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Auteur : Wilsonley Simon

Port-au-Prince en ébullition : « Mercredi Noir » – la colère populaire contre l’insécurité

Certains manifestants brandissaient des branches d’arbres, d’autres des machettes, tandis que la foule progressait en direction de la Primature et de la Villa d’Accueil, où se trouve le Conseil présidentiel de transition (CPT).

Port-au-Prince s’est réveillée sous tension ce mercredi 2 avril 2025. Comme annoncé, plusieurs milliers de manifestants, vêtus pour la plupart de t-shirts noirs et le visage dissimulé derrière des masques fabriqués avec leurs vêtements, ont investi les rues. Leur message c’était de dénoncer l’insécurité grandissante et l’inaction des autorités face aux gangs armés qui contrôlent une grande partie de la capitale.

La mobilisation, baptisée « Mercredi Noir », s’est amorcée dans plusieurs quartiers : Canapé-Vert, Turgeau, Nazon, Lalue, Bois-Verna, Delmas et Pétion-Ville. Déterminés à se faire entendre, les protestataires brandissaient des pancartes et scandaient des slogans, le plus repris étant « Kanapevè pa Solino ! », une manière d’affirmer qu’ils ne laisseraient pas leur quartier tomber entre les mains des criminels.

L’ambiance oscillait entre colère et défiance. Des bandes de rara, tambours en main, rythmaient la marche, mêlant chants de protestation et cris de révolte. Certains manifestants brandissaient des branches d’arbres, d’autres des machettes, tandis que la foule progressait en direction de la Primature et de la Villa d’Accueil, où se trouve le Conseil présidentiel de transition (CPT).

Anticipant l’affrontement, la Police nationale d’Haïti (PNH) avait déployé un imposant dispositif de sécurité autour des bâtiments stratégiques. Très tôt, des barrières ont été érigées pour empêcher la foule d’atteindre la Villa d’Accueil. Face à cet obstacle, les manifestants, loin d’abandonner, ont modifié leur trajectoire, évitant la route de Bourdon pour passer par Canapé-Vert.

Tout au long du trajet, la colère montait. Des jeunes, drapés de noir, levaient les poings en l’air, dénonçant l’incompétence des autorités.  « On ne peut plus vivre ! », criait une femme, la voix étouffée par l’émotion. « Les criminels font la loi, et l’État regarde ! »

En arrivant près de la Villa d’Accueil, la tension a atteint son paroxysme. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. La confusion s’installe, certains manifestants reculent, toussent, s’essuient les yeux en larmes. Mais d’autres tiennent bon, déjouant les barrages pour continuer leur marche.

Les policiers, visiblement nerveux, se sont repliés à plusieurs reprises sous la pression de la foule. Cependant, leur mission restait claire : empêcher à tout prix l’accès aux zones sensibles du pouvoir.

Malgré la répression, la mobilisation a continué. Plusieurs manifestants dénonçaient le rôle des policiers, accusés de protéger le pouvoir au lieu d’affronter les gangs. « Si c’était contre les bandits qu’ils agissaient comme ça, on ne serait pas là aujourd’hui ! », lançait un homme, brandissant une pancarte dénonçant l’inaction des autorités.

Le tumulte a duré plusieurs heures avant que la foule ne se disperse progressivement. Mais loin de marquer un point final, cette journée de contestation annonce une colère persistante.

Le gouvernement, silencieux jusqu’ici, devra tôt ou tard répondre à cette pression populaire. Une chose est sûre : l’exaspération atteint son paroxysme, et la rue n’a pas dit son dernier mot.

Par : Wilsonley Simon 


Notons que les déclarations dans ce reportage ont été prononcées en créole haïtien. 

• « Nou paka viv ankò ! » (On ne peut plus vivre ! )

• « Leta chita ap gade bandi k ap feraye » ( Les criminels font la loi, et l’État regarde)

• « Si yo te goumen kont bandi yo konsa, nou pa t ap la jodi a ! » (Si c’était contre les bandits qu’ils agissaient comme ça, on ne serait pas là aujourd’hui !)

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Wilsonley Simon
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