Radio Télé Masseillan Info - Plus de sens à l'info!
Quatre journalistes palestiniens travaillant pour des médias internationaux ont été tués lundi matin dans une frappe israélienne visant l’hôpital Nasser, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. L’attaque a également fait quinze morts, selon la Défense civile du territoire palestinien.
Parmi les victimes figurent Mohammad Salama, photojournaliste d’Al Jazeera ; Hossam Al-Masri, collaborateur de Reuters ; Maryam Abu Daqqa, associée à l’agence Associated Press ; ainsi que Muath Abu Taha, qui travaillait pour plusieurs médias palestiniens et internationaux.
Al Jazeera a confirmé la mort sur place de son reporter d’images Mohammad Salama, deux semaines seulement après avoir perdu quatre autres journalistes et deux pigistes dans une frappe ciblée de l’armée israélienne. L’armée avait alors justifié son attaque en accusant l’un des reporters d’appartenir à la branche armée du Hamas.
Reuters a de son côté indiqué qu’un autre de ses collaborateurs avait également été blessé dans l’attaque. L’agence américaine Associated Press a confirmé que Maryam Abu Daqqa collaborait régulièrement avec elle, tout en précisant qu’elle n’était pas en mission pour le compte de l’agence au moment des faits.
Une hécatombe parmi la presse
Selon le syndicat des journalistes palestiniens, près de 200 reporters et collaborateurs de presse ont été tués depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023, date de l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël qui a déclenché le conflit actuel. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF) ont également dénoncé une situation dramatique pour la liberté de la presse à Gaza, estimant que le territoire est devenu « l’endroit le plus dangereux du monde pour exercer le journalisme ».
Outre les journalistes, un soignant a également trouvé la mort dans les frappes de lundi, selon la Défense civile. Plusieurs blessés, parfois grièvement touchés et couverts de sang, ont été transférés d’urgence vers l’hôpital Nasser, l’un des derniers établissements encore partiellement fonctionnels dans le sud de la bande de Gaza, a constaté un photographe de l’AFP.
La multiplication des attaques contre des journalistes illustre la fragilité de la couverture médiatique dans une guerre où les récits se confrontent et où l’accès indépendant à l’information devient de plus en plus difficile. Pour les ONG de défense de la presse, la mort de ces reporters ne constitue pas seulement une tragédie humaine : elle représente aussi une atteinte directe au droit du public à être informé.
Source : TV5 Monde