le pays. Chaque génération a ainsi hérité d&rsquo;un capital institutionnel appauvri, sans disposer des ressources nécessaires pour en inverser la trajectoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3.2 L&rsquo;Effondrement des Structures Familiales et Communautaires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des conséquences les plus directes de cette dette générationnelle est l&rsquo;effritement progressif des structures familiales et communautaires, qui constituent pourtant les premiers vecteurs de socialisation, de transmission des normes et de régulation des comportements individuels. En Haïti, la précarité économique extrême a conduit à l&rsquo;éclatement de nombreuses cellules familiales, à la migration forcée des parents vers les centres urbains ou à l&rsquo;étranger, et à une profonde déstructuration des réseaux de solidarité communautaire traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce phénomène rejoint ce que Putnam (2000) désigne sous le terme d&rsquo;érosion du « capital social », entendu comme l&rsquo;ensemble des réseaux, normes et valeurs partagées qui facilitent la coopération et la confiance au sein d&rsquo;une communauté. La destruction du capital social haïtien — résultant notamment du déracinement des populations rurales vers les bidonvilles urbains et de la déstructuration des institutions traditionnelles — a créé un vide normatif et relationnel dans lequel les organisations criminelles ont pu s&rsquo;imposer comme de nouveaux régulateurs sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3.3 Le Gang comme Institution de Substitution</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte de désorganisation sociale et d&rsquo;anomie généralisée, le gang armé remplit, paradoxalement, une fonction d&rsquo;institution de substitution (Jankowski, 1991). Il offre à des jeunes socialement exclus une forme d&rsquo;appartenance communautaire, de protection, de reconnaissance sociale et de redistribution économique que ni la famille, ni l&rsquo;école, ni l&rsquo;État ne sont en mesure de fournir. Cette logique de substitution institutionnelle confère aux gangs une légitimité sociale de fait dans les espaces où ils opèrent, rendant d&rsquo;autant plus difficile leur démantèlement par les seuls moyens sécuritaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l&rsquo;observe Wacquant (2004) dans son analyse des « zones de relégation » urbaine, la criminalité organisée prospère non pas malgré l&rsquo;absence de l&rsquo;État, mais précisément en raison de cette absence. La défaillance institutionnelle n&rsquo;est pas un contexte neutre : elle est elle-même une condition active de production de la violence, en ce qu&rsquo;elle prive les individus des ressources normatives et matérielles nécessaires à une intégration sociale réussie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>IV. Implications Politiques et Perspectives de Rupture du Cycle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;analyse développée dans cet article conduit à plusieurs implications importantes pour la conception de politiques publiques visant à endiguer le phénomène des gangs en Haïti. Premièrement, toute stratégie de réponse à la crise sécuritaire qui se limiterait à des interventions répressives et sécuritaires serait structurellement insuffisante, en ce qu&rsquo;elle ne s&rsquo;attaquerait pas aux causes profondes du phénomène. Une approche véritablement efficace doit nécessairement s&rsquo;inscrire dans le long terme et cibler les mécanismes de reproduction de la vulnérabilité sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, un investissement massif et soutenu dans le capital humain — éducation de qualité, formation professionnelle, protection sociale, accès aux soins — constitue la condition sine qua non d&rsquo;une rupture durable du cycle de reproduction de la violence transgénérationnelle. Comme le démontrent les travaux de Heckman (2006) sur la rentabilité sociale de l&rsquo;investissement éducatif précoce, chaque dollar investi dans le développement de l&rsquo;enfance et de la jeunesse génère des bénéfices sociaux et économiques considérablement supérieurs aux coûts engagés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, la reconstruction du capital social et institutionnel haïtien exige un effort collectif de réappropriation citoyenne des espaces communautaires, à travers des politiques de cohésion sociale, de développement local participatif et de renforcement des capacités institutionnelles des collectivités territoriales. C&rsquo;est à ces conditions que la société haïtienne pourra commencer à rembourser la dette générationnelle accumulée et à construire les fondations d&rsquo;un avenir plus équitable et plus pacifique pour les générations à venir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>V. Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le présent article a cherché à démontrer que le phénomène des gangs armés en Haïti ne saurait être appréhendé comme un simple fait de criminalité conjoncturelle, mais doit être compris comme l&rsquo;expression d&rsquo;une crise structurelle profonde, enracinée dans des décennies de défaillances transgénérationnelles en matière d&rsquo;investissement dans le capital humain et institutionnel. La métaphore de la fondation fissurée illustre avec force cette réalité : une société qui néglige de construire les bases solides d&rsquo;un développement humain durable finit inévitablement par subir l&rsquo;effondrement de l&rsquo;édifice social qu&rsquo;elle avait tenté d&rsquo;ériger sur des assises fragiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rupture de ce cycle de reproduction de la violence passe nécessairement par une prise de conscience collective de la nature structurelle du problème et par un engagement politique fort en faveur d&rsquo;un investissement massif et durable dans le capital humain des générations futures. Il s&rsquo;agit là non seulement d&rsquo;un impératif moral, mais également d&rsquo;une condition économique et sécuritaire fondamentale pour tout projet de reconstruction nationale en Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références Bibliographiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Acemoglu, D., &amp; Robinson, J. A. (2012). Why nations fail: The origins of power, prosperity, and poverty. Crown Publishers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Becker, G. S. (1964). Human capital: A theoretical and empirical analysis, with special reference to education. Columbia University Press.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Collier, P. (2007). The bottom billion: Why the poorest countries are failing and what can be done about it. Oxford University Press.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durkheim, É. (1897). Le Suicide : Étude de sociologie. Félix Alcan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heckman, J. J. (2006). Skill formation and the economics of investing in disadvantaged children. Science, 312(5782), 1900–1902.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jankowski, M. S. (1991). Islands in the street: Gangs and American urban society. University of California Press.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kotlikoff, L. J. (1992). Generational accounting: Knowing who pays, and when, for what we spend. Free Press.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Merton, R. K. (1938). Social structure and anomie. American Sociological Review, 3(5), 672–682.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Programme des Nations Unies pour le Développement [PNUD]. (2022). Rapport sur le développement humain 2021/2022. PNUD.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Putnam, R. D. (2000). Bowling alone: The collapse and revival of American community. Simon &amp; Schuster.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Schultz, T. W. (1961). Investment in human capital. The American Economic Review, 51(1), 1–17.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Shaw, C. R., &amp; McKay, H. D. (1942). Juvenile delinquency and urban areas. University of Chicago Press.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wacquant, L. (2004). Punir les pauvres : Le nouveau gouvernement de l&rsquo;insécurité sociale. Agone.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Kanndjanwou célèbre ses quatre ans : entre création, réflexion et engagement culturel en Haïti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 16:27:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[Kanndjanwou]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fondée en 2022 à Port-au-Prince, Kanndjanwou s’impose progressivement comme un espace singulier dans le paysage culturel haïtien. À l’occasion de son quatrième anniversaire, célébré ce 6 mai, Joyce Julien, membre fondateur et responsable de communication, revient sur la vision, les réalisations et les ambitions de cette organisation qui articule création artistique, recherche culturelle et engagement [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fondée en 2022 à Port-au-Prince, Kanndjanwou s’impose progressivement comme un espace singulier dans le paysage culturel haïtien. À l’occasion de son quatrième anniversaire, célébré ce 6 mai, Joyce Julien, membre fondateur et responsable de communication, revient sur la vision, les réalisations et les ambitions de cette organisation qui articule création artistique, recherche culturelle et engagement communautaire.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="740" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/12a68ff1-d7e6-401a-8f5a-283e728b6ce2-1024x740.jpeg" alt="" class="wp-image-6966" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/12a68ff1-d7e6-401a-8f5a-283e728b6ce2-1024x740.jpeg 1024w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/12a68ff1-d7e6-401a-8f5a-283e728b6ce2-300x217.jpeg 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/12a68ff1-d7e6-401a-8f5a-283e728b6ce2-768x555.jpeg 768w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/12a68ff1-d7e6-401a-8f5a-283e728b6ce2.jpeg 1080w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte haïtien marqué par l’instabilité et le rétrécissement des espaces culturels, Kanndjanwou est née d’un besoin presque organique qui est celui de recréer du lien entre artistes, penseurs et publics. « L’idée de Kanndjanwou est née d’un besoin de créer un espace de rencontre entre artistes, mais aussi un espace de réflexion », explique Joyce Julien, linguiste, comédien, musicien traditionnel et membre fondateur de l’organisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, les initiateurs constataient un manque d’espaces capables de réunir création, discussion et expérimentation autour des réalités culturelles haïtiennes contemporaines. « Nous constations un manque de lieux où l’on peut à la fois créer, discuter, expérimenter et questionner la culture haïtienne dans ses formes actuelles », précise-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom même de l’organisation porte cette philosophie. Emprunté à une tradition haïtienne, Kanndjanwou désigne une célébration nocturne marquée par le partage, la convivialité et la vie collective. « Ce choix traduit notre volonté de ne pas être simplement une structure organisationnelle formelle, mais un espace vivant, proche des pratiques culturelles haïtiennes où la parole, la musique et la présence collective sont centrales », souligne Joyce Julien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès sa création, l’ambition allait au-delà de la simple organisation d’événements. Les fondateurs souhaitaient bâtir une structure durable, capable d’articuler création artistique, transmission et pensée critique. « Nous voulions aller au-delà de l’événementiel pour poser les bases d’un projet durable », affirme le responsable de communication, évoquant également un objectif à long terme : la création d’un espace physique entièrement dédié à la création et à la vie nocturne comme objet culturel.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="540" height="637" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/7c442f37-7d7d-4c91-a3cf-246cd9ca641c.jpeg" alt="" class="wp-image-6967" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/7c442f37-7d7d-4c91-a3cf-246cd9ca641c.jpeg 540w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/05/7c442f37-7d7d-4c91-a3cf-246cd9ca641c-254x300.jpeg 254w" sizes="auto, (max-width: 540px) 100vw, 540px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Kanndjanwou revendique une approche interdisciplinaire, naviguant entre musique, audiovisuel, performance, écriture et recherche. « L’interdisciplinarité nous permet de mieux saisir la complexité de la culture. Un même sujet peut être exploré à travers l’écriture, la musique, l’image ou la performance », explique Joyce Julien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des axes les plus originaux du collectif demeure son travail autour de la nuit, pensée comme espace symbolique, social et esthétique. « La nuit occupe une place importante dans l’imaginaire haïtien. Elle est liée aux récits, aux croyances, aux pratiques culturelles, mais aussi à des formes de sociabilité », rappelle-t-il. Face aux mutations sociales et à l’insécurité croissante, Kanndjanwou cherche à repenser cet espace autrement. « Notre intérêt vient de là : comprendre ces transformations et proposer une relecture artistique de la nuit. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2022, l’organisation a multiplié ateliers, conférences, performances artistiques, espaces de discussion et productions audiovisuelles. Plus d’une douzaine d’activités ont déjà été organisées, touchant plusieurs centaines de participants. Mais pour Joyce Julien, la plus grande réussite reste ailleurs. « Notre principale réalisation reste la construction progressive d’une communauté artistique et d’un espace de réflexion. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les projets marquants figurent notamment&nbsp;<strong>Libera</strong>, lancé en 2023 autour du vodou comme espace de mémoire et de réhabilitation, une collaboration avec&nbsp;<strong>Lakou Bazilo</strong>, ainsi qu’une revisite du mouvement&nbsp;<strong>Samba yo</strong>&nbsp;des années 1980. Plus récemment, le projet&nbsp;<strong>Nan Dekou</strong>&nbsp;constitue une nouvelle étape dans la structuration de l’organisation. « Aujourd’hui, le projet Nan Dekou représente une étape importante, car il structure davantage notre démarche autour d’un thème central : la nuit », indique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la production culturelle, Kanndjanwou investit fortement dans la formation des jeunes artistes. « Former des artistes, ce n’est pas seulement transmettre une technique, c’est aussi les aider à développer une pensée, une sensibilité et une capacité à interroger le monde », soutient Joyce Julien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’organisation privilégie ainsi des approches ouvertes, basées sur la motivation et la dynamique collective plutôt que sur des critères élitistes. « L’objectif n’est pas de sélectionner uniquement des profils déjà confirmés, mais aussi d’accompagner des personnes en développement », précise-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays où les défis logistiques, économiques et sécuritaires compliquent l’action culturelle indépendante, Kanndjanwou revendique l’adaptation comme méthode. « Cela demande beaucoup de créativité, d’adaptation et de solidarité », résume Joyce Julien, mentionnant le développement d’activités en ligne et le travail en réseau avec d’autres acteurs culturels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce quatrième anniversaire représente donc à la fois un bilan et une projection. « C’est un moment qui nous permet de visualiser le chemin parcouru et de choisir plus clairement nos décisions futures », confie-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour marquer cette date du 6 mai, l’organisation prévoit une activité en ligne consacrée à une journée de réflexion autour de ses quatre années d’existence. À celles et ceux qui accompagnent l’aventure depuis ses débuts, Joyce Julien adresse un message simple : « Kanndjanwou est un projet collectif et son évolution dépend de cette dynamique partagée. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Kanndjanwou devait se résumer en trois mots, son responsable n’hésite pas : « Communauté, réflexion et création. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Wilsonley Simon | RTMI</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">simonwilsonley35@gmail.com</p>
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		<title>Ouanaminthe : lancement d’un bureau régional de l’EPPLS pour le Grand Nord</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Wilsonley]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Apr 2026 05:45:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[MAST]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) a procédé, le dimanche 26 avril à Ouanaminthe, au lancement des travaux de construction du bureau régional de l’Entreprise publique de promotion de logements sociaux (EPPLS), destiné à desservir le Grand Nord. La cérémonie de pose de première pierre s’est déroulée sous la présidence du ministre [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) a procédé, le dimanche 26 avril à Ouanaminthe, au lancement des travaux de construction du bureau régional de l’Entreprise publique de promotion de logements sociaux (EPPLS), destiné à desservir le Grand Nord.</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4490-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-6958" srcset="https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4490-1024x683.jpeg 1024w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4490-300x200.jpeg 300w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4490-768x512.jpeg 768w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4490-1536x1024.jpeg 1536w, https://radiotelemasseillaninfo.com/wp-content/uploads/2026/04/IMG_4490.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie de pose de première pierre s’est déroulée sous la présidence du ministre des Affaires sociales, Marc-Elie Nelson, en présence de plusieurs responsables locaux ainsi que de citoyens appelés à bénéficier des futurs services de l’institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prenant la parole, le ministre Marc-Elie Nelson a réaffirmé l’engagement du gouvernement envers les populations les plus fragiles. « Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé reste engagé en faveur des couches les plus vulnérables », a-t-il déclaré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titulaire du MAST a précisé qu’une enveloppe globale de 7 milliards 405 millions de gourdes a été mobilisée dans le cadre du renforcement des mécanismes de protection sociale. Selon lui, ces fonds permettront notamment la mise en œuvre de subventions ciblées au profit des groupes les plus exposés à la précarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Poursuivant son intervention, Marc-Elie Nelson a également annoncé une mesure de soutien économique en faveur des ouvriers du secteur textile. « Une aide directe de 5 000 gourdes sera accordée aux travailleurs du secteur textile grâce au Fonds d’assistance économique et sociale », a-t-il ajouté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le directeur général de l’EPPLS, Rony Charles, a salué ce qu’il considère comme une avancée importante pour le secteur du logement social en Haïti. Il a insisté sur la nécessité d’une gestion plus rigoureuse et participative des infrastructures publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Nous devons renforcer l’implication citoyenne dans la gestion et le suivi des infrastructures publiques », a soutenu le responsable, annonçant dans la foulée la création d’un dispositif de contrôle interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet effet, une commission de supervision composée de neuf jeunes professionnels stagiaires sera déployée afin d’assurer le suivi des logements et le respect des normes administratives et techniques, a informé Rony Charles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Créée en 1982, l’Entreprise publique de promotion de logements sociaux a déjà réalisé près de&nbsp;<strong>1 174 unités de logement dans le Nord-Est</strong>, selon les données officielles communiquées par l’institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de cette même cérémonie, Marc-Elie Nelson a annoncé le lancement prochain d’un nouveau programme de&nbsp;<strong>1 000 logements dans le Grand Nord</strong>, réalisé avec l’appui de partenaires internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ces logements seront prioritairement destinés aux ménages à faibles revenus », a-t-il indiqué, rappelant que le pays fait toujours face à un important déficit en logements sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En visite dans la région Nord depuis le 24 avril, le ministre a expliqué que cette tournée s’inscrit dans une volonté de proximité institutionnelle. « Cette mission vise à rapprocher les services publics des populations », a-t-il souligné, précisant qu’il poursuivra sa tournée dans le Grand Sud au cours des prochains jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Wilsonley Simon</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">simonwilsonley35@gmail.com</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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