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	<title>Archives des Libres pensées - Radio Télé Masseillan Info</title>
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	<description>Plus de sens à l&#039;info !</description>
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	<title>Archives des Libres pensées - Radio Télé Masseillan Info</title>
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		<title>Haïti : l&#8217;État de l&#8217;indécence</title>
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		<dc:creator><![CDATA[JJ, M.E.D]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 00:24:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Il y a des moments dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un peuple où l&rsquo;indignation ne suffit plus. Où les mots semblent trop petits pour contenir l&rsquo;ampleur d&rsquo;une honte collective. Haïti vit un de ces moments et pourtant, curieusement, ceux qui devraient rougir dorment paisiblement, le ventre plein, pendant que le reste du pays apprend à survivre avec ce qui reste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dix-huit millions de gourdes. Dix-huit millions. Déboursés, sans hésitation, sans débat, sans la moindre once de gêne &#8211; pour couronner un champion d&rsquo;un concours TikTok organisé sur un autre continent. Un concours de danse. Pendant que ce pays brûle, pendant que ses hôpitaux ferment, pendant que ses enfants n&rsquo;ont plus d&rsquo;école où aller, pendant que ses médecins travaillent sans salaire &#8211; l&rsquo;État haïtien a trouvé où investir. Dans des pas de danse. Sur une application étrangère. Pour une gloire qui durera le temps d&rsquo;un scroll.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas une anecdote. Ce n&rsquo;est pas un fait divers. C&rsquo;est un aveu — l&rsquo;aveu brutal, sans fard, de ce que cet État pense de son peuple, de sa jeunesse, de son avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Le mérite puni, la frivolité récompensée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelque part en Haïti ce soir, un finissant de l&rsquo;École Normale Supérieure relit ses notes dans une chambre sans électricité. Il a passé quatre, cinq, six ans à étudier — à se battre contre les pannes de courant, les grèves, les rues bloquées, les frais de scolarité que sa famille a payés en se saignant. Il a tenu bon. Il a obtenu son diplôme. Et maintenant il attend. Il envoie des dossiers. Il frappe à des portes qui ne s&rsquo;ouvrent pas. Il attend un stage qui ne vient pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques kilomètres de là, dans les couloirs d&rsquo;un ministère, quelqu&rsquo;un a signé un chèque de dix-huit millions de gourdes pour une tiktokeuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce contraste n&rsquo;est pas le fruit du hasard. Ce n&rsquo;est pas une maladresse administrative ou une erreur de jugement isolée. C&rsquo;est le reflet fidèle d&rsquo;un système qui a décidé, consciemment et méthodiquement, que le savoir ne vaut rien — et que l&rsquo;entertainment, lui, mérite d&rsquo;être financé avec l&rsquo;argent du contribuable. Un système qui envoie chaque jour le même message à sa jeunesse, gravé dans le marbre de ses choix budgétaires : « N&rsquo;étudie pas. Divertis-nous. Et surtout — tais-toi.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le finissant de la FMP qui attend son stage est une métaphore vivante de ce pays : brillant, formé, capable — et délibérément mis à l&rsquo;écart par un État qui préfère les foules désorientées aux citoyens éclairés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Un navire qui distribue du champagne pendant qu&rsquo;il coule</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez un navire en pleine tempête. L&rsquo;eau s&rsquo;infiltre par la coque. Les passagers crient. Les enfants pleurent. Et sur le pont supérieur, les officiers débouchent des bouteilles, trinquent entre eux, applaudissent un spectacle, et envoient des photos sur les réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est Haïti. C&rsquo;est maintenant. Ce n&rsquo;est pas une métaphore lointaine — c&rsquo;est la réalité quotidienne d&rsquo;un peuple qui regarde ses dirigeants célébrer pendant que tout s&rsquo;effondre autour d&rsquo;eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Hôpital Général — l&rsquo;hôpital public le plus important du pays, celui vers lequel se tournent les plus démunis quand la maladie frappe — est fermé. Pas en rénovation. Pas en restructuration temporaire. Fermé. Ses portes condamnées comme celles d&rsquo;un bâtiment abandonné, pendant que des malades errent, cherchent, supplient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résidents de l&rsquo;Hôpital de la Paix, eux, continuent de se lever chaque matin. Ils enfilent leurs blouses. Ils soignent. Ils sauvent des vies — avec des gants percés, des salles sous-équipées, des médicaments en rupture de stock — et sans salaire. Des mois sans salaire. Ces hommes et ces femmes qui ont consacré leur jeunesse à apprendre à guérir les autres se retrouvent eux-mêmes malades d&rsquo;un mal qu&rsquo;aucun stéthoscope ne peut détecter : le mépris institutionnalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant que tout cela se passe, 18 millions de gourdes ont trouvé leur chemin. Comme par magie. Comme si les caisses de l&rsquo;État n&rsquo;étaient vides que pour ceux qui méritent d&rsquo;être payés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le pays réel, celui qu&rsquo;on préfère ne pas voir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortez dans les rues d&rsquo;une ville haïtienne. N&rsquo;importe laquelle. La boue vous accueille avant même que vous n&rsquo;ayez fait trois pas — comme si la terre elle-même avait renoncé à se tenir debout, comme si le sol avait intégré la leçon que tout le monde ici finit par apprendre : se tenir debout coûte cher en Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des familles entières vivent sous des tentes depuis des mois. Pas des tentes de camping — des bâches bleues, des morceaux de plastique tendus entre des bâtons, des abris de fortune qui ne protègent ni de la pluie ni du soleil ni de la violence. Des familles qui avaient une maison, un quartier, une vie — et qui ont tout perdu, chassées par des gangs armés que personne ne semble capable ou désireux d&rsquo;arrêter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des enfants qui ne sont pas allés à l&rsquo;école cette année. Ni l&rsquo;année dernière. Des enfants dont l&rsquo;avenir se rétrécit chaque jour comme une peau de chagrin, pendant que les adultes qui devraient les protéger sont occupés ailleurs — à signer des chèques, à organiser des cérémonies, à prendre des photos officielles dans des bureaux bien décorés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des mères qui font bouillir de l&rsquo;eau le soir pour tromper la faim de leurs petits — ce geste désespéré et tendre à la fois, cette façon de dire je t&rsquo;aime quand on n&rsquo;a plus rien d&rsquo;autre à donner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des quartiers entiers vidés de leur substance humaine — comme on vide une assiette d&rsquo;un revers de main. Leurs habitants jetés sur les routes, réduits à l&rsquo;état de réfugiés dans leur propre pays, dormant à même le sol sous des bâches bleues qui sont devenues, qu&rsquo;on le veuille ou non, le nouveau drapeau de la misère haïtienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce tableau n&rsquo;est pas une exception. Ce n&rsquo;est pas une crise passagère. C&rsquo;est le quotidien de millions de personnes — et c&rsquo;est dans ce contexte, face à cette réalité, que l&rsquo;État a jugé pertinent de débourser 18 millions de gourdes pour un concours TikTok.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>L&rsquo;épistémophobie comme colonne vertébrale d&rsquo;un régime</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe un mot pour désigner la peur pathologique du savoir : épistémophobie. C&rsquo;est un trouble clinique chez l&rsquo;individu. En Haïti, c&rsquo;est une politique d&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Observez les choix de cet État depuis des décennies — non pas ses discours, non pas ses communiqués officiels, mais ses actes concrets, ses budgets réels, ses priorités révélées. Ce que vous verrez, c&rsquo;est un système qui a peur de l&rsquo;université, qui se méfie du diplômé, qui préfère investir dans tout ce qui maintient les masses dans l&rsquo;immédiateté, dans l&rsquo;émotionnel, dans le spectaculaire — plutôt que dans ce qui développe l&rsquo;esprit critique, la capacité d&rsquo;analyse, le refus de l&rsquo;absurde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un peuple qui pense est un peuple qui questionne. Un peuple qui questionne est un peuple qui résiste. Et un peuple qui résiste, ça ne se gouverne pas facilement — surtout quand on a des comptes à cacher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors on souffle sur la flamme du savoir. Pas assez fort pour l&rsquo;éteindre complètement — un peuple mort dans l&rsquo;ignorance totale ne se pille pas non plus. Juste assez pour qu&rsquo;elle vacille. Juste assez pour que la lumière reste faible, tremblante, insuffisante pour éclairer ce qui se trame dans les couloirs du pouvoir. On laisse les universités se dégrader. On laisse les enseignants partir. On laisse les stages devenir des mirages. Et on célèbre, avec l&rsquo;argent public, tout ce qui brille sans éclairer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un calcul. Froid. Méthodique. Et parfaitement assumé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>La fuite des cerveaux — ou la réponse rationnelle à un système irrationnel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jeune médecin haïtien passe sept ans à étudier. Sept années de sacrifices silencieux — les nuits blanches sur des manuels usés, les repas sautés, les parents qui se privent pour payer les frais de scolarité, les petits frères qui attendent que grand frère réussisse pour que la famille respire un peu. Sept ans à tenir, à croire, à espérer que le bout du tunnel existe vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et au bout de ces sept ans ? Un dossier de stage qui traîne dans le tiroir poussiéreux d&rsquo;un bureau ministériel où le téléphone sonne dans le vide. Un système qui lui dit, sans même prendre la peine de le regarder dans les yeux : tu n&rsquo;es pas une priorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors il part. Il prend son diplôme sous le bras, il embrasse sa mère, et il prend l&rsquo;avion. Non pas parce qu&rsquo;il ne love pas son pays — mais parce que son pays, lui, ne l&rsquo;aime pas en retour. Pas avec des mots, en tout cas. Avec des actes, le message est clair depuis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et quand on pleure la fuite des cerveaux, on feint d&rsquo;oublier que ce sont les mêmes mains qui ont ouvert la cage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Ni aveugle, ni fou — juste sans honte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On voudrait parfois pouvoir excuser ces dirigeants en criant à l&rsquo;incompétence. Ce serait presque rassurant — l&rsquo;incompétence, ça s&rsquo;explique, ça se comprend, ça laisse espérer un lendemain meilleur avec de meilleures personnes aux commandes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce que nous observons dépasse l&rsquo;incompétence. Ce que nous vivons a un autre nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils voient. Ils voient les tentes, la boue, les hôpitaux fermés, les enfants sans école. Ils traversent les mêmes rues — ou du moins, ils les survolent depuis leurs véhicules blindés aux vitres teintées. Ils savent. Ils ont les rapports, les chiffres, les statistiques. Ils savent que des gens meurent faute de soins, que des familles crèvent de faim, que des quartiers entiers ont été abandonnés aux gangs. Et ils continuent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas malgré tout ça. Avec tout ça comme toile de fond — indifférents, souverains, intouchables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas de la cécité. C&rsquo;est du mépris. Un mépris souverain, tranquille, presque élégant dans son cynisme. Le mépris de ceux qui ont compris que dans ce système, personne ne viendra jamais leur présenter la facture. Pas la justice — elle est domestiquée. Pas la presse — elle est fragmentée ou intimidée. Pas le peuple — il est épuisé, traumatisé, occupé à survivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un État qui récompense la frivolité et punit l&rsquo;excellence n&rsquo;est pas un État qui a échoué son peuple par accident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un État qui a choisi de l&rsquo;échouer — méthodiquement, impunément, et sans le moindre remords.