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Auteur : Chro-Lit

Poésie comme pansement | Chro-Lit

Chro-Lit inaugure une rubrique dédiée à la poésie comme baume des douleurs, un espace où les mots pansent les blessures et redonnent voix aux poètes. Pour ce deuxième numéro, nous vous invitons à plonger dans l’univers envoûtant de la poétesse ivoirienne Ange Makado Gue, une poétesse dont la plume apaise et guérit.

I

AUX CREUX DES ABYSSES 

Sous les sous-mondes, où l’ombre fait sa loi,  

Les mondes s’empirent, se croisent, et se noient.  

Rien n’échappe à mon œil, perçant comme un fer,  

Tant que mon regard plane, fort comme un éclair.  

Les âmes se battent dans cette vaste nuit,  

Chacune cherche une lueur qui jamais ne fuit.  

Mon regard fouille l’abîme, cherche une étoile,  

Mais tout est confusion, tout est toile.  

Un pendentif de fer suspendu à mon cou,  

Comme une vérité d’acier, lourde et sans sou.  

Il balance, étrange, dans le vent du destin,  

Mon cœur pris dans ce jeu de l’ombre et du matin.  

Sous ce poids d’illusion, je vois les mondes se tordre,  

Et dans ma poitrine, la guerre gronde, s’accorde.  

Rien n’échappe à l’étau, tout m’échappe et m’entraîne,

Je suis à la merci de ce destin sans chaîne.

Le regard perdu dans ce vide, tout est amère.  

Dans les entrailles du monde, je m’élève et je tombe,  

Mon âme s’épanouit dans cette éternelle ombre.

II

L’AGONIE DES MOTS 

Quand les mots agonisent, dans le silence lourd,  

Ils s’éteignent lentement comme une étoile au jour,  

Telles des feuilles fanées, portées par le vent froid,  

Ils tombent dans l’abîme, leur éclat se noie.  

Les syllabes, autrefois fières, s’effritent et s’effacent,  

Dans l’ombre sans fin, où la mémoire s’efface.  

Les pensées s’étouffent, elles sombrent dans la brume,  

Comme des rêves mourants, effleurés par l’écume,  

Égarées dans l’obscur, où la lumière se tait,  

Elles errent sans retour, traînant leur secret.  

Les voix se taisent, englouties dans l’oubli,  

Et leurs murmures perdus se fondent dans l’infini.  

O poètes ! ô rêveurs ! Dans vos vers déchirés,  

Vous voyez cette nuit où tout est désespéré,  

Mais même dans l’ombre, là où tout semble mourir,  

Un souffle d’espoir cherche encore à s’épanouir.  

Car, au fond des ténèbres où l’âme se débat,  

Le silence finit toujours par briller là-bas.  

Et dans l’ombre, où tout semble se dissoudre et fuir,  

Les mots renaîtront, porteurs d’un autre empire,  

Car, au cœur du néant, là où tout parait brisé,  

Les vers resurgiront, brillants, jamais effacés.  

Et quand l’aube viendra, chassant l’ombre funeste,  

Les mots reviendront, comme une lumière manifeste.

Ange Makado Gue


Sous la direction de Feguerson Fegg THERMIDOR

ÉCRIVAIN-POÈTE

ecrivainfeguersonthermidor@gmail.com

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