Auteur : RTMI

Le Conseil Présidentiel de Transition célèbre le 222ᵉ anniversaire de l’Indépendance d’Haïti

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a commémoré, ce mercredi 1ᵉʳ janvier 2026, le 222ᵉ anniversaire de l’Indépendance d’Haïti, lors d’une cérémonie officielle organisée à la Villa d’Accueil.

La célébration s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de plusieurs membres du Gouvernement, du Commandant en chef des Forces Armées d’Haïti, le lieutenant-général Derby Guerrier, accompagné des membres du Haut État-Major, du Directeur général de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, du président de la Cour de cassation, Jean-Joseph Lebrun, ainsi que des représentants du Corps diplomatique et de hauts responsables de l’État.

Dans son discours de circonstance, le président du Conseil Présidentiel de Transition, Son Excellence Laurent Saint-Cyr, a rappelé que la célébration du 222ᵉ anniversaire de l’Indépendance constitue un rappel puissant des sacrifices historiques consentis par le peuple haïtien pour briser les chaînes de l’esclavage. Il a rendu un hommage appuyé à Jean-Jacques Dessalines, Père fondateur de la Nation, ainsi qu’à l’ensemble des héros et héroïnes de l’Indépendance, saluant l’héritage de liberté et de dignité légué à la Nation haïtienne.

Le coordonnateur du CPT a souligné que la lutte pour l’Indépendance ne relevait pas du hasard, mais d’un choix conscient en faveur de la dignité et de la souveraineté. Selon lui, l’Indépendance n’est pas seulement un héritage historique, mais une responsabilité collective. « Nou la refè listwa » « L’histoire peut être refaite », a-t-il affirmé, appelant à un sursaut national.

Abordant la situation sécuritaire, le président du CPT a mis l’accent sur les efforts continus de l’État pour libérer le pays de l’emprise des groupes armés, en vue de rétablir la sécurité et la stabilité indispensables à l’organisation d’élections crédibles. Il a lancé un appel solennel à l’unité, au dialogue, à la sérénité et au sens des responsabilités de toutes les forces vives de la Nation.

Pour Laurent Saint-Cyr, le dialogue politique demeure un outil de responsabilité et le meilleur moyen d’éviter que le pays ne sombre dans le chaos, notamment à l’approche de l’échéance du 7 février 2026. Il a insisté sur la nécessité pour tous les acteurs nationaux de placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des intérêts particuliers, à l’image des ancêtres qui ont sacrifié leur vie pour l’avenir du pays.

Le Conseil Présidentiel de Transition a, par ailleurs, réaffirmé son engagement à « poursuivre son travail en étroite collaboration avec le Gouvernement, les forces vives de la Nation, ainsi que les partenaires et amis d’Haïti, tant proches qu’éloignés, afin de garantir la stabilité du pays, la continuité de l’État et la tenue d’un processus électoral transparent, inclusif et crédible. »

Le président du CPT a également insisté sur la nécessité pour l’ensemble des acteurs de la vie nationale de jouer pleinement leur rôle dans le processus électoral déjà enclenché, pendant que le Gouvernement et le Conseil Présidentiel de Transition poursuivent, sans relâche, les efforts visant à renforcer la sécurité sur l’ensemble du territoire national et à créer un environnement propice à la tenue d’élections libres et démocratiques.

Gonaïves, la grande absente du rituel républicain

Le 1ᵉʳ janvier 2026 confirme une rupture désormais installée : la célébration de l’Indépendance se fait sans Gonaïves. Pour la quatrième année d’affilée, aucune autorité nationale n’a foulé la cathédrale de la ville fondatrice. Loin d’un incident isolé, cette mise à distance traduit un glissement préoccupant du pouvoir, qui se dérobe à l’espace symbolique où s’est scellé l’acte fondateur de la Nation.

Violence armée et crise humanitaire : l’État débordé

Entre janvier et mars 2025, 1 617 personnes ont été tuées dans des violences liées aux gangs armés, aux groupes d’autodéfense et aux opérations de sécurité, selon les Nations unies. La même période a enregistré 580 blessés et 161 enlèvements, confirmant l’ampleur de la crise.

Initialement concentrée à Port-au-Prince, l’insécurité s’est étendue à l’Artibonite et au Plateau Central, provoquant des déplacements massifs. D’après l’OIM, 1,3 million de personnes vivaient en situation de déplacement interne en 2025. Le contrôle territorial exercé par les groupes armés paralyse l’économie, restreint l’accès aux services essentiels et accentue l’effritement d’institutions déjà fragilisées, malgré les initiatives nationales et internationales en cours.

La rédaction || #rtmi

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