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Haïti, cette bougie qu&rsquo;on empêche de brûler</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant — et c&rsquo;est là où réside la tragédie la plus profonde — Haïti n&rsquo;est pas un pays sans ressources. Pas un pays sans intelligence. Pas un pays sans âme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti est un pays plein de lumière. Dans ses médecins qui soignent sans salaire par pur sens du devoir. Dans ses enseignants qui font cours à la lueur d&rsquo;une bougie quand l&rsquo;électricité fait défaut. Dans ses ingénieurs qui construisent avec des bouts de ficelle ce que d&rsquo;autres construisent avec des millions. Dans ses artistes, ses écrivains, ses jeunes entrepreneurs qui inventent des solutions là où d&rsquo;autres n&rsquo;ont vu que des problèmes. Dans tous ces anonymes qui, chaque matin, choisissent de se lever et de continuer — non pas parce que c&rsquo;est facile, mais parce qu&rsquo;ils refusent de laisser l&rsquo;obscurité avoir le dernier mot.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a des mains, aux commandes, dont le travail quotidien semble être de souffler sur cette flamme. Pas assez fort pour l&rsquo;éteindre — un peuple éteint ne génère plus rien à voler. Juste assez pour qu&rsquo;elle reste faible. Juste assez pour que la chaleur ne se propage pas trop loin. Juste assez pour que l&rsquo;ombre reste confortable pour ceux qui ont appris à prospérer dans le noir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le crime le plus silencieux de cet État — pas les détournements qu&rsquo;on peut chiffrer, pas les contrats gonflés qu&rsquo;on peut parfois prouver. C&rsquo;est ce gaspillage systématique du potentiel humain. Ces générations entières de jeunes brillants, courageux, déterminés — réduits à choisir entre l&rsquo;exil et l&rsquo;abnégation. Ce sont toutes ces flammes étouffées une à une, méthodiquement, au nom d&rsquo;un système qui ne peut survivre qu&rsquo;en maintenant les siens dans l&rsquo;obscurité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Nommer l&rsquo;innommable, pour ne plus jamais se taire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;État haïtien n&rsquo;est ni aveugle, ni dépassé, ni simplement mal organisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est honteux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Honteux dans ses priorités. Honteux dans ses silences complices. Honteux dans ce qu&rsquo;il célèbre&nbsp;&nbsp;la danse, le spectacle, la superficialité et dans ce qu&rsquo;il abandonne sans remords, la science, la santé, l&rsquo;éducation, la dignité humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Tant que des hôpitaux ferment leurs portes pendant que des galas s&rsquo;organisent dans des salles climatisées&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que des finissants de nos grandes facultés mendient un stage pendant que des likes africains se monnayent en millions de gourdes&#8230;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que des enfants dorment sous la pluie pendant que des fonctionnaires dorment sur des contrats illégalement gonflés&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que des familles entières survivent sous des bâches pendant que des budgets entiers disparaissent dans des poches privées&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot « État », en Haïti, continuera d&rsquo;être ce qu&rsquo;il est devenu depuis trop longtemps : une insulte déguisée en institution. Une promesse transformée en trahison. Un contrat social signé avec le sang du peuple — et jamais honoré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de le dire. Il est temps de l&rsquo;écrire. Il est temps de le crier — dans les rues, dans les salles de classe, sur les réseaux sociaux, partout où une voix peut encore porter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;État haïtien n&rsquo;est ni aveugle, ni mêlé, ni simplement chaotique. Il est honteux. Honteux dans ses choix, honteux dans ses silences, honteux dans ce qu&rsquo;il célèbre et dans ce qu&rsquo;il abandonne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant que les finissants de nos grandes facultés mendient un stage pendant que des likes se monnayent en millions, tant que des hôpitaux ferment pendant que des galas s&rsquo;organisent, le mot État restera, en Haïti, une insulte déguisée en institution.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">JJ, M.E.D</p>
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		<title>Crise politique en Haïti et ingérence étrangère</title>
		<link>https://radiotelemasseillaninfo.com/crise-politique-en-haiti-et-ingerence-etrangere/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 23:26:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À quelques heures de l'expiration du mandat transitoire (le 7 février 2026), Haïti oscille entre propositions d'une gouvernance inclusive par une Convention Nationale et le chaos imposé par la violence armée, tandis que les partenaires internationaux peinent à honorer leurs engagements sécuritaires. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Haïti, première nation noire indépendante depuis 1804, ploie aujourd&rsquo;hui sous une crise politique aiguë, avec la fin imminente du Conseil Présidentiel de Transition le 7 février 2026 et la mainmise des gangs sur 90% de Port-au-Prince. Pourquoi, plus de deux siècles après la Révolution, l&rsquo;interventionnisme étranger continue-t-il de dicter nos affaires internes, nous privant d&rsquo;une souveraineté véritable ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À quelques heures de l&rsquo;expiration du mandat transitoire (le 7 février 2026), Haïti oscille entre propositions d&rsquo;une gouvernance inclusive par une Convention Nationale et le chaos imposé par la violence armée, tandis que les partenaires internationaux peinent à honorer leurs engagements sécuritaires. Comment cette interférence perpétuelle transforme-t-elle nos luttes internes en un théâtre impérialiste, nous empêchant d&rsquo;être vraiment indépendants encore ? Il est important pour que nous examinerons le contexte de la crise, l&rsquo;impact des acteurs étrangers et les voies d&rsquo;une reprise en main nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré 23 constitutions successives, la politique haïtienne reste marquée par l&rsquo;instabilité chronique, exacerbée par des interventions extérieures sous-financées comme la mission anti-gangs de l&rsquo;ONU. L&rsquo;ingérence étrangère, loin d&rsquo;aider, subordonne-t-elle nos décisions souveraines et perpétue-t-elle notre dépendance ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1804, l&rsquo;indépendance d&rsquo;Haïti marque une rupture révolutionnaire radicale, mais expose le jeune État à l&rsquo;isolement international où : la France impose une dette odieuse de 150 millions de francs-or en 1825 pour « reconnaître » la souveraineté, tandis que les États-Unis et l&rsquo;Europe refusent tout soutien, craignant la contagion abolitionniste. Jean-Jacques Dessalines proclame l&#8217;empire en 1804, suivi par la scission du pays (où un royaume du Nord dirigé par Christophe, et la république du Sud/Ouest avec Pétion) son assassinat en 1806, révélant des rivalités internes exacerbées par l&rsquo;absence de reconnaissance extérieure. Cette instabilité fondatrice pose les bases multiples de toutes les dépendances qui ont alimenté les nouvelles structurations et les dynamiques endogènes qui ont reconfiguré la jeune nation en se perdurant tout au cours de l&rsquo;histoire nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Analysant ces enjeux post-indépendance et toutes les crises qui en découlaient, il s&rsquo;est avéré que suivant l&rsquo;histoire, l&rsquo;occupation américaine de 1915-1934 aggrave cette vulnérabilité, sous prétexte de stabiliser le pays qui vivait la turbulence des guerres intestines ou fratricides durant tout le XIXe siècle et les débuts du XIXe siècle. Dans cette logique, les yankees avaient déjà pillé le trésor public, et par la suite avec les Marines, ils contrôlent nos ports, toutes nos ressources la banque nationale en menant une lutte anti-européenne, surtout les Français et réécrivent la Constitution pour permettre la propriété étrangère ; l&rsquo;expropriation et l&rsquo;exploitation des terres ainsi que les masses paysannes. Cela n&rsquo;est pas sans conséquence sur des fidèles citoyen.nes qui allait provoquer des mouvements de résistance avec les « caco » et un nationalisme haïtien naissant. Ces interventions, justifiées par la « civilisation », institutionnalisent un modèle d&rsquo;État tutélaire, préfigurant les ingérences modernes et affaiblissant les institutions locales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet effet, de la fin des occupants en 1934, le pays allait connaître un contour historique : la réorganisation de l&rsquo;armée indigène héritage de 1804 en garde nationale d&rsquo;Haïti. Cette dernière sera à l&rsquo;origine de tous les coups de forces ou les coups d&rsquo;État dans le pays qui, en même temps, fera l&rsquo;objet d&rsquo;une révolution en 1946 contre l&rsquo;oligarchie mulâtre de l&rsquo;époque. Puis, vint la dictature des Duvaliers (1957-1986) illustrant une politique intérieure corrompue, meurtrière, où François « Papa Doc » s&rsquo;appuyait sur ses milices armées les « Tontons Macoutes » afin de réprimer toute opposition. Tandis que, dans cette veine, les États-Unis tolèrent ce régime anticommuniste contre des citoyen.nes de tendance gauchiste ou marxiste et aussi contre Cuba voisin. Après la chute de Jean-Claude « Bébé Doc » en 1986, plus d&rsquo;une vingtaine constitutions successives échouent à stabiliser le pouvoir avec le projet de transition démocratique ; pourtant, le pays allait ponctuer par des coups d&rsquo;État, massacres, embargos et des interventions de USA et de l&rsquo;ONU (MINUHA en 1993) ceux transforment Haïti en pion géopolitique, tout en perpétuant l&rsquo;instabilité au lieu de la résoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;arrivée de Jean-Bertrand Aristide en 1991, premier président élu démocratiquement, est évincé par un coup d&rsquo;État financé par la CIA selon certaines analyses, suivi d&rsquo;opérations militaires américaines en 1994 et 2004. Dans ces contextes, les États-Unis ont toujours là part belle de tous ces ingérences, sous couvert d&rsquo;aide humanitaire, minant la légitimité populaire et favorisent la corruption endémique. À nos yeux tout cela explique pourquoi, en 2026, la fin du CPT reste hypothéquée par des agendas étrangers bien pensés, contrôlé et guidé par cette nation au statut de la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ces quelques termes, l&rsquo;histoire politique haïtienne se résume à une triste lutte contre l&rsquo;ingérence : partant de l&rsquo;Acte d&rsquo;Indépendance en 1804 aux Constitutions de 1805 et 1843, les fondateurs forgent un État noir libre au milieu d&rsquo;un continent esclavagiste/esclavagisé, tout en continuant de subir les blocus en plus des dettes coloniales. Au total près, le XIXe siècle a vu 22 changements de régime, culminant avec l&#8217;empire de Soulouque (1849-1859), tandis que le XXe avait imposé l&rsquo;occupation des US et les moments funèbres du régime des Duvaliers ainsi que la continuité des instabilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, cette trajectoire éclaire bien la crise de 2026 et son imagerie où les&nbsp;gangs contrôlant Port-au-Prince, malgré la présence des missions onusienne sous-financées et qui alimentent l&rsquo;imaginaire d&rsquo;une souveraineté confisquée là où les acteurs internes peinent à imposer une Convention Nationale sans tutelle extérieure. Devant ces faits, il est évident qu&rsquo;une réappropriation historique soit urgente pour restaurer l&rsquo;indépendance véritable et la liberté pleine et effective de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, du XIXe siècle à la crise de 2026, l&rsquo;histoire politique haïtienne révèle un schéma récurrent : ingérences étrangères successives qui transforment nos luttes internes en dépendance perpétuelle, comme en témoigne la fin du CPT et aussi l&rsquo;échec des missions de l&rsquo;ONU. Cette tutelle externe empêche une indépendance véritable, affaiblissant institutions et mobilisation populaire. Face à cette crise seule une Convention Nationale souveraine, portée par les Haïtiens, peut briser ce cycle et restaurer une gouvernance légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La trajectoire chaotique circulant de l&rsquo;occupation américaine aux gangs actuels confirme que l&rsquo;interventionnisme, loin de stabiliser, subordonne