Auteur : Jean-Némy Forrelus

Recrudescence des kidnappings à Delmas : le cri d’alarme de Jean-Némy Forrelus

La commune de Delmas est aujourd’hui au cœur d’une crise sécuritaire sans précédent. Les actes d’enlèvement et de violence liés aux groupes armés se multiplient, provoquant peur, désarroi et paralysie sociale. Ce phénomène n’est plus rare : il est devenu systématique et touche toutes les couches de la population.

Les dernières données disponibles montrent que la situation est inquiétante et même tragique. Le kidnapping n’est plus un acte ponctuel, il est devenu un instrument central de contrôle et de revenus pour les gangs armés qui sévissent dans la capitale et ses environs, y compris dans plusieurs quartiers de Delmas. 

Plus récemment, sur le trimestre d’octobre à décembre 2025, au moins 156 personnes ont été enlevées par des gangs armés à travers le pays, portant à 647 le total des kidnappings documentés pour cette seule année, d’après un rapport officiel sur la violence et les violations des droits humains.

Dans la même période, plusieurs cas d’enlèvements ont été signalés directement dans la commune de Delmas, notamment dans les secteurs de Delmas 31, Delmas 65 et Delmas 75 – avec des hommes, des femmes et même des jeunes filles pris en otage par des individus lourdement armés.

Depuis environ deux semaines, une recrudescence préoccupante des enlèvements est signalée dans la commune de Delmas, notamment dans les zones de Delmas 31 et Delmas 75. Des sources concordantes font état de citoyens de profils variés récemment pris pour cible : juges, avocats, employés de banque, mais aussi de simples habitants arrachés à leur quotidien. Cette nouvelle vague d’enlèvements ravive un sentiment d’insécurité déjà profondément enraciné.

Un climat de violence qui dépasse les chiffres

Au-delà des kidnappings, l’augmentation de la violence armée touche tout le pays. En 2024, les gangs ont été responsables de milliers de morts et de nombreux enlèvements, avec plus de 5 600 personnes tuées et des milliers d’autres blessées ou kidnappées à travers Haïti, selon un rapport des Nations unies.

Ces chiffres ne captent qu’une partie de la souffrance réelle, car de nombreux cas d’enlèvements ne sont jamais signalés à cause de la peur ou de l’absence de réponse institutionnelle. 

Ce ne sont pas des statistiques abstraites : ce sont des vies humaines : Parents qui accompagnent leurs enfants à l’école chaque matin avec l’angoisse de ne pas savoir s’ils reverront leurs familles.

Élèves et enseignants qui craignent de traverser certains quartiers. Marchands, employés, chauffeurs et professionnels exposés quotidiennement à des attaques et à des prises d’otages. Des familles entières plongées dans l’incertitude en attendant des nouvelles d’un proche disparu ou retenu en captivité.

Chaque enlèvement est un traumatisme dont les effets s’étendent bien au-delà des victimes directes : il frappe le moral et la liberté de toute une communauté. 

Le devoir des autorités et la responsabilité collective

La sécurité des citoyens est un droit fondamental et une responsabilité constitutionnelle de l’État haïtien. Dans ce contexte, le silence ou l’inaction des autorités locales face à l’insécurité croissante à Delmas est non seulement inquiétant mais inacceptable.

Il est impératif que :

Les forces de sécurité soient renforcées et déployées efficacement dans les zones à risque. La Police nationale d’Haïti et les autorités gouvernementales communiquent clairement sur les mesures prises et les résultats obtenus. Les systèmes de signalement et de protection des victimes soient mis en place et réellement opérationnels.

Aujourd’hui, nous ne pouvons plus tolérer que nos enfants, nos enseignants, nos parents et nos voisins deviennent des cibles.

Je lance un appel solennel :

Aux autorités locales et nationales, pour qu’elles assument pleinement leurs responsabilités.

Aux forces de l’ordre, pour qu’elles agissent avec détermination et transparence.

Aux organisations communautaires et à la société civile, pour renforcer la vigilance et l’entraide.

À chaque citoyen, pour rester informé, solidaire et engagé dans la lutte contre l’insécurité.

Parce que la sécurité n’est pas un privilège, c’est un droit pour tous.

Jean-Némy FORRELUS

Juriste – Présentateur

Espas jèn yo / Haïti Autrement

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