Auteur : Jean-Némy Forrelus

De la sémantique à la souveraineté: ce que le cas Maduro révèle sur le Droit international

Dans le tumulte médiatique qui entoure les récents événements impliquant Nicolás Maduro, président en exercice du Venezuela, un détail linguistique mérite toute notre attention: les mots choisis pour décrire l’action menée par les États-Unis. Les termes « capture » et « arrestation » sont omniprésents dans les médias occidentaux. Pourtant, leur usage n’est ni neutre ni anodin. Il s’agit d’un choix rhétorique lourd de conséquences, qui participe à une entreprise de délégitimation et de déshumanisation.

« Capture »: un mot pour les bêtes, pas pour les chefs d’État

Parler de « capture » dans le cas d’un chef d’État en exercice revient à l’assimiler à une proie, à un animal traqué. Ce glissement sémantique n’est pas innocent. Il vise à réduire la stature politique de Maduro, à le présenter non plus comme un acteur souverain du système international, mais comme un hors-la-loi à neutraliser. Or, dans le langage du droit et des relations internationales, on ne « capture » pas un président. On l’arrête, si et seulement si un mandat légal l’autorise.

L’arrestation: un cadre juridique précis

Le terme « arrestation » suppose l’existence d’un mandat émis par une autorité judiciaire compétente. Dans le cas d’un chef d’État, cette compétence pourrait relever de la Cour pénale internationale (CPI). Mais rappelons-le: le Venezuela n’a pas ratifié le Statut de Rome, fondateur de la CPI. En l’absence de cette ratification, la CPI ne peut exercer sa juridiction sur les ressortissants vénézuéliens, sauf si le Conseil de sécurité des Nations unies en décide autrement – ce qui n’a pas été le cas ici.

 Une violation flagrante du droit international

Ce qui s’est produit ne relève donc ni d’une capture légitime ni d’une arrestation légale. Il s’agit d’un acte de force unilatéral: l’enlèvement d’un chef d’État souverain par une puissance étrangère. Un tel acte constitue une violation manifeste du droit international, notamment de l’article 2, paragraphe 4 de la Charte des Nations unies, qui interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État.

Le respect du droit, fondement de la paix mondiale

Au-delà du cas Maduro, c’est une question de principe qui est posée: peut-on tolérer qu’un État, fût-il puissant, s’arroge le droit d’intervenir militairement pour imposer sa volonté à un autre État souverain? Si la réponse est oui, alors c’est l’ensemble de l’architecture juridique internationale qui vacille. Si la réponse est non, alors il est urgent de dénoncer ces dérives et de rappeler que la légitimité ne se décrète pas à la une des journaux, mais se construit dans le respect du droit.

FORRELUS Jean-Némy en référence à l’article de Me Brunel Fils-Aimé paru le 6 janvier 2026 sur groupe RETROUVAILLES FDSE.

Merci pour la lecture de ce nouvel numéro de la rubrique « Papier Brut ».
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Jean-Némy Forrelus
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