la souveraineté haïtienne à des agendas géopolitiques atrophiés et asphyxiés. Face à ces violences qui paralysent la capitale/ville principale politique du pays (Port-au-Prince) et les élections prévues, il est temps de rejeter ces dynamiques en vue de privilégier un dialogue interne crédible, honnête et inclusif. Une rupture avec la dépendance imposera enfin l&rsquo;indépendance, par la voix du peuple vigilant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les instabilités post-indépendances, dictatures et interventions récentes convergent vers la crise multidimensionnelle de 2026, où l&rsquo;ingérence freine toute reprise en main nationale. Pourtant, l&rsquo;héritage de 1804 rappelle la force d&rsquo;une révolution populaire. Ceux-ci étant dit, Haïti doit s&rsquo;approprier son destin via des réformes internes audacieuses capable de transformer les vulnérabilités en force ou puissance collective pour une renaissance souveraine pleinement assumée et assurée par des haïtien.nes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut remplacer les clôtures statiques par des ouvertures sur l&rsquo;avenir : au lieu d&rsquo;une « Haïti croupissant dans dépendance, optez pour qu&rsquo;à » l&rsquo;horizon de 2027, une Convention Nationale inclusive pourrait transformer ces crises en opportunité de renaissance Souveraine fiable. Sans oublier la probabilité de la réalisation des prochaines élections prévues pour le mois d&rsquo;août qui doivent être sécurisées par des forces locales renforcées institutionnellement. Cela incitera à la réflexion sur des tendances émergentes, comme un dialogue post-CPT sans tutelle de l&rsquo;ONU et des États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mobilisez le lecteur directement : Face à cette ingérence perpétuelle, les citoyen.nes, des partis politiques et la société civile doivent exiger dès maintenant un Collège National de Facilitation indépendante, en vue d&rsquo;imposer une gouvernance haïtienne non importée ni imposée. Utilisez un ton incisif et concret comme des pétitions, mobilisations populaires pour laisser une impression durable et persuasive. En somme, l&rsquo;histoire et la crise de 2026 confirment que l&rsquo;ingérence freine notre indépendance. Il est impératif que les Haïtien.nes s&rsquo;unissent pour une Convention souveraine d&rsquo;ici ce février, brisant enfin le cycle de dépendance et pavant la voie à une ère de gouvernance autonome.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Johnny JOSEPH, pour une nouvelle Haiti&nbsp;!!!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Fin de la transition : l’urgence d’un retour à l’ordre constitutionnel en Haïti</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Emmanuel Sanon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 16:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A l’heure où nous sommes, Haïti traverse une phase décisive de son histoire politique contemporaine. Depuis plusieurs années, la crise institutionnelle, sécuritaire et sociale a profondément affaibli l’autorité de l’État, fragilisé la cohésion nationale et compromis le fonctionnement normal des institutions républicaines. C’est précisément pour répondre à cette situation exceptionnelle qu’a été conclu l’Accord du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">A l’heure où nous sommes, Haïti traverse une phase décisive de son histoire politique contemporaine. Depuis plusieurs années, la crise institutionnelle, sécuritaire et sociale a profondément affaibli l’autorité de l’État, fragilisé la cohésion nationale et compromis le fonctionnement normal des institutions républicaines. C’est précisément pour répondre à cette situation exceptionnelle qu’a été conclu l’Accord du 4 avril 2025 portant création du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), avec pour mission clairement définie de restaurer l’ordre institutionnel, de stabiliser le pays et de conduire la nation vers des élections libres, crédibles et démocratiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, toute transition, aussi nécessaire soit-elle, ne peut ni se substituer durablement à l’ordre constitutionnel ni s’affranchir des limites temporelles qui lui ont été assignées. À cet égard, la date du 7 février 2026 constitue un engagement solennel, juridiquement et politiquement contraignant, qui doit être respecté dans l’intérêt supérieur de la nation et dans le respect de la parole donnée au peuple haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la bonne gouvernance à la viabilité de la transition</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bonne gouvernance repose sur des principes non négociables : la transparence dans la gestion publique, la responsabilité des dirigeants, la participation citoyenne et le respect strict de l’État de droit. Or, force est de constater que la transition en cours, bien qu’ayant permis d’éviter un effondrement institutionnel immédiat, n’a pas encore produit les résultats attendus en matière de sécurité nationale, de rétablissement de l’autorité de l’État et de préparation effective des élections.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la viabilité même de la transition ne peut être évaluée à l’aune de sa durée, mais plutôt à sa capacité à se conclure dans les délais prévus et à transmettre le pouvoir dans un cadre clair, légal et consensuel. Toute prolongation non encadrée de cette phase transitoire ne ferait qu’aggraver la crise de légitimité, renforcer la défiance populaire et installer durablement l’instabilité politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La stabilité politique constitue une condition essentielle au redressement du pays. À cet effet, elle ne saurait être atteinte sans une vision claire de la sortie de transition, sans un calendrier crédible et sans des institutions respectées dans leurs compétences respectives. Les divergences internes, les décisions contradictoires et l’absence de consensus fragilisent davantage l’édifice institutionnel déjà éprouvé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi, l’heure n’est plus aux calculs partisans ni aux arrangements circonstanciels, mais à une responsabilité collective fondée sur l’intérêt général, la paix sociale et la reconstruction de la confiance nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Constitution haïtienne demeure la norme suprême qui organise l’équilibre et la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. En conséquence, même dans un contexte transitoire, aucun pouvoir ne peut s’arroger des prérogatives qui ne lui sont pas reconnues, ni affaiblir les mécanismes de contrôle et de contrepoids.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pouvoir judiciaire, en tant que garant de la légalité constitutionnelle et des libertés fondamentales, occupe une place centrale dans la préservation de l’État de droit. Ainsi, toute solution visant à clore la transition doit impérativement s’inscrire dans une logique de respect institutionnel, de légalité et de continuité de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’échéance du 7 février 2026 : une obligation non négociable</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 février 2026 ne saurait être interprété comme une simple date symbolique. Au contraire, il s’agit d’une échéance constitutionnelle et politique impérative découlant directement de l’Accord du 4 avril 2025. Son non-respect ouvrirait la voie à une nouvelle rupture institutionnelle, aux conséquences potentiellement graves pour la stabilité nationale et la crédibilité internationale d’Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, il est impératif de mettre en place, sans délai, un mécanisme de transition finale, strictement limité dans le temps, ayant pour unique objectif l’organisation des prochaines élections générales et le retour effectif à l’ordre constitutionnel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette optique, la désignation d’un juge à la Cour de cassation pour assurer la conduite de la dernière phase de cette transition s’impose comme une solution à la fois responsable, consensuelle et conforme à l’esprit de la Constitution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, un tel choix garantit la neutralité politique indispensable dans un contexte de méfiance généralisée. Il renforce également la crédibilité de l’État en confiant cette mission à une autorité issue du plus haut niveau du pouvoir judiciaire, reconnue pour sa compétence et son attachement à la légalité. De surcroît, cette option contribue à la stabilité nationale en rassurant la population et les partenaires internationaux sur la volonté réelle des autorités de respecter les règles constitutionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de souligner que cette démarche ne vise ni à installer durablement le pouvoir judiciaire à la tête de l’exécutif, ni à créer un précédent dangereux. Au contraire, elle doit être strictement encadrée, clairement limitée dans le temps et exclusivement orientée vers la tenue d’élections libres, honnêtes et transparentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, Haïti se trouve à un tournant historique. Soit la transition s’achève dans le respect de la Constitution, de l’échéance du 7 février 2026 et des principes démocratiques, soit le pays s’expose à une nouvelle phase d’incertitude et d’instabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi, le respect strict des engagements pris, la consolidation de la séparation des pouvoirs et le choix d’une solution institutionnelle crédible constituent des impératifs absolus. Le recours à un juge de la Cour de cassation pour conduire la transition finale représente, dans ce contexte, un acte de responsabilité nationale, un signal fort en faveur de l’État de droit et une étape déterminante vers le rétablissement durable de l’ordre constitutionnel et démocratique en Haïti.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Emmanuel SANON</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avocat</p>



<p class="wp-block-paragraph">Politologue</p>



<p class="wp-block-paragraph">Défenseur de Droits Humains</p>



<p class="wp-block-paragraph">Citoyen Engagé</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Haïti : entre l’influence politique néfaste du Core Group et la corruption de ses élites</title>
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		<dc:creator><![CDATA[James Fleurissaint]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Jan 2026 12:05:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Haïti traverse une crise profonde qui ne peut être expliquée uniquement par des défaillances internes. Le pays se trouve à l’intersection de deux forces destructrices : d’une part, l’influence politique néfaste du Core Group, et d’autre part, la corruption systémique d’une partie significative de ses élites politiques et économiques. Le Core Group, structure informelle dépourvue [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Haïti traverse une crise profonde qui ne peut être expliquée uniquement par des défaillances internes. Le pays se trouve à l’intersection de deux forces destructrices : d’une part, l’influence politique néfaste du Core Group, et d’autre part, la corruption systémique d’une partie significative de ses élites politiques et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Core Group, structure informelle dépourvue de toute légitimité constitutionnelle haïtienne, exerce depuis plusieurs années une influence déterminante sur les décisions politiques majeures du pays. En s’imposant comme arbitre du jeu institutionnel, il affaiblit la souveraineté nationale, fragilise les institutions républicaines et contribue à la perte de confiance de la population envers l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, cette ingérence externe trouve un terrain favorable dans la corruption endémique de certaines élites locales. Des acteurs politiques et économiques, mus par des intérêts personnels et protégés par des réseaux d’influence transnationaux, participent activement à l’enclavement du pays dans un piège multinational. En échange d’avantages économiques, de protections ou de soutiens politiques, ils livrent les leviers de décision nationale, accentuant la dépendance et la désintégration de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette convergence d’intérêts entre ingérences étrangères et corruptions internes produit un système de domination durable, où la crise devient un mode de gouvernance et l’instabilité un instrument de contrôle. Le peuple haïtien en est la première victime, privé de son droit à l’autodétermination, à la sécurité et au développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sortir de cette impasse historique suppose une rupture claire et courageuse : rompre avec toute forme de tutelle politique étrangère et assainir en profondeur la gouvernance nationale. Sans cette double exigence, Haïti restera enfermé dans un cycle de dépendance, de violence et de désillusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">James Fleurissaint</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Le carnaval doit-il avoir lieu cette année en Haïti ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Masner Christophe]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 12:59:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[2026]]></category>
