Auteur : RTMI

Crise sécuritaire et dérive de la transition : l’ECCREDHH tire la sonnette d’alarme

L’Ensemble des Citoyens Compétents à la Recherche de l’Égalité des Droits de l’Homme en Haïti (ECCREDHH) dresse un constat sévère de la situation nationale et dénonce une dégradation accélérée de la gouvernance, de la sécurité et du respect des droits humains.

L’Ensemble des Citoyens Compétents à la Recherche de l’Égalité des Droits de l’Homme en Haïti (ECCREDHH) dresse un constat sévère de la situation nationale et dénonce une dégradation accélérée de la gouvernance, de la sécurité et du respect des droits humains. Dans une note de position rendue publique le 30 janvier, l’organisation de défense des droits humains se dit profondément consternée par une crise qu’elle qualifie de multidimensionnelle, imputée directement à l’inaction prolongée et aux choix politiques jugés irresponsables des autorités de transition.

Selon l’ECCREDHH, la population haïtienne vit au quotidien sous la menace permanente des enlèvements, des violences armées et des déplacements forcés, dans un contexte marqué par la fermeture d’écoles, d’hôpitaux et la privation de services essentiels. Pendant ce temps, déplore l’organisation, les dirigeants de la transition s’enferment dans une gouvernance dominée par l’immobilisme, les calculs de clans et le mépris des besoins fondamentaux de la population. Une attitude qui, estime-t-elle, constitue une violation grave et systématique des droits humains, notamment le droit à la vie, à la sécurité, à la dignité humaine et à un niveau de vie décent.

L’organisme tient pour politiquement, moralement et juridiquement responsables le Conseil présidentiel de transition (CPT) et le gouvernement en place, dont l’absence de mesures effectives aurait favorisé l’expansion des groupes armés et l’effondrement progressif de l’ordre public. Gouverner dans le chaos, tolérer l’insécurité et abandonner la population à la violence relèveraient non seulement d’un échec de gouvernance, mais aussi d’une faute grave engageant la responsabilité de l’État. L’ECCREDHH souligne qu’au cours des derniers jours, la lutte pour le pouvoir a pris le pas sur l’intérêt national, laissant Haïti en marge de toute priorité réelle.

La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs régions du pays, dont Port-au-Prince, Delmas, Pétion-Ville et Kenscoff, sont devenues le théâtre d’actes de terreur répétés, transformant des quartiers entiers en zones de non-droit. L’organisation évoque également l’effondrement de l’autorité de l’État, incapable d’assurer la sécurité publique, l’accès aux soins de santé, à l’alimentation et aux services sociaux de base. Une défaillance structurelle qui, selon elle, révèle un abandon manifeste des responsabilités régaliennes.

Face à cette crise alarmante, l’ECCREDHH appelle à un changement immédiat et radical de paradigme, fondé sur un dialogue franc et inclusif entre les fils et filles de la Nation. L’organisme insiste sur la nécessité de mettre en œuvre, sans délai, des mesures concrètes, coordonnées et vérifiables visant à rétablir l’autorité de l’État, garantir la sécurité des personnes et des biens, organiser des élections crédibles et assurer l’accès effectif aux services essentiels, tout en plaçant la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux au cœur de l’action publique.

Pour l’ECCREDHH, la transition politique ne saurait servir de prétexte à la suspension de l’État de droit, à l’impunité ou à l’abandon du peuple haïtien. Elle doit au contraire s’inscrire dans le strict respect de la Constitution, des normes juridiques en vigueur et des conventions internationales ratifiées par Haïti, ainsi que dans le principe fondamental de responsabilité des gouvernants.

L’organisation rappelle enfin que l’histoire jugera sévèrement celles et ceux qui, par leur silence, leur inaction ou leur cynisme politique, auront contribué à l’effondrement de la Nation et à la banalisation de la souffrance humaine. Elle affirme rester mobilisée et se réserve le droit de saisir les instances nationales, régionales et internationales compétentes tant que les droits fondamentaux de la population continueront d’être bafoués.

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