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Depuis quelques jours, on assiste à un véritable lever de boucliers contre les groupes criminels qui terrorisent la population haïtienne. Le chef de la Police nationale, M. André Jonas Vladimir Paraison, ne cache pas sa détermination à poursuivre cette offensive jusqu’à résoudre, une fois pour toutes, le problème de l’insécurité.
La chasse est à son paroxysme. Toutefois, une question demeure : s’agit-il d’une véritable stratégie durable ou d’une manœuvre de dernière minute à l’approche du départ de la CPT ? Quoi qu’il en soit, même si les principaux chefs de gangs se font plus discrets qu’auparavant et n’ont pas encore été atteints personnellement, certaines zones ont néanmoins été partiellement reprises.
Cependant, dans ce climat, le principal risque réside dans le déplacement des foyers de violence vers d’autres territoires. Ce schéma n’est malheureusement pas nouveau. Chaque fois que la police lance une offensive ciblée, d’autres groupes criminels entrent en action ailleurs, souvent dans le seul but de détourner l’attention des forces de l’ordre de la zone initialement visée.
Dans le même temps, la crise politique s’aggrave. La tension entre le pouvoir exécutif et le Parlement, ainsi que l’incertitude autour de la succession de certaines institutions clés, créent un vide de gouvernance que les gangs exploitent habilement. Selon plusieurs médias occidentaux, cette instabilité contribue à l’extension de zones de non-droit, où l’État peine à faire respecter la loi et où la population se retrouve à la merci des groupes armés. Les habitants, déjà fragilisés par la précarité économique et les catastrophes naturelles récurrentes, se sentent abandonnés, et le sentiment d’impunité des criminels s’en trouve renforcé.
Par ailleurs, les opérations policières récentes, souvent relayées comme spectaculaires dans la presse internationale, semblent parfois limitées à des coups d’éclat ponctuels plutôt qu’à une stratégie de long terme. Les incursions dans les quartiers contrôlés par les gangs provoquent des déplacements massifs de civils et une recrudescence temporaire de violences ailleurs, illustrant le caractère fragmentaire et réactif des interventions. Ce cycle de « chasse et dispersion » accentue l’impression que la sécurité demeure une chimère et que l’État peine à reprendre le contrôle réel de son territoire.
James Fleurissaint