		<category><![CDATA[carnaval]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le carnaval est la plus grande manifestation culturelle d’Haïti. Chaque année, dès le mois de janvier, la population commence à ressentir la chaleur du carnaval jusqu’au grand défilé des trois jours gras au mois de février. C’est l’un des événements les plus attendus du pays, à la fois sur le plan culturel, artistique et populaire. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le carnaval est la plus grande manifestation culturelle d’Haïti. Chaque année, dès le mois de janvier, la population commence à ressentir la chaleur du carnaval jusqu’au grand défilé des trois jours gras au mois de février. C’est l’un des événements les plus attendus du pays, à la fois sur le plan culturel, artistique et populaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traditionnellement organisé dans la capitale ou dans d’autres grandes villes du pays, le carnaval national se distingue par ses couleurs éclatantes, ses décorations spectaculaires, ses danses, ses méringues et son ambiance festive unique. Des groupes à pied, des chars musicaux et de nombreuses formations artistiques se préparent pendant des mois pour proposer des méringues carnavalesques capables de marquer les esprits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, en raison de l’instabilité politique et surtout de l’insécurité généralisée, le carnaval n’a pas été organisé en Haïti depuis 2021. La dernière édition nationale avait eu lieu à Port-de-Paix. Depuis, chaque année relance le même débat : faut-il maintenir le carnaval malgré un contexte national aussi fragile ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année, la question se pose avec encore plus d’insistance. Plusieurs artistes et acteurs culturels ont déjà pris position. L’artiste Tjo Zenny a affirmé que son carnaval est déjà prêt. De son côté, le groupe Vwadèzil, avec Fresh La, a officiellement annoncé son titre carnavalesque intitulé « Se Pa Tit ou Piti », preuve que les groupes musicaux se préparent activement à une éventuelle édition. De nombreux autres acteurs du secteur culturel expriment également leur souhait de voir le carnaval se tenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, Olfton Benoit, de l’émission AKTYALITE HMI, s’est clairement prononcé en faveur de l’organisation du carnaval. Pour lui, il s’agit d’un rendez-vous culturel majeur qui ne doit pas disparaître. Ankinson Bélizaire, plus connu sous le nom de Zigizag Zagalo, partage cette position. Selon lui, le carnaval est une fête culturelle nationale qui ne peut être continuellement annulée malgré les difficultés. Il propose même la ville des Cayes comme destination privilégiée pour accueillir le carnaval national. La ville des Cayes, troisième ville du pays, avait d’ailleurs organisé l’un des plus beaux carnavals de l’histoire récente en 2012.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la fête, le carnaval représente aussi un véritable moteur économique. Il permet de relancer l’économie locale et nationale : petits marchands, vendeurs, hôteliers, restaurateurs, propriétaires de plages, artisans et travailleurs informels bénéficient directement de cette activité. Pour de nombreuses familles, le carnaval représente une opportunité rare de générer des revenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’hypocrisie carnavalesque</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe dans cette société une forme d’hypocrisie qu’on préfère ne pas nommer. L’année 2025, largement marquée par les assauts répétés de groupes armés, en est l’illustration parfaite. Malgré le climat d’insécurité, la plupart des artistes et groupes musicaux ont parcouru le pays pour animer de grandes soirées privées, notamment dans la capitale. Des événements coûteux, inaccessibles pour la majorité de la population, qui se sont déroulés sous projecteurs, bouteilles pétillantes et stories Instagram. Pendant ce temps, le reste du peuple observait, impuissant, derrière l’écran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, lorsqu’il s’agit d’organiser le carnaval &#8211; la seule festivité réellement populaire, le seul moment où le pays peut célébrer collectivement sans ticket VIP &#8211; soudainement la carte de l’insécurité est brandie. Comme si les soirées privées se déroulaient sur une autre planète, miraculeusement épargnée par les balles, les kidnappings et le chaos quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tôt cette semaine, certains internautes ont d’ailleurs effleuré cette contradiction sur les réseaux sociaux. « Lè pou n pran plezi nou nan otèl ak jazz nou pa gen ensekirite, moman ti pèp la pral rive, piga m tande plenyen », pouvait-on lire sur Facebook.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le carnaval pris dans la temporalité politique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, un autre élément majeur reste encore au débat cette année: la date du 7 février. Cette date est particulièrement importante sur le plan politique, car elle marque une étape clé dans la transition. Tous les regards sont tournés vers l’évolution de la situation, notamment en ce qui concerne le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), appelé à remettre le pouvoir. La manière dont cette transition se déroulera pourrait influencer directement la décision d’organiser ou non le carnaval. Le 7 février apparaît donc comme une date à surveiller de très près.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la question demeure ouverte : faut-il privilégier la prudence sécuritaire au détriment de la culture, ou trouver une formule adaptée permettant de célébrer le carnaval tout en garantissant la sécurité de la population, dans un contexte politique en pleine évolution ? Une chose est certaine: le carnaval reste un symbole fort de l’identité haïtienne, un espace d’expression populaire, de résistance culturelle et d’espoir pour tout un peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Par : Masner Christophe dit Mass-Power Mache Konpa</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Haïti entre ingérence et mainmise sur les hommes d&#8217;État : l&#8217;Église catholique, une légitimation subtile du pouvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jeff Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jan 2026 20:05:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[haïti]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’approche du 7 février 2026, date symbolique et politiquement chargée, l’évêque Pierre-André Dumas, figure influente de l’Église catholique et membre du Rassemblement pour une Entente Nationale (REN), propose de prendre la tête d’une médiation politique. Une proposition qui, à première vue, respire la sagesse. Mais dans un pays rongé par la méfiance et les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">À l’approche du 7 février 2026, date symbolique et politiquement chargée, l’évêque Pierre-André Dumas, figure influente de l’Église catholique et membre du Rassemblement pour une Entente Nationale (REN), propose de prendre la tête d’une médiation politique. Une proposition qui, à première vue, respire la sagesse. Mais dans un pays rongé par la méfiance et les compromis d’arrière-salle, cette main tendue interroge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette république où la crise n’est plus un événement, mais un mode de fonctionnement ; où l’international dicte, finance, valide et parfois gouverne dans l’ombre voilà que l’Église, censée être une institution spirituelle, au-dessus des joutes partisanes, glisse un pied dans l’arène. L’évêque d’un diocèse devient stratège, négociateur, porte-voix d’une plateforme politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais peut-on réellement être médiateur et acteur ? Ne court-on pas le risque de voir l’autel se transformer en tribune électorale ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mgr Dumas se présente comme une conscience morale, figure sans tâche. Pourtant, au sein même du REN qu’il représente, une ministre, aujourd’hui éclaboussée par des accusations de corruption portées par l’ULCC, siège encore sans être inquiétée. L&rsquo;éthique est-elle à géométrie variable selon qu’on soit en soutane ou en fauteuil ministériel ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette république de parias, les loups savent revêtir le costume de Peter Pan pour mieux séduire une population lasse et désorientée. Et pendant que les miettes du gâteau de l’État se raréfient, les appétits, eux, s’aiguisent. Certains ne veulent plus se contenter du bord de l’assiette&nbsp;&nbsp;ils visent la table entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme toujours, dans cette pièce que l’on joue depuis trop longtemps, le peuple est relégué au rang de figurant. Car derrière les conciliabules et les grandes déclarations de bonne volonté, ce n’est pas son avenir qui se décide&nbsp;&nbsp;mais bien le partage du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant que le rideau se lève sur un nouvel acte de cette tragédie politique, tous les regards se tournent vers « les blancs ». Ceux qui seraient partis, disait-on. Mais qui, en coulisses, tiennent encore les ficelles. Car ici, ce sont eux qui auront, une fois de plus, le dernier mot.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeff Jean</p>
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		<title>USA, le paradis des démons : entre mirage doré et réalité cruelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph, MED]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Dec 2025 13:36:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On les voyait partir, le cœur gonflé d’espoir, les yeux brillants d’un avenir meilleur. Ils quittaient leur terre natale, pensant troquer la poussière de la misère contre les étoiles du rêve américain. Les États-Unis leur apparaissaient comme un jardin d’Éden moderne, un paradis aux mille promesses où même les trottoirs semblaient pavés d’or. Mais très [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On les voyait partir, le cœur gonflé d’espoir, les yeux brillants d’un avenir meilleur. Ils quittaient leur terre natale, pensant troquer la poussière de la misère contre les étoiles du rêve américain. Les États-Unis leur apparaissaient comme un jardin d’Éden moderne, un paradis aux mille promesses où même les trottoirs semblaient pavés d’or. Mais très vite, ce rêve s’effrite comme un vieux décor de théâtre derrière les lumières, ils découvrent l’ombre. Derrière les gratte-ciel, les chaînes. Derrière le sourire de la Statue de la Liberté, le visage froid d’un système qui ne les attendait pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils s’imaginaient dans un monde de justice, d’opportunités et de dignité. Pourtant, pour beaucoup, ce fut une traversée vers l’enfer. Un enfer bureaucratique, économique et social. Des camps de rétention où l’on traite des êtres humains comme des colis en transit. Des familles séparées, des enfants en cage, des nuits à dormir sous les ponts. Des visages hostiles, des murs dressés plus hauts que leurs espoirs. Ils ont fui la misère pour y retrouver la même bête, sous un autre nom, dans un autre costume. L’Amérique, pour eux, n’est pas le pays de la liberté, mais la prison de l’illusion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Paradis des démons », car là où ils croyaient trouver des anges, ils tombent sur l’indifférence. L’indifférence d’un système migratoire impitoyable, l’hypocrisie d’un pays qui vend l’espoir à l’international, mais qui le confisque aux frontières. Certains diront que tout cela n’est qu’une étape, qu’il faut souffrir pour réussir. Mais pourquoi faut-il se déshumaniser pour mériter une vie meilleure ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, tout n’est pas noir. L’Amérique reste une terre où tout est possible, mais pas pour tout le monde. La réussite existe, mais elle est souvent réservée à ceux qui entrent par la grande porte, pas par les sentiers de la survie. Il ne s’agit pas ici de condamner un pays, mais de dénoncer une hypocrisie mondiale. Car si les États-Unis ferment leurs frontières, c’est aussi parce que des pays comme le nôtre n’offrent aucune alternative à leurs citoyens. La fuite devient une nécessité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de comprendre que le vrai paradis n’est pas géographique. Ce n’est pas une nation en particulier. C’est une société qui place l’humain au centre, qui donne une chance réelle à chacun, peu importe sa langue, sa peau ou son pays. Tant que nos dirigeants continueront de trahir leurs peuples, tant que la pauvreté restera une condamnation à mort silencieuse, nos jeunes continueront de rêver d’eldorados… qui n’existent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pendant ce temps, l’Amérique vendra toujours son rêve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais un rêve peut aussi être un piège.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par : Johnny Joseph</p>
