Auteur : Marc Eudès Pierre

Emmanuel Rossini Jean Baptiste (Ti Manno): la perle rare de la musique haïtienne

Ils ne sont pas nombreux les artistes qui ont laissé leur empreinte de manière aussi accentuée sur la musique haïtienne comme Ti Manno. Chanteur de charme, séducteur, sa présence sur scène donne l’impression d’une grande intimité. Artiste engagé, il dénonce la mauvaise gestion de la Res Publica, la cruauté politique et l’ injustice sociale, mais exprime également l’espoir, l’ engagement et la volonté de transformer la situation abjecte du pays en prescrivant la solidarité.

Les influences musicales de Ti Manno sont multiples. Konpa, chansonnette française, salsa, vodou: toutes ces tendances il les execute avec brio et maestria.

Né aux Gonaïves (Haïti)le premier juin, il a fait son premier coup d’essai en 1965, à l’orchestre Simbie des Gonaïves, une formation musicale de sa ville natale. Ce talentueux chanteur prêta ses services aux différents groupes musicaux haïtiens évoluant en Haïti et aux États-Unis d’ Amérique, entre autres, Supers Stars du Cap-Haïtien, Shupa Shupa de Port-au-Prince, Fantaisistes de Carrefour, les Dattes Sun des Gonaïves, les Diables du rythme de Saint Marc, Shupa Shupa A.A Express, Volo Volo de Boston, Shleu Shleu, Astros de New York, DP Express et enfin, Gemini All Stars.

Grâce à lui. Et avec lui, la formation musicale D.P Express a connu la gloire.

Décédé de manière précoce à New York (USA), le 13 mai 1985, Ti Manno n’ a pas eu le temps de révolutionner la société haïtienne à travers son répertoire musical riche de paroles et de symboles porteurs de messages de paix, d’union et de solidarité. Cependant, il a permis à la musique KONPA d’ évoluer.Il fut le premier chanteur KONPA engagé. Véritable messager, Emmanuel Rossini Jean Baptiste, a remplacé les chansons courtisanes et les refrains fantaisistes par des textes qui incitent à la profonde réflexion sur la société haïtienne qui a été déjà caractérisée par le fossé incommensurable entre ceux qui possèdent tout et ceux qui n’ont rien du tout.

Plus de quarante ans après, ses textes, tels que: nèg kont nèg, mariage d’ intérêts l’argent, l’immoralité etc…restent toujours des sujets d’actualité.

Pour perpétuer la mémoire de ce génie, la société gonaïvienne, en accord avec la famille de l’ artiste, pourrait ériger un buste à son effigie, créer un centre culturel assorti d’une Ecole de musique réflétant sa pensée et son cadre de vie. Cette action culturelle sera une manière élégante d’honorer la mémoire de l’icône et de commencer le processus de pérennisation de son oeuvre.

Marc Eudès PIERRE

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