Auteur : Simon Wilsonley

Transition en Haïti : AKAP s’oppose à toute prorogation du CPT et plaide pour une alternative nationale après le 7 février 2026

À mesure que l’insécurité s’étend, que la corruption s’installe et que l’autorité de l’État se délite, AKSYON POU AYITI KAPAB (AKAP) hausse le ton. Dans un communiqué daté du 18 janvier 2026, l’organisation tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle considère comme les dérives profondes du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), tant sur le plan juridique que politique et moral. Au cœur de sa prise de position : une date, le 7 février 2026, présentée comme une ligne rouge à ne pas franchir.

Pour AKAP, cette échéance n’a rien d’interprétatif. Elle est clairement encadrée par l’Accord politique du 3 avril 2024, en particulier ses articles 12.1 et 13, ainsi que par le décret du 10 avril 2024 portant création et fonctionnement du CPT. Ces textes, souligne l’organisation, définissent une transition limitée dans le temps, pensée comme exceptionnelle et non renouvelable. Aucune disposition, insiste-t-elle, ne permet d’envisager une prolongation, quelle qu’en soit la forme.

Dans ce contexte, toute tentative visant à maintenir le CPT au-delà de son mandat légal serait, selon AKAP, assimilable à une transgression grave des engagements pris devant la nation. Une telle initiative relèverait à la fois de l’abus de pouvoir et du reniement de l’esprit même de la transition, avec pour conséquence directe d’accentuer la perte de confiance déjà manifeste entre la population et les institutions.

L’organisation va plus loin dans son diagnostic. À ses yeux, prolonger le CPT reviendrait à entériner un mode de gouvernance marqué par l’échec, à banaliser l’insécurité et à donner une caution politique à la corruption. AKAP rejette ainsi toute tentative de faire du provisoire une norme et du transitoire un système durable.

Plutôt que l’enlisement, AKAP avance une proposition qu’elle juge structurante : confier à l’Université d’État d’Haïti (UEH) un rôle central de médiation nationale. Institution publique, autonome et historiquement légitime, l’UEH pourrait, selon l’organisation, faciliter un dialogue inclusif associant organisations populaires, mouvements sociaux, syndicats, paysannerie, jeunesse, monde académique et intellectuels engagés, en vue de dégager une alternative politique crédible et souveraine.

Dans le même élan, AKAP appelle la population à rester vigilante et mobilisée. L’organisation avertit contre toute tentative de reproduction d’un modèle de gouvernance fondé sur l’improvisation, l’insécurité et la confiscation du pouvoir. Pour elle, le 7 février 2026 doit symboliser une rupture avec un cycle d’échecs, et non l’amorce d’une nouvelle impasse politique.

En réaffirmant son engagement pour une Haïti souveraine, sécurisée et juste, AKSYON POU AYITI KAPAB conclut sur une note sans équivoque : le respect des textes et la responsabilité politique ne sont pas négociables. « La rupture n’est pas une option, elle est une nécessité historique », rappelle l’organisation dans ce communiqué signé notamment par Peterly Adrien, Rodné Pascal, Blanchard Charles et le porte-parole Johny Vilcius.

Wilsonley SIMON

simonwilsonley35@gmail.com

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Simon Wilsonley
Simon Wilsonley

Wilsonley Simon est journaliste, étudiant en Anthropo-Sociologie. Il est passionné de la Radio et d’écriture. Sa plume, guidée par une profonde conscience sociale, s'engage pleinement au service de son pays.

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