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		<title>Haïti : entre trafics, silence d’État et trahison nationale &#8211; jusqu’où ira la complicité du pouvoir ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Johnny Joseph, M.E.D]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 13:10:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[RTMI]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis la diffusion d’une vidéo-choc mettant à nu ce qui se passerait à l’intérieur des installations de l’entreprise APAID, le pays est une fois de plus confronté à une vérité insoutenable; celle d’un État qui semble protéger les puissants pendant que les pauvres sont écrasés. Dans cette vidéo, les jeunes issus des quartiers populaires révèlent [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la diffusion d’une vidéo-choc mettant à nu ce qui se passerait à l’intérieur des installations de l’entreprise APAID, le pays est une fois de plus confronté à une vérité insoutenable; celle d’un État qui semble protéger les puissants pendant que les pauvres sont écrasés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette vidéo, les jeunes issus des quartiers populaires révèlent des images troublantes, un véritable laboratoire de production de drogue, un site de plantation de cannabis, de transformation en cocaïne, et, plus grave encore, la présence de fosses remplies d’ossements humains et de crânes, soupçonnées d’être liées à un trafic d’organes humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des accusations qui, si elles sont avérées, constituent un crime contre l’humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon ces témoignages visuels, APAID et certains grands noms du secteur privé haïtien, notamment Charles Henri Baker, ancien candidat à la présidence, seraient au cœur d’un vaste réseau mêlant trafic de drogue, d’organes et d’êtres humains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des hélicoptères viendraient, selon la vidéo, récupérer des cargaisons directement dans l’enceinte de l’entreprise, sous la protection passive, voire active des autorités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant ce temps, des citoyens disparaissent, et personne ne réclame justice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment un pays peut-il continuer à fonctionner dans une telle impunité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment peut-on encore parler de souveraineté quand les institutions sont complices de l’horreur ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui choque le plus dans cette affaire, c’est la réaction de la Police nationale d’Haïti (PNH). Au lieu de diligenter une enquête sérieuse, les forces de l’ordre semblent protéger les installations d’APAID, comme si elles servaient de bouclier à ceux-là mêmes qui seraient accusés de crimes atroces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que des jeunes des quartiers défavorisés sont traqués, arrêtés ou exécutés, les grands trafiquants dorment paisiblement, entourés de gardes armés, souvent sous les ordres de l’État lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impunité n’est plus un accident, elle est devenue une politique d’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le scandale dépasse le cadre d’un simple conflit entre un groupe armé et une entreprise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il met en lumière la corruption systémique d’une élite économique qui s’enrichit sur la misère du peuple haïtien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces « bourgeois sans conscience », comme les appellent certains, se sont transformés en véritables prédateurs, exploitant le pays jusque dans sa chair et son sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Drogue, organes, corruption, exploitation des pauvres, voilà la réalité d’un système qui a remplacé l’État de droit par un État de rente et de trahison.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces individus, sous couvert de respectabilité, participent à la destruction méthodique du tissu social haïtien, pendant que le peuple s’enlise dans la peur, la faim et la colère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation actuelle montre clairement que le peuple haïtien est pris en otage entre deux feux : D’un côté, les gangs, dont certains commettent des crimes odieux et terrorisent les civils ; De l’autre, les élites économiques et politiques, qui, sous couvert de respectabilité, participent à des trafics inhumains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et au milieu, un État effondré, incapable d’assurer la sécurité, la justice ou la dignité de son peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment expliquer que toutes les routes vers la capitale soient bloquées depuis des années sans qu’aucune autorité n’intervienne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment comprendre que des chars blindés soient soudain disponibles uniquement pour défendre les intérêts de certains riches entrepreneurs, des drogues dealers, des trafiquants d&rsquo;organes&#8230;.mais jamais pour protéger les citoyens ordinaires ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sélectivité dans la répression est la preuve que l’État haïtien a cessé de servir la nation, il ne sert plus qu’un clan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette dérive, le silence ne peut plus être une option.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société civile, les organisations de défense des droits humains, les universitaires et les journalistes libres doivent se lever et demander des comptes. Si nous continuons à détourner le regard, le pays tout entier s’enfoncera dans un gouffre moral et politique sans retour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est également temps que les jeunes des quartiers populaires comprennent que leur combat ne doit pas être uniquement armé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur véritable force réside dans la vérité et la dénonciation des complots qui détruisent leur avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En exposant ces réseaux mafieux, ils participent à une lutte de libération nationale. Mais cette lutte doit s’appuyer sur la conscience, l’unité et la quête de justice, pas sur la vengeance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Haïti se trouve aujourd’hui à un carrefour historique. Soit le peuple se réveille et exige la vérité sur ces trafics honteux, soit le pays continuera à être dirigé par une minorité de traîtres à la patrie, qui vendent nos richesses, nos corps et nos âmes au plus offrant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence d’État, cette passivité complice, ne sont plus supportables. Si la société civile ne se lève pas, l’histoire retiendra que nous avons regardé ailleurs pendant que notre pays était assassiné à petit feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est temps de rompre le pacte du silence, de reconstruire la dignité nationale, et de rappeler à ceux qui dirigent ou qui croient diriger, qu’Haïti n’appartient ni aux bourgeois corrompus, ni aux trafiquants, mais au peuple souverain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vive l&rsquo;héritage Dessaliniens avec fierté, force et dignité !!!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par :</strong> Johnny Joseph, M.E.D</p>
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		<title>Le projet d&#8217;un humain augmenté. Une critique du transhumanisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roubenson NICOLAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Aug 2025 12:50:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[RTMI]]></category>
		<category><![CDATA[Transhumanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Le transhumanisme, en tant que tel, est récent, mais loin d’être une météorite imprévisible chue d’un désastre obscur, il apparaît comme le prolongement d’une logique de pensée à l’œuvre depuis plusieurs siècles » (p. 55). </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<pre class="wp-block-verse">Par Roubenson NICOLAS, étudiant à la Faculté d'Ethnologie, Université d’État d'Haïti (UEH).</pre>



<p class="wp-block-paragraph">« Nous entrons dans la société de l’amélioration. Une société où l’aspiration à améliorer, optimiser, rehausser, augmenter, perfectionner l’être humain et ses performances par le biais des avancées technoscientifiques et biomédicales devient omniprésente » (Le Devedec, 2013, p.1). C&rsquo;est dans cette perspective que, « (&#8230;) le transhumanisme s&#8217;emploie à « perfectionner » l&rsquo;Homme et la Femme afin qu&rsquo;ils soient « toujours mieux », « toujours plus » (Terence, 2016, p.43). Il s&rsquo;agit d&rsquo;augmenter les capacités physiques et cognitives de l&rsquo;être humain, à partir de l&rsquo;usage de diverses technologies. En effet, le transhumanisme est un courant de pensée qui s’emploie à utiliser la science et les technologies afin de permettre à l’Homme d&rsquo;augmenter son corps et de dépasser ses limites naturelles (Rousseau, 2021, p. 110). Ses objectifs seraient de « Se rendre plus beau, plus fort, plus intelligent, plus heureux et vivre presque éternellement grâce aux technosciences » (Le Dévédec, 2014, p.6).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le projet transhumaniste suscite de vifs débats. « Au-delà des enjeux éthiques liés à la santé, à la sécurité ou à l&rsquo;égalité, pour citer Le Dévédec Nicolas, c&rsquo;est la question fondamentale de la perfectibilité humaine qui doit être soulevée (Le Dévédec, 2014, p. 26), ainsi que le sens du progrès technologique. Cet article se propose d&rsquo;interroger le transhumanisme comme projet d&rsquo;optimisation radicale de l&rsquo;être humain, prolonge-t-il l&rsquo;héritage humaniste des Lumières ou inaugure-t-il une rupture technologique et philosophique susceptible d&rsquo;accentuer les inégalités tout en transformant radicalement notre conception de l&rsquo;humain ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un premier temps, on analysera les origines et les fondements du transhumanisme, puis ses promesses à la lumière de l&rsquo;humanisme des Lumières, avant de présenter des critiques de ce courant de pensée tout en montrant la nécessité de mieux contrôler le développement des nouvelles technologies.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.&nbsp;<strong>Aux origines du transhumanisme&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le philosophe Olivier Rey (2020) rappelle que, « Le transhumanisme, en tant que tel, est récent, mais loin d’être une météorite imprévisible chue d’un désastre obscur, il apparaît comme le prolongement d’une logique de pensée à l’œuvre depuis plusieurs siècles » (p. 55). Il est également un concept difficile à traiter, du fait de ses divers aspects économiques, sociologiques, philosophiques, psychologiques, éthiques. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;histoire du terme est elle-même plurielle, certains auteurs (Alexandre &amp; Besnier, 2016; Terence, 2016 ; Folscheid et al., 2018; Jousset-Couturier, 2016; Lecocq, 2018; Picquart, 2023), s&rsquo;accordent à dire que le mot « transhumanisme », a été inventé ou employé pour la première fois en 1957 par Julian Huxley, naturaliste et frère d’Aldous Huxley, l&rsquo;auteur du&nbsp;<em>Meilleur des mondes&nbsp;</em>(1932<em>)</em>, à qui affirmait déjà que la véritable révolution se produira dans l&rsquo;âme et la chair des êtres humains, plutôt que dans la société (Le Dévédec, 2014). Alexandre Moatti (2020) de son côté, note que le terme&nbsp;<em>transhumanisme</em>&nbsp;est apparu sous la plume de l&rsquo;ingénieur Jean Coutrot (1895-1941) en 1937. Le transhumanisme de Coutrot serait « un prétranshumanisme, d&rsquo;avant les avancées de la biologie et de l&rsquo;informatique, celles des années 1950 (&#8230;)» (Moatti, 2020, p. 39), différent de l&rsquo;usage que fera le biologiste Aldous Huxley plusieurs années plus tard. Aussi, on peut remonter jusqu&rsquo;à Dante qui forgea dans sa&nbsp;<em>Divine Comédie</em>&nbsp;le vocable « Transumanar » désignant une transcendance spirituelle des limites de la nature humaine (Terence, 2016, p. 8 ; Moatti, 2020, p. 39).