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Auteur : Simon Wilsonley

Huit mois après sa nomination, le ministre Antoine Augustin sous le feu des critiques du REDRESEH

Huit mois après sa nomination, Antoine Augustin fait face à un bilan accablant. Le REDRESEH dénonce des engagements non tenus, une gestion trouble des finances publiques et une crise éducative qui perdure.

Augustin Antoine, le ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP)

Port-au-Prince, 19 mars 2025; RTMI –  Nommé à la tête du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) en juin 2024, Antoine Augustin était attendu comme un réformateur capable d’apporter des changements structurels au système éducatif haïtien. Huit mois plus tard, le Regroupement des Enseignants pour la Défense et la Réforme du Système Éducatif Haïtien (REDRESEH) dresse un bilan sévère de son passage au ministère, dénonçant un enchaînement de promesses non tenues, une gestion opaque des fonds publics et une crise persistante dans le secteur éducatif.

Dès son entrée en fonction, le ministre Augustin s’était engagé à réhabiliter les infrastructures scolaires, améliorer les conditions d’apprentissage et dialoguer avec les différents acteurs du secteur. Pourtant, selon le REDRESEH, ces engagements sont restés au stade de simples déclarations. Le regroupement d’enseignants pointe notamment l’absence de progrès sur la relocalisation des écoles déplacées, un dossier pourtant présenté comme prioritaire par le ministre.

En novembre 2024, lors d’une conférence de presse, Antoine Augustin avait annoncé la distribution de kits scolaires et de matériels didactiques ainsi qu’une aide financière destinée à plus de 233 000 familles vulnérables. Cette aide, promise via les plateformes MonCash et NatCash, devait permettre aux parents d’élèves des écoles nationales et communales de faire face aux dépenses scolaires.

Or, le REDRESEH affirme que cette distribution a été marquée par des irrégularités troublantes. Une enquête menée par le regroupement auprès des bénéficiaires a révélé que de nombreuses familles n’ont jamais reçu l’aide promise, malgré les engagements du MENFP. L’organisation éducative met en doute la transparence de ce programme et souligne que les chiffres annoncés par les autorités ne correspondent pas à la réalité sur le terrain. Le REDRESEH évoque de forts soupçons de détournement de fonds, appelant l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) à enquêter sur la gestion des 5 milliards de gourdes alloués par l’État pour accompagner la rentrée scolaire 2024-2025.

La gestion des subventions accordées aux parents d’élèves est l’un des principaux points de friction entre le ministre et le REDRESEH. Le regroupement affirme que les fonds ont été mal attribués, certains bénéficiaires ayant perçu de l’argent sans aucun lien avec une école publique, tandis que des milliers de parents n’ont rien reçu. L’organisation cite notamment des cas signalés dans l’Artibonite et la Grand’Anse, où les aides promises par le MENFP et le Fonds d’Assistance Économique et Sociale (FAES) ne sont jamais arrivées à destination.

À ces accusations s’ajoute la question des établissements scolaires toujours occupés par des individus extérieurs au système éducatif. Le ministre avait annoncé un plan d’évacuation avec une compensation de 100 000 gourdes pour libérer des établissements comme le Lycée Marie-Jeanne, le Lycée Anténor Firmin ou encore l’École Nationale Colbert Lochard. Or, selon le REDRESEH, aucune action concrète n’a été entreprise pour permettre aux élèves de retrouver leurs salles de classe.

Autre engagement resté lettre morte, celui de “restaurer l’autorité de l’école”, slogan sous lequel le ministre avait placé l’année scolaire 2024-2025. Pourtant, selon le REDRESEH, la réalité est tout autre. L’organisation souligne que l’indiscipline et l’insécurité continuent d’affecter les écoles et que le gouvernement ne prend aucune mesure pour y remédier. Cette situation s’ajoute à la grève des enseignants, qui s’éternise en raison du non-paiement des salaires et du manque de dialogue entre le ministère et le personnel éducatif.

Face à ce bilan qu’il qualifie d’alarmant, le REDRESEH affirme que le ministre Augustin a failli à sa mission. Entre mauvaises gestions, promesses non tenues et absence de résultats concrets, l’organisation estime que le MENFP traverse une crise profonde dont les premières victimes sont les élèves et les enseignants. Le regroupement d’enseignants appelle à une réponse immédiate des autorités, exige des explications sur la gestion des subventions scolaires et réclame une enquête sur l’utilisation des fonds publics. « Le temps des discours est révolu : place aux actes ! » insiste le REDRESEH.


Par : Wilsonley SIMON

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Simon Wilsonley
Simon Wilsonley

Wilsonley Simon est journaliste, étudiant en Anthropo-Sociologie. Il est passionné de la Radio et d’écriture. Sa plume, guidée par une profonde conscience sociale, s'engage pleinement au service de son pays.

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