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Le Regroupement des Enseignants pour la Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH) a vivement condamné la décision du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Augustin Antoine, de rompre le protocole d’accord signé le 22 mai 2013 entre le MENFP et l’École Normale Supérieure (ENS).

Dans un communiqué publié le 22 février, l’organisation qualifie cette mesure d’« irresponsable », « profondément politique » et porteuse d’instabilité pour le système éducatif national. Selon le REDRESEH, le protocole MENFP-ENS constituait un cadre essentiel d’intégration progressive des normaliens dans l’enseignement public, garantissant des débouchés professionnels à des enseignants formés pour servir l’école nationale. Sa rupture envoie, selon l’organisation, « un message clair » : la formation et le mérite ne seraient plus des priorités dans les politiques publiques éducatives.
Le regroupement accuse également le ministère d’appliquer un « double standard inacceptable ». Il affirme que des nominations politiques continuent d’être effectuées sans contrainte budgétaire ni administrative, alors que l’intégration de jeunes enseignants qualifiés se heurte soudainement à des obstacles techniques et financiers. Une situation que le REDRESEH considère comme une « insulte » à la jeunesse formée dans les institutions publiques et une atteinte au principe d’égalité des chances.
Dans son analyse, l’organisation voit dans cette décision une manœuvre de fin de mandat susceptible de compromettre la stabilité institutionnelle du secteur éducatif et de fragiliser davantage l’avenir des jeunes enseignants. Elle estime que cette rupture confirme la primauté persistante de la logique partisane sur la compétence dans la gestion du système éducatif haïtien.
Face à cette situation, le REDRESEH appelle les étudiants de l’ENS, les enseignants, les syndicats et l’opinion publique à rester mobilisés. L’organisation formule trois exigences principales : le rétablissement immédiat du protocole MENFP-ENS, la transparence totale sur les nominations effectuées au sein du ministère, et la mise en place d’un mécanisme clair et équitable d’intégration des normaliens basé sur le mérite.
« L’école haïtienne ne peut continuer à être sacrifiée sur l’autel des intérêts politiques », affirme le communiqué, qui rappelle que l’éducation constitue « un droit fondamental et un pilier de la République ».
Wilsonley SIMON
simonwilsonley35@gmail.com