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du mot, les origines du transhumanisme sont multiples : du positivisme d’Auguste Comte, des recherches du cerveau de Von Neumann, à la contre-culture californienne des années 1970, aux mouvements hippie et New Age (Terence, 2016). On peut même penser au cosmisme russe de Nikolaï Fiodorov.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. 1.1. Le transhumanisme contemporain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandre Moatti (2020), dans son ouvrage&nbsp;<em>Aux racines du transhumanisme. France 1930-1980</em>, présente une étude historique très instructive du transhumanisme. En fait, le transhumanisme contemporain émerge dans les années 80 en Californie sous l&rsquo;impulsion de Max More et Nick Bostrom sont considérés comme les précurseurs de ce courant de pensée, défini comme un mouvement intellectuel et culturel par Bostrom (Damour, 2017). Le mouvement prend son essor dans les années 90 à la Silicon Valley et veut, à partir des avancées techno-scientifiques et biomédicales, affranchir l&rsquo;être humain de ses « chaînes biologiques » (Le Dévédec, 2025). À cet égard, Simon Young écrit : « Comme l’humanisme nous a libérés des chaînes de la superstition, laissons le transhumanisme nous libérer de nos chaînes biologiques » (cité par Le Dévédec, 2025).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette libération passe par « (&#8230;) le biais de multiples innovations technologiques utilisées en convergence, comme la génétique, la nanotechnologie et l&rsquo;intelligence artificielle » (Cassini-Laurin, 2018, p. 3). Les effets de l&rsquo;application de ces technologies sur l&rsquo;être humain seront si importants que les « humains ainsi&nbsp;<em>améliorés</em>,&nbsp;<em>augmentés</em>, ne seraient plus, précisément, des humains, mais des êtres d&rsquo;un autre ordre, des&nbsp;<em>posthumains</em>&nbsp;» (Rey, 2020, p. 5), c&rsquo;est-à-dire des êtres qui auront des capacités si considérables par rapport aux humains actuels qu&rsquo;ils ne pourront plus être considérés comme humains (Selle, 2019). Noah Yuval Harari (2017), décrit ce processus comme la transition&nbsp;<em>d’Homo sapiens</em>&nbsp;sapiens vers&nbsp;<em>Homo Deus</em>, « un être créé par la technologie » (p. 422). Il s&rsquo;agit pour l&rsquo;être humain d&rsquo;atteindre « l&rsquo;immortalité, le bonheur suprême, et la divinité » (p. 420) soutient-il. En plus, ajout-il, l&rsquo;homme n&rsquo;a plus besoin de Dieu, il est appelé à le devenir lui-même.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, comme l&rsquo;a si bien montré Dominique Folscheid et al. (2018) deux figures pionnières marquent le transhumanisme, particulièrement aux États-Unis. Il s&rsquo;agit premièrement de Robert Ettinger, père de la cryogénie, physicien convaincu que l&rsquo;homme moderne n&rsquo;est qu&rsquo;un échelon de l&rsquo;échelle évolutive (Folscheid et al., 2018). Et l&rsquo;essayiste F. M. Esfandiary qui a changé de nom en 1972 pour se faire appeler FM-2030. Il a écrit en 1978, « nous voulons accélérer l&rsquo;avancée de l&rsquo;humanité jusqu&rsquo;à la prochaine étape de son évolution », considéré comme la première déclaration transhumaniste selon (Terence, 2016). Aussi, il faut noter que depuis son apparition, le transhumanisme est traversé par divers courants de pensée. On y retrouve entre autres, un transhumanisme démocratique ou technoprogressisme, le technogaïanisme, l’extropianisme ou le singularitarisme. Ils abordent différemment la question de l&rsquo;augmentation, mais l&rsquo;idée centrale qui les transverse tous est que l&rsquo;utilisation des nouvelles peut permettre une amélioration significative de la condition humaine : extension de la vie, amélioration des capacités physiques, sensorielles, cognitives et émotionnelles (Jousset-Couturier, 2016, p. 22).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, Laurent Alexandre (2017) identifie cinq objectifs prioritaires du transhumanisme : « la mort de la mort, l&rsquo;augmentation des capacités humaines, la fabrication d’Intelligence Artificielle (IA), la création de la vie en éprouvette et la colonisation du cosmos (&#8230;) (p. 37). Pour l&rsquo;auteur de&nbsp;<em>La mort de la mort&nbsp;</em>(2011), « l&rsquo;immortalité n&rsquo;est pas un fantasme, mais une possibilité réelle » (Alexandre &amp; Besnier, 2016, p. 22). De plus, consciemment ou non, nous devenons des êtres technologiquement modifiés, donc des transhumains, soutient-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, Folscheid et al. (2018) voient dans le transhumanisme « un système global d’interprétation du monde, qui a un récit sur lui-même, un projet, et qui ambitionne d’avoir des effets réels dans la politique et la vie en société. » ( p. 9). Il se présente aussi comme une doctrine dont le leitmotiv principal est d&rsquo;avoir une « vie augmentée » (Terence, 2016) à partir de la convergence des NBIC (nanotechnologie, biotechnologie, informatique et sciences cognitives).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.&nbsp;<strong>Le transhumanisme et l’humanisme des Lumières</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ses origines plongent dans un héritage intellectuel ancien, force est de constater que le transhumanisme se réclame plus spécifiquement de l&rsquo;humanisme des Lumières. À cet égard, le philosophe transhumaniste James Hughes déclare : « Le transhumanisme, la croyance que la science peut être utilisée pour transcender les limites du corps humain et du cerveau, descend idéologiquement des Lumières, d&rsquo;une partie de la famille philosophique des Lumières » (cité par Le Dévédec, 2021, p. 102).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De fait, le transhumanisme se présente comme une forme d’humanisme (Folscheid et al. (2018), en revendiquant des filiations philosophiques de la Renaissance aux Lumières. Les transhumanistes aiment évoquer Pic de la Mirandole (1463-1494), l&rsquo;un des premiers à remettre en cause le fondement de l&rsquo;idée de nature humaine et défend dans&nbsp;<em>De la dignité de l&rsquo;homme</em>, l&rsquo;idée selon laquelle l&rsquo;essence de l&rsquo;homme réside dans sa plasticité (Picquart, 2023). Pour Pic de la Mirandole : « L&rsquo;être humain, est capable de se donner la forme qu&rsquo;il veut, peut autant s&rsquo;élever au niveau de Dieu que se rabaisser au niveau des bêtes » (cité par Le Dévédec, 2013, p. 43).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision malléable de l&rsquo;être humain correspond aussi à celle de Francis Bacon qui, dans&nbsp;<em>La nouvelle Atlantide</em>&nbsp;appelle à « (&#8230;) reculer les bornes de l’Empire Humain en vue de réaliser toutes les choses possibles » (cité par Folscheid et al., 2018, p. 33). Descartes, de son côté, conçoit l&rsquo;homme comme « maître et possesseur de la nature » (Folscheid et al., 2018), mais aussi comme un animal-machine dont on peut reproduire de manière artificielle les fonctions biologiques (Kablan, 2020, p. 3). Le philosophe Julien Offray de la Mettrie, reprenant cette idée de Descartes, va encore plus loin, et « voyait l&rsquo;homme comme une machine naturelle, sans âme, et préconisait, dès lors, une éthique hédoniste autour des plaisirs du corps » (Folscheid et al., 2018).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, Condorcet prophétise dans son&nbsp;<em>Esquisse d&rsquo;un tableau historique des progrès de l&rsquo;esprit humain</em>, la possibilité d&rsquo;un perfectionnement indéfini de l&rsquo;homme. Il y déclare :&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Serait-il absurde, maintenant, de supposer que ce perfectionnement de l&rsquo;espèce humaine doit être regardé comme susceptible d&rsquo;un progrès indéfini, qu&rsquo;il doit arriver un temps où la mort ne serait plus que l&rsquo;effet, ou d&rsquo;accidents extraordinaires, ou de la destruction de plus en plus lente des forces vitales, et qu&rsquo;enfin la durée de l&rsquo;intervalle moyen entre la naissance et cette destruction n&rsquo;a elle-même aucun terme assignable ? (&#8230;) (p. 217).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conception d&rsquo;une nature humaine malléable et perfectible n&rsquo;est donc pas née avec le transhumanisme, mais, elle s&rsquo;enracine dans un long héritage philosophique. Pour légitimer leur projet, les transhumanistes s&rsquo;appuient sur cette double idée de plasticité et de perfectibilité de la nature humaine. C&rsquo;est justement ces deux notions qu&rsquo;on va aborder maintenant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.&nbsp;<strong>2.1 Plasticité et perfectibilité de la nature humaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Noah Yuval Harari (2017), il y a déjà des siècles depuis que l&rsquo;humanisme a convaincu l&rsquo;homme qu&rsquo;il est l&rsquo;ultime source de sens et son libre arbitre, l&rsquo;autorité suprême de toute chose. Autrement dit, l&rsquo;homme est le seul maître de son devenir. Pour les transhumanistes cela implique que « si l&rsquo;homme n&rsquo;est rien en particulier, il peut être tout en général » (Terence, 2016, p. 33). Cette vision prolonge une intuition déjà formulée par Pic de la Mirandole à la Renaissance : « Si nous ne t&rsquo;avons fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, c&rsquo;est afin que, doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aurait eu ta préférence » (D. Parrochia, 1997, p. 23; cité, Kablan, 2020, p. 3).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi pensé, l&rsquo;homme se caractérise par une plasticité qui le rend transformable et perfectible. Au fait, le terme « perfectibilité » est apparu sous la plume de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) dans son&nbsp;<em>Discours sur l&rsquo;origine et les fondements de l&rsquo;inégalité parmi les hommes</em>&nbsp;publié en 1755 (Le Dévédec, 2013) et désigne une aptitude propre à l&rsquo;espèce humaine, présente autant dans l&rsquo;individu que dans l&rsquo;humanité en général. Chez Rousseau, elle constitue un véritable critère d&rsquo;humanité, et montre que l&rsquo;homme, contrairement aux animaux, n&rsquo;a pas une nature fixe. L&rsquo;être humain est en fait, « un être social et historique dont “la plasticité ontologique” lui confère le privilège de sculpter sa propre nature » (Le Dévédec, 2013, p. 41).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la philosophie des Lumières ne se limite pas à la conception sociale et politique rousseauiste de la perfectibilité. Chez d’autres auteurs comme Condorcet, Smith ou Canabis, la perfectibilité se décline davantage comme un projet scientifique et technique, économique et même, biologique et médical (Le Dévédec, 2013, p. 51). D&rsquo;une vision morale et sociale de la perfectibilité, on passe à une perspective orientée vers le progrès matériel et l&rsquo;augmentation de l&rsquo;être humain à partir de la technoscience.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le transhumanisme s&rsquo;inscrit dans cette visée techno-scientifique, mais en repoussant encore plus loin les limites de la perfectibilité. Mobilisant une diversité de techniques : « De la médecine anti-âge à la chirurgie esthétique, du dopage intellectuel à l’ingénierie génétique, des implants neuronaux à la nano-médecine » (Le Dévédec et Guis, 2013) pour augmenter l&rsquo;humain. La plasticité et la perfectibilité deviennent alors des finalités techniques qui visent non seulement à perfectionner l&rsquo;être humain, mais à remodeler l&rsquo;espèce elle-même au-delà de ses limites biologiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, cette vision transhumaniste soulève des interrogations majeures : cette perfectibilité ainsi pensée, peut-elle être guidée par des critères universels de bien communs ? Peut-elle conduire à un véritable épanouissement de l&rsquo;être humain ou risque-t-elle de se réduire à une quête individuelle d&rsquo;optimisation, au détriment du collectif et de l&rsquo;égalité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1. Critique du transhumanisme : Olivier Rey et Nicolas Le Dévédec&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux promesses prétentieuses de&nbsp;<em>l’Human Enhancement</em>&nbsp;du transhumanisme, certains auteurs contemporains, tels qu’Olivier Rey et Nicolas Le Dévédec, expriment des réserves importantes. Leurs analyses invitent à interroger les présupposés philosophiques du transhumanisme tout en relevant ses enjeux éthiques, sociaux et politiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux discours transhumanistes illustres ce que sera le monde de demain :&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Grâce à l&rsquo;intelligence artificielle, nous maîtrisons notre avenir au lieu d&rsquo;être les jouets de la sélection darwinienne aveugle et incontrôlable. (&#8230;) L’Homme du futur serait ainsi comme un site web, à tout à jamais une “version bêta”, voué à se perfectionner en continu » (Alexandre, 2017, p. 35). L&rsquo;annonce de chocs biotechnologiques d&rsquo;ici 2050 : « régénération des organes par les cellules souches, thérapies géniques, implants cérébraux, techniques anti vieillissement, design génétique de bébé à la carte, fabrication d’ovules à partir de cellules de peau » (Alexandre &amp; Besnier, 2016, p. 23). Ou encore l&rsquo;affirmation selon laquelle « Dans vingt-cinq ans tout le monde sera transhumain et dans cinquante ans plus personne ne sera humain », Martine Rosenblatt (cité par Terence, 2016).</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut ajouter, la perspective qu’« à partir de 2080, l&rsquo;avènement d&rsquo;un monde dominé par l’IA (&#8230;) tendra à fusionner les êtres vivants et l&rsquo;intelligence » (Alexandre, 2024, p. 7). Ou la prévision de Ray Kurzweil selon laquelle : « la mort de la mort pourrait arriver dès 2029 grâce à l’IA forte » ( cité par Alexandre, 2024, p. 52). Enfin, l&rsquo;hypothèse d’Elon Musk selon laquelle : « Vous pourriez probablement sauvegarder l’état du cerveau. Ainsi, si vous deviez mourir, votre état pourrait être rendu sous la forme d’un autre corps humain ou d’un corps de robot […]. Vous pourriez décider si vous voulez être un robot ou une personne, ou autre chose » (cité par Onfray, 2023, p. 120).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces déclarations semblent relever de la fiction, néanmoins, de grands investissements financiers leur sont consacrés. Pour autant, souligne le philosophe Olivier Rey (2019, 2020), on ne doit pas considérer le transhumanisme comme une simple superstructure au service d&rsquo;une infrastructure économique. Toutefois, selon le philosophe, les promesses transhumanistes ne sont pas sérieuses, et ne sont pas destinées à se réaliser. Pour lui, le transhumanisme captive l&rsquo;esprit, le détourne du vrai problème dont il devrait se soucier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, pour le philosophe Olivier Rey (2020), les promesses transhumanistes sont trompeuses, elles détournent l&rsquo;attention des véritables enjeux liés à la dépendance technologique. Pour lui, deux raisons majeures expliquent notre vulnérabilité face au transhumanisme : premièrement, « notre situation actuelle d&rsquo;hommes diminués », et deuxièmement « le fait que le fameux humanisme, que d&rsquo;aucuns érigent en rempart contre le transhumanisme, se trouve lui-même pénétré depuis belle lurette, et jusqu&rsquo;à la moelle, des principes qui conduisent audit transhumanisme » (p. 2-3). Autrement dit, la perte de confiance en lui-même, amène l&rsquo;homme à placer ses espoirs de s&rsquo;améliorer dans les promesses d&rsquo;augmentations transhumanistes, alors que l&rsquo;humanisme moderne ne peut lui servir de rempart.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, cette quête d&rsquo;augmentation s&rsquo;inscrit dans une logique où l&rsquo;être humain est dépassé par sa science ou peine à la suivre (Moatti, 2020). &nbsp;À force de vouloir que le monde lui soit adapté, c&rsquo;est maintenant l&rsquo;homme lui-même qui est sommé de s&rsquo;adapter au monde (Rey, 2020). Le père de la cybernétique, Norbert Wiener a déjà exprimé cette idée dans les années 1950, « Nous avons modifié si radicalement notre milieu que nous devons maintenant nous modifier pour vivre au sein de ce nouvel environnement » (cité par Rey, 2019, p. 17). Selon les transhumanistes, pour s’adapter à ce nouvel environnement, l&rsquo;homme doit être augmenté. Toutefois, loin de permettre une souveraineté réelle de l&rsquo;homme, ce projet pourrait, au contraire, radicaliser son aliénation (Rey, 2020).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Olivier Rey (2020) dénonce également une conception de l&rsquo;être humain réduit à un assemblage de fonctions, chacune pouvant être optimisée par implémentation du dispositif technique adéquat. En fait, il y a un mélange d&rsquo;erreurs et de mensonges dans le transhumanisme, soutient-il. Même si les avancées technologiques peuvent permettre à l&rsquo;homme de dépasser sa condition biologique, il y a pour Rey (2020), deux aspects qui ne sont pas précisés : d&rsquo;une part, la domination supposée de l&rsquo;homme sur sa propre condition, implique au contraire, « une domination de certains hommes sur beaucoup d&rsquo;autres », et d&rsquo;autre part, « les dominants se trouveraient eux-mêmes ravalés, au fil du processus, au rang d&rsquo;esclaves de pulsions primitives » (p. 47). Ainsi, la technique la plus sophistiquée pourrait être au service des instincts les plus archaïques en mêlant superpuissance et infantilisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, si les promesses les plus grandioses du transhumanisme semblent irréalistes, les « augmentations » de portée limitée peuvent octroyer des avantages compétitifs, mais c&rsquo;est au prix d&rsquo;une nouvelle servitude selon Rey (2019). Pour illustration, Rey compare cette dynamique à la consommation des substances dopantes, qui peuvent : à court terme, améliorer la performance, et à long terme, nuire à la santé et l&rsquo;autonomie. De manière générale, soutient Olivier Rey (2020), la&nbsp;<em>transhumanisation</em>&nbsp;technologique tend à rendre les individus incapables, autant sur le plan technique que politique. Flattés par leurs fantasmes de toute-puissance, ils s&rsquo;enferment dans un individualisme rivalitaire, au détriment de l&rsquo;existence collective. Alors que : « la véritable augmentation consisterait à faire accéder les hommes à l&rsquo;âge adulte au lieu de les garder immatures, désorientés par la première panne de réseau (&#8230;) Elle consisterait aussi, à revitaliser les facultés spirituelles qui, après quelques siècles de progrès, ne subsistent qu&rsquo;à l&rsquo;état de résidu » ( Rey, 2020, p. 109).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, pour Rey, le transhumanisme n&rsquo;est pas seulement une utopie technologique irréalisable, il révèle une crise profonde de la culture humaniste et de la maturité individuelle. Il montre que le développement technologique peut engendrer la dépendance ou radicaliser l&rsquo;aliénation de l&rsquo;être humain. Cette critique se trouve aussi chez Nicolas Le Dévédec, mais avec plus d&rsquo;accent sur les logiques économiques, politiques et sociales qui structurent le transhumanisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.&nbsp;<strong>Le Dévédec Nicolas</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sociologue Nicolas Le Dévédec (2013), rappelle que Rousseau et les Lumières ont encouragé l&rsquo;être humain à prendre en main son destin social et politique, tout en affirmant que la société n&rsquo;est qu&rsquo;une création humaine. À cette époque, la quête humaniste revêtait un sens éthique, social et politique, indissociable d&rsquo;un projet scientifique et technique visant à rendre l&rsquo;homme maître de la nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, souligne Le Dévédec (2013), dès le XIXe siècle, cette vision a graduellement cédé la place à un modèle scientiste et&nbsp;<em>antihumaniste</em>. Déjà, chez des auteurs comme Condorcet, Smith ou Canabis, on retrouve cette approche scientiste de la perfectibilité qui marque profondément la société contemporaine. En effet, celle-ci hérite cette conception et « exprime dans toute sa radicalité&nbsp;<em>l&rsquo;anthropologie de la déficience&nbsp;</em>corporelle et biologique » (Le Dévédec, 2013, p. 317) qui structure le transhumanisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, bien que le transhumanisme se réclame de la tradition humaniste, il s&rsquo;en démarque de manière décisive (Le Dévédec, 2014). Il promeut une perfectibilité technoscientifique et biocentrée, centrée sur l’optimisation de la vie elle-même (Le Dévédec, 2013). Selon le Dévédec, cela traduit la tendance de la société contemporaine qui consiste à inciter « au remodelage technoscientifique et biomédical des corps et des vies, dans leur matérialité même, afin d&rsquo;adapter les individus au régime capitaliste globalisé de l&rsquo;accélération » (Le Dévédec, 2021, p. 100).</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, cette dynamique nourri, pour le sociologue Le Dévédec (2021), un rapport dépolitiser à soi et au monde relatif l&rsquo;appropriation et l&rsquo;exploitation capitaliste de nos corps et de nos vies, qui s&rsquo;inscrivent dans une conception foncièrement anthropocentrique et prométhéenne de l&rsquo;émancipation humaine fondée sur l&rsquo;idée de s’arracher à la vie et au vivant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, l&rsquo;humain augmenté est l&rsquo;idéal-type de l&rsquo;individu qui s&rsquo;adapte à la société de l&rsquo;amélioration. Cette dernière voit dans ce « surhomme replié sur lui-même, la matière première de sa reproduction et de sa régénération » (Le Dévédec, 2013, p. 319). Cette logique marque, selon l&rsquo;auteur, l&rsquo;entrée de l&rsquo;humanité dans l&rsquo;ère de la&nbsp;<em>bioservitude volontaire</em>. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui plus est, soulignent Nicolas Le Dévédec et &nbsp;Fany Guis (2013) l&rsquo;augmentation humaine s&rsquo;inscrit dans une façon de<em>&nbsp;faire société</em>, qu&rsquo;il faut interroger. Car, selon eux, cette logique d&rsquo;augmentation implique une médicalisation de la société et une instrumentalisation de l&rsquo;être humain. À cet égard, l&rsquo;humain augmenté est surtout un humain biomédicalisé, adaptable aux exigences indéfinies d&rsquo;une société capitaliste axée sur la performance et la concurrence (Le Dévédec &amp; Guis, 2013; Le Dévédec, 2018). En définitive, cette société de l&rsquo;amélioration ne fait que cultiver&nbsp;<em>l&rsquo;oubli de la société</em>&nbsp;(Freitag, 2002, cité par Le Dévédec, 2014) oubliant que seul le progrès social, au sens d&rsquo;une extension de sa capacité à faire société, à vivre avec autrui et tous ensemble, compte réellement pour l&rsquo;humain (Jacques Généreux, cité par Le Dévédec, 2014).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fin de compte, Le Dévédec (2013, 2014) invite à repenser l&rsquo;être humain et l&rsquo;idéal humaniste de la perfectibilité. Il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;envisager l&rsquo;émancipation par un arrachement à la nature et au vivant, car la perfectibilité est avant tout, une affaire de vulnérabilité et de sensibilité. Si la rupture avec la nature a autrefois permis de se libérer du dogmatisme religieux et politique, elle s&rsquo;avère être insuffisante aujourd&rsquo;hui. Pour le sociologue : « Seule la formulation d&rsquo;un humanisme ancré dans la fragilité de la vie peut aider à surmonter les épreuves du&nbsp;<em>siècle biotech</em>&nbsp;» (Le Dévédec, 2013, p. 322).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le transhumanisme, en tant que projet qui vise à dépasser les limites biologiques de l&rsquo;être humain, se présente volontier comme un héritier de l&rsquo;humanisme des Lumières. Toutefois, il en radicalise l&rsquo;idée de plasticité et de perfectibilité de la nature humaine formulée de la Renaissance aux Lumières, en plaçant l&rsquo;émancipation de l&rsquo;être humain par l&rsquo;augmentation technoscientifique de ses capacités physiques, intellectuelles et sensorielles. Ce projet d&rsquo;un humain augmenté s&rsquo;inscrit dans un contexte dominé par le capitalisme globalisé axé sur la performance et la concurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, des analyses critiques mettent en lumière les enjeux éthiques, sociaux et politiques de ce projet. Si les promesses spectaculaires du transhumanisme semblent irréalistes, les technologies d&rsquo;augmentation, quant à elles, sont bel et bien réelles. Comme le souligne Olivier Rey, elles invitent à réfléchir sur les risques de perte de maturité individuelle et d&rsquo;une dépendance accrue à la technologie. De son côté, Nicolas Le Dévédec invite à repenser l&rsquo;idéal humaniste de la perfectibilité, tout en dénonçant la société de l&rsquo;amélioration et sa logique de médicalisation de la société et d&rsquo;instrumentalisation de l&rsquo;être humain.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le transhumanisme apparaît moins comme une rupture absolue, que comme le prolongement de l&rsquo;idéal humaniste de la plasticité et de la perfectibilité des Lumières où l&rsquo;aspiration au progrès se heurte face aux risques liés aux rapports de pouvoir, aux inégalités et à l&rsquo;intensification de l&rsquo;aliénation de l&rsquo;être humain. Dès lors, il devient primordial d&rsquo;ouvrir un débat éthique et démocratique, non seulement sur l&rsquo;utilisation des avancées technologiques pour qu&rsquo;elles contribuent à une véritable émancipation de l&rsquo;être humain, mais aussi, pour repenser la manière de&nbsp;<em>faire société&nbsp;</em>dans un monde où la technologie tend à devenir indispensable à la vie humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong>:</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandre, L. (2011).&nbsp;<em>La mort de la mort. Comment la technomédecine va bouleverser l&rsquo;humanité.</em>&nbsp;Jean-Claude Lattès.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandre, L. (2017).&nbsp;<em>La guerre des intelligences. Comment l&rsquo;intelligence artificielle va révolutionner l&rsquo;éducation</em>. Éditions Jean-Claude Lattès.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandre, L. (2024).&nbsp;<em>ChatGpt va nous rendre immortels.</em>&nbsp;Jean-Claude Lattès.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandre, L. &amp; Besnier, J.-M. (2016). Le robots font-ils l&rsquo;amour ? Le transhumanisme en 12 questions. Dunod.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cassiani-Laurin, F. (2018).&nbsp;<em>La singularité transhumaniste comme mythe eschatologique contemporain : L&rsquo;utopie technologique en tant qu&rsquo;achèvement du projet moderne</em>[Mémoire en master, Université du Québec]. URL:&nbsp;<a href="https://archipel.uqam.ca/11714/1/M15676.pdf">https://archipel.uqam.ca/11714/1/M15676.pdf</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Condorcet. (1970).&nbsp;<em>Esquisse d&rsquo;un tableau historique des progrès de l&rsquo;esprit humain</em>. Librairie philosophique J. Vrin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Damour, F. (2017). Le transhumanisme, une idée chrétienne devenue folle ? SER, 51-62. https :&nbsp;<a href="http://www.cairn.info/revue-etudes-2017-7-page-51.htm">www.cairn.info/revue-etudes-2017-7-page-51.htm</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Folscheid, D. et al. (2018).&nbsp;<em>Le transhumanisme, c&rsquo;est quoi ?</em>&nbsp;Les Éditions du Cerf.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Harari, N. Y. (2017).&nbsp;<em>Homo Deus. Une brève histoire de l&rsquo;avenir</em>. Éditions Albin Michel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jousset-Couturier, B. (2016).&nbsp;<em>Le transhumanisme. Faut-il avoir peur de l&rsquo;avenir ?</em>&nbsp;Groupe Eyrolles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Kablan, &nbsp;A. P. (2020).&nbsp;<em>Le transhumanisme : de la controverse autour d&rsquo;un paradigme idéologique révolutionnaire à l&rsquo;élaboration d&rsquo;un nouveau contrat éthique</em>. L’Institut Royal des Études Stratégiques.&nbsp;<a href="https://www.ires.ma/iip/transhumanisme/">https://www.ires.ma/iip/transhumanisme/</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. (2013).&nbsp;<em>La société de l&rsquo;amélioration. Le reversement de la perfectibilité humaine, de l&rsquo;humanisme des Lumières à l&rsquo;humain augmenté</em>. [Thèse de doctorat, Université de Montréal, Université de Rennes 1].&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. (2014). Le meilleur des mondes transhumanistes.&nbsp;<em>Relations</em>, (775), 26-26.&nbsp;<a href="https://id.erudit.org/ideudit/72910ac">https://id.erudit.org/ideudit/72910ac</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. (2017). Entre la sacralisation de la vie et l’essentialisation de la nature humaine : un examen critique du bioconservatisme.&nbsp;<em>Politique et Sociétés</em>, 36(1), 47-63.&nbsp;<a href="https://www.erudit.org/fr/revues/ps/2017-v36-n1-ps02914/1038760ar/">https://www.erudit.org/fr/revues/ps/2017-v36-n1-ps02914/1038760ar/</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. (2018). Corps et âme. Le transhumanisme, nouvel horizon biopolitique du capitalisme ?&nbsp;<em>L’Homme et la Société</em>, 2(207), 117-136.&nbsp;<a href="https://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe-2018-2-page-117.htm">https://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe-2018-2-page-117.htm</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. (2019). La grande adaptation.&nbsp;<em>Raisons Politiques</em>, 2(74). 83-97.&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-raisons-politiques-2019-2-page-83?lang=fr&amp;tab=resume">https://shs.cairn.info/revue-raisons-politiques-2019-2-page-83?lang=fr&amp;tab=resume</a>. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. (2021). Sans limites : une critique politique et écologique du transhumanisme et de son monde.&nbsp;<em>Cahiers Société,</em>&nbsp;(3), 99-122. https:<a href="http://doi.org/10.7202/1090180ar">doi.org/10.7202/1090180ar</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. (2025). Le transhumanisme, ou la bio-ingénierie du désastre.&nbsp;<em>Usbek&amp;Rica</em>,&nbsp;<a href="https://isbeketrica.com/fr/article/le-transhumanisme-ou-la-bio-ingenierie-du-desastre">https://isbeketrica.com/fr/article/le-transhumanisme-ou-la-bio-ingenierie-du-desastre</a>. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dévédec, N. &amp; Guis, F. (2013). L&rsquo;humain augmenté, un enjeu social.&nbsp;<em>SociologieS</em>.&nbsp;<a href="https://doi.org/10.4000/sociologies.4409">https://DOI.org/10.4000/sociologies.4409</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lecocq, D. (2018).&nbsp;<em>Dis, c&rsquo;est quoi le transhumanism</em>e ? Éditions Renaissance du Livre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moatti, A. (2020).&nbsp;<em>Aux racines du transhumanisme. France 1930-1980</em>. Odile Jacob.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Onfray, M. (2023).&nbsp;<em>Anima. Vie et mort de l&rsquo;âme</em>. Albin Michel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Piquart, Y. (2023).&nbsp;<em>Le transhumanisme vu par les chrétiens.</em>Éditions Saint-Léger.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rey, O. (2019).&nbsp;<em>L&rsquo;avenir du transhumanisme</em>. Les carnets de l&rsquo;institut Diderot.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rey, O. (2020).&nbsp;<em>Leure et malheur du transhumanisme.</em>&nbsp;Éditions Desclée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rousseau, V. (2021). L&rsquo;universel à l&rsquo;épreuve des idéologies transhumanistes.&nbsp;<em>Les Cahiers de la république universelle</em>, 2(2), 109-119.&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-les-cahiers-de-la-republique-universelle-2021-2-page-109?lang=fr&amp;tab=texte-integral">https://shs.cairn.info/revue-les-cahiers-de-la-republique-universelle-2021-2-page-109?lang=fr&amp;tab=texte-integral</a>.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selle, G. (2019).&nbsp;<em>Intelligence artificielle. L&rsquo;ultime révolution.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Terence, M. (2016).&nbsp;<em>Le transhumanisme est un intégrisme</em>. Les Éditions du Cerf.</p>
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		<title>André Michel interdit d’entrer aux États-Unis : le bayakou de la politicaillerie rattrapé par la réalité </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jeff Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Aug 2025 13:11:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Libres pensées]]></category>
		<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[André Michel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est après l’élection de Michel Martelly en 2011 que André Michel s’est imposé sur la scène politique, en dénonçant bruyamment le gouvernement PHTK pour défendre &#8211; selon lui &#8211; les couches populaires.&#160;À l’époque, il fut brièvement incarcéré sous motif contestable, ce qui lui conféra une image d’opposant farouche au pouvoir en place. Sous le régime [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">C’est après l’élection de Michel Martelly en 2011 que André Michel s’est imposé sur la scène politique, en dénonçant bruyamment le gouvernement PHTK pour défendre &#8211; selon lui &#8211; les couches populaires.&nbsp;À l’époque, il fut brièvement incarcéré sous motif contestable, ce qui lui conféra une image d’opposant farouche au pouvoir en place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous le régime de Jovenel Moïse, il a continué ses manifestations, faisant croire à une jeunesse désabusée que l’avenir se construisait derrière les barricades. Pendant ce temps, sa femme et ses enfants vivaient en sécurité chez l’oncle Sam, alors que de jeunes Haïtiens se faisaient tuer dans les rues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après l’assassinat de Jovenel Moïse le 7 juillet 2021, André Michel n’a posé aucun acte concret en faveur de la stabilité ou de la justice, bien qu’il ait promis que le départ du président changerait le pays. Au contraire, il s’est allié sans scrupule à Ariel Henry, trahissant ainsi les mêmes principes qu’il prétendait défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre 2013 et 2025, son visa américain a été révoqué à deux reprises. Alors que l’enquête sur la mort du président se poursuit, son nom circule parmi ceux suspectés d’implication. Malgré cela, il tente aujourd’hui de détourner l’attention en annonçant une candidature présidentielle, une stratégie évidente pour obtenir une immunité politique et crier à la persécution en cas de poursuites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant toutes ces années, André Michel a multiplié les apparitions médiatiques, se posant en défenseur de la justice et des droits humains, alors qu’en coulisse, il consolidait des alliances opaques et alimentait les tensions politiques. Son silence complice face à l’insécurité grandissante et son incapacité à proposer une vision claire pour le pays révèlent l’ampleur de son imposture. Il a utilisé la misère du peuple comme tremplin politique, tout en profitant du système qu’il disait vouloir renverser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment oublier les grandes envolées démagogiques de Me André Michel, le tribun autoproclamé du peuple opprimé ? Bien sûr, il n’a jamais eu de portefeuille ministériel, et ses partisans s’empressent de nous rappeler qu’il n’a jamais été au pouvoir. Mais faut-il vraiment un fauteuil officiel pour trahir les espoirs d’un peuple ? Il n’avait pas besoin de titre : ses discours suffisaient à galvaniser les foules, avant de les désorienter complètement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">On se souvient encore de cette farce du 7 février 2021 : alors que le pays cherchait un cap, il sort un septuagénaire de la Cour de cassation, le juge Mécène Jean-Louis, et le propulse président de la République dans une petite vidéo mal tournée, comme s’il s’agissait d’une mise en scène de théâtre. Le peuple, qui avait cru à un sursaut de dignité, s’est retrouvé avec une mascarade. Et quelques mois plus tard, sans honte, le même André Michel pactisait avec Ariel Henry, l’incarnation même du statu quo qu’il prétendait combattre. Si ce n’est pas une trahison, c’est au moins un chef-d’œuvre de duplicité politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et voilà, celui qui a passé sa carrière à hurler à la persécution politique et à distribuer des leçons de démocratie depuis les studios de radio se retrouve aujourd’hui blacklisté par nul autre que son partenaire stratégique de toujours : les États-Unis. Oui, ces mêmes États-Unis qu’il appelait à la rescousse à chaque hoquet institutionnel sont maintenant ceux qui lui claquent la porte au nez. Les motifs ? Officiellement flous, mais officieusement liés, selon des murmures diplomatiques, à de juteuses histoires de corruption et de clins d’œil complices aux gangs qui saignent le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et comme dans un feuilleton bien rodé où l’acteur refuse de quitter la scène, le voilà qui transforme cette gifle venue de Washington en une nouvelle épopée héroïque. Victime du système, bien entendu. Car, en Haïti, plus on est mouillé, plus on fait campagne ; plus on est suspect, plus on crie au complot. À ce rythme, la prochaine étape, c’est la canonisation patriotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">André Michel est un traître à la cause populaire, un manipulateur habile qui n’a cessé de ridiculiser la souffrance du peuple au nom de ses ambitions personnelles. Il incarne parfaitement cette classe politique haïtienne qui promet tout, ne réalise rien, et vit du chaos qu’elle prétend combattre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>Par :</strong> Jeff JEAN | RTMI</p>
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