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Auteur : Simon Wilsonley

Haïti, frappée par la malédiction des frontières

Après avoir été la première nation noire libre, nous sommes aujourd’hui enfermés dans une cage géopolitique où même la liberté de mouvement nous est refusée. Les États-Unis, sous prétexte de renforcer leur sécurité, nous classent parmi les nations à « risque modéré », limitant ainsi l’accès aux visas pour la majorité des Haïtiens.

La nouvelle est tombée comme un couperet. Haïti, une fois de plus, est reléguée au rang de paria sur l’échiquier mondial. Placée sur la liste « orange » des nouvelles restrictions migratoires envisagées par l’administration Trump, notre nation est désormais soumise à des restrictions sévères sur l’obtention de visas. 

Un coup dur pour un peuple qui, depuis des décennies, cherche à fuir l’insécurité, la misère et le chaos. Mais, au fond, sommes-nous surpris ?

Être haïtien est devenu un fardeau aux yeux du monde. Après avoir été la première nation noire libre, nous sommes aujourd’hui enfermés dans une cage géopolitique où même la liberté de mouvement nous est refusée. Les États-Unis, sous prétexte de renforcer leur sécurité, nous classent parmi les nations à « risque modéré », limitant ainsi l’accès aux visas pour la majorité des Haïtiens.

Seuls les riches et les hommes d’affaires fortunés pourront échapper à cette prison invisible. Mais pour les jeunes étudiants, les mères de famille et les travailleurs cherchant un avenir meilleur, la porte est fermée.

Alors que Port-au-Prince s’effondre sous la violence des gangs et que des milliers d’Haïtiens fuient les quartiers assiégés, cette décision américaine apparaît comme un coup de massue supplémentaire. À l’intérieur du pays, nous sommes traqués par des criminels armés. À l’extérieur, nous sommes rejetés comme des indésirables.

Comme l’a si bien hurlé le journaliste culturel Miché de Payen dans une courte vidéo le mois dernier, la question « Où aller ? »  n’a jamais été aussi criante de vérité. Où aller quand la capitale est livrée aux mains de terroristes, sous les yeux complices d’un État fantôme ? Où aller quand même les routes menant aux provinces sont transformées en couloirs de la mort, contrôlées par des bandits mieux armés que la police nationale ? Où aller, quand la terre de Dessalines est devenue une prison à ciel ouvert pour son propre peuple ?

Face à cette humiliation diplomatique, les autorités haïtiennes brillent par leur silence. Aucun plaidoyer, aucune démarche diplomatique pour défendre la dignité de nos citoyens. Nous sommes abandonnés, non seulement par la communauté internationale, mais aussi par nos propres dirigeants.

Cette mise à l’écart d’Haïti sur la scène internationale n’est pas qu’un simple choix. C’est un message, à mon sens, pour nous dire qu’Haïti n’a pas sa place dans le monde moderne.

Mais jusqu’à quand allons-nous accepter cette fatalité ? Jusqu’à quand allons-nous courber l’échine devant les puissances étrangères pendant que nos élites politiques se gavent sur le dos de notre misère ?

L’heure n’est plus aux lamentations. Il est temps de rompre avec ce cycle de mépris et de trahison. Car si nous restons silencieux aujourd’hui, demain, c’est notre existence même qui sera effacée de l’histoire.

Par : Wilsonley SIMON

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Simon Wilsonley
Simon Wilsonley

Wilsonley Simon est journaliste, étudiant en Anthropo-Sociologie. Il est passionné de la Radio et d’écriture. Sa plume, guidée par une profonde conscience sociale, s'engage pleinement au service de son